Le texte e-crossmedia stylisé

 

Neutralité …

La précision suisse, qui rend service à son public

majoritairement pro ukrainien.  

Pierre Han Choffat, Rédacteur en chef adjoint

Actu Radio à la RTS – Radio-Télévision Suisse

 

« Bien sûr il y a la neutralité « constitutionnelle »….

Elle implique des droits et des devoirs selon une convention qui date de 1907 : cela concerne la Suède, l’Autriche et donc la Suisse.

Pour autant notre ligne éditoriale n’est finalement pas différente de la plupart des médias occidentaux.

Evidemment nous avons beaucoup suivi au départ les hésitations de notre gouvernement sur les sanctions…  

Le Président de la Confédération a fini par déclarer que « la neutralité ce n’est pas l’indifférence » et a suivi les décisions de l’Union Européenne.

Le Président américain a lui-même, lors de son discours de l’Union, souligné que « même la Suisse » optait pour les sanctions ! 

Il y a une forme d’unanimité assez large…

 

Globalement à propos de vos choix éditoriaux, ça va donc au-delà de la neutralité suisse?

Ce sont des discussions que nous avons quotidiennement en conférence de rédaction au cours desquelles nous décidons des sujets et du traitement de l’actualité.

Nous cherchons à équilibrer, à diffuser dans la mesure du possible les 2 points de vue, tant coté occidental, que coté russe.

Mais c’est difficile : nous avons du mal à rendre compte de ce qui se passe à Moscou, notre correspondant pigiste a été privé de son accréditation pendant 3 semaines.

Nous avons en Suisse des personnalités ou certaines institutions, comme la Chambre de Commerce, qui soutiennent plutôt la Russie.

Nous leur avons donné la parole et ils ont participé à des débats qui ont d’ailleurs été assez chauds !

Nous avons aussi diffusé une interview assez hallucinante de l’ambassadeur russe auprès des Nations Unies à Genève dans le journal télévisé.

On sentait qu’il ne croyait pas à la moitié de ce qu’il disait, il avait discours totalement « poutinien ».  

 

Sur le terrain, comment êtes-vous organisés ?

Nous jouons, comme nous en avons pris l’habitude depuis longtemps, la complémentarité, ce qui nous permet de couvrir le mieux possible les différents théâtres d’opération.

Les reporters de radio interviennent à la télévision, et ceux de la télé, couvrent tout autant pour la radio.

L’ensemble est porté par les équipes du site web, et valorisé évidemment sur les réseaux sociaux.

Nous avons une spécificité en Suisse : seuls les contenus qui ont déjà été diffusés à l’antenne sont publiés sur https://www.rts.ch/info/ .

 

Nous allions aussi la force de frappe de la radio et de la télévision à l’occasion d’émissions spéciales, comme une émission dédiée à la récolte de dons il y a quelques jours.

C’était une nouvelle fois une opération de « La Chaine du Bonheur » qui existe depuis le lendemain de la guerre mondiale.

Toute la journée, chaque demi-heure, la radio a porté l’opération en relayant la progression des promesses de dons, jusqu’à l’émission télévisée du soir.

Ça a été un grand succès tant coté solidarité sonnante et trébuchante, qu’en matière d’audience.  

Globalement l’opinion est pro ukrainienne, l’accueil des réfugiés s’organise : plus de 15 000 personnes sont aujourd’hui arrivées, réparties sur tous les cantons.

Des solutions d'urgence sont trouvées avant que chacun, voire chaque famille, puisse disposer d'hébergement de façon durable.

 

Et puis à propos de réfugiés, il y a l’histoire dans l’histoire ! 

Il se dit que la Suisse accueillerait une réfugiée pas comme les autres, la compagne de Vladimir Poutine ...

 

Comme les services gouvernementaux de la Confédération, nous avons-nous même fait des recherches pour trouver Alina Kabeava mais nous ne l’avons pas déniché.

En tous cas si elle est là, elle a réussi à bien se cacher ! »

 

 

 

e-crossmedia, le 28 mars 2022

 

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