Le texte e-crossmedia stylisé
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Convergence Radio Tv Digitale incontournable.

En célébrant ses 100 ans la Radio Télévision Suisse poursuit sa réorganisation au service de ses publics.

Matinées spéciales tout l'été en direct des régions !

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En 1922 une première véritable émission de radio est diffusée depuis Lausanne, suivent Zurich, Berne, Genève, et Bâle.

La neutralité de la confédération passe par les ondes en 41 avec la légendaire chronique du dimanche de René Payot à destination des français, belges et luxembourgeois.

Il propose une "analyse de la situation internationale" pour contrebalancer ce qu’il se dit sur les radios des pays occupés par les nazis.

En 1946 apparaît  la première émission d’entre-aide "la chaîne du bonheur", ancêtre des Restos du cœur en France dans les années 80.

Elle a ces derniers mois été a nouveau très utile pour l'accueil des réfugiés ukrainiens ... 

Le service public suisse de radio-télé -et maintenant aussi digital- se réorganise depuis des années et se positionne toujours plus à l’avant-garde, pour épouser l’époque.

 

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Alors qu'en France les entreprises de l'audiovisuel public s'interrogent sur leur avenir, leur financement avec la suppression de la redevance, les projets de rapprochement ou carrément de fusion :

Coup de fil à Ambroise Jolidon, Chef d’Antenne à la Première RTS.

"Nous sommes convaincus de la nécessité de mettre en place ce que nous appelons la "convergence".

Pour celà nous nous appuyons sur des experiences concrètes, comme notre opération pour récolter des fonds au bénéfice des enfants : "Cœur à cœur".

 

C’est un exemple vertueux de l’union de la radio, de la télé, et du digital (les sites des chaînes sur le web et les réseaux sociaux) en jouant la complémentarité.

C’est l’occasion de réaliser qu'en réalité les équipes de chaque média ne se connaissent pas.

Et lorsqu'ils travaillent ensemble, nous arrivons à obtenir une force de frappe très importante : c’est une seule et même "matière" que chaque vecteur sculpte suivant ses spécificités, ses propres codes.

 

Les pros de radio et de télé comprennent-ils l’influence grandissante des réseaux sociaux et du web en général par rapport à leurs "vieux médias" ?  

Bien sûr que nous avons des inquiétudes, nous les vieux de la vieille, les pros de radio et de télé, mais on continue d’exercer ce que l’on sait faire.

D’ailleurs pour alimenter le digital il faut de l’image -pour la vidéo- et du son -pour les podcasts-, nous savons le faire !

Ce n’est que la forme qui change, le fond reste le même : de la vérification d’information surtout , et l’adaptation pour savoir cibler les publics concernés sur chaque média.

Tous ces critères de rigueur nous les maitrisons depuis 100 ans, ce n’est qu’une question d’évolution.

D’ailleurs sur le web depuis que "You Tube" est apparu, les tutos d’amateurs ont évolué.

Au début les intervenants se filmaient dans leur salle de bain en mode totalement amateur, aujourd’hui ils se sont professionnalisés.

Ils ont monté leurs studios et adopté les savoir-faire que nous, professionnels, pratiquons depuis des années, depuis 100 ans.

 

Mais vous  construisez donc cette évolution dans le respect des savoir-faire initiaux, sans demander à vos collaborateurs de savoir tout faire …

C’est exactement ça.

Une fusion complète où nous demanderions aux journalistes de faire de la radio + de la télé + du digital ce serait absurde.

Certains ont essayé, ils s’y sont brûlé.

L’important c’est de dire : il y a une matière, un sujet, qu’on est capable suivant nos métiers de décliner ensemble, et en complémentarité .

C’est ça la convergence.

Parfois à contrario nous estimons que certaines thématiques ne méritent pas d’être diffusées sur tous les canaux, parce qu’elles ne vont pas concerner toutes les cibles.

Ça peut être le cas par exemple sur le digital où le public est pour l’instant majoritairement plus jeune.

 

Radio, TV, Digital ... Les rédactions travaillent donc ensemble mais de façon autonome.

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La nouveauté c'est qu' il y a quelqu’un qui observe et qui dit :

"On est en train de faire la même chose en radio qu’en télé ...  Concertez-vous, soyez complémentaires, choisissez des angles différents les uns des autres " !

Par exemple  : plus d’approfondissement en radio et plus de hard news en tv, et pourquoi pas un tuto en digital …

C’est de la convergence, de l’organisation !

De nouveaux locaux où seront réunies les équipes dédiées à l'info tous médias confondus, faciliretont d'ici 2 ans l'évolution de ces pratiques et favoriseront la convergence.

 

L’ambition au fond reste de toujours mieux servir les publics ?

C’est ça, on touche de l’argent public pour fabriquer de l’information, et pour produire du divertissement.

On ne peut plus faire l’impasse sur tout l’aspect digital : il faut aller chercher le public là où il se trouve.

Nous ne sommes pas une entreprise commerciale, c’est simplement un devoir qu’on a !

 

Pour parler des mentalités au sein de l’entreprise, et de l’acceptation de cette stratégie de la part des collaborateurs, cette union qui fait la force est-elle bien comprise ?

Ce qui pose problème quand on fusionne radio, tv, et digital, c’est que la radio a le sentiment de se faire manger par la télé.

La radio reste artisanale, la télévision a un mode de fonctionnement industriel…

Tout cela prend du temps, ce type de réorganisation est vertueuse mais nécessite des remises à plat.

Du point de vue des salaires aussi, les gens de radio étant moins bien servis que ceux de la télé, il faut trouver des accords avec les syndicats sans mettre en péril les finances de l’entreprise…

C’est une culture à reconstruire, nous sommes encore parfois en discussion sur ces aspects là.

En termes d’adhésion il y a aussi une question générationnelle : pour les plus jeunes, la question ne se pose pas.

Pour les plus anciens, c’est parfois plus difficile...

 

Ce qu’on essaie de faire surtout c’est de prouver au quotidien qu’on est un média fiable. On est à l’époque des fake-news, des soi-disant "journalistes citoyens".

Comme nous le faisons depuis 100 ans, nous cherchons à prouver au quotidien que ce qu’on diffuse, nous, sur tous les canaux est vrai, objectif, équilibré.

C’est notre cœur de métier.

C’est ce qui fera que nous conserverons notre crédibilité, c’est notre raison d’être en particulier en tant qu’entreprise de service public.

C’est ce qui fait que nous garderons un crédit auprès des téléspectateurs, auditeurs et aussi internautes.

Pour être tout à fait honnête, j’espère une espèce de "retour de flamme".

Pendant un temps beaucoup de gens se sont détournés des médias traditionnels, et sont allé voir des médias alternatifs qui parfois ont démontré qu’ils n’étaient pas au rendez-vous.

On travaille là-dessus quotidiennement, en permanence.

Nous avons notre réputation, notre professionnalisme à sauvegarder, à défendre.

C’est la mision de toutes nos équipes ensemble, à destination de tous les publics, quel que soit le canal de diffusion".

 

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Tout cet été La Première de 8 heures et demi à 11 heures propose une quotidienne qui célèbre en direct des régions le 100ème anniversaire : "les bonnnes ondes".

https://www.rts.ch/dossiers/100-ans-de-la-radio/

 

Des séquences consacrées à l'histoire du média rythment les émissions, comme celle-ci sur le Nagra, le magnéto des reporters :

https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/nagra-l-enregistreur-portatif-qui-a-revolutionne-la-radio-et-l-information-25835296.html

 

e-crossmedia, le 2 juillet 2022.

 

 

 

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