Dans 305 jours, le 2 mai 2027 : le prochain CDD à l'Elysée. D'ici là, quelle campagne avec autant de candidats potentiels ? Quid du rôle des médias, face à la jungle des RS ... (le 01-07-2026) |
Il y a des élections qui avancent comme des fleuves tranquilles, et puis il y a celles qui débordent. La présidentielle qui s’annonce ne coulera pas : médiatiquement, elle déferlera sans doute ! Aujourd'hui ... Une trentaine de candidats potentiels, de récits, de chaînes YouTube, de publis sur TikTok, Facebook, Insta ou X … D’ambitions qui, mises bout à bout, composent moins une campagne qu’un archipel. Et dans cet archipel, les médias traditionnels vont devoir naviguer comme ils peuvent !
Pour comprendre ce vertige, il faut remonter le fil de l’histoire. En 1981, dix candidats, des rédactions qui s’organisent comme des orchestres sans chef. Pas de CSA, pas de chronomètre, juste une intuition : si tout le monde parle en même temps, personne n’écoute.
En 1988, douze candidats : les radios inventent les formats courts, les “1 minute pour convaincre”, comme des haïkus politiques.
En 1995, c’est déjà la foire : Balladur, Chirac, Jospin, Voynet, Laguiller, Cheminade… Les rédactions découpent leurs éditions en blocs, comme des tranches de vie politique soigneusement emballées.
Puis arrive 2002. Seize candidats. Le CSA sort le chronomètre. Les radios deviennent des horlogers, les chaînes d’info des ingénieurs de fusée. On compte les secondes, on mesure les syllabes, on équilibre les plateaux. Le pluralisme devient une science exacte. Mais la lisibilité, elle, se dissout. Le 21 avril laisse un goût amer : trop de candidats, pas assez de hiérarchie.
En 2007, douze candidats encore.
En 2012, dix.
En 2017, onze.
En 2022, douze.
À chaque fois, les rédactions inventent de nouveaux outils : portraits express, règles des trois temps, fact‑checking, contextualisation. À chaque fois, les candidats inventent de nouveaux contournements : vidéos maison, lives improvisés, messages directs. Les réseaux sociaux gagnent du terrain, comme une marée qui ne redescend jamais.
Et maintenant, 2027, la présidentielle s'annonce XXL, fractale, où chaque candidat aura son propre média, son propre public, son propre univers parallèle.
Face à cette constellation … Les médias traditionnels France Inter, France Info, RTL, RMC, Sud Radio, le réseau ICI qui regardera cette déferlantes depuis ses 44 implantations en région, et Europe 1 avec son positionnement assumé à droite radicale devront actualiser leur métier. Non plus comme des distributeurs de temps de parole, mais comme des cartographes. Car la parole politique ne passe plus seulement par eux : elle les contourne, les dépasse, les submerge !
Alors, ces médias pros, forts de leur déontologie, vont sans doute devoir aussi "se cloner" : une antenne FM, une antenne TikTok... Une matinale radio, une matinale déclinée en vertical sur les RS.... Une interview studio, une interview “shorts”... Une chronique audio, sa déclinaison en réels... Les stations vont devoir dupliquer leurs antennes en version numérique, parce que les candidats y sont déjà, parce que les auditeurs y vivent déjà, parce que l’agenda politique se fabrique désormais en ligne, dans des formats qui tiennent parfois en une minute :
Face à cette déferlante, trois stratégies semblent émerger. Le tri éditorial assumé : couvrir ce qui compte, mais pas tout ce qui existe. La duplication numérique : occuper le terrain pour ne pas être marginalisé. Et la contextualisation permanente : replacer chaque déclaration dans son poids réel, chaque proposition dans son histoire, chaque candidat dans son influence.
Car sinon, les médias traditionnels seront noyés. Noyés par la communication parallèle, par les algorithmes, par la confusion. Et c’est peut-être là, dans cette lutte pour la clarté, que se jouera la vraie bataille de 2027 : non pas celle des candidats, mais celle du sens...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 1 juillet 2026.
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France–Suède : ce que racontent les médias… et ce que fabrique le web ! (le 30-06-2026) |
À l’approche de France–Suède, un constat s’impose : les médias traditionnels et les réseaux sociaux ne racontent pas le même match.
Ils ne décrivent pas la même France, ni la même Suède, ni les mêmes enjeux. Ils ne vivent pas la même réalité.
Du côté des médias professionnels, le récit est construit, vérifié, hiérarchisé. La BBC qualifie le trio Olise–Mbappé–Dembélé de "plus dangereux du tournoi". Le quotidien espagnol AS évoque une équipe de France "terrifiante de maîtrise". Le journal allemand Bild prévient : "Si vous tombez sur la France, bon courage." En France, L’Équipe insiste sur la capacité des Bleus à "gagner même sans briller".
Les médias français renforcent ce cadrage. Sur France 2, les éditions du soir rappellent la continuité du projet Deschamps" et la solidité défensive. Pour TF1, les sujets de 20h insistent sur "la maturité du groupe" et "l’expérience des grands rendez-vous". Sur M6, les magazines sportifs mettent en avant "la profondeur de banc" et "la capacité à accélérer dans les 30 derniers mètres".
Sur France Info, les chroniques détaillent les statistiques : possession moyenne, efficacité dans les transitions, volume de courses de Kanté. Sur Europe 1, les consultants rappellent "la gestion du tempo" et "la discipline tactique". Le réseau ICI depuis les régions palpite aussi au cardio des bleus :
Sur RTL, les analyses soulignent "la maîtrise émotionnelle" et "la capacité à verrouiller les fins de match". Sur RMC Sport, les débats restent centrés sur les choix de composition, la forme d’Olise, l’impact de Dembélé. Et aussi le format XXL de cette coupe du monde :
Les déclarations du staff renforcent cette cohérence : Didier Deschamps martèle : "On ne sous-estime jamais un adversaire". Adrien Rabiot insiste : "Pas de suffisance". Le récit médiatique est clair : France favorite, Suède outsider lucide, duo Isaak–Gyökeres dangereux mais irrégulier. Les analyses portent sur la tactique, la forme du moment, la gestion du rythme. Rien d’hystérique. Rien d’excessif.
Comme l'est l'angle choisi par France Inter :
Face à cela, le web produit un récit totalement différent. Un récit fragmenté, émotionnel, souvent déformé, parfois délirant.
Sur TikTok, Mbappé devient une figure mythologique. Des vidéos “Mbappé is coming” montées avec la musique de Gladiator, des flammes, des ralentis. Les commentaires annoncent : "Troisième étoile assurée", "On va écraser la Suède", "Mbappé va marquer trois buts". Le football y est traité comme un blockbuster.
Sur X/Twitter, les théories s’enchaînent. Un thread affirme que le match à 23h est "un sabotage de la FIFA". Un autre accuse la VAR américaine d’être "anti‑France". On lit : "La FIFA veut une équipe nordique en quart", "Le calendrier est truqué". Aucune preuve. Beaucoup de certitudes.
Sur Instagram, les débats se déplacent vers le détail insignifiant. La coupe de cheveux d’Olise serait "un facteur de pressing". Ces suédois ont pris une baguette de pain en otage et menacent de lui faire du mal si les Bleus gagnent contre la Suède ce soir !!!
Les routines de sommeil des joueurs deviennent des arguments tactiques. Des sondages improvisés interrogent : "Mbappé est-il trop stressé ?", psychologie instantanée, sans données.
Sur YouTube, les analyses longues se multiplient. Une vidéo de 45 minutes explique « Pourquoi la Suède peut humilier la France », en s’appuyant… sur un corner réussi en 2018. Une autre affirme que "les Bleus sont cuits physiquement", en se basant sur un simple étirement de Kanté à l’entraînement. Narration spectaculaire, argumentation fragile.
Sur Facebook, les groupes de supporters s’enflamment. "On nous cache des blessures, "Mbappé joue avec une fracture", "Dembélé est fâché, c’est pour ça qu’il ne joue pas " Rumeurs sans source, mais très partagées.
Avec des publis des journaux tradis, comme celle de Libé, et son itw de M Bappé :
Deux récits coexistent : Le premier, celui des médias traditionnels, repose sur des faits, des citations, des analyses.
Le second, celui du web, repose sur des émotions, des intuitions, des amplifications. Les journalistes observent. Internet s’emballe. Les premiers vérifient. Les seconds imaginent, ou surinterpretent !
Ce mardi soir, il y aura un match. Sur le terrain, 22 joueurs. Dans les rédactions, des professionnels. Et sur les réseaux… une foule qui commente avant de comprendre. Toujours est-il que les supporters des Bleus ont investi le pont de Brooklyn, devant la skyline de Wall Street, les TV n'y étaient pas , mais les internautes eux diffusent leurs images !
Le football reste le même. le récit, lui, dépend de qui le raconte !
Thierry Matheu e-crossmedia le 30 juin 2026.
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France-Suede : 32° prévus, les "pauses fraîcheur" pourraient se comprendre... Tout de même globalement, le sport se met-il a genoux ? (le 29-06-2026) |
Le 16 juin 2026, au MetLife Stadium : France – Sénégal, Il fait 23 degrés, une soirée douce, presque idéale pour jouer au football. Et pourtant : 18 ème minute, pause fraîcheur.
Vu du Sénégal, avec ce YouTuber qui commente en direct et en public depuis Dakar :
Les joueurs s’arrêtent, l’arbitre attend, le stade retient son souffle ... Et sur les chaines - diffuseurs officielles les écrans de publicités s’en donnent à cœur joie !
Le sélectionneur français en profite pour recaler sa stratégie avec ses joueurs, et s’adapte :
Le champion du monde commentateur star Bixente Lizarazu, lui, dit ce que tout le monde pense : "Le foot n’est pas un sport à interruptions. Là, on casse le jeu pour vendre du temps d’antenne."
Huée du stade lors de la rencontre Canada - Qatar, contre cette pause fraicheur ...
Le journaliste de France Télévisions Patrick Montel s'en émeut après son footing matinal. Il dénonce sur ses réseaux sociaux cette dérive …
Ce Mondial n’est pourtant pas le premier étage d’un immeuble où le sport s’effondre sous le poids du marché.
En formule1 aussi, les pilotes dénoncent ces dérives comme Fernando Alonso, double champion du monde : "On change l’heure des Grands Prix pour la télé, pas pour le sport." Pour Lewis Hamilton, sept fois champion du monde : "On ne devrait pas courir dans des conditions où les pilotes s’évanouissent. Tout ça pour le spectacle ".
A Doha, Abu Dhabi, Djeddah les circuits sont refroidis artificiellement pour maintenir l’asphalte sous 50°C, les courses sont décalées la nuit, non pour la sécurité, mais pour l’audience mondiale. Et de nouveaux projets de circuits continuent à émerger comme le raconte L’Equipe :
Idem pour certains sports équestres : la cavalière Pénélope Leprevost, vice‑championne olympique par équipes à Rio 2016, médaillée aux Championnats du monde et d’Europe, le dit sans détour : "On demande aux chevaux de performer dans des environnements artificiels. Ce n’est plus du sport, c’est du décor." Elle parle du Longines Global Champions Tour à Doha, un concours dans des arènes entièrement climatisées, alors qu’il fait 40°C dehors.
Les chevaux sont transportés dans des conditions extrêmes pour concourir sous air conditionné. Ce sont des dépenses énergétiques colossales pour maintenir un décor télévisuel.
C’est devenu banal pourtant du côté des sports nord-américains : Même Gregg Popovich, cinq fois champion NBA avec les San Antonio Spurs, coach le plus titré de l’ère moderne, sélectionneur de Team USA de 2017 à 2021 dénonce ces dérives : "On ne joue plus pour le rythme du basket. On joue pour le rythme de la télévision." Les fans de baskets s’expriment aussi sur leurs réseaux sociaux pour limiter les dégâts :
Et que dire de "Trojena", dans le nord‑ouest de l’Arabie Saoudite qui ambitionne d’être l’hôte des Jeux Asiatiques d’hiver 2029 et avec même des candidatures évoquées pour les JO d’hiver 2030 ou 2034 ! Pistes 100 % artificielles, enneigement intégral, stations réfrigérées, montagnes remodelées ?
Pour Sebastian Coe, président de World Athletics : "Organiser des Jeux d’hiver dans le désert, c’est une idée qui défie la logique sportive. La climatologue Valérie Masson‑Delmotte enfonce le clou : "Produire de la neige dans le désert est une aberration énergétique".
Pourquoi les fédérations acceptent-elles ? Parce qu’elles n’ont plus le choix. Parce qu’elles dépendent des droits TV, que les sponsors exigent de la visibilité que les diffuseurs imposent des formats, et que le sport est devenu un produit audiovisuel.
Thomas Bach ex-patron du CIO en fonction jusqu’au 23 juin 2025, date à laquelle il quitte la présidence pour devenir président d’honneur à vie, le dit sans détour : "Les Jeux doivent s’adapter aux attentes du marché."
Alors … La télévision dénature-t-elle le sport ? Ou les fédérations ont-elles volontairement renoncé à leur mission pour se soumettre au marché publicitaire ? Ce que nous avons vu le 16 juin 2026, à 23 degrés, au MetLife Stadium, ce n’est pas seulement une pause fraîcheur. C’est une pause dans l’histoire du sport, un moment où le jeu s’arrête pour que la publicité puisse continuer, où le sport cesse d’être un sport pour devenir un produit.
Mais celà en tous cas ne nuit en rien aux audiences comme le claironne ce lundi matin le groupe M6 !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 29 juin 2026
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13 h, en mode Canada Dry ... Surtout le weekend, les éditions des 2 grandes chaines sont-elles encore des rdv d'actu ? (le 27-06-2026) |
Ca ressemble à un journal, ca a la couleur d’un journal, mais ce n’est plus tout à fait un journal...
Ce samedi l’a encore prouvé : La canicule sur l'hexagone des 2 cotés : normal. L’affaire Elyana sur France 2 et le principal suspect accusé de viol par sa propre épouse, ou le tremblement de terre au Venezuela sur TF1 et son millier de morts OK, mais il faut zapper d'une chaine à l'autre pour être informé sur ces 2 actus !
Et puis ensuite ? Des sujets "magazine" ! Ne devraient-ils pas être raccourcis de quelques secondes pour laisser place, au moins, à des brèves / images consacrées à l'actu ?
Frappes ukrainiennes en Russie, incertudes dans le détroit d’Ormuz ... pas même une brève d'un coté comme de l'autre ! Si c'est un choix éditorial pour lutter contre la prétendue fatigue informationelle; elle a bon dos !
Autre cas d'école ... Les Bleus qui collent hier soir un 4–1 à la Norvège, avec un triplé de Dembélé : qualification pour les 16eme de finale du Mondial.
Si la Une ouvre tout de même sur la victoire des Bleus ...
Il faut attendre la fin d'un magazine touristique sur la 2 pour en entendre parler en fin d'édition !
Bref ... Quand à la mi-journée tu veux de l'actu à la TV sur les 2 grandes chaines natio ... Et bah ... Tu voyages, tu dégustes, tu chantonnes ... Et t'as plus qu'à filer sur le web ou les chaines d'info continue !
CQFD : les audiences des 13 heures fondent plus vite qu’un glaçon dans un verre de Canada Dry.
TF1 : 7 millions il y a quinze ans… 4,3 aujourd’hui.
France 2 : 3 millions… 2,2 à peine.
Et qui reste devant le poste ? En large partie les seniors, les fidèles, les irréductibles. Ceux qui ont connu le 13h quand il ressemblait encore à un journal. Prendre le parti de servir uniquement ce public-là, n'est-ce pas une stratégie à courte vue ? Une stratégie du “tant que ça dure”, du “tant qu’ils sont encore là” ?
Parce que les jeunes ont déjà déserté : 80 % des 15–24 ans s’informent d’abord sur le web. 70 % des moins de 35 ans ne regardent jamais un JT linéaire. Pour eux, le 13h, c’est trop lent, trop tiède, trop magazine souvent trop dépendant aussi des droits TV : l"exemple d'M6 qui détient les diffusions des matchs et des grandes chaines concurrentes ne font que le service munimum et caricatural.
TF1 et France 2 tentent de conserver le contact via le web.
La toile et surtout les RS deviennent un média parallèle : en plus de l'antenne il faut inonder les réseaux, via des formats courts sur les plateformes.
Mais n'est ce pas aussi, quelque part… renier une partie de leur ADN, renier la mission première d'un rendez-vous d'actu : informer, hiérarchiser, expliquer, et pourquoi pas aussiparfois fédérer ?
Thierry Mathieu e-crossmedia me 27 juin 2026.
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Escapade au nouveau siège de la RTBF à Bruxelles : un lieu pensé pour une puissance éditoriale collective. Pour que l'union web radio tv fasse sa force. (le 26-06-2026) |
On entre dans Média Square comme on entre dans un futur qui a déjà commencé.
Le bâtiment inauguré le week‑end dernier n’est pas seulement flambant neuf : il respire une idée, presque une conviction. Celle que le service public peut encore prendre de l’avance.
Dans les couloirs, un producteur radio croise une journaliste web, qui elle‑même rejoint une équipe TV en train de préparer un live vertical pour les réseaux sociaux. Ici, plus de frontières. Les métiers se mélangent, les formats se répondent, les contenus circulent. On comprend vite que Média Square n’a pas été conçu pour loger des rédactions : il a été pensé pour les faire travailler ensemble, comme un organisme vivant.
"Avant, on était chacun dans notre monde ", glisse un technicien en montrant la régie universelle, un espace où les écrans forment une mosaïque hypnotique. Maintenant, tout est IP, tout est modulable, tout peut basculer d’un studio à l’autre. "
Pour le Directeur Général c'est un investissement incontournable comme il l'explique dans la matinale de la 1ère l'équivalent en France, de France Inter :
Pourtant, la RTBF avec ce nouveau siège n’a pas renoncé à son ancrage régional. Dans une salle de coordination, une carte de Wallonie‑Bruxelles affiche les implantations de Liège, Charleroi, Mons, Namur, Arlon... Les équipes locales y produisent chaque jour les journaux de proximité, les décrochages info, les chroniques qui racontent la vie des territoires.
"C’est notre colonne vertébrale "souffle une rédactrice. " Sans les régions, on perdrait notre raison d’être." Dans ce dispositif, Vivacité occupe une place à part. C’est la radio populaire, celle qui parle aux familles, aux travailleurs, aux villages, aux supporters.
Celle qui fait vivre les marchés, les brocantes, les clubs de foot, les routes encombrées, les histoires locales. Dans le nouveau bâtiment, elle est au cœur du dispositif, comme un rappel : la modernité n’a de sens que si elle reste proche des gens.
Les chiffres d'audience récents confirment que cette stratégie fonctionne. La RTBF tutoie désormais les 40 % de part de marché radio, un niveau rare en Europe. La Une reste solide autour de 20 %, Tipik progresse sur les jeunes, Auvio s’impose comme deuxième plateforme de streaming en Fédération Wallonie‑Bruxelles. Les podcasts explosent, les formats courts s’installent, les audiences sociales s’élargissent.
Le service public n’est pas en train de rattraper le train : il est en train de changer de locomotive. Le Roi des Belges et son épouse sont venus le constater lors de l'inauguration ...
Au dernier étage, un responsable technique montre une baie vitrée donnant sur le Mediapark en construction. "Regardez, dit‑il. Dans quelques années, la VRT notre soeur flamande sera là, l’IHECS aussi, BX1, des écoles, des studios pour le cinéma ..."
"On va travailler dans un véritable quartier des médias."
Bruxelles se donne les moyens de devenir un hub européen, et la RTBF a pour ambition d'en être l’un des moteurs.
Média Square n’est pas seulement un siège. C’est un manifeste. Celui d’une RTBF qui refuse la nostalgie, qui assume la modernité, qui croit encore à la mission de rassembler, d’informer, de divertir, de relier. Un lieu où l’avenir des médias ne se prédit pas : il se fabrique, chaque jour, dans les studios, les couloirs, les open spaces, les régies. Un avenir où radio, TV et web ne sont plus des mondes séparés, mais les trois voix d’un même service public. Leur Union, faisant leur force.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 26 juin 2026.
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Fermeture des 9 locales de BFM ! Une fois encore la proximité est la variable d'ajustement budgétaire : un mal français, privé comme public ! (le 24-06-2026) |
La nouvelle du jour tombe comme un symbole, presque comme une caricature : CMA CGM ferme ou met en vente les neuf locales de BFM : 125 emplois menacés, dans le cadre d’un plan d’économies de 20 millions d’euros.
Neuf antennes. Neuf rédactions. Neuf territoires. Neuf promesses de proximité… balayées d’un trait de plume comptable. C’est une démonstration par l’absurde, une preuve éclatante de ce paradoxe français : les citoyens réclament plus de proximité, mais les décisions économiques, publiques comme privées, s’acharnent à l’affaiblir.
Privé ou public : même logique, même réflexe, même absurdité … Les entreprises privées parlent de “territoires”, les institutions publiques parlent de “maillage”, mais dès qu’il faut serrer les boulons, on coupe dans "le local".
Lagardère a fermé des locales d’Europe 2, et RFM comme on ferme des agences bancaires. NRJ, Chérie, Nostalgie, Fun Radio, RTL2 ont aussi largement réduit leurs voilures en région.
M6 a liquidé ses décrochages locaux dès les années 2000. Cap 24, IDF1, Téléssonne, TLM, ViàGrandParis, TV Sud, ViàOccitanie ont été décimées… Et aujourd’hui, BFM Régions se replie après avoir promis la lune aux territoires.
Dans le public, la logique est identique. Elle est simplement enveloppée dans un vocabulaire plus poli. On maintient les réseaux locaux, mais au mieux à moyens constants, c’est‑à‑dire à moyens en réalité décroissants. On exige plus de missions, plus de numérique, plus de présence avec des équipes qui fondent et des budgets qui stagnent.
A Radio France ICI affiche de nouvelles ambitions et un recentrage éditorial sur son ADN, mais le réseau a été fragilisé. En plus de certains choix stratégiques qui ont couté cher, des années de coupes budgétaires ont laissé des cicatrices : effectifs réduits, mutualisations multipliées, tranches locales rabotées. Résultat : même si le numérique est un beau succès, l'érosion d’audience sur l'offre purement radiophonique n’a rien d’un mystère. On a désarmé la proximité… Et on s’étonne qu’elle ait perdu du terrain !
France 3 Régions : un réseau maintenu, mais sous perfusion. La chaîne tient encore debout et se maintient au sondage, mais les rédactions disent qu’elles sont à l’os. Pour les partenaires sociaux, les budgets sont trop serrés. Alors que les effectifs semblent généreux : n'y aurait-il pas une question d'actualisation des pratiques, voire de management ?
En septembre France Télévisions va cesser sa contribution à la co‑diffusion sur la 3 des matinales ICI. Une offre déjà fragile en audience…
Autre facteur ... On coupe dans les équipes locales mais on leur demande en plus des productions pour leurs antennes originelles : plus de vidéos verticales, plus de formats courts, parfois plus de TikTok, Instagram, YouTube, Facebook, X, plus de contenus web, plus de présence numérique, plus de réactivité. Le tout avec moins d’effectifs, moins de temps, plus de concurrence aussi algorithmique.
Quand son existence même n’est pas remise en cause, comme les 9 antennes de BFM sacrifiées en région, le local doit donc faire ce que le national fait… mais avec beaucoup moins de ressources. Et avec la même injonction : retenir des publics qui ont déjà migré ailleurs.
Pourquoi un pays où les citoyens réclament plus de proximité organise‑t‑il méthodiquement son affaiblissement ? Trois raisons, vues depuis les régions : Parce que la France reste un pays de centre de décision, pas de centres de vie. Les arbitrages se font à Paris, dans les ministères, les sièges sociaux, pas dans les territoires.
Parce que la proximité n’a pas de “ROI”, c’est-à-dire de "Return On Investment" immédiat. Elle rapporte en confiance, en cohésion, en stabilité, mais pas en marge opérationnelle trimestrielle. Parce que malgré les belles intentions de "décentralisation" la France n’a jamais pensé son organisation territoriale comme un investissement. Elle la pense comme un coût, et un coût, ça se coupe.
En sacrifiant la proximité, la France se prive de ce qui lui permet de comprendre ses propres crises, de ce qui fait tenir un pays : le terrain, le lien, le réel. Et pendant que les plateformes mondialisées prospèrent, pendant que les audiences se fragmentent, pendant que les territoires se sentent oubliés, Paris continue de couper là où il devrait investir.
La proximité n’est pas un luxe. C’est une infrastructure démocratique. Et depuis les régions, on voit très bien qu’elle s’effrite...
Les 9 stations locales de BFM appelées à disparaitres sont : BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Alsace, BFM Normandie, BFM Dici Alpes‑du‑Sud et Haute‑Provence.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 24 juin 2026. |
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Aux USA, avec l'adoption de la loi de soutien à l'Ukraine, le Congrès dit non à Trump : Radio Free Europe repart au front de l’info ! (le 24-06-2026) |
C’est un retour en arrière spectaculaire du Congrès américain. Dans la grande loi de soutien à l’Ukraine, adoptée par 226 voix contre 195 il y a quelques jours, un article discret mais explosif rétablit Radio Free Europe / Radio Liberty, la radio née pendant la guerre froide pour briser la censure soviétique.
Le Congrès réarme un média que Donald Trump avait voulu affaiblir, au nom de la lutte contre la désinformation russe, du soutien à l’Ukraine et de la liberté de la presse. Contre le souhait du Président Trump, le Congrès reprend la main, et il le fait en réhabilitant un symbole de la guerre froide.
Pourquoi cette radio, qu’on croyait presque d’un autre temps, redevient stratégique ? Créée au début des années 1950, financée par le Congrès américain et, à l’origine, par la CIA, Radio Free Europe avait une mission simple : faire passer de l’information libre derrière le rideau de fer.
Elle émettait vers la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l’URSS. Elle donnait la parole aux dissidents, aux intellectuels interdits, aux journalistes bâillonnés. Pendant des décennies, elle a été la radio que les régimes communistes tentaient de brouiller, preuve qu’elle touchait juste. Après la chute du mur, elle s’est installée à Prague et a continué à informer les pays où la presse reste sous pression : Russie, Biélorussie, Caucase, Asie centrale, Ukraine.
Pendant la guerre froide : une audience massive. En Pologne, en 1980, près de 70 % des adultes déclaraient écouter RFE au moins une fois par semaine. En Tchécoslovaquie, malgré le brouillage, un tiers de la population écoutait régulièrement. En Hongrie, dans les années 1980, RFE était la première source d’information internationale. L’URSS dépensait jusqu’à 100 millions de dollars par an pour brouiller ses ondes.
L’antenne a eu un rôle direct dans les mouvements démocratiques : Solidarnosc en Pologne utilisait RFE pour contourner la censure, Pendant la révolution de Velours en Tchécoslovaquie en 1989, les manifestants suivaient les bulletins de RFE pour savoir où se rassembler. En Roumanie, en 1989, RFE fut l’un des premiers médias à annoncer la chute de Ceaușescu.
Et Après 1991 l’antenne est devenue un contre‑pouvoir dans les pays autoritaires. En Russie, RFE/RL touche encore 6 à 7 millions de personnes par semaine, malgré le blocage de son site. En Biélorussie, elle a joué un rôle clé pendant les manifestations de 2020. En Asie centrale, elle révèle régulièrement des scandales de corruption. En Ukraine elle est un média central depuis 2014 RFE/RL est devenue l’un des principaux producteurs d’enquêtes sur les ingérences russes, un média de référence pour les régions russophones, et un acteur majeur de la lutte contre la désinformation.
En 2020, Donald Trump avait placé RFE/RL sous la tutelle d’un nouveau patron, Michael Pack, un proche idéologique. Objectif affiché : “mettre fin au gaspillage” et “réorienter” les médias financés par les États-Unis. Le Président Trump accusait RFE/RL d’être trop indépendante, car la radio refusait de relayer la ligne politique de la Maison-Blanche. Elle continuait de couvrir la Russie, l’Ukraine, la désinformation, les ingérences, parfois en contradiction avec les positions du président. RFE/RL publiait des enquêtes sur les campagnes de désinformation russes, y compris celles qui avaient visé les élections américaines. Des sujets que Donald Trump jugeait “hostiles”.
Elle employait aussi des journalistes étrangers menacés … Le Kremlin avait classé RFE/RL comme “agent de l’étranger”, multiplié les amendes, harcelé les reporters. La Maison-Blanche, elle, estimait que la radio coûtait trop cher pour un impact “difficile à mesurer”. Résultat : gel des budgets, fermeture de bureaux, départs forcés, programmes suspendus… Un quasi‑démantèlement !
Mais depuis 4 ans, la guerre en Ukraine a tout changé : le texte voté par la Chambre dit clairement : RFE/RL est une source d’information fiable, non censurée, indispensable dans les pays où la presse est muselée. Elle reste l’un des rares médias indépendants accessibles aux Russes, malgré la répression. Le Kremlin cible systématiquement ses journalistes, preuve de son efficacité. Et surtout : son audience augmente, en Russie comme dans les pays voisins. Le Congrès autorise donc 250 millions de dollars pour 2026, demande l’ouverture de nouveaux bureaux, et exige un rapport sur les moyens nécessaires pour toucher les publics russophones.
Parce que dans cette guerre en Ukraine, il n’y a pas que les chars et les drones. Il y a aussi la bataille des récits, des faits, des images.
Dans cette bataille même avec le web et les VPN puisqu'elle est n'est plus une radio mais un site internet Radio Free Europe, née il y a 70 ans pour contourner la propagande soviétique, retrouve exactement… sa mission d’origine.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 juin 2026.
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Transpiration caniculaire ici, douche orageuse à Philadelphie : insomnie nationale, passionnée ! Les Bleus signent sur M6 la plus forte audience nocturne de l’histoire de la TV en France. (le 23-06-2026) |
C’est une nuit complètement folle, où la météo, le foot, et l’insomnie collective ont offert à M6 l’un des plus grands exploits d’audience de l’histoire de la télévision française.
A Philadelphie, les joueurs de France–Irak et les supporters se prennent un orage XXL !
Alors que dans l’hexagone, des appartements à 29 degrés à minuit, des Français qui tournent dans leur lit comme des poulets rôtis !
Au milieu de ce chaos thermique, M6 décroche 4,9 millions de téléspectateurs, 63 % de part d’audience, à 2h48 du matin ! Jusqu'à 23h45, ce sont même 8,9 millions de personnes qui étaient devant leur télé pour assister à la première période (63 % de PdA). Vu l'horaire tardif du coup d'envoi ce n'était pas gagné d'avance !
Et Pourtant … Un match interrompu pendant deux heures, terminé à l’heure où les boulangers mettent la main eux aussi dans le pétrin, diffusé dans un Mondial que tout le monde disait condamné par le décalage horaire, et qui devait selon les experts, plomber les audiences. Même sur place, le temps a paru long comme le raconte ce journaliste de l’Equipe :
Avant le tournoi, c’était un refrain : "Les Français ne veilleront jamais jusqu’à 3 heures du matin, le Mondial 2026 va s’effondrer."
Même nos plus grands champions n’ont jamais fait ça en pleine nuit… Parce que des Français en compétition, en pleine nuit, il y en a eu d’autres, des immenses, des légendes. Mais jamais, ils n’ont mobilisé près de 5 millions de téléspectateurs à 3 heures du matin. Teddy Riner aux JO de Tokyo en 2021 … Combat à l’aube, médaille en jeu : 1,2 million de téléspectateurs. Clarisse Agbégnénou durant les même Tokyo 2021, finale olympique, titre historique : 1,4 million. En Australie en 2003, demi-finale France–Angleterre à la Coupe du monde de rugby : moins d’1 million.
Tony Parker, NBA Finals 2007 avec des matchs à 2h ou 3h du matin : 400 000 téléspectateurs. Marie‑José Pérec aux Mondiaux d’athlétisme en 1996 et 1999, avec des finales tardives : autour de 2 millions, jamais plus… Alain Bernard aux JO de Pékin en 2008 pour les finales de natation en pleine nuit : 1,5 à 2 millions.
M6 et surtout les Bleus ont fait mieux que les JO, mieux que Pérec, mieux que Riner, mieux que tout le monde.
L'Équipe de France avait rassemblé près de 14 millions de personnes pour son entrée en lice face au Sénégal, à partir de 21 heures, un horaire plus abordable. Prochain rendez-vous pour les joueurs de Didier Deschamps ce vendredi 26 juin contre la Norvège à Boston à 21 heures, 16 heures, heure locale.
M6 a déjà signé l’une des plus grandes prouesses nocturnes de l’histoire de la télévision française. Une nuit où la météo, le foot, l’insomnie collective et le décalage horaire ont écrit une histoire que personne n’avait osé parier.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 23 juin 2026.
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Marc Bloch, historien du Moyen Âge ... et du quotidien de l'occupation : sa plume clandestine a résisté à la barbarie. (le 22-06-2026) |
Dans les réseaux clandestins, notamment Franc‑Tireur, on ne parlait pas de “journalistes”, mais de “propagande”. Le mot choque aujourd’hui. À l’époque, il signifiait : répondre au mensonge par la vérité, répondre à la peur par la lucidité, répondre à l’Occupation par la parole libre. Et dans cette mission, Marc Bloch n’était pas un figurant, il en était l’un des cerveaux.
Historien, Professeur à la Sorbonne, cofondateur de l’école des Annales, il aurait pu se réfugier dans ses livres. Mais il choisit d’écrire pour les autres. Sous le pseudonyme “Narbonne”, il rédige des textes destinés aux journaux clandestins. Des textes courts, incisifs, faits pour circuler vite, pour être lus dans une cave, dans une grange, dans un wagon de marchandises.
Dans l’un de ces écrits, il lance : "Nous ne sommes pas vaincus. Une nation n’est vaincue que lorsqu’elle renonce à vouloir être elle‑même." Dans un autre, analysant la propagande nazie ... "L’ennemi ment par nature, par système, par nécessité." Et encore, appelant à l’unité des mouvements : "L’unité n’est pas un mot : c’est une arme." Ces phrases, aujourd’hui, résonnent comme des éditoriaux. À l’époque, elles étaient des actes de guerre.
Bloch n’était pas un journaliste, de métier. Mais il en avait la rigueur, le courage, la fonction civique. Il écrivait pour que les Français comprennent ce qui se jouait vraiment pour que la Résistance pense, s’organise, se structure. Comme le raconte ce documentaire à ne pas manquer sur france.tv.
Bloch analyse les communiqués allemands, démonte les mensonges de Vichy, explique les enjeux militaires, éclaire les choix politiques.
Et cette activité, il la mène à Lyon, où il est traqué. C’est là, dans cette ville devenue capitale de la Résistance, qu’il tombe entre les mains de la Gestapo. Et c’est là qu’il devient l’une des victimes de Klaus Barbie, le “boucher de Lyon”, qui supervise son interrogatoire. Bloch est torturé. Il ne parle pas. Il sera fusillé le 16 juin 1944, dans un champ de Saint‑Didier‑de‑Formans. Comme le raconte à Lyon le quotidien Le Progrès.
Aujourd’hui, en entrant au Panthéon, Marc Bloch n’y entre pas seulement comme historien. Il y entre comme homme de plume, comme passeur de sens, comme chroniqueur clandestin, comme voix de la liberté. Et son histoire nous dit quelque chose d’essentiel sur le journalisme… Car au‑delà du travail des reporters, il y a celui des chroniqueurs, ou des consultants, de ceux qui donnent du sens, qui mettent en perspective, qui relient les faits entre eux. Bloch l’a fait dans la clandestinité.
Pour que la jeune génération s’y intéresse, les new médias du web leur raconte son histoire comme cette publication d’Hugo Decrypt sur l’ensemble de ses réseaux sociaux :
Sa contribution est‑elle un cas d’école pour la profession ? Elle montre que l’analyse, la mise en perspective, la capacité à dire le vrai dans le chaos sont des armes démocratiques. Que la chronique, ce format parfois jugé secondaire, peut devenir un acte de résistance. S’il demeure dans l’histoire d’abord un universitaire, Marc Bloch a incarné ce que le journalisme a de plus noble : la vérité comme devoir, la lucidité comme service, la parole comme courage.
Aujourd’hui, alors que les intervenants se succèdent à un rythme effréné, sur les chaînes d'info continue, combien peuvent se targuer de la même éthique ? Et que dire ... des réseaux sociaux ? Patrick Cohen, le jour où le Président de la République a annoncé la Panthéonisation, en avait fait sa chronique sur France Inter :
Ecrire, commenter, publier ... ce n’est jamais neutre. Sur les médias traditionnels, comme sur les réseaux sociaux où tout à chacun prétend délivrer impunément, et trop souvent sous couvert de pseudo à la planète entière sa vérité, sans évaluer souvent l’impact de ses publications.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 25 juin 2026.
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Première mondiale attendue comme le dernier single d'une Rock Star : Des œuvres de Mozart découvertes à la BNF, diffusées ce lundi par France Musique ! (le 21-06-2026) |
Cette belle histoire débute dans une salle d’archives de la Bibliothèque Nationale de France, un matin de février dernier. Un archiviste ouvre un carton de manuscrits anonymes, un geste banal, presque routinier.
Et soudain, un choc : quarante‑quatre pages, dont les 6 dernières sont restées vierges... Une belle écriture nerveuse, des portées serrées, une clé de sol remarquable … Et après vérification par des experts de Saltzbourg, un nom de compositeur qui s’impose : Mozart !
Un cahier entier, jamais joué, jamais entendu. Sept pièces pour flûte et harpe, douze leçons de composition. Un Mozart intime, presque secret, écrit en 1778, lors de son séjour à Paris : il loge rue du Gros‑Chenêt, dans le Sentier, fréquente les salons aristocratiques. Wolfgang compose pour survivre, Amadéus enseigne pour vivre.
C’est là qu’il rencontre Marie‑Louise‑Philippine de Bonnières de Guînes, harpiste prodige.
Elle est la fille du duc Adrien-Louis de Bonnières de Souastre, un flûtiste renommé qui lui commande le fameux Concerto pour flûte et harpe. Il confie aussi sa fille à Mozart pour qu'il lui apprenne à composer de grandes sonates pour leurs deux instruments. Le cahier retrouvé réunit précisément les leçons qu’il lui a dispensées.
Ce silence de deux siècles et demi s’est brisé, ce dimanche, jour de Fête de la musique. Dans la majestueuse salle Ovale de la BnF Richelieu, deux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France ont enregistré la toute première interprétation de ces pièces : Mathilde Caldérini, première flûtiste solo, et Nicolas Tulliez, harpiste.
Et ce lundi, sur France Musique, cette création mondiale est diffusée pour la première fois : dès 8h00, des extraits en avant-première dans la matinale de France Musique :
Pour l'intégralité des sept pièces rdv à 15h dans l'émission de Lionel Esparza, "Relax !" à l'occasion d'une édition spéciale "Mozart à Paris".
Cette renaissance s’inscrit dans une tradition où la radio joue un rôle essentiel. En 1930, à Turin, la RAI révèle les premières mondiales issues du fonds Vivaldi redécouvert. Dans les années 1990, à Leipzig, un choral inconnu de Bach renaît sur les ondes de la MDR. En 1999, France Musique dévoile un Salve Regina de Charpentier retrouvé dans un fonds religieux. En 2005, en Italie, un Gloria de Vivaldi sort de l’ombre grâce à la radio. En 2012, en Autriche, un Allegro molto de Mozart, exhumé d’un grenier, est joué pour la première fois sur ORF.
Et si cette redécouverte résonne autant, c’est aussi parce qu’elle unit deux institutions qui veillent sur notre patrimoine musical. À la BNF, son président Gilles Pécout rappelle qu’il s’agit de "l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières décennies", Il souligne que la BnF est devenue le second gisement mozartien au monde après Salzbourg, et que cette identification ouvre la voie à de nouvelles coopérations internationales.
À Radio France, la Pédégère Sibyle Veil parle d’un "honneur exceptionnel" : redonner vie à une œuvre oubliée de Mozart témoigne de l’excellence de l’Orchestre Philharmonique et de la mission de service public de la Maison, qui consiste à faire vivre les grandes œuvres et à les partager avec le plus grand nombre.
Ainsi, d’un carton ouvert un matin de février 2026 à un enregistrement dans la salle Ovale, puis à une diffusion nationale, ce cahier oublié rappelle que le patrimoine n’est pas un vestige : c’est une voix qui revient. La radio, mieux que tout autre média, sait encore lui donner souffle ...
https://www.radiofrance.fr/francemusique
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 22 juin 2026
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