Guerre en Iran, éditions spéciales en continu ... Quid des autres enjeux comme les municipales en France ce dimanche . Seront-elles victimes de la fatigue informationnelle ? Edito. (le 11-03-2026) |
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Depuis dix jours, l’actualité française tourne autour d’un seul axe, un seul mot, un seul horizon : l’Iran. La guerre, les frappes, les réactions diplomatiques, les cartes, les experts… Et cette impression, familière désormais, que tout le reste disparaît !
Mais il semble que déjà, une question se pose, pour ne pas dire s’impose : sommes‑nous déjà en train de basculer dans une nouvelle fatigue informationnelle ?
Les premiers jours, l’audience a explosé. Les chaînes info ont bondi, les JT ont repris des couleurs, les sites d’actualité ont saturé. quand le monde tremble, on se tourne vers les médias. se rassurer. Mais très vite, un autre mouvement apparaît. aux bandeaux “URGENT” qui ne le sont plus vraiment aux notifications qui font vibrer à chaque instant nos smartphones, jusqu’à ne plus devenir du bruit. on tourne en rond, on regarde la même boucle, on attend les dernières inepties d’un Président de superpuissance qui encore et encore alterne entre le blanc et le noir d’une demi-heure à une autre .
C’est ça, la fatigue informationnelle : ce n’est pas de l’indifférence, pas non plus du désintérêt, mais de l’épuisement. Alors que pendant ce temps, un autre sujet tente d’exister, une actualité qui, en temps normal, occuperait les matinales, les débats, les JT : les municipales dont le 1er tour aura lieu dimanche prochain.
Aujourd’hui, elles sont globalement invisibles, effacées pour ne pas dire écrasées. Des interviews sont annulées, des débats repoussés, les candidats sont relégués aux pages intérieures, ou bien à la fin des journaux de radio et de télévision, quand c’est possible. l’audiovisuel -surtout public- et la presse quotidienne régionale, bataillent pour honorer leur promesse et rivaliser contre les réseaux sociaux, avec leur lot d’intox partisane et de fake news.
Ce contexte particulier n’est pas qu’une difficulté pour les médias, c’est un problème démocratique : moins de visibilité, c’est moins de débat. c’est moins de mobilisation. c’est une élection qui se joue dans l’indifférence.
Les rédactions sont face à un dilemme : L’enjeu, maintenant, c’est de réintroduire de la respiration, de la hiérarchie, du pluralisme … de sortir de la boucle !
Redonner de la place aux enjeux locaux, aux débats de fond, aux questions qui touchent le quotidien, parce qu’une démocratie ne peut pas vivre au rythme d’une seule actualité même quand elle est brûlante et qu’elle semble tout absorber. La guerre en Iran écrase tout, mais elle ne doit pas nous écraser, nous et nos médias !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 11 mars 2026. |
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NON ! Ce dimanche, les suisses votent contre le plan d'affaiblissement de leurs radio-télévisions publiques porté par la droite radicale. Entretien avec Pierre-Han Choffat, de la rédaction en chef "Radio" de la RTS. (le 08-03-2026) |
Les suisses disent finalement NON, assez largement, à la réduction drastique du budget de leur groupe d’audiovisuel public, la SSR, souhaitée par la droite radicale. Les citoyens se sont exprimés aujourd’hui à l’occasion d’une "votation", l’équivalent chez nous d’un référendum, comme il en est fréquemment organisé par la Confédération. 62 % des helvètes ont voté contre ce projet !
De 335 francs suisses par ménage et par an aujourd’hui soit quelques 371 euros, la volonté était d’abaisser la redevance à 200, c’est à dire 222 euros.
Coup de fil à Pierre-Han Choffat, membre de la rédaction en chef "Radio" à la RTS. "Pour toutes nos équipes c’est un soulagement … Cela dit, on ne s‘attendait pas à une défaite vu les derniers sondages, mais l’ampleur du succès fait vraiment du bien."
"Je pense également que l’actualité assez chaude et bouleversée de ce début d’année nous a favorisé. Le média de référence reste le service public en Suisse en termes d’actualité ! Il y a évidemment eu le drame de Crans Montana. Puis après, la politique internationale avec Trump, l’Iran … On est toujours présents sur tous ces dossiers-là, et le travail de nos équipes est valorisé."
La campagne a été rude depuis des mois, mais l’opinion a finalement basculé contre ce projet, comme l’expliquait l’une de vos journalistes récemment lors du débat sur votre antenne :
Parmi les arguments des partisans, il y avait le fait que les jeunes gens délaissent les médias traditionnels comme la radio et la télévision au profit du web... "On a quand même un public jeune malgré tout, qui nous consomme via nos publications sur les réseaux sociaux et puis qui nous consulte aussi via l’application."
En faveur du maintien de moyens suffisants pour continuer à assumer les missions de service public sur l’ensemble du territoire, la question des 4 langues pratiquées au sein de la Confédération a été importante … "C’est certainement un argument qui a eu du poids, notamment dans les régions périphériques " ...
"Dans les cantons francophones et italophones, les citoyens ont bien conscience de bénéficier des mêmes services que la population germanophone, qui est pourtant plus nombreuse."
"Du coup, il y a une forme de solidarité qui s’exprime. Si on prend la redevance par exemple, la population Alémanique paye une grosse part du budget global et finance donc nos médias pour les Romanches ou les Romands. Ca se voit aux résultats des votes évidemment : dans les cantons proches de la frontière française le NON est bien plus fort qu’au nord de la Confédération !"
"200 francs ça suffit !", c’était le slogan de la droite radicale qui n’a donc pas convaincu la majorité des votants. Mais l’optimisation, et certaines réorganisations, sont tout de même au programme pour vos équipes … "Le gouvernement, le Conseil fédéral, a effectivement décidé d’abaisser la redevance de 335 à 300 francs par étape, 20 francs de moins dès l’an prochain. On travaille déjà à des mesures d’économie, comme le rassemblement de tous les services "supports" comme les finances ou les relations humaines à Bern. D’ici 2029, il devrait y avoir une baisse de 15 % des effectifs globaux. Ca aura sans doute des incidences sur les programmes, mais on ne sait pas encore précisément lesquels."
Même confortée 62 % des votants votre groupe n’échappe pas au vent des droites radicales. Partout en Europe, elles mettent en cause les radios-télévisions publiques, en Angleterre, en Belgique, en Italie ou en France, comme le montre la houleuse commission d’enquête parlementaire depuis des mois ... "Nous la suivons de près évidemment ! Mon confrère qui préside la commission Info aux MFP, l’organisme qui regroupe les Médias Francophones Public, vient d’ailleurs de recevoir plusieurs témoignages de confrères ravis du résultat de cette votation. Pour tout le monde, c’est réconfortant qu’en dehors des partis politique, un service public audiovisuel se voit conforté par… le public."
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 8 mars 2026.
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Les ex-haut gradés dégraderaient ils l’info depuis une semaine ? Entretien avec Michel Polacco, journaliste spécialiste de la Défense et de l’Aéronautique. (le 06-03-2026) |
Une semaine d'éditions spéciales avec des ex militaires en plateau comme les médecins pendant la COVID... Est-ce vraiment un "plus" pour l'actu ? Coup de fil à Michel Polacco, ex-dirigeant à Radio France et aujourd’hui consultant pour plusieurs radios et télévisions.
Trinquand, Pellistrandi, Desportes, Gomart, Paloméros, Chauvancy, Clermont, Goya, Servent, Vouilloux ou Bavinchove : Ils sont les stars des chaines d’info continue depuis samedi dernier. Leur collègue Norlain, lui aussi à l'écran, les a comptés : en 3 heures, il en a vu 11 à la télé ! "Ces anciens militaires sont des experts parce qu’ils ont des connaissances, des compétences, souvent de l’expérience. Ils peuvent donc apporter beaucoup d’informations, beaucoup d’explications".
"Mais sur les chaines d’info continue, les présentateurs ont trop tendance à mettre autour de la table un géopoliticien, un militaire, un journaliste spécialisé en défense, un autre en politique, un reporter qui est n’est jamais allé en dehors de son quartier … Ils mélangent tout et à la fin, effectivement, on ne sait plus très bien ce qu’il faut comprendre et retenir".
"En 1991, LCI la 1ere chaine TV d'info continue créée en France n'existait pas encore! Pour couvrir la guerre du Golfe, j’ai personnellement recruté à Radio France le général Capillon. Il a travaillé à l’époque pour France Info qui n'émettait que depuis 4 ans, France Inter, France Culture et même les radios locales qui ne s’appelaient pas encore France Bleu et encore moins "ICI", comme depui un an".
"Très honnêtement, il a été d’un grand secours. J’avais beau avoir couvert dans ma vie de reporter pas mal de conflits, il y avait des quantités de choses que je ne savais pas. On se partageait le boulot : je communiquais des informations et lui il les explicitait… Il a décidé que ses 2 mois de salaire seraient versés à une œuvre caritative de l’armée de l’air".
Quel est le profil de tous ces consultants, qui sont surexposés depuis 8 jours ? "Ils sont ce qu’on appelle des militaires en 2e section… Quand on veut rigoler, on les nomme aussi des "Quart de place". Parce qu’étant à la retraite, ils ont toujours droit à une ristourne sur les billets de train, de métro, d’avion, et à tout un tas de petits avantages. Mais ils peuvent les perdre s’ils ne sont pas polis et bien disciplinés. C’est ce qu’a fait Emmanuel Macron il y a 4 ou 5 ans, suite une tribune publiée par quelques généraux et militaires en retraite contre sa politique de Défense. Une trentaine d’ex-officiers ont alors perdu leurs avantages !"
Ceux qui défilent sur les plateaux et sur les ondes depuis une semaine sont-ils payés ? "Ceux qu’on voit ou qu’on écoute régulièrement et pendant des temps longs à l'antenne sont rémunérés. Ceux qui sont appelés au coup par coup ne le sont pas ce qui est mon cas. On m’a même proposé des contrats que j’ai refusé car ils impliquaient une exclusivité".
"Si vous passez sur BFM ou sur LCI par exemple, vous n’avez pas le droit d’aller sur les autres chaînes de télé, ni même sur les radios. Et moi, je tiens à ma liberté !, Je souhaite pouvoir continuer à aller à France Info, France Inter, France Culture ou à France Info TV. Et aujourd'hui tout en passant sur LCI, je peux aussi aller sur BFM. CNews, elle, ne fait appel à jamais appel à moi ... Ce vendredi, je suis intervenu sur RTL, à propos du vol d’Air France."
"J'étais à l'antenne également hier pour la radiotélévision Suisse… Je participe aussi souvent à des émissions pour les Belges ou pour les Canadiens, et très régulièrement sur LCI".
"A contrario, il y a des gens qui préfèrent profiter de l’occasion pour se faire rémunérer. Ça existe chez les géopoliticiens, chez les militaires, chez des gens qui travaillent pour des instituts … Et puis il y a ceux qui en profitent pour faire la promo de leur dernier bouquin ! "
Quel état des lieux dressez vous, une semaine après le déclenchement de la guerre ? "La profession se laisse dériver parce qu’on donne la parole à beaucoup de gens qui sont très militants sans préciser qui il sont vraiment, parce que souvent on ne sait pas comment les classifier. On en trouve aussi bien chez des civils que des militaires, voire même des journalistes."
"Mais surtout, je trouve que la compétence de la plupart des militaires que l’on entend est en régression par rapport au passé. D’ex-officiers de l’armée de terre, de l’artillerie, de l’infanterie sont amenés à nous parler d’aviation, de missiles, de missiles balistiques, d’armes nucléaires alors qu’ils n’y connaissent rien !"
"De temps en temps, j’entends des énormités assez étonnantes. Je me permets gentiment de les remettre à leur place quand je me trouve avec eux à l'antenne… Ça c’est aussi le boulot d’un journaliste, et c'est ce que devraient faire les présentateurs des émissions !"
Thierry Mathieu e-crossmedia le 7 mars 2026.
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Quid des médias de proximité ? Quelle place pour les municipales des 15 et 22 mars prochains, quand l'opinion et l'essentiel des médias sont focalisés sur la guerre ? (le 06-03-2026) |
Les maires seront élus d'ici quelque jours ... Mais la mère des valeurs reste-t-elle la proximité, en pleine crise internationale ? Comment pour les médias, gérer le lointain, mais aussi et d'abord leurs terrains et leurs cibles ?
La guerre en Iran domine les ondes, les écrans, les conversations, les réseaux sociaux. Les chaînes d’info nationales font leur plein d’audience, les éditions spéciales à rallonge monopolisent les antennes, les plateformes s’enflamment.
Pendant que le monde retient son souffle, la vie locale ne s’interrompt pas pour autant. Dans une semaine, les habitants des fameuses 36000 communes françaises voteront au premier tour pour choisir leur maire, leurs élus, leurs priorités pour les six années à venir.
Cette échéance mérite sans doute mieux que d’être reléguée au second plan et la dimension "Proximité", du traitement de l’actualité apparaît tant bien que mal, mais plus que jamais comme une "valeur ajoutée" ! Les décisions municipales façonnent le quotidien : l’état des routes, la sécurité du quartier, la rénovation de l’école, l’ouverture d’une crèche, la gestion des déchets, la place du vélo, l’accès aux soins, la vitalité du commerce de proximité ... Ce sont des sujets concrets, visibles, palpables. Des sujets qui, loin des tensions internationales, conditionneront toujours la qualité de vie de chacun.
Alors, "le lointain" inquiète l’opinion publique, et monopolise évidemment l’attention. Sauf celles des candidats toujours mobilisés malgré tout par leurs derniers jours de campagne électorale sur leur terrain, sur les médias "traditionnels", mais surtout aussi maintenant via les Réseaux sociaux. Comme Remy Lavenant ce candidat agé de 25 ans, dans l'Essonne...
Parce qu’en réalité, et paradoxalement, les communes sont souvent en première ligne face aux crises mondiales : hausse des prix de l’énergie, tensions sociales, adaptation climatique, solidarité avec les populations touchées, accueil parfois de réfugiés. Les maires ne sont pas des spectateurs : ils absorbent, amortissent, organisent… Ils sont les gestionnaires du réel.
Paradoxalement dans ce contexte, les radios, télévisions, comme la presse quotidienne de proximité, ont sans doute plus que jamais ces jours-ci, un rôle essentiel : tout en prenant en compte la réalité du contexte international, il leur faut maintenir le lien entre les habitants et leur territoire. Donner la parole aux acteurs du terrain, éclairer les programmes, expliquer les choix, confronter les promesses aux réalités : offrir des repères du concret, redonner aussi du sens à ce qui se joue ici.
La démocratie locale reste un espace où chaque voix compte réellement, où l’on peut encore agir, décider, peser : là où se construit, jour après jour, la vie commune.
Alors … La guerre doit évidemment être traitée avec rigueur ! Comme ici sur le site de la Charente Libre :
Mais sur le plan éditorial, l’équilibre entre cette crise au Moyen Orient ou en Ukraine passée au second plan, relève d’une alchimie complexe à "doser". Un média local n’a pas vocation à commenter heure par heure l’actualité du conflit qui enflamme les pays du golfe ou continue à tuer dans le Dombas...
Mais … Pour ne pas être considéré comme un média seulement "complémentaire", celui qu’on vient lire écouter ou regarder après les chaines nationales, il s’agit de diffuser l’essentiel. C’est important pour la crédibilité du média. Mais surtout, il faut savoir relier le global au local !
Pour les journaux de PQR, radios, et télévisions locales et régionales c'est l’occasion d’estampiller leur différence avec les autres médias, de faire la démonstration de l’impérieuse nécessité de leur format : être un repère, voire un refuge identitaire, dans un moment d’angoissante confusion globalisée…
Regarder le monde, être sensible aux crises, depuis sa fenêtre et avec sa sensibilité, sa culture locale, depuis chaque territoire ! Cultiver sa raison d’être, son ADN … En ces temps désormais globalisés, la dimension"géographique", additionnée à l'incontournable proximité "affective" sont à nouveau, on ne peut plus, d'actualité !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 06 mars 2026.
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Crise internationale, bataille des audiences ... Malgré la révolution du mode de conso, les médias "tradis" engrangent des records d'audience. (le 04-03-2026) |
Les crises internationales majeures provoquent traditionnellement en France un effet d’audience massif et immédiat sur les radios et les télévisions, avec une hausse marquée des médias d’info continue.
Côté TV : le 28 février, les chaînes info ont atteint 14,7 % de part d’audience cumulée, un niveau exceptionnel, avec …
BFMTV : 4,7 % de PdA, soit plus de 13 millions de téléspectateurs cumulés et un pic à 836 000 personnes.
LCI : 4,4 %, avec 601 000 téléspectateurs entre 18h et 20h.
CNews : 3,7 %. Temporairement, la chaîne du groupe Bolloré ne peut plus revendiquer sa place de leader des chaînes d’info.
Et franceinfo : 1,9 % bat ses records d’audience depuis sa création il y a bientôt 10 ans.
Le 1er mars, la dynamique s’est même renforcée : le bloc info a atteint 15,1 % de PdA, avec BFMTV à 5 % et LCI à 4,7 %, soit des niveaux deux fois supérieurs à leurs moyennes habituelles. BFMTV et LCI deviennent les chaînes-refuges, avec un avantage structurel pour BFMTV en volume et pour LCI sur certaines tranches d’analyse.
Mais … TF1 reste la chaîne la plus puissante en volume absolu lors des événements politiques. Son JT gagne entre 2 et 3 points de part d’audience depuis le 28 fevrier.
France 2 bénéficie manifestement d’un effet crédibilité / information renforcé avec une très forte dynamique sur les CSP+ et les 25‑49 ans. Lors de l’allocution du Président de la République, la chaîne a capté presque autant de téléspectateurs que TF1, confirmant sa montée en puissance sur l’actualité chaude.
M6 subit davantage la concurrence lors des événements graves, son JT est le plus affecté par les perturbations de grille. Selon les analystes, la chaîne reste performante sur ses cibles commerciales mais ne profite pas du regain d’intérêt pour l’actualité internationale.
Pour mémoire … Les attentats de 2015 avaient fait bondir les chaînes d’info de +150 à +300 % en quelques heures. La guerre en Ukraine en février 2022 avait entraîné une hausse de +30 à +50 % de l’audience des JT et chaînes d’info sur une semaine !
Côté radios, pas de sondage quotidien, il faudra attendre la prochaine vague publiée par Médiamétrie pour connaître les incidences de cette crise sur les audiences. Toutefois traditionnellement dans ce type de contexte, France Inter, France info, RTL, RMC, et à nouveau Europe 1, qui restent parmi les plus écoutées en France, se renforcent. En situation de crise, ces stations enregistrent généralement une hausse de +10 à +25 % de leur audience quotidienne, une durée d’écoute plus longue (jusqu’à +20 %), et un basculement vers les tranches d’information (matinale, journaux, éditions spéciales).
Jusqu’alors, et malgré l’évolution du mode de consommation des médias, les Français conservent le réflexe de se tourner vers les médias perçus comme fiables et "explicatifs" : radio et TV offrent des éditions spéciales en continu et ces crises renforcent donc la confiance dans les institutions médiatiques traditionnelles. Mais dorénavant, la force de frappe du digital compte aussi, à tel point que les sites et applis d’info voient +30 à +80 % de visites supplémentaires !
Contrairement aux idées reçues, même en cas de crise internationale, les antennes locales ne sont pas délaissées ! Leurs auditeurs fidèles leur font confiance pour connaître les conséquences et les implications régionales. Souvent aussi, elles reprennent des flashs nationaux, ce qui augmente leur crédibilité. Leur maintien, voire parfois leur gain d’audience, dépend de leur capacité à contextualiser localement l’événement international.
Les stations qui investissent dans la déclinaison de l’évènement planétaire et son décryptage gagnent en notoriété durable. Les radios locales ne captent donc pas l’effet de choc massif des chaînes d’info, mais elles bénéficient naturellement de leur valeur ajoutée : dès qu’un événement international a une résonance locale, leur audience progresse comme celles des généralistes nationales.
A une condition : que ces stations de radio et de télévision soient capables de produire du contenu local lié à l’actualité mondiale brulante … Plus que "complémentaires" elles affirment y compris dans les contextes de crise internationale leur statut de média "essentiel".
Les musicales en revanche, dont la valeur repose sur l’évasion, la détente et la routine, souffrent davantage de ces ruptures d’attention. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance structurelle : les jeunes, cœur des musicales, se tournent davantage vers le streaming, qui représente désormais 26 % du volume d’écoute audio quotidien en France. En période de crise, ce public ne revient pas vers la radio mais choisit les plateformes ou les réseaux sociaux pour s’informer autrement. Impossible pour ces stations dont le fond de commerce est le "feel good" d’épouser la douloureuse époque, même quand il s’agit de promouvoir un chanteur qui s’est engagé dans l'armée britannique où il a atteint le grade de capitaine. James Blunt a même participé au combat en ex Yougoslavie ...
Les crises internationales amplifient donc une fragilité déjà existante : concurrence du streaming, perte de différenciation éditoriale, difficulté à capter l’attention dans un environnement anxiogène. Elles renforcent en parallèle la centralité des radios et télévisions d’information, qui cumulent records d’audience, de durée d’écoute et dorénavant en plus, de consommation numérique.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 4 mars 2026.
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Cent fois, sans foi, mais pas sans voix ! La radio télévision d'Iran émet toujours, malgré l'attaque de son siège à Téhéran. Comment ? (le 04-03-2026) |
Les ondes, en temps de guerre ... Focus sur la radio-télévision d'état d'Iran qui poursuit, tant bien que mal, ses émissions. Les obsèques du Guide déjà remplacé par son fils seront retransmises en direct, même si elles sont "différées". Mais comment ?
L’Iran a construit un système conçu pour survivre à la destruction physique de ses infrastructures visibles. la frappe sur le siège à Téhéran, "Jame Jam" n’est donc pas un miracle technique, mais le résultat d’une architecture pensée pour la guerre.
Les frappes israéliennes ont bien détruit le bâtiment principal, utilisé par les Gardiens de la Révolution. mais pas l’infrastructure de diffusion dans son ensemble.
IRIB dispose de nombreux centres régionaux, studios secondaires et relais répartis dans tout le pays. Le siège n’est qu’un nœud parmi d’autres. le signal peut être basculé vers un autre. Parce que, comme beaucoup de régimes autoritaires, l’Iran a anticipé la possibilité d’attaques sur ses médias, avec des régies de secours, des serveurs dupliqués, des liaisons multiples grâce à la fibre et surtout aux satellites. Le signal peut encore être envoyé depuis n’importe quel studio opérationnel.
Comme la Syrie ou la Russie, l’Iran a organisé des infrastructures protégées, avec des studios enterrés, des régies mobiles, des centres de commandement éditorial sécurisés. Ces installations ont été conçues pour survivre à des frappes aériennes. Des tours hertziennes sont présentes dans chaque province, avec des faisceaux interurbains, les fibres optiques relient les centres régionaux au siège, des relais depuis les montagnes assurent la couverture des zones rurales. IRIB utilise aussi plusieurs satellites internationaux pour ses chaînes domestiques et internationales. La radiotélévision d’état dispose aussi de bureaux dans 20 pays comme en France, en Italie, au Royaume‑Uni, au Liban, en Malaisie, etc… Ces bureaux ne diffusent pas, mais ils fournissent des flux vidéo, disposent évidemment des correspondants qui peuvent représenter des capacités de repli au plan éditorial … Et surtout, ils peuvent alimenter le signal national si les rédactions centrales sont perturbées !
Maintenir l’antenne est un acte stratégique. L’Iran veut démontrer que l’État reste fonctionnel, que la chaîne de commandement n’est pas brisée, et que la guerre déclenchée samedi n’a pas encore paralysé les institutions. Le régime balbutiant considère IRIB comme un outil vital de contrôle du récit national. La résilience du système démontre en tous cas une préparation de longue date à des frappes ciblées. La télévision reste un pilier de la mobilisation interne, avec dit-on un tiers des 90 millions d’iraniens toujours fidèle au régime des Mollahs, surtout dans un contexte de coupures Internet et de brouillage des réseaux.
En Serbie, en 1999 la RTS était sous les bombardements de l’OTAN. Le siège de la Radio‑Télévision à Belgrade a été bombardé le 23 avril 1999. 16 employés sont morts, mais la diffusion a repris en quelques heures.
En Irak, en 2003, les États‑Unis ont bombardé les studios de la télévisionà Bagdad. Malgré cela, la chaîne a continué d’émettre depuis des sites de secours. Les images de Saddam apparaissaient alors à l’écran alors que les troupes américaines étaient dans la capitale.
De multiples centres de diffusion avaient été prévus pour résister à une attaque. L’Irak n’a perdu totalement sa capacité d’émettre que lorsque les Américains ont détruit physiquement les derniers relais.
En Ukraine, en 2022, la Russie a frappé la tour de télévision de Kyiv et plusieurs relais régionaux. Malgré cela, la télévision ukrainienne a continué d’émettre grâce aussi à des studios de secours, des serveurs cloud, des plateformes numériques, et l’intervention d’Elon Musk avec son réseau Starlink pour la connectivité. L’Ukraine s’appuyait massivement sur le numérique et le cloud, alors que l’Iran jusqu'alors resté centré sur la diffusion broadcast classique. Mais surtout Volodymyr Zelinsky a donc bénéficié de soutien technologique extérieur, ce qui n’est manifestement pas le cas de l’Iran.
Comme la Serbie, l’Irak ou la Syrie, l’Iran a donc anticipé que ses médias seraient des cibles prioritaires. pour affirmer la continuité de l’État, éviter la panique, montrer que "l’ennemi" n’a pas brisé le pouvoir malgré la mort du Guide suprême dont le successeur, son fils, est déjà désigné.
Comme l’ensemble du régime la radiotélévision d’état a peut-être été décapitée, mais pas renversée !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 4 mars 2026.
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"Guerre du golfe" nouvelle forme ... Quelle évolution pour les médias entre la 1ère en 1991 et aujourd'hui ? (le 01-03-2026) |
Rare, filtrée, hiérarchisée était la couverture de l’actu en 1991 ... contradictoire, émotionnelle. La compréhension apparaît plus difficile, du fait, et malgré, la profusion de sources.
Passer d’un monde où les médias montraient ce qu’ils pouvaient à un monde où ils doivent surtout trier ce que tout le monde montre. voilà l’évolution entre la première guerre du golfe en 1991 et le déclenchement du conflit au Moyen Orient, hier samedi.
En 1991, le journaliste était le filtre principal : sa posture était encadrée par les armées, les rédactions et les contraintes du direct. il doit composer avec les contenus amateurs, les propagandes numériques, les deepfakes, et les algorithmes des plateformes.
Le journaliste professionnel n’est plus le seul narrateur, il est surtout devenu vérificateur, "contextualisateur". Surtout parce que pour une large partie des publics le média traditionnel apparaît comme une simple voix parmi d’autres.
La guerre du Golfe inaugurait le direct permanent, qui restait maîtrisé par quelques chaînes. Aujourd’hui, avec l’avènement des réseaux sociaux l’instantanéité est totale et incontrôlée. Chaque internaute abonné de nombreux comptes reçoit des notifications en continu, des vidéos sont diffusées avant même que les autorités ne confirment les faits. Des rumeurs virales se propagent avant qu’elles ne puissent être démenties et démontées quand elles s’avèrent être, après vérification par des professionnels, des fake news. Comme ce cas hier dénoncé par le quotidien La Voix du Nord :
En 1991 la guerre du Golfe avait renforcé la puissance des médias audiovisuels alors qu’aujourd’hui la défiance à leur encontre est forte. Elle est alimentée par la fragmentation des sources, les accusations de biais, et la circulation massive de contre‑récits. Comme en témoigne ce message publié sur X ce dimanche par un professionnel :
Encore plus que d’habitude depuis hier matin, le web produit un bruit continu. C’est donc en fournissant des outils fiables de compréhension, et pas seulement de diffusion, en hiérarchisant les informations, en distinguant les faits confirmés, que les pros peuvent gagner la bataille contre les réseaux sociaux. Contre les plateformes qui amplifient les affects, les médias pros tentent d’opposer des analyses solides, des cartes, des explications pédagogiques, des entretiens avec des spécialistes crédibles.
L’expertise est rare : elle crée de la valeur. Au-delà de la diffusion sur les chaînes, il faut investir les plateformes : formats courts explicatifs, réponses rapides aux intox, vidéos de décryptage... Comme ce doc sur la chaine Youtube de France 2 :
https://www.youtube.com/watch?v=d3HWQhilF1Y
Le "reportage" digne de ce nom doit être valorisé. Les pros de l’info prennent des risques, enquêtent, vérifient : bien exposés aussi sur les Réseaux Sociaux ils peuvent marquer leur différence …
A lire, écouter et regarder le travail des journalistes depuis hier matin sur les médias traditionnels, cette "guerre" de l'info due à l’évolution du mode de consommation des médias peut manifestement être gagnée ...
Cohérence, transparence, reconnaissance des erreurs et dénonciation fake. Le savoir-faire des pros exposé sur tous les canaux, devient plus que jamais en ces circonstances un capital stratégique !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 1 mars 2026.
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Ecosystème parallèle aux médias traditionnels : de nombreux influenceurs présents dans les pays du golfe "jouent" dangereusement aux journalistes depuis ce matin … (le 28-02-2026) |
Alors que les rédactions du monde entier sont mobilisées sur le Moyen Orient depuis 7 h 30 , les influenceurs considérés comme de nouveaux "leaders d'opinion" entendent eux aussi "jouer un rôle". Ils ciblent leur clientèle habituelle, les jeunes gens qui les considèrent souvent comme des sources d’information ...
Exemple concret: À 07h42 heure du Golfe, plusieurs habitants entendent un bruit sourd. Aucun communiqué officiel n’est encore publié. Le vide informationnel dure environ 10 minutes. L’influenceur publie sur ses réseaux... Il a 24 ans, basé à Dubaï, revendique 1,2 million d’abonnés sur Snapchat et Instagram. Ses contenus habituels : la mode, les voitures, les sorties nocturnes. 07h49 : il filme depuis son balcon une lumière dans le ciel. La vidéo est floue, tremblante. 07 h 52 : il ajoute à sa publi un habillage de l’image, pseudo‑professionnel : Un bandeau rouge “BREAKING NEWS”, un logo inventé : “Gulf Crisis Media”. It affirme en voix off : “Interception confirmée au-dessus de Dubaï. Selon mes sources, un missile iranien a été neutralisé.”
Bien avant cette captation authentifiée, la sienne, qui colporte une "fakenews" atteint 300 000 vues en 20 minutes ! Et pourtant à 08h21, les autorités publient un communiqué : aucune interception, aucune menace, aucun missile dans la zone, le bruit provenait d’un avion militaire en exercice !
Ce type d’influenceur revendique souvent leurs publis comme des "Captations immédiates", à savoir des vidéos du ciel de Dubaï, de Doha ou de Manama, avec du bruit sourd au loin, des zooms sur des lumières ! Se prenant pour des journalistes, alors qu’ils ne sont que de lointains témoins armés d’aucune forme de déontologie, ils n’hésitent pas à publier : “On vient d’entendre une explosion”, “Les systèmes anti‑missiles sont activés”, “Restez chez vous”.
Chacun entend être le premier à “annoncer” quelque chose, “Dernière minute”, “confirmé”, “selon mes informations”, voilà les éléments de langages qui pullulent sur leurs comptes.
Pour les observateurs des médias, 3 "catégories" de ces influenceurs peuvent être distinguées : Les “news‑hunters”, qui imitent les journalistes, les « patriotiques », qui relaient la ligne officielle à laquelle ils entendent adhérer, et les « lifestyle », qui documentent leur peur plus que l’événement.
Dans les pays du Golfe, les influenceurs ont un statut quasi‑médiatique, parfois même encouragé par les autorités. Les médias traditionnels sont souvent perçus comme prudents ou à la solde des pouvoirs mais surtout lents, alors que les plateformes comme Snapchat, Instagram, ou TikTok sont massivement utilisées pour l’info en temps réel. Sans aucune forme de déontologie, la surenchère émotionnelle est devenue la règle !
D'autres exemples depuis ce matin ? Un influenceur qatari très suivi a publié une carte de trajectoire de missiles en prétendant avoir “des sources militaires”, alors que la carte venait d’un compte Telegram anonyme. À Dubaï, plusieurs comptes lifestyle ont filmé des sirènes d’alerte et parlé de “frappes imminentes”, alors que les autorités appelaient au calme. Un influenceur saoudien pro‑gouvernemental a relayé un communiqué militaire avant même qu’il soit repris par les médias locaux, donnant l’impression d’être un canal officiel. Sur Snapchat, des influenceurs koweïtiens ont diffusé des vidéos non vérifiées de prétendues interceptions, qui se sont révélées être des images d’archives.
Panique, patriotisme, opportunisme médiatique, voire commercial ? Et dire que sur place comme chez nous, ces influenceurs sont dorénavant considérés par une part importante des publics, comme des sources d’information …
Thierry Mathieu, e-crossmedia Le 28 février 2026.
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"Good morning Podcasts ": Pour la première fois aux USA, ils dépassent l'écoute de la radio traditionnelle. Quid chez nous ? (le 27-02-2026) |
L’heure de la "bascule" a sonné, en tous cas aux Etats Unis. Comme le montre cette étude publiée par Edison Research : Pour la première fois l’écoute de podcasts dépasse celle des stations de radio traditionnelles !
Les données européennes sont plus fragmentées, mais plusieurs tendances se dégagent … L’audio digital connaît toujours une croissance rapide, tirée par les plateformes musicales, les replays radio et les podcasts natifs. En France, les écoutes audio digitales avaient par exemple progressé de 4 % en 2024, avec des pics liés aux JO de Paris 2024, à l’Euro, et aux élections législatives, jusqu’à +18 % en juillet.
Le marché publicitaire audio digital européen reste plus limité qu’aux États‑Unis, mais il croît rapidement, porté par la géolocalisation et les offres de proximité. Mais la consommation "broadcast", autant dire traditionnelle de la radio demeure pour autant plus centrale dans les habitudes quotidiennes. Et les services publics (BBC, Radio France, ARD, RAI) y jouent un rôle structurant dans l’innovation audio. Le podcast progresse, mais sans cannibaliser aussi vite les offres linéaires.
Alors, sur notre "vieux" continent … la radio traditionnelle ne disparaît pas, mais elle se doit sans doute de changer de fonction. de la présence et du lien social … Avec les évènements en temps réel, l’info chaude - le breaking news -, et même si challengée par des applications, pour les services liés à la météo, ou au trafic. Elle reste aussi inégalée sur l’accompagnement des "usagers", la présence en continue, les rituels quotidiens, les voix familières, la relation intime qui se crée. Elle s’impose toujours dans la voiture, au travail ou en fond sonore.
Tandis que le podcast devient le média du choix, du temps long et de la narration. C’est aussi l’usage de l’individualisme, quand la radio traditionnelle se veut plutôt fédératrice. Signe des temps : avec l’audio "perso" l’auditeur choisit quoi, quand, comment …
L’avenir appartient sans doute donc aux acteurs capables d’articuler ces deux logiques dans une stratégie cohérente ! La frontière entre radio et podcast devient même en réalité poreuse : une émission peut se vivre en direct, ou en replay, en court extrait, voire, en série dérivée. Publics traditionnels et nouveaux usagers s’additionnent en termes d’audience avec la mise en en ligne systématique des possibilités de réécoute, mais aussi des Podcasts natifs, des formats courts adaptés aux réseaux sociaux, ou même des chaînes thématiques numériques dédiées à l’info, l’humour, le sport, la musique, la culture...
Sur ce champ de bataille, aux Etats Unis comme chez nous déjà, des batteries d’armes doivent se déployer, avec en première salve le retour à l’ADN du média prémium : recentrage sur le direct, l’actualité, les matinales, les événements, les grands directs, les concerts, les opérations spéciales. Mais aussi et peut-être surtout, la sacrosainte "proximité" : les services, l’ancrage territorial et l’interactivité pour que les stations redeviennent les haut-parleurs de leur zone de service : qu'elles redeviennent "identitaires" ! Mais dans le même temps elles doivent devenir des hubs de contenus à la demande. Avec une déclinaison des programmes désormais obligatoirement modulaires, personnalisables, mèlant flux et podcast.
L’enjeu n’est donc sans doute pas la survie de la radio, mais sa capacité à se réinventer, et pour cela à accompagner ses équipes, dans un environnement où l’auditeur attend du direct quand il veut être accompagné, et du podcast quand il veut choisir. La problématique est du même ordre ou presque pour les chaines de télévision .
Selon l'Equipe ce samedi, TF1 qui veut développer sa plateforme, souhaite réorganiser son offre magazine du dimanche matin. Le groupe étudie la possibilité de faire de "Téléfoot", l'émission historique du football depuis 1977, une émission purement digitale.
Complémentarité avec le web, mais aussi entre radios et TV, qui pourraient toujours plus apprendre à se rapprocher pour que leur union face leur force… Les offres qui réussiront seront sans doute celles qui sauront articuler ces deux logiques dans une stratégie audio et vidéo cohérente, innovante et centrée sur les usages.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 28 fevrier 2026.
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Complémentarité linéaire + Digital … FTV en forme Olympique durant les J O d’hiver ! (le 23-02-2026) |
D’aucuns auraient pu imaginer que sa création était passée sous les radars … Mais le succès de la nouvelle chaîne "sport" mise en ligne par France Télévisions en complément de ses offres traditionnelles à la veille des 25èmes Jeux Olympiques d’hiver est un succès !
D’après les chiffres d’audience communiqués ce lundi par le groupe de TV publique c'est même retentissant. Elle a surtout su proposer des expériences différentes, soit en diffusant des épreuves distinctes selon les canaux, soit en offrant la même épreuve, tout en permettant aux internautes de réagir instantanément et d’interagir entre eux.
16 millions de téléspectateurs ont regardé la chaîne sport depuis le 4 février, soit 3 millions de plus que la chaîne france.tv créée il y a 2 ans et demi pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. La cible jeune, férue de numérique plutôt qu’adepte de l’écran traditionnel, a bien été séduite : les 2 / 3 de ces téléspectateurs ont moins de 50 ans. La possibilité d’interactivité bien plus évidente via le digital que sur les chaînes traditionnelles a aussi permis de capter de nouveaux adeptes : 1,1 million de visiteurs se sont connectés au livechat de la chaîne du 4 au 22 février.
Et 27,5 millions de vidéos ont été vues depuis le lancement de la chaîne. France télévisions revendique aussi à l’occasion de ces Jeux d’Hiver 566 millions de vidéos vues sur Facebook, Instagram, TikTok, YouTube et X, et sur l’ensemble de ses comptes francetv sport, france.tv, slash, franceinfo.
Du coté des chaines "traditionnelles" carton plein également en termes d’audience : en moyenne 21 millions de téléspectateurs ont été touchés chaque jour, c'est un record historique pour les Jeux Olympiques d'hiver avec une couverture très large sur l'ensemble des publics : autant d’hommes que de femmes : 93 et 92 %. Et une audience exceptionnellement jeune : 85 % des 15-24 ans ont suivi ses retransmissions.
En soirée, le groupe a été Leader 10 fois sur 17 pendant les JO : 6 fois sur France 2 et 4 fois sur France 3, avec des taux d’audiences rarissimes : 6,6 millions de téléspectateurs par exemple soit presque 4 sur 10 pour la médaille d’or Cizeron-Fournier Beaudry sur France 3 :
Ou 6,5 millions soit un téléspectateur sur 2 pour les médailles d’or et d’argent en Biathlon féminin sur France 2 !
Avec 57 millions de vidéos vues pour les Jeux Olympiques d'hiver sur la plateforme france.tv, le record historique est atteint et le cumul a triplé par rapport à Pékin 2022.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 23 fevrier 2026.
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