Le texte e-crossmedia stylisé

 

Sorry its not set :(

 Michel Polacco

Journaliste aviation et défense,

à lire sur aéromorning.com,

et régulièrement à l’antenne sur LCI. 

Sorry its not set :(

 

"Pour être très honnête ...

Je trouve que nous avons une manière de traiter cette actualité assez ... partisane !

Bon an, mal an il y a il y a les bons et les méchants.

Dans tous les médias occidentaux, on a décidé qu’il y avait le méchant Poutine et les gentils ukrainiens.

C’est quelque chose d’assez manichéen, on n’entre pas vraiment dans les détails.

Le Président Zelensky joue un jeu assez habile pour essayer d’inciter l’Otan et les pays européens à s’impliquer.

Son but est d’arriver à se retrouver sous le parapluie de l’Otan. Sorry its not set :(

 

Son intérêt c’est que les choses s’aggravent, et que les opinions publiques créent une pression sur leurs dirigeants pour qui lui apportent un soutien militaire.

La posture des Russes est clairement et définitivement affichée comme étant celle d’ un agresseur, en conquête de territoire.

On ne prend plus du tout en compte les inquiétudes dont ils faisaient part il y a 3 mois, 6 mois, 9 mois et depuis quelques années, lorsqu’ils trouvaient anormal que se constitue une coalition militaire, c’est-à-dire l’Otan, avec toutes les anciennes républiques qui appartenaient à l’Union Soviétique …

Mais ça, c’est la guerre !

Chacun "manage" ses opinions publiques, qui sont assez généralement favorables à leurs dirigeants : les Russes pour Poutine, et les occidentaux, assez "facilement" contre.

 

Vous, passionné et spécialiste de l’aviation sur les médias, que dites-vous de cette guerre ?

Peu de choses semblent se passer dans le ciel ...

Mais si ... Pas mal de choses se sont passées dans le ciel, mais il n’y a pas eu de guerre aérienne.

Depuis le début des opérations il y a eu autour de l’Ukraine, coté OTAN, beaucoup de mouvements d’avions pour arriver à capter des informations au bénéfice des Ukrainiens.

Et coté russe il y a eu exactement la même chose !

Pour l'instant très peu d'appareils russes ont largué des bombes et des missiles, et ils l'ont d’ailleurs fait, surtout, à partir de leur propre ciel, depuis la Russie.

De l'autre coté, des missiles sol-air ukrainiens sont utilisés contre des appareils russes, ou venant du Dombass.

Et puis il y a des drones ukrainiens de petite taille pour faire de l’imagerie, comme sur chaque frontière, est et ouest, pour faire de la captation de situation tactique.

 

Sorry its not set :(

 

 

Ce à quoi nous assistons est différent de ce qui a été observé sur les différents théâtres de guerre ces dernières années …

Dans ces cas précédents il y avait des résolutions de l’ONU qui prévoyaient, par exemple, de rendre le ciel de la Lybie ou de la Syrie inutilisables pour des forces qui auraient frappé les populations civiles.

Depuis un mois ce n’est pas le cas en Ukraine, il n’y a pas de résolution de l’ONU.

Il n’y a donc aucune justification juridique pour permettre aux forces occidentales de pénétrer dans l’espace aérien de l’Ukraine.

Pour l’instant c'est une situation de statu quo. En effet, il ne se passe pas grand-chose dans les airs !

.

Un incident contre l’un des avions de l’Otan entrainerait tout le monde dans une spirale infernale ?

Je ne le pense pas.

Des avions occidentaux sont déjà positionnés dans les pays limitrophes pour constituer une espèce de cordon sanitaire et s’assurer que les forces russes ne survolent pas l’espace européen.

Il n’y a pas de provocation de leur part pour l’instant.

C’est déjà arrivé sur d'autres théâtres d'opération, y compris à des avions français.

Si ça devait advenir, ça ne donnerait pas lieu, forcément, à un affrontement qui mettrait le feu aux poudres !

Les Russes n’ont pas l’air de vouloir créer ce type de de situation.Sorry its not set :(

 

Les drones, civils parfois, transmettent des images capturées par des internautes qui les partagent sur les réseaux sociaux.

Facebook, Twitter, ou Instagramm sont de ce point de vue devenus des armes de communication.

Comment est-ce pris en compte par les médias traditionnels ?

Il se passe un phénomène tout à fait nouveau, qui d’ailleurs a été dénoncé par certains syndicats de journalistes comme le SNJ en France.

On se retrouve avec des médias partisans de chaque côté.

Chaque camp fait "sa propagande" sur ses médias traditionnels.

Je ne peux pas aller regarder ce qu’il se passe sur les médias russes, et les Russes n’ont pas accès aux nôtres.

C’est la même chose pour les réseaux sociaux. Les RS européens ne sont plus visibles par les Russes, et nous n’avons plus accès aux leurs ! Ça ne permet donc pas à chacun de se construire une opinion globale.

Cette une guerre de communication qui est arrivée à une sorte d’asymptote assez étonnante qui rappelle un peu ce qui s’est passé pendant la 1ère guerre mondiale :

il n’y avait aucune possibilité de savoir, pour chaque camp, ce qui se disait en face".

 

e-crossmedia 24 mars 2022.

 

 

 

 

 

 

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