x

 

Selon Jean‑Luc Mélenchon

"Ce qui s’est passé samedi est plus puissant que Mai 68 dans la jeunesse."

Une phrase totem,

diffusée par les médias traditionnels,

mais surtout calibrée pour les réseaux !

 

 

En réalité, la France a en effet grondé :

des cortèges massifs, des tensions, des vitrines brisées, des voitures brûlées, des charges, des lacrymos, des jeunes très présents, des images en boucle sur les chaînes d’info, des interpellations.

Et même des symboles du pouvoir pris pour cible :

des mairies incendiées ou attaquées à Marseille, Limoges, Bordeaux, des préfectures caillassées ou assiégées…

 

Sorry its not set :(

 

Mais la comparaison avec 1968 s’effondre rapidement,

sauf à réécrire l’histoire !

La jeunesse faitr encore confiance aux pros de l’info

Europe 1 diffuse les sons des pavés arrachés, des sirènes, des cris.

Archive de la station à l’époque rue François 1er …

 

 

 

Il y a aussi simplement le bouche‑à‑oreille, les couloirs, les amphithéâtres, les comités d’action : tracts, affiches, journaux muraux, et puis les AG permanentes, où l’on débat, vote, corrige, relaie.

Claude Burgelin,

étudiant à Lyon,

raconte qu’il apprend “qu’il se passe des choses” par la radio

ou un coup de fil,

puis se rend sur place.

Pas de notifications, pas de messageries cryptées...

Juste des voix, des papiers, des gens !

 

Les salariés grévistes : l’information par les ateliers.

Les ouvriers s’informent au sein des usines occupées,

transformées en rédactions improvisées,

avec les syndicats (CGT, CFDT, FO), qui structurent le mouvement.

Dans les rangs des cortèges circulent rumeurs, tracts, informations.

 

Sorry its not set :(

 

Radio et la télévision d’État sont très vite paralysées :

journalistes sous pression politique, consignes de retenue, puis grève générale qui coupe l’antenne et laisse le pays sans images.

Le 23 mai, le JT ouvre sur… rien :

pas de reporters, pas de terrain, pas de direct …  

L’ORTF devient le symbole d’un État dépassé, incapable, parce que censuré, de documenter la crise qu’il traverse.

Comme le raconte France Télévisions sur Lumni, avec l’INA

 

 

En quelques jours, les médias publics passent du statut de “voix officielle”

à celui d’acteurs hors‑jeu,

spectateurs impuissants d’un pays qui s’informe par les radios périphériques.

RTL ouvre sur Billancourt occupée, puis sur Sud Aviation.

Le 20 mai, RTL annonce : "Dix millions de grévistes. Le pays est à l’arrêt."

RMC raconte Marseille : dockers, port bloqué, cortèges de 30 000 personnes,

mais aussi Toulon : arsenal paralysé

et Nice : lycéens par milliers.

 

A lire la presse,

le pays en rupture totale !

Le Monde, édition du 15 mai : « La France vit une crise de civilisation. »

France Soir : double page de barricades, CRS débordés, rues dévastées.

L’Humanité : jonction ouvriers‑étudiants, occupations d’usines, grève générale.

Les hebdos oscillent entre fascination et panique.

Paris Match montre la Sorbonne transformée en agora.

 

La communication des contestataires donne même lieu

à une effervescence créative, artistique,

comme le rappelle ce document de France 3 :

 

 

On est bien loin des publis de nombre d’internautes qui inondent aujourd’hui les réseaux sociaux

avec des internautes qui jouent au journalistes

et publient

sans une once de déontologie …

 

 

 Et puis …

 A l’époque les mouvements contestataires - étudiants, ouvriers, syndicats - sont structurés, politisés, organisés.

Ils sont assez peu parasités par des groupes opportunistes venus uniquement pour casser ou piller.

En 68, la violence est politique :

elle vise un ordre social, un rapport de force, un État.

Aujourd’hui, la contestation peut être politique,

elle peut être récupérée,

évidement trumentalisée

mais elle est dénaturée dans les rues par des casseurs

qui échappent à toute forme d’organisation,

fonctionnent via les réseaux sociaux,

se coordonnent par messageries cryptées,

se déplacent en essaims ultra‑mobiles,

sans structure, sans revendication, sans porte‑parole.

 

 

Ils échappent aux médias traditionnels,

comme aux services de l’État.

Ces jeunes gens, et en particulier les fauteurs de troubles,

ne consultent plus la presse, la radio, la télévision.

Ils préfèrent l’entre‑soi des algorithmes,

les flux fermés, les groupes privés, les plateformes où l’information circule sans médiation,

sans vérification, sans contradiction.

La presse, la radio, la télévision ne sont plus,

pour eux,

comme c’était le cas en 1968

des sources d’information,

des espaces de débat,

voire des acteurs de médiation.

 

 

Ce samedi,

la France a manifesté.

Mais elle a surtout été violentée par des délinquants désormais hors système,

difficilement contrôlables du fait de leur appropriation des avancées technologiques en matière de communication

des outils qui désintègrent les ordres établis par les médias traditionnels,

comme ils désorganisent les services de l’État.

 

Sorry its not set :(

 

L’histoire est assez douloureuse et non maitrisée,

pour ne pas avoir en plus à aggraver la perception des faits en comme cela,

en la bricolant,

en mode aigre‑doux partisan.

Le roman national n’a guère besoin de scénariste

à tendance révisionniste

pour s’écrire.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 18 octobre 2026.

 

Logo d'e-crossmedia Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !