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Un concert, des artistes, des appels aux dons :

une soirée où les médias cessent de commenter le réel

pour tenter de le réparer.

Et ce geste, en France, n’est jamais anodin.

Parce qu’ici, les médias ne sont pas seulement des raconteurs d’histoires.

Ils sont parfois les héros du roman national.

 

 

Les sociologues le disent depuis longtemps. !

Pour Dominique Cardon

professeur à Sciences Po, directeur du Médialab :

"Les médias traditionnels apportent le cadre, la hiérarchie, la légitimité.

Les réseaux sociaux apportent la vitesse, l’émotion, l’horizontalité".

Selon le belge Geoffrey Pleyers

professeur à l’Université de Louvain, chercheur au CNRS

et spécialiste des mobilisations contemporaines :

"Nos mobilisations sont devenues affectives, morales, virales.

Les médias servent d’amplificateurs, de stabilisateurs".

Et pour Camille Rondot,

chercheuse à l’Université de Lausanne, spécialiste des institutions médiatiques :

"Les institutions médiatiques restent essentielles pour structurer l’élan citoyen.

Les réseaux sociaux captent l’énergie brute,

mais ne la transforment pas en action durable".

 

Sorry its not set :(

 

En clair :

les médias ne remplacent pas l’État.

Mais ils comblent ses interstices, donnent forme à la solidarité, la rendent opérante …

En 1954 , une nuit glaciale, une France transie, et une voix qui fend le brouillard,  

celle d’un abbé, député de Meurthe et Moselle,

qui est aujourd’hui décrié après la découverte posthume de ses frasques longtemps cachées sous sa soutane :

“Mes amis, au secours…”

 

 

À cet instant, Radio Luxembourg, la future RTL, ne raconte plus la misère, elle la combat.

C’est la première mobilisation nationale déclenchée par un média.

 

4 ans plus tard Europe 1 invente un ton :

direct, populaire, haletant.

Bellemare devient le conteur national de la solidarité.

“Vous êtes formidables”,

c’est :

6 000 émissions, des anonymes aidés, des collectes massives.

 

 

Sur Europe 1 toujours,

en 1985 :

Coluche et la naissance des Restos du Cœur :

un micro, une indignation, une idée, un appel.

 

 

Ensuite avec les Enfoirés TF1 transforme l’initiative de Coluche en rendez-vous national : la télévision massifie, stabilise, pérennise.

 

Un an plus tard c’est au tour du service public de se mobiliser avec le Téléthon :

une idée américaine… réinventée à la française.

Dès 1954, Jerry Lewis avait lancé à Hollywood, un marathon caritatif de 16 heures.

Mais en 1987, Antenne 2 et Radio France importent l’idée…  

30 heures de direct,

des plateaux partout dans le pays,

les radios locales associées et mobilisées.

Les chaînes publiques deviennent infrastructures de solidarité nationale.

 

 

 

Du côté de Radio France :

la solidarité institutionnelle permanente !

France Inter : tempête de 1999, canicule de 2003, Haïti, Liban, Ukraine.

France Info : inondations du Var, incendies en Corse, crises migratoires.

France Bleu devenu ICI, avant même cet été et la mobilisation des équipes pour les incendies

 

Sorry its not set :(

*

Tempêtes de 1999, Xynthia, 

inondations à Nîmes ou en Picardie,

méga feux en Gironde 2022,

catastrophe de l’arrière-pays niçois,

crises agricoles….

 

France Musique :

concerts solidaires.

 

 

En France, les médias ne sont pas seulement des entreprises,

ce sont des institutions morales.

Parce que le paysage audiovisuel est pour beaucoup centralisé,

capable de mobiliser des millions de personnes en simultané.

La France adore les grandes causes, les mobilisations nationales, les élans collectifs.

 

Et chez nos cousins francophones :

Belgique & Suisse ?

En Belgique, la RTBF a créé Viva for Life,

un cube de verre posé au cœur des villes,

des animateurs enfermés pendant six jours, des directs en continu.

Une opération inspirée du modèle néerlandais,

mais réinventée à la belge,

avec cette même idée que la radio peut devenir une infrastructure de solidarité.

En dix ans, Viva for Life est devenu un rituel national.

 

 

En Suisse romande, la RTS organise chaque année Coeur à Coeur,

en partenariat avec la Chaîne du Bonheur.

Un dispositif radio‑télé‑digital, des studios mobiles, des directs en continu.

Une mobilisation helvétique, plus fédérale, moins centralisée, mais tout aussi structurée.

 

Sorry its not set :(

 

Ce que nos médias font est perçu comme une singularité culturelle.

Une manière très française et très francophone

de dire que les médias ne sont pas seulement des témoins.

C’est ce qu’a dit sur ses réseaux sociaux

l’un des animateurs star d’M6 et RTL

au plus fort des incendies cet été en Gironde …

 

 

Les chaines sur lesquelles Julien Courbet officie quotidiennement

ajoutent un chapitre à cette histoire

où les médias refusent d’être spectateurs et choisissent d’être des acteurs

et non seulement des observateurs,

des catalyseurs d’empathie, des infrastructures de mobilisation.

Une histoire française...

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 26 aout 2026.

 

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