Réinventer les médias pour le mobile : TF1 fait l’actualité avec son annonce de "flux vertical", comme tous les médias qui sont déjà en marche : question de survie ! (le 05-11-2026) |
Au-delà de TF1 l’enjeu est bien de révolutionner les médias traditionnels télévision, radio, presse pour les adapter au support plébiscité par les jeunes, ce rectangle vertical qui remplace l’écran du salon, la radio du matin et le papier du journal.
Car tout se joue désormais là : dans la verticalité d’un smartphone, dans la vitesse d’un geste, dans la logique d’un fil qui ne s’arrête jamais. Les médias doivent rivaliser avec les réflexes du pouce, les flux infinis, les algorithmes qui décident avant nous. Et c’est dans ce paysage en mouvement que TF1 fait ces jours-ci l’actualité.
En 2027, TF1+ intégrera un flux vertical, pensé pour le mobile et monétisable. Le groupe avance fort : TF1+ revendique 45 % de part d’audience sur les 15–34 ans et 14 millions de jeunes touchés chaque mois. Ses franchises comme Star Academy …
Ou encore Secret Story, Koh-Lanta ou The Voice cumulent 90 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et ont généré près de 4,4 milliards de vidéos vues cette année.
Autrement dit : les marques TF1 vivent déjà massivement dans les flux verticaux de TikTok, Instagram et YouTube. Le groupe entend désormais ramener une partie de cette consommation sur TF1+, où il maîtrise la donnée, la recommandation et la monétisation : ne plus seulement adapter la télévision au mobile, mais inventer carrément une forme de télévision pour le mobile.
La révolution est d’ailleurs déjà bien engagée pour tous les acteurs. Dès 2023, France Télévisions installe ses formats explicatifs et incarnés sur YouTube.
Le groupe assume que les jeunes ne reviendront pas spontanément vers les plateformes maison. Avec ADspace•ia et la stratégie “Total Vidéo Premium” (TV + YouTube + Prime Video), le service public avance avec une idée simple : être là où se trouve le public.
M6 accélère avec M6+ (2023) et les M6 Agents (2024), une suite d’IA capables de briefer, planifier, acheter, analyser. Les formats courts circulent déjà sur TikTok, Instagram, YouTube.
Objectif : devenir la plateforme publicitaire la plus simple à acheter, façon Meta Ads.
RMC–BFMTV s’est focalisé sur une offre du type "info native mobile". Chez Altice, le temps réel est déjà un format dédié smartphone. Depuis 2018, les contenus info se verticalisent ; notifications, lives, breaking news s’enchaînent. Avec RMC BFM Ads, le groupe fait de YouTube un relais de puissance.
L’actualité comme le divertissement se consomme debout, entre deux messages, dans la vitesse du quotidien.
Au-delà de la télévision, les autres médias traditionnels sont eux-aussi très engagés dans cette bataille : La radio se fragmente elle aussi. France Inter, France Info, France Musique, France Culture …
RTL comme Europe 1 inondent le web avec leurs extraits calibrés pour TikTok et Instagram. Les sessions de Sud Radio sont transformées en capsules verticales et la diffusion de la chaine repose pour beaucoup via ses live sur Youtube pour palier son parc d’émetteur FM modeste. ICI, le réseau des locales de Radio France démultiplie les formats mobiles de proximité.
La Presse écrite a même été pionnière malgré elle … Dès 2018, Le Parisien produit des vidéos verticales. En 2019, Le Figaro lance des formats explicatifs sur YouTube. En 2020, Ouest‑France expérimente les stories.
En 2021, 20 Minutes investit TikTok. Les enquêtes deviennent des produits dérivés numériques : vidéos, podcasts, carrousels, newsletters. La presse écrite comprend avant les autres que les jeunes publics ne lisent plus les site de ses journaux, mais y aterrissent via les réseaux sociaux.
Dans cette marche collective, l’initiative de TF1 présentée en grande pompe hier mercredi est un signal supplémentaire. Elle rappelle que le centre de gravité des médias a basculé : il ne se trouve plus dans la capacité à se glisser dans les usages, mais à s'imposer là où se joue désormais la vie médiatique.
Reste une question, essentielle. Ces mutations sont pensées pour faire vivre les marques, compenser la baisse de la pub en linéaire, et reconquérir leurs audiences via les nouveaux canaux. Mais ramèneront‑elles vraiment pour autant les jeunes générations vers les flux traditionnels ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 6 novembre 2026.
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CNews, la pétition en suspens et la schizophrénie médiatique française : plongée dans 2 France qui ne se parlent plus, avec une régulation qui ne s'exerce ... que sur l'ancien monde. (le 04-11-2026) |
Près de 800 000 signatures, un seuil historique, un texte citoyen devenu phénomène national ! Et pourtant, l’Assemblée nationale ne prendra sa décision que d'ici 15 jours.... La commission des affaires culturelles est face à un dilemme : classer la pétition contre CNews, ou ouvrir un débat public sur le pluralisme médiatique.
Regardons tout d'abord ce qu'en dit la chaîne inciminée :
Figure de gauche et écologiste le sénateur Yannick Jadot s’en remet justement à l’Arcom ce mercredi matin sur France Inter :
Le député de droite radicale et maire de Nice Éric Ciotti s’insurge lui contre cette pétition :
Ce moment de flottement institutionnel est révélateur : la pétition n’est plus seulement un geste citoyen, mais est devenue un point de tension, le symptôme d’une fracture profonde entre 2 France médiatiques : l’une régulée, l’autre déchaînée !
Chaînes d’info, radios généralistes, JT du soir, matinales, talk‑shows : un univers où la déontologie existe globalement encore : vérification, pluralisme, débat contradictoire, responsabilité éditoriale. Thomas Legrand, désormais hors de Radio France après l’épisode de la vidéo volée par une publication d’extrême droite s’exprime sur le site de Libé :
Un univers consulté majoritairement par les plus de 50 ans, les fameux “boomers” selon la novlangue des réseaux sociaux.
Et puis … Le monde des plateformes : rapide, émotionnel, sans règles. YouTube, X, ou TikTok :
Ou encore Instagram :
Des espaces où l’information se consomme en quelques secondes, où l’indignation remplace l’analyse, où l’algorithme tient lieu de rédacteur en chef. Un univers consulté massivement par les moins de 35 ans, qui jugent les médias traditionnels avec une virulence inédite.
Les plateformes se sont autoproclamées “nouveaux médias”. Ce sont elles qui dictent désormais le tempo d’une large partie du débat public, qui ont fait exploser la pétition contre CNews, qui ont transformé un texte citoyen en phénomène national.
“Et boom… comme Boomers.” Les médias classiques seraient bons à jeter, ringards, dépassés, élitistes. Une large part du pays ne les consulte plus, mais les critique pourtant comme jamais. Au risque d’intoxication informationnelle comme le raconte France Info :
Au centre de cette tempête "CNews", un nom : Lucas Massoni. Un citoyen ordinaire, consultant indépendant en systèmes d’information, pas journaliste, un internaute sans revendication politique affichée. Et pourtant, après le drame terroriste à Trappes sa pétition a généré l’un des plus grands emballements numériques de ces dernières années. Il avoue à Libé :
CNews n’est pas la seule chaîne critiquée… France Inter est accusée d’être “trop à gauche”. BFMTV, “trop dans le buzz”. … Le reporter Igor Saliéri en a parlé sur son antenne avec le spécialiste de l’évolution de l’opinion Jérôme Fourquet …
France Info, “trop institutionnelle”. Europe 1, “trop Bolloré”. Sud Radio, “trop radicale”. France 2, “trop progressiste”… ou TF1 - LCI trop "sage". Mais CNews est devenue le symbole, le paratonnerre, le point de cristallisation !
Ecoutons RTL ...
CNews incarne un modèle éditorial assumé tout en cumulant pourtant les sanctions de l’Arcom. Elle occupe une place centrale, symboe d’un duel idéologique entre régulation et liberté d’expression.
Et maintenant... A la commission des affaires culturelles de l’assemblée d'assumer ses responsabilités : classer la pétition, ou ouvrir un débat public. La d"cision ne sera prise que d'ici 15 jours ! Et pendant que les députés hésitent… Les réseaux sociaux, eux, ont déjà tranché, jugé, et condamné, Ce que dénonce des figures comme la journaliste Françoise Degois :
La pétition contre CNews n’est pas un acte isolé, c’est un symptôme. Celui d’un pays où deux mondes médiatiques coexistent sans se parler, où les jeunes, mais pas seulement, ne consultent plus les médias traditionnels, mais les critiquent comme jamais.
Le mot de la fin provisoire à ce plateau sur LCI, ce mercredi soir :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 4 novembre 2026.
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Midterms : un vote qui raconte le monde tel qu’il est devenu, suivi sans doute chez nous bien plus que d’habitude. (le 03-11-2026) |
“Ce qui se joue dans les urnes américaines se lit sur les panneaux des stations‑service françaises.” La géopolitique est redevenue un feuilleton… Trump rencontre Poutine à Sotchi, parle d’un “nouvel équilibre européen”, critique l’OTAN… Et les Français suivent ça comme une série.
Les chaînes d’info le constatent : les sujets “monde” font +18 % d’audience depuis septembre. Et puis, il y a la présidentielle française qui arrive, la plus incertaine depuis 1981. Alors les midterms deviennent un miroir, un avertissement, un chapitre de notre propre histoire.
Les médias français ont massivement investis : France Télévisions
BFMTV,
Vu des médias, ces Midtherms sont comme un symbole de la globalisation du monde. Un monde où l’Amérique ne vote jamais seule. Elle vote pour elle, mais aussi avec des conséquences qu’elle ne réalise pas, pour nous. Elle vote en réalité pour l’ordre du monde.
TF1-LCI,
CNews,
Coté radios … France Inter analyse cette importante échéance depuis des mois comme ici en avril dernier avec l’ancien ambassadeur de France à Washington
France Info explique à l'antenne et sur le web …
RTL raconte la vie quotidienne, l’impact direct, le concret.
Europe 1 cherche la conversation politique cadrée, avec son auditoire parfois pro Trump.
Sud Radio capte les colères, les territoires, les voix qui contestent ce qui se dit à Paris en expliquant …
La presse écrite, elle, cadre le récit :
Le Monde parle de recomposition du monde, Le Figaro d’inquiétude stratégique, Libération de polarisation démocratique, Les Échos de marchés et de pétrole. Chacun son prisme, chacun son public, chacun son histoire.
Ces midterms racontent un monde où un vote local américain influence le prix du carburant, la sécurité de l’Europe, et la campagne française. Elles racontent le rapprochement des empires : Washington parle à Moscou, Pékin observe, Téhéran s’embrase… et l’Europe, elle, regarde, reléguée dans le couloir. Les éditorialistes français le disent : “Les empires discutent entre eux, et l’Europe n’est plus dans la pièce.”
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 3 novembre 2026 .
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"Beau comme un camion !" Pour lutter contre les fake news, "Lumières sur l'info" avec quelques 100 journalistes pros va au devant du public. L'association concours pour financer l'achat ... d'un nouveau camion. Pour l'aider, cliquez ! (le 02-11-2026) |
Depuis 2017, "Lumières sur l’info" agit pour une information fiable, vérifiée et plurielle au service d’un débat citoyen et démocratique éclairé.
Interventions dans les collèges, les lycées, les médiathèques, les maisons de quartier, devant des kiosques : apprendre aux jeunes et aux moins jeunes à vérifier une info, à repérer un faux site, à déjouer un montage truqué.
Son camion "TropMytho" traverse les régions pour aider les habitants à déjouer les fake news. Leurs vidéos, leurs tutos, leurs ateliers ont touché des milliers de jeunes.
Et en 2026, l'assos a reçu le Prix de la Démocratie "Desinfox". ‘Lumières sur l’info’, c’est la preuve qu’on peut lutter contre la désinformation… en allant directement là où elle circule.
L'association est aujourd'hui finaliste dans la catégorie Audace du Grand Prix Claude Bébéar, et a besoin de mobiliser le plus grand nombre pour remporter ce prix !
À la clé : 100 000 € qui permettraient de poursuivre son développement et d’acheter son nouveau camion "TropMytho" pour poursuivre sa route contre la désinformation.
La campagne de vote se termine le 8 novembre : il ne reste donc que quelques jours pour faire la différence ! Le vote est gratuit et ne prend que quelques instants. Si vous avez envie de soutenir cette association et son engagement pour lutter contre les fake news, votez ici :
https://prix-claude-bebear.dift.com/?association=lumieres-sur-linfo#voter
Thierry Mathieu e-crossmedia le 2 novembre 2026. |
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"Je t'aime, moi non plus !" Manifs et heurts = succès des TV d'info en continu, pourtant si décriées. Zoom sur la défiance des publics, mais pas tous ! (le 31-10-2026) |
Gilets jaunes, cortèges étudiants, manifestations sociales, réunions politiques : les journalistes y sont bousculés, parfois évacués, souvent pris à partie. Ils seraient "du côté du pouvoir", "du côté des puissants", "du côté de ceux qui ne comprennent pas".
Premières ciblées, les chaines d’info continu considérées comme des totems politiques:
CNews, pour les uns, c’est la dérive idéologique pour les autres, la libération du débat :
BFMTV, pour certains c’est la dramatisation permanente pour les autres, la seule chaîne qui montre "ce qui se passe vraiment ». Le député LFI Antoine Léaument sur Sud Radio :
LCI n’est pas accusée d’être radicale, mais souvent d’être trop sage, pas d’être incendiaire, mais d’être trop proche du centre, pas d’être militante, mais d’être trop institutionnelle.
France Info est également mise en cause, avec l'interview dont se plaint cette semaine Sarah Knafo, députée européenne Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. Elle renvoie le public sur ses réseaux sociaux :
Longtemps France Télévisions et Radio France avaient l’image de piliers, de repères, de lieux où l’on cherchait la neutralité, la distance, la mesure. FTV est désormais accusée d’être de gauche par les uns, trop institutionnelle » par les autres. Radio France suivant ses chaines est tour à tour jugée militante, élitiste. Le sanctuaire n’existe plus. Les rédactions du service public sont désormais prises dans la même mêlée que certaines chaînes privées.
Même la porte-parole du gouvernement intervient après le conseil des ministres pour rappeler qu’elle accueille tous les médias, dès lors qu’ils sont professionnels : Maude Bregeon :
Dans la rue, des jeunes gens refusent eux de parler à certains médias lors de leur conférence de presse :
A Orléans, le journaliste de Médiapart est évacué dimanche dernier par des vigiles du congrès du RN :
Le rapport aux médias du RN s’était éclairci lors de la commission d’enquête parlementaire sur le pluralisme des médias, dont le rapporteur vient d’être nommé porte‑parole de la campagne de Marine Le Pen.
Des journalistes s’insurgent … Comme Jean Luc Lemoine sur W9 quand les journalistes ne sont plus en capacité d’exercer leur métier, comme évacués d’un congrès ou d’une manif :
Baptiste des Monstiers témoigne sur RMC de ses expériences en aillant travaillé pour plusieurs médias. Il réagit au positionnement de LFI par rapports à certains médias :
Pendant ce temps, une autre révolution silencieuse avance : le repli vers le web. Les jeunes s’informent sur TikTok, YouTube, Instagram. Les influenceurs deviennent des éditorialistes. Les algorithmes favorisent les contenus extrêmes. Les bulles de filtre créent des réalités parallèles.
Un internaute diffuse en direct ce samedi après midi une équipe du média de droite radicale "Frontières", proche de CNews, éjectée du cortège par les manifestatnts.
Alors la question n’est plus : "À qui faire confiance ?" mais : "Peut‑on encore partager une même réalité ?" Les chercheurs le disent : la défiance n’est plus un symptôme, elle devient un acteur de la crise démocratique. Les journalistes sont contestés comme les institutions, les élus, le régulateur, et les plateformes le sont tout autant puisque chacun, sans la moindre déontologie et en favorisant l’entre-soi y fabrique son propre récit.
Albert Camus écrivait que "les journalistes sont les historiens du quotidien". Mais lorsque le quotidien lui‑même se fracture, lorsque les récits se multiplient, lorsque les vérités deviennent concurrentes, alors ce sont les historiens qui se retrouvent sans chronologie, sans fil, sans terrain stable !
Toujour est-il que, samedi dernier ... Les chaînes d’info ont réalisé une journée exceptionnelle BFMTV domine avec 7,2 % de PDA, plus du double de sa moyenne. CNews suit à 5,5 %, passant devant M6 et frôlant le million en soirée. LCI progresse à 3,9 %, tandis que franceinfo atteint 1,9 %. Avec 18,5 % cumulés, les chaînes d’info demeurent le premier réflexe du public lors d’un événement de crise. Enfin ... Ceux qui n'ont pas déserté vers les RS et peuvent être comptabilisés devant leur tv !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 31 octobre 2026.
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Insurrection "masquée" en mode Halloween, nuit des ténèbres ? Ce que craignent les autorités françaises pour ce samedi est documenté depuis des années par la presse internationale ! (le 30-10-2026) |
Le ministre de l’Intérieur parle d’une "Nuit des ténèbres", le préfet de police de Paris redoute des cortèges masqués, des rassemblements nocturnes, des débordements opportunistes : 70 000 forces de l’ordre déployées …
Halloween est née dans les banlieues américaines avant de traverser l’Atlantique. Et c’est donc vu de Detroit qu’il faut lire la documentation de la presse pour comprendre ce qui pourrait arriver samedi soir. Sur WXYZ, WDIV, Fox 2 Detroit, les journalistes ouvrent leur journal du 31 octobre 1984 sur des maisons en flammes : entre le 29 et le 31 octobre, 810 incendies. Les pompiers sillonnent la ville comme dans un film catastrophe, les sirènes couvrent les rires des enfants qui passent en costume.
La presse nationale USA Today, The New York Times baptise l’événement : Devil’s Night. Dans son pays d’origine, Halloween révèle déjà sa part d’ombre. Une nuit où le masque n’est plus un jeu, mais une permission.
En Grande‑Bretagne, les caméras racontent une autre tradition : la Mischief Night, le 30 octobre. La BBC filme des vitrines brisées, ITV des voitures rayées, Sky News des feux de poubelles. Les radios locales commme Radio Leeds ou Radio Merseyside décrivent une nuit où les adolescents testent les limites, où la farce devient délit, où la ville se transforme en décor de transgression. Halloween n’est plus une fête : c’est un théâtre.
Près de nous également, les médias espagnols ont déjà raconté des nuits d’Halloween où la fiction déborde. Le 31 octobre 2023, La Sexta, RTVE et Telecinco montrent des poubelles incendiées, des dégradations dans le Raval, des affrontements avec les Mossos d’Esquadra avec plusieurs interpellations. Le lendemain, El País et El Mundo analysent les vidéos TikTok appelant à venir masqués et à suivre des points de rendez‑vous diffusés en ligne… En 2021 déjà, les Ramblas de Barcelone avaient connu des rassemblements non déclarés, des jets de projectiles, une dizaine d’arrestations.
2 ans auparavant, Madrid avait été le théâtre des bagarres et des dégradations en marge de soirées déguisées et avait fait l’objet d’une mise en scène numérique, un scénario déjà à l’époque écrit sur les réseaux.
En France, les dérives n’ont jamais atteint l’ampleur de Detroit ou Barcelone. Mais les médias hexagonaux ont, eux aussi, raconté des nuits où Halloween perd son innocence. Les images reviennent, année après année, comme un rituel médiatique. À Strasbourg, en 2018, les caméras filment des voitures brûlées à Hautepierre et Cronenbourg. À Lyon, en 2019, des jets de projectiles visent les policiers à la Guillotière. À Nantes, en 2020, les pompiers interviennent sur une série de feux de poubelles. À Mulhouse, la même année, des véhicules flambent à Bourtzwiller. À Montpellier, en 2022, des affrontements éclatent en marge de rassemblements déguisés. À Marseille, en 2021, des pétards interdits sont saisis après un arrêté préfectoral.
Dans les colonnes du Parisien, de la Voix du Nord, de Ouest‑France, de Nice‑Matin, les récits se ressemblent : À Saint‑Denis, en 2019, des rassemblements nocturnes non déclarés. À Caen, la même année, des mineurs interpellés pour des dégradations “sous couvert d’Halloween”. À Lille, en 2020, des vitrines endommagées rue de Béthune. À Angers, en 2021, des pétards artisanaux utilisés comme projectiles. À Nice, en 2022, des “blagues” qui tournent mal.
Outremer … RCI, France‑Antilles, le JIR, Guadeloupe La 1ère, Martinique La 1ère, Réunion La 1ère racontent des nuits plus agitées encore, comme si la fête y prenait une intensité particulière. En Guadeloupe, le 31 octobre 2016, RCI rapporte des jets de pierres sur des véhicules à Pointe‑à‑Pitre. Le 31 octobre 2019, France‑Antilles décrit des dégradations et une patrouille prise à partie à Baie‑Mahault. Le 31 octobre 2022, Guadeloupe La 1ère évoque des jets de projectiles et des interventions simultanées des pompiers. En Martinique, le 31 octobre 2018, un rassemblement de jeunes dégénère sur la Savane de Fort‑de‑France. Le 31 octobre 2020, Schoelcher voit des feux de poubelles, des vitrines endommagées, des pétards artisanaux lancés sur des véhicules. À La Réunion, le 31 octobre 2017, une rixe éclate à Saint‑Denis. Le 31 octobre 2021, Le Port et Saint‑Pierre connaissent des dégradations, des poubelles incendiées, des jets de projectiles sur une patrouille. Des dégâts aussi à Bras Fusil ...
Les autorités françaises ne craignent pas Halloween pour son folklore. Elles craignent Halloween pour ce que les médias ont déjà montré : des nuits plus violentes que la moyenne, des actes commis “par jeu”, “par défi”, “par anonymat”, des groupes qui profitent du déguisement pour se fondre dans la foule, des rassemblements spontanés qui dégénèrent.
Et cette année, ces ingrédients se mélangent à un contexte social inflammable, des appels sur les réseaux à des cortèges masqués, une esthétique Halloween utilisée comme couverture, une mobilisation nationale annoncée à 20 h.
Ce que les médias ont raconté pendant vingt ans, ici et ailleurs ... C'est exactement ce que redoutent les autorités pour ce samedi soir.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 30 octobre 2026.
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"La radio libre" promet le slogan d'Europe 1... Sauf à ne pas respecter la loi lui redit l'Arcom ! Mais alors, quid des amateurs sans déontologie du web, considérés désormais comme sources d'info ? (le 27-10-2026) |
"Défaut de maîtrise de l’antenne et propos discriminatoires laissés filer dans une émission interactive".
Voilà la nouvelle sanction qui s’ajoute à une mise en garde en janvier 2026, une demande d’observations en juillet, une réponse jugée insuffisante en août. Christine Kelly, pourtant ancienne membre du CSA de 2009 à 2015, a tenu à l'antenne fin janvier dernier des propos sur les migrants de nature à inciter à la haine :
Quelques secondes d’antenne, et une fin de non-recevoir de la part de la station :
Pas plus tard qu’avant-hier soir, les manifestants contre le racisme après le drame de Trappes, criaient leur haine à l’encontre de sa soeur télévisuelle CNews, comme de BFM.
Mais sur le web également de nombreux internautes s’insurgent contre la décision de l’Arcom.
En même temps … Même si l’Arcom a désormais la charge de surveiller le numérique, tout internaute sans la moindre déontologie peut s’improviser pourvoyeur d’info, diffuser les contenus les plus contestables, et n’être que très rarement rappelé à l’ordre … Les exemples ne manquent pas ces derniers jours et avec des audiences qui parfois dépassent désormais largement celles des médias traditionnels !
Du côté des nouveaux médias, avec des créateurs de contenus maintenant reconnus comme des pros de l’info, l’arbitrage de l’organe régulateur demeure bien plus difficile à opérer que pour les médias traditionnels. Brut, HugoDécrypte, Thinkerview, Blast, Livre Noir peuvent interviewer un candidat sans contrepoint, diffuser des opinions sans équilibre, et laisser passer des propos radicaux sans sanction. Ils n’ont pas de fréquence, donc pas réellement de régulation.
Martin Ajdari, Président de l’Arcom a évoqué cette évolution nécessaire à Toulouse la semaine dernière dans ICI Matin Occitanie co-diffusée par Radio France et France Télévisions :
A contrario, l'ONG "OJIM", "Observatoire du journalisme" critique l'organe régulateur. Edouard Chanot, journaliste passé par Sputnik France et RT France, aujourd’hui animateur sur TV Libertés.
La régulation audiovisuelle française repose sur la loi du 30 septembre 1986, qui impose : pluralisme, honnêteté, rigueur, maîtrise de l’antenne. Un cadre admirable, mais pensé pour un monde où l’audiovisuel était le centre de la vie démocratique.
Aujourd’hui, les plateformes diffusent des contenus politiques sans réelle obligation de pluralisme ou de contradiction. Les internautes peuvent mener des interviews politiques de trois heures sans contrepoint. Les lives Twitch peuvent laisser passer des propos radicaux sans modération. Mais aussi diffuser en ligne des podcast de qualité …
Pour le meilleur et contre le pire, l’Arcom applique la loi avec rigueur, c’est celle que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre … D’un monde où l’audiovisuel était le cœur de la vie démocratique. Aujourd’hui, ce cœur bat ailleurs : sur les plateformes, dans les formats vidéo, dans les lives, pour l’heure de facto impossibles à réguler.
La question ne serait-elle pas de savoir si la loi qui fonde le travail de l'Arcom est encore en phase avec notre époque ? C’est peut-être là que se joue, silencieusement, l’avenir du réel paysage médiatique français.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 28 octobre 2026.
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L'univers impitoyable des RS : outil pour les manifs , pourvoyeurs de Fake News ... E. Macron les dénonce à nouveau, alors que les jeunes surtout les plébiscitent ! (le 26-10-2026) |
Le paradoxe français : dénoncer les réseaux sociaux tout en abandonnant les jeunes ! Depuis 2025, Emmanuel Macron répète que les réseaux sociaux abîment nos démocraties. Il a même proposé d’en interdire l’accès aux moins de 15 ans, avant que le Conseil constitutionnel ne censure la mesure en août 2026. Le Chef de l’état l’a réaffirmé ce lundi à Marseille :
La France s’inquiète donc de l’emprise numérique sur les adolescents… mais elle a simultanément abandonné les médias publics destinés à les informer. Radio 7 a disparu, pourtant pionnière avant même la libération de la bande FM. Le Mouv’ qui lui a succédé vient d’être fermé au sens contenu éditorial pour n’être plus qu’une sorte de plateforme musicale uniquement en numérique.
Ce lundi en effet Mon Petit France Inter, destiné aux enfants a pris sa place sur le Dab +!
. Pendant ce temps, les 12–25 ans s’informent via TikTok, Instagram, YouTube, où les contenus les plus vus ne sont pas produits par des rédactions, mais par des "créateurs". 90 % des 12–17 ans en France ont un smartphone comme en Espagne, en Italie en Belgique, ou en Allemagne. Les réseaux sociaux sont devenus la première source d’information des 15–24 ans dans la plupart des pays européens.
42 % des jeunes Européens utilisent les réseaux sociaux comme premier média pour s'informer, devant la télévision (39 %). Instagram arrive en tête (utilisé par 47 % des jeunes pour l'info), suivi de TikTok, YouTube, et X (21 %). D'après Eurostat, 98 % des jeunes de 16 à 29 ans dans l'UE utilisent Internet tous les jours, avec une participation aux réseaux sociaux atteignant 89 % en moyenne.
Ailleurs en Europe, les médias publics jeunes existent encore ! Contrairement à la France, plusieurs pays européens ont conservé ou modernisé leurs services publics destinés aux jeunes, comme en Belgique. Une étude publiée dans Frontiers in Communication de l'an dernier montre que la RTBF a intégré les valeurs journalistiques dans ses programmes jeunes, tout en adoptant les codes numériques. Résultat : une offre jeune crédible, stable, qui ne sacrifie ni l’information ni l’exigence C'est Tarmac.
Il existe même le projet "Kids Radio Europe" : un réseau européen de radios jeunes, financé par l’Union européenne depuis 2 ans. Le projet associe la France avec "les Francas" et évidemment pas Radio France, l’Allemagne et la Grèce. Il a donné naissance à YouthRadio.eu, une plateforme où les jeunes produisent reportages, podcasts, débats.
L’Europe croit encore à la radio jeune… au moment où la France ferme la sienne.
En radio, les acteurs privés n’ont jamais investi le champ de l’information. NRJ, Skyrock, Fun Radio, Virgin Radio, ou encore Voltage ont bâti leur modèle sur la musique, l’humour, le divertissement, jamais sur le reportage ou la pédagogie civique.
Le service public a échoué sur la radio jeune, mais heureusement pas sur la vidéo. FranceTélévisions a structuré une offre jeune solide comme Slash : séries, docs, formats courts Gen Z.
franceinfo: reste aussi un repère d’information.
Aujourd’hui ce sont surtout les marques numériques privées qui dominent ce marché : Konbini : média pop-culture, lifestyle, entertainment :
Brut : média vidéo social, engagé, orienté formats courts.
HugoDécrypte : créateur devenu journaliste par la force de l’audience. Ils ont inventé une information adaptée aux codes des plateformes : incarnée, courte, émotionnelle, pédagogique.
L’Europe continue de croire à l’information publique pour les jeunes. La France, elle, a renoncé, Et la France s’étonne aujourd’hui que TikTok soit devenu un acteur politique. En Europe, la jeunesse est un public, en France, elle est devenue un angle mort.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 27 novembre 2026
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2002... et bientôt 2027 : un quart de siècle d'évolution du FN / RN, et de révolution dans sa couverture médiatique. (le 25-10-2026) |
Raconter comment les médias ont traité le FN devenu RN, c’est raconter l’histoire de la France elle-même : ses fractures, ses mutations, ses colères, ses nouvelles manières de s’informer. C’est raconter comment un parti autrefois tenu à distance est devenu un acteur ordinaire, puis incontournable.
Le congrès d’Orléans n’est pas seulement un événement politique : c’est le révélateur d’un quart de siècle d’évolution médiatique. Entre 2002 et 2026, les rédactions ont dû abandonner le cordon sanitaire, composer avec Internet, affronter les réseaux sociaux, répondre à la défiance, s’adapter à des publics éclatés, et se plier à une réglementation du pluralisme devenue bien plus contraignante.
21 avril 2002 : Jean‑Marie Le Pen au second tour. 1,3 million de manifestants en 48 heures. Les rédactions sont sidérées. Le FN est alors considéré comme un scandale républicain. Le web balbutie : les médias contrôlent encore tout.
2005–2010 : Arrive vraiment Internet ! Les blogs politiques explosent. Les forums deviennent des agoras incontrôlées. Les premiers contre-discours émergent : "Les médias mentent. On nous cache des choses." C’est la naissance de la défiance moderne. Le FN trouve sur le web des espaces où il n’est plus filtré, les vidéos amateurs circulent, les premiers “buzz” politiques apparaissent. Le cordon sanitaire se fissure… par le bas.
2011 : Marine Le Pen prend la tête du parti.
Elle change le ton, l’image, le casting. Les plateaux s’ouvrent. Les débats se multiplient. Mais surtout : Internet amplifie la dédiabolisation, les extraits d’interviews deviennent viraux, les communautés en ligne se structurent, les codes du parti circulent hors des médias traditionnels. La dédiabolisation devient un produit médiatique… et numérique.
2012–2020 : C’est le basculement. Facebook structure des communautés militantes, Twitter/X polarise, YouTube crée des médias alternatifs comme Thinkerview ou Blast, TikTok permet dorénavant l'émergence d' influenceurs auprès des 15–25 ans.
Les études Reuters Institute, Arcom, Ipsos montrent que les jeunes font plus confiance aux réseaux qu’aux médias, les contenus émotionnels circulent plus vite que les contenus journalistiques, les médias sont accusés de mensonge et de connivence. Les réseaux ne commentent plus l’actualité : ils considèrent qu’ils la fabriquent ! Et dans cet univers désinhibé, le RN prospère.
Pour une large partie des français le RN n’est plus un scandale. Il est devenu un acteur ordinaire et la plupart des médias le traitent comme tel. Avec certains qui revendiquent même leur positionnement. Fabrice Lucchini et David Pujadas en ont parlé sur France 2 :
Mais cette accoutumance est aussi numérique : les réseaux ont normalisé le RN avant les médias. Les algorithmes ont amplifié ses thèmes. Les influenceurs ont diffusé ses codes.
Le 17 juillet 2024, une délibération de l’Arcom impose un pluralisme élargi au secteur de l’audiovisuel : tous les courants de pensée doivent être représentés. Mais sur le terrain, des équipes de reportage se font malmenées comme ces derniers jours encore lors des manifs des lycéens :
CNews est mise en demeure pour convergence des points de vue, traitement univoque de thèmes, déséquilibre durable. Dans les manifs, ses équipes continuent à être conspuées comme hier encore à Trappes :
La commission d’enquête de l’Audiovisuel public dénonce un manque de pluralisme sur certaines chaines de radio ou de TV . Et en cette rentrée, France inter s’illustre avec l'affaire du chroniqueur de Valeurs Actuelles : Motion de défiance, AG, grève… Le bras de fer entre syndicat et direction conduit au départ du journaliste. Et pendant ce temps sur Internet, les récits sont déjà tranchés, les communautés polarisées, les débats hors contrôle.
En un quart de siècle, la France a changé. Les médias aussi. Ils ont dû se réinventer, affronter Internet, survivre aux réseaux sociaux, composer avec des publics éclatés, et intégrer un parti devenu incontournable. L’histoire du traitement médiatique du FN/RN est celle d’une France qui se transforme, et d’un paysage médiatique qui tente de rester debout dans un monde où une part toujours plus large du public considère que l’information passe autant par les rédactions que par les algorithmes...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 octobre 2026.
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Acte 2 : l'effet Loupe' Day ... Des heurts, mais tellement moins qu'il y a une semaine. En pourtant, une audience d'enfer sur les TV d'info continue, et sur les RS. (le 24-10-2026) |
Des tensions, à nouveau des images choc ce samedi dans quelques villes mais sans commune mesure avec la demaine derniere. N'empêche ! Les chaînes d'info tournent en boucle, les réseaux sociaux s'emballent, le réel se dissout dans le spectaculaire. Bienvenue dans "l'effet de loupe", ce mécanisme qui transforme un incident local en psychodrame collectif, aux répercussions même planétaires !
Pour comprendre à quel point cette loupe peut déformer le réel et parfois le vote, il faut remonter une histoire française devenue un cas d'école. Papy d'Orléans, en avril 2002 : Paul Voise, né en 1930, est agressé chez lui. L'image de son visage tuméfié est diffusée en boucle LCI repasse le sujet 19 fois dans la journée, TF1 comme France 2 y consacre une grande partie de leurs 20 heures.
Plusieurs journalistes et chercheurs affirment que cette séquence médiatique a pesé sur le vote du 1er tour de la Présidentielle quelques jours plus tard, le 21 avril 2002, Jean‑Marie Le Pen a devancé Lionel Jospin. Robert Namias, alors directeur de l'information de TF1, reconnaîtra plus tard que le traitement de l'affaire relevait de "la faute".
Les politologues Joël Gombin et Nonna Mayer analysent alors un phénomène clair : L'exposition massive d'images de violences peut provoquer un vote de réaction, un vote de peur. Ce cas est désormais enseigné dans les universités : une vidéo peut faire basculer une élection. C'était pourtant bien avant les lives TikTok, les boucles virales de 40 minutes, avant les algorithmes qui privilégient ce qui choque. Aujourd'hui, l'effet de loupe n'est plus un risque, c'est un système contre lequel tentent eux-mêmes de lutter certains journalistes : comme ici à la Voix du Nord.
La violence médiatique déforme le réel, c'est ce qu'analysent depuis des années des chercheurs … Selon Dominique Wolton (CNRS) : La télévision dramatise ce qu'elle montre par la répétition. Le spectaculaire devient la norme. Pour Serge Tisseron (psychiatre) : Les images violentes activent les mécanismes de stress même sans danger réel. Elles ne montrent pas seulement la violence : elles la font vivre. Patrick Champagne (sociologue) décrit lui, le "double effet de loupe" : amplification médiatique, amplification perceptive. Pour Jean‑Marie Charon (sociologue des médias) : La dramatisation par saturation crée un sentiment de crise supérieure à la réalité des faits. François Jost (sémiologue) souligne que les chaînes d'info fabriquent un "réel dramatisé" mis en scène par la répétition, qui devient plus fort que le réel vécu.
Avec les Réseaux Sociaux la loupe est même devenue microscope ! Pour l'ANSES, les réseaux sociaux amplifient les troubles anxieux chez les jeunes comme en parle FTV Slash..
Selon l'UNESCO, a violence numérique entraîne anxiété, stress post-traumatique, retrait du débat public. Des séquences brutes de 20, 30, 40 minutes, sans montage, sans filtre inondant les smartphones, et sont souvent perçues comme plus authentiques, donc plus anxiogènes. Comme le raconte M6 :
Ce samedi, comme la semaine dernière, les manifestations sont réelles. Mais leur perception est amplifiée par un écosystème médiatique saturé d'images violentes. Réflexion, récemment, sur France Culture :
Quels que soient les écrans regardés, au salon ou sur son smartphone l'impact est réel : les plus âgés voient la crise en boucle, les actifs la voit en flux, les jeunes la consomment et réagissent en direct comme le raconte France Inter.
Pourtant, en réalité, quel que soit leurs âges, les français ne vivent pas eux-mêmes la crise, mais certains la regardent en permanence, et parfois, votent en conséquence...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 octobre 2026.
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