Alors que les RS permettent d'organiser les manifs, Jean‑Marie Cavada alerte : fake‑news, messageries cryptées, extraterritorialité US et chinoises. Témoin de la marche du siècle, il appelle l’Europe à légiférer d'urgence. (le 21-10-2026) |
Journaliste, ex-Président de Radio France, Jean‑Marie Cavada a aussi été en tant que député européen, l’un des principaux artisans de la régulation du numérique. Il a mené des combats décisifs pour protéger les droits fondamentaux des citoyens face aux géants du web. Il a joué un rôle clé dans la mise en place des droits voisins pour que Google, Facebook et autres rémunèrent les médias lorsqu’ils utilisent leurs contenus. Il a également contribué aux grands textes européens comme le RGPD, le Digital Services Act (DSA) et les directives sur le droit d’auteur, pour encadrer les plateformes et renforcer la protection des usagers.
Quid de la réglementation d’internet, de la publication de fake-news durant ces manifestations, et des messageries cryptées qui permettent aux émeutiers d’organiser leur insurrection ? Coup de fil à Jean-Marie Cavada :
"Publier … Un directeur de la publication de quelque organe de presse que ce soit est responsable dans tous les domaines de ce qui est susceptible d’être présenté devant les tribunaux s’ils portent tort à quelqu’un : diffamation, informations inexactes, etc. Dans le domaine sociétal, la même question se pose, on vient de le voir à l’occasion de ces manifestations : c'est la responsabilité de tout internaute. Publier, c’est avoir conscience de sa responsabilité ".
Vous dites que les européens subissent les conséquences d’une loi américaine : "la section 230" … "Elle a été votée à l’initiative du président Clinton en 1996 par le Congrès. Cette loi dit textuellement que les réseaux ne sont pas responsables de ce qu’ils diffusent ! Ceci est naturellement la source d’un désordre mondial énorme dans plusieurs domaines : les fakes news, le complotisme, la protection des mineurs… "
Via les réseaux cryptés, les regroupements quasi spontanés s’organisent … "Les usagers des smartphones que nous sommes tous, mais aussi les fauteurs de trouble, ne portent pas de responsabilité. Il n’y a pas d’instrument juridique aujourd’hui suffisamment puissant pour obliger les réseaux, en tout cas dans l’ensemble du continent européen, à respecter des lois que nous devrions mettre au point. Elles consisteraient à dire que nous ne pouvons pas être soumis à l’extraterritorialité américaine."
Dans les démocraties apaisées, les réseaux ont amené beaucoup de services utiles, mais aussi beaucoup de désordre nuisible ... "Trop souvent la réalité factuelle est dénigrée par les complotistes, les factieux, tous ceux qui se servent de l’effet de groupe des réseaux pour pouvoir organiser leurs actions. On l’a vu d’ailleurs dès janvier 2021 aux États-Unis lors de l’invasion du Capitole, les réseaux sociaux étaient très importants dans cette affaire !"
"Je ne serai pas choqué qu’on légifère sur l’idée de complicité d’incendie, de pillage dès l’instant que ces réseaux, par le service qu’ils apportent, soient jugés par une loi qui les dénommerait comme complice."
Un certain nombre d’autocraties comme c’est le cas par exemple en Asie, en Russie, en Turquie et même maintenant aux États-Unis savent couper internet en cas de crise…. "Bloquer n’est certainement pas la bonne solution. On ne peut pas pénaliser des gens qui sont pacifiques à cause de ceux qui ne le sont pas."
TF1 en a fait un sujet au 20 heures ...
"Par conséquent, il faut rendre les réseaux responsables de ce qu'ils diffusent, continent par continent. L’Europe est la plus impactée et malmenée par cette absence de référence aux valeurs qui sont les nôtres depuis 80 ans… Elle doit s'armer d'une loi qui rend responsables les grands monopoles de la tech, américaine ou chinoise. Ils vendent leurs services sur le sol européen et y gagnent entre 25 et 30% de leur chiffre d’affaire. Je ne connais aucune société qui accepterait de voir grever, par une loi, à ce point son chiffre d’affaires !"
"J’appelle en urgence l’Union européenne et ses 2 colégislateurs que sont le Conseil de l’Union et le Parlement à bâtir une loi qui place l’exercice des réseaux mondiaux devant leurs responsabilités. La grande faute initiale, la grosse difficulté que nous n’avons pas résolu en Europe, c’est d’accepter que "la section 230" américaine permette que les réseaux partout à travers le monde soient considérés comme irresponsables. En réalité, puisqu’on utilise les instruments américains et Chinois, nous devons nous armer ! Ces plateformes ne peuvent être acceptables que si elles se conforment aux règles de nos démocraties".
En attendant ... Les autorités françaises font pour la premiere fois appels aux internautes et à leurs vidéos, pour contribuer à idenfifier les fauteurs de trouble comme l'explique ici BFM TV :
Thierry Matieu e-crossedia Le 21 Octobre 2026. . |
| Voir l'article |
Une heure de matinale "radio", mais pas à la radio ... C'est le projet, engagé, de Daniel Schneidermann d'Arrêt Sur Image qui lance une souscription pour le financer. (le 20-10-2026) |
Arrêt sur images lance sa "matinale" ! Le média fondé par Daniel Schneidermann, connu depuis près de trente ans pour son travail de critique des médias, se prépare à diffuser un rendez‑vous quotidien, du lundi au jeudi, de 7 heures à 8 heures. Une matinale “radio filmée”, diffusée en direct sur YouTube, Twitch et sur son propre site. Un format indépendant, financé par les dons, sans publicité, sans contrainte d’audience, qui revendique une ambition simple : ramener du décryptage critique dans le matin, au moment où se fabriquent les récits politiques de la journée.
Et ce choix de diffusion n’est pas neutre. En optant pour une diffusion exclusivement web, Arrêt sur images échappe au cahier des charges imposé par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, qui encadre strictement le pluralisme politique sur les radios et télévisions traditionnelles : temps de parole, équité entre les forces politiques, règles de campagne, obligations de représentation. Les médias web ne sont pas soumis à ces obligations, ce qui ouvre un espace éditorial beaucoup plus libre. C’est le cas de" Le Média", à l’extrême gauche, ou de "Frontières", à l’extrême droite, qui peuvent diffuser leurs émissions politiques sans contrainte de pluralisme.
Arrêt sur images s’inscrit dans ce même cadre : liberté totale de ton, de choix des invités, de cadrage, sans surveillance du régulateur. Le projet est très documenté : une équipe resserrée, un dispositif léger, un plateau pensé pour le direct et le partage de séquences, une diffusion simultanée sur plusieurs plateformes et un objectif assumé : accompagner la campagne présidentielle de 2027 en analysant les cadrages médiatiques plutôt qu’en courant derrière les candidats. Arrêt sur images ne cherche pas à concurrencer les grandes stations. Il cherche à occuper un espace que la radio linéaire a laissé se fissurer.
En attendant la mi-novembre et la première vague de sondage de cette année radiophonique, le média radio a signé d’avril a juin dernier sa plus mauvaise fin de saison historique : 37,6 millions d’auditeurs quotidiens, en recul. France Inter reste leader, mais recule : avec toujours tout de même entre 4,7 et 5,3 millions d’auditeurs !
RTL suit, elle aussi en baisse. Franceinfo et Europe 1 stagnent. La matinale co‑diffusée sur RMC et RMC Story, tourne autour de 90 000 à 130 000 téléspectateurs selon les jours, pour une PDA entre 3,2 % et 4,7 %. En radio, elle fédère environ 484 000 auditeurs chaque matin. France Culture progresse fortement : +210 000 auditeurs. Sud Radio gagne surtout en vidéo. Les 44 ICI restent des actrices massives de l'actu du matin.
Du côté des musicales : NRJ reste leader, mais perd près d’un demi‑million d’auditeurs. Skyrock progresse légèrement, mais même Nostalgie dont la cible reste fidèle au média radio, recule.
La télévision, elle, gagne du terrain … Télématin sur France 2 approche les 800 000 téléspectateurs chaque jour. "Bonjour!", l'offre de TF1 a signé un pic d'audience le 5 octobre : 745 000 téléspectateurs. Les chaînes info BFMTV, CNews, LCI, franceinfo: TV cumulent plus d’un million et demi de téléspectateurs entre 6 et 9 heures. France 3 co‑diffuse désormais les matinales ICI en région. Et W9 propose le Morning de RTL2, format hybride radio‑TV qui élargit l’audience de la station musicale.
Outremer, les matinales des 1ères produites par France Télévisions sont les seules à être diffusées simultanément en radio, en télévision et en numérique. Elles dominent souvent la tranche 6–8 heures.
Le basculement est ... numérique ! Blast, QG, Backseat, Thinkerview Live, Sud Radio en vidéo, Konbini, Brut, HugoDécrypte : ces formats captent les jeunes publics, qui ne reviennent plus vers la radio linéaire. Pour eux le matin n’est plus un rituel radiophonique : c’est un écosystème vidéo, éclaté, où les récits se recomposent.
C’est dans ce paysage, qu’Arrêt sur images entend s’installer, à 5 mois de l’élection présidentielle. Ce 7/8 n’est‑il, oui ou non, qu’un cheval de Troie de la gauche critique dans la bataille du matin ou un réel projet éditorial construit sur les nouveaux usages ? Le duo Daniel Schneidermann et Louisa Yousfi l’assume sans le dire. Lui, figure historique de la critique des médias, héritier de la gauche républicaine et sociale. Il évoquait l'an dernier à l'université d'été de la Révolution Écologique pour le Vivant le "charlisme", cette posture d'acteurs des médias qui se réferent à l'esprit de Charlie Hebdo :
Elle, écrivaine, voix radicale, décoloniale, refuse les angles morts médiatiques. Durant sa résidence à la Villa Médicis, Louisa Yousfi s'est consacrée à l’écriture d’une œuvre de fiction à partir d’une famille franco-algérienne éprouvée par la mort du père ...
Ensemble, ils composent une matinale qui ne cherche pas la neutralité, mais la clarté du point de vue.
Ce 7/8 ne se veut pas, en tous cas sur le papier, la matinale d’un parti, ni d’un candidat. Mais il sera, très clairement, la matinale d’une gauche critique, qui refuse la résignation médiatique et la normalisation des récits extrêmes, hors de contrôle comme tout ce qui envahit le web ...
La souscription : https://donorbox.org/arret-sur-images
Thierry Mathieu e-crossmedia le 22 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
Insurrection algorithmique, et pas qu'en France ! Tour d'Europe d'une évolution sociétale, via le numérique : une déferlante. (le 19-10-2026) |
L'IA peut ravager la planète... Les RS le font déjà. Focus sur la déferlante des réseaux sociaux qui, pas seulement en France, propulsent l'Europe dans le chaos. Les médias tradis comme ils le peuvent, constatent, décrivent, mais sont pour les publics concernés "hors jeu" !
L’actualité ne s'impose pas seulement dans les rues françaises mais aussi dans celles de 4 autres pays européens Italie, Portugal, Albanie, Autriche selon une mécanique qui, vue des médias, ressemble moins à une contagion qu’à une synchronisation.
Et autour de ce noyau dur, d’autres pays ont montré des signes de tension : Belgique, Pays‑Bas, Allemagne, Espagne. Des rassemblements spontanés, des cortèges improvisés, des affrontements isolés, des vidéos virales qui ont brièvement enflammé les réseaux sans basculer dans la crise. Un halo européen, mais une crise synchronisée dans cinq pays.
Ce sont des images qui surgissent, se répondent, se propagent sur la planète entière sans que leur traitement soit réfléchi, dosé, contextualisé et avant que les journalistes n’arrivent.
Ce sont dorénavant ces images qui écrivent le récit à la place des médias. Certains internautes "jouent" d'ailleurs au journaliste ...
En France, les rédactions ont vu défiler une série de lieux symboliques attaqués : huit mairies, quatre commissariats, six écoles, des médiathèques, des centres sociaux, des agences publiques. Des bâtiments incendiés, des drapeaux arrachés, des halls saccagés, des vitrines brisées en cascade, des magasins pillés.
Mais ce qui frappe, vu des médias, c’est la manière dont ces scènes ont été captées : directs TikTok, accélérés Instagram, mosaïques Telegram, compilations WhatsApp.
420 interpellations, 300 gardes à vue, 1 200 commerces touchés. Les chiffres arrivent après. Les images, elles, sont déjà là. Dont certaines qui resteront patrimoniales, comme celles-ci :
En Italie, les rédactions ont vu deux villes basculer en temps réel : rues ravagées, vitrines explosées, pillages filmés en direct, fumigènes en slow‑motion, courses‑poursuites captées depuis les balcons. Les groupes Telegram, dont certains composés de 6 000 membres ont géolocalisé les rassemblements, diffusé les points chauds, structuré les déplacements.
137 arrestations, 300 commerces touchés. Là encore, les chiffres ne font que confirmer ce dont les vidéos témoignent.
Au Portugal, les rédactions ont vu la crise du logement se raconter elle‑même : expulsions filmées sous plusieurs angles, cris relayés en audio, files de locataires filmées en panoramique, rassemblements filmés en direct par des drones amateurs.
Loyers : +68 % en cinq ans. Manifestation : 18 000 personnes. Vidéos virales : 600 000 vues.
En Albanie, les rédactions ont vu une mobilisation se déployer comme un feuilleton : étudiants encerclés en selfie, charges policières en direct, slogans remixés, barricades improvisées en accéléré, foules nocturnes en grand angle. Les appels à rejoindre, diffusés sur Telegram, ont structuré la foule.
112 blessés, 480 interpellations, groupes Telegram : 4 000 à 11 000 membres.
En Autriche, les rédactions ont vu les universités basculer dans une forme de direct permanent : amphithéâtres plongés dans le noir, votes étudiants en direct, occupations en time‑lapse, pancartes devenues stickers, débats improvisés en multi‑caméras, marches nocturnes suivies en live.
1 milliard d’euros de coupes, 14 universités occupées, 28 000 étudiants dans la rue, 35 000 spectateurs en live Instagram.
Cinq pays, cinq crises, cinq récits… mais une seule mécanique : la synchronisation algorithmique. Partout, les mêmes plateformes : TikTok, Instagram, Telegram, WhatsApp. Partout, les mêmes temporalités : 30 à 45 minutes entre une vidéo et une mobilisation. Partout, les mêmes modes d’action : ultra‑mobilité, opportunisme, effet meute numérique. Partout, les mêmes logiques : causes locales, dynamiques globales.
Depuis ce week‑end ce à quoi tout internaute assiste raconte autre chose : l’actualité ne se déroule plus devant leurs caméras, ou sur les ondes mais sur les réseaux. Ils ne la captent plus en premier, ils la rattrapent. Ce week‑end a révélé une nouvelle grammaire de l’actualité : celle des réseaux, qui synchronisent les colères, imposent les images, écrivent le récit. Les plateformes dictent le tempo, les médias commentent, et rediffusent ...
Et les États courent derrière, en trébuchant, la révolution ... algorithmique, pas seulement en France !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 20 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
L'évènement, dans l'évènement : désacraliser la grand messe du 20 h et mériter l'appellation "Edition Spéciale" ... France 2 innove avec une dizaine de minutes quasi "no comment", au cœur de la manif parisienne. (le 18-10-2026) |
Le sacro-saint 20 heures, : un rituel national, un format figé que toutes les chaînes tentent de moderniser, sans jamais vraiment oser le bouleverser.
Ce dimanche soir, France 2 révolutionne le genre, avec une longue séquence en mode “no comment" : des images brutes tournées au cœur des manifestations... Après l'allocution du Président de la République :
Suivent quelques sujets tournés partout en France, des réactions d'élus, et le traitement de heurts à l'étranger ...
Puis ... Le 20 heures ose donc mettre de côté le poids des mots pour le choc des images ! Une rupture rare, presque historique, dans un genre réputé impossible à réinventer : Sans fioriture journalistique, permettre à chacun de se retrouver au coeur de la manif avec une équipe de reportage : de l'info, à l'état brut. Extrait :
Seul regret, que cette séquence réellement extraordinaire d'une dizaine de minutes dans son intégralité, du jamais vu dans un 20 heures, n'ait pas été valorisée en amont ! Mais du coup quand elle est intervenue ... à la 43 ème minute du journal quelle surprise !
Pour revoir le journal toute cette séquence hors norme :
Thierry Mathieu e-crossmedia 18 octobre 2023. |
| Voir l'article |
17/10/26 : remake de mai 68 ? Cette comparaison de JL Mélenchon contredit les archives des médias et l’histoire documentée. (le 18-10-2026) |
Selon Jean‑Luc Mélenchon "Ce qui s’est passé samedi est plus puissant que Mai 68 pour la jeunesse." Une phrase totem, diffusée par les médias traditionnels, mais surtout calibrée pour les réseaux !
En réalité, la France a en effet grondé : des cortèges massifs, des tensions, des vitrines brisées, des voitures brûlées, des charges, des lacrymos, des jeunes très présents, des images en boucle sur les chaînes d’info, des interpellations. Et même des symboles du pouvoir pris pour cible : des mairies incendiées ou attaquées à Marseille, Limoges, Bordeaux, des préfectures caillassées ou assiégées…
Mais la comparaison avec 1968 s’effondre rapidement, sauf à réécrire l’histoire ! A cette époque, la jeunesse fait encore confiance aux pros de l’info. Europe 1 diffuse les sons des pavés arrachés, des sirènes, des cris. Archive de la station, alors, rue François 1er …
Pas de réseaux à l'époque mais le bouche‑à‑oreille, les couloirs, les amphithéâtres, les comités d’action : tracts, affiches, journaux muraux, et puis les AG permanentes, où l’on débat, vote, corrige, relaie. Claude Burgelin, étudiant à Lyon, raconte qu’il apprend “qu’il se passe des choses” par la radio ou par un coup de fil. Pas de notifications, pas de messageries cryptées : juste des voix, des papiers, les gens, pas déshumanisée !
Pour les salariés grévistes en 68 : l’information passe par les ateliers. Les ouvriers s’informent au sein des usines occupées, transformées en rédactions improvisées, avec les syndicats (CGT, CFDT, FO), qui structurent le mouvement. Dans les rangs des cortèges, circulent rumeurs, tracts, informations.
La radio et la télévision d’État sont très vite paralysées : journalistes sous pression politique, consignes de retenue, puis grève générale qui coupe l’antenne et laisse le pays sans images. Le 23 mai, le JT ouvre sur… rien : pas de reporters, pas de terrain, pas de direct … L’ORTF devient le symbole d’un État dépassé. Radio et télévision sont incapables, parce que censuré, de documenter la crise qu’elles traversent. Comme le raconte France Télévisions sur Lumni, avec l’INA :
En quelques jours, les médias publics passent du statut de “voix officielle” à celui d’acteurs hors‑jeu, spectateurs impuissants d’un pays qui s’informe ... RTL ouvre sur Renault Billancourt occupée, puis sur Sud Aviation. Le 20 mai, RTL annonce : "Dix millions de grévistes. Le pays est à l’arrêt." RMC raconte Marseille : dockers, port bloqué, cortège de 30 000 personnes, mais aussi Toulon : arsenal paralysé et Nice : lycéens par milliers.
A lire la presse, le pays en rupture totale ! Le Monde, édition du 15 mai : "La France vit une crise de civilisation." France Soir : double page sur les barricades, CRS débordés, rues dévastées. L’Humanité : jonction ouvriers‑étudiants, occupations d’usines, grève générale. Les hebdos oscillent entre fascination et panique. Paris Match montre la Sorbonne transformée en agora.
La communication des contestataires donne même lieu à une effervescence créative, artistique, comme le rappelle ce document de France 3 :
On est bien loin des publis de nombre d’internautes qui inondent aujourd’hui les réseaux sociaux qui jouent aux journalistes sans une once de déontologie …
Et puis … A l’époque les mouvements contestataires - étudiants, ouvriers, syndicats - sont structurés, politisés, organisés. Ils sont assez peu parasités par des groupes opportunistes venus uniquement pour casser ou piller. En 68, la violence est politique : elle vise un ordre social, un rapport de force, un État. Aujourd’hui, la contestation peut être politique, elle peut être récupérée, évidement instrumentalisée mais elle est dénaturée dans les rues par des casseursqui échappent à toute forme d’organisation. Ils fonctionnent via les réseaux sociaux, se coordonnent par messageries cryptées, se déplacent en essaims ultra‑mobiles, sans structure, sans revendication, sans porte‑parole.
Ils échappent aux médias traditionnels, comme aux services de l’État. Ces jeunes gens, et en particulier les fauteurs de troubles, ne consultent plus la presse, la radio, la télévision. Ils préfèrent l’entre‑soi des algorithmes, sans médiation, sans vérification, sans contradiction. La presse, la radio, la télévision ne sont plus, pour eux, comme c’était le cas en 1968 des sources d’information, des espaces de débat, voire des acteurs de médiation.
Ce samedi, la France a manifesté. Mais elle a surtout été violentée par des délinquants désormais hors système, difficilement contrôlables du fait de leur appropriation des avancées technologiques. Ces outils désintègrent les ordres établis par les médias traditionnels, comme ils désorganisent les services de l’État.
L’histoire est assez douloureuse et non maitrisée, pour ne pas avoir en plus à aggraver la perception des faits. Le roman national n’a guère besoin de scénariste à tendance révisionniste pour s’écrire.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 18 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
Lille, Paris, Lyon, Marseille : casseurs, black blocs et flux cryptés anéantissent les manifestations respectueuses de l'état de droit. Quand, aussi, le 5ème pouvoir des médias tradis se réduit au rôle de commentateur. (le 17-10-2026) |
Ce samedi, la France ne vit pas une simple journée de mobilisation. Elle vit une démonstration par l’absurde : celle d’un pays où deux mondes ne cohabitent plus, et où un troisième, celui des casseurs, black blocs, groupes ultra‑mobiles, s’infiltre dans les interstices pour imposer son propre récit.
À Paris, les tensions ont éclaté avant même le départ du cortège. Place de la République, les forces de l’ordre ont dû utiliser à plusieurs reprises du gaz lacrymogène face à des groupes organisés tirant des mortiers d’artifice.
Tôt ce samedi matin aux studios de CNews et Europe1 des vitres sont brisées, des projectiles lancés, avec finalement une vingtaine d’interpellations. En couvrant la manif parisienne, une équipe de la chaine Bolloré est éjectée par des manifestants :
Pendant que les chaînes d’info commentent les images, les groupes violents, eux, se coordonnent ailleurs : sur Telegram, dans des canaux de 500 à 2 000 membres, où les consignes de déplacement apparaissent dès 13 h 10. Une story Instagram publiée à 13 h 52 dépasse 18 000 vues. Les black blocs n’ont pas inventé ces outils. Ils les utilisent mieux que tout le monde.
À Lille comme à Marseille, ce n’est pas “la jeunesse” qui a attaqué la mairie. Ce sont des groupes déterminés, masqués, organisés,
Une vidéo TikTok filmée mise en ligne à 13 h 58, dépasse 420 000 vues en à peine une heure. À Lyon, l’Office du Tourisme de Bellecour est sacagé.
Un live Instagram lancé à 14 h 20 dépasse 12 000 spectateurs simultanés. Les forces de l’ordre protègent les façades. Les groupes violents, eux, se déplacent à la seconde.
Ce samedi les institutions réagissent alors que les groupes violents, eux, anticipent. Et la Gen Z, elle, observe, documente, relaye, mais n’écoute plus. Les réseaux sociaux et les messageries cryptées crééent un monde parallèle où les mobilisations se préparent sans leaders, les infiltrations se font sans visibilité, les récits se propagent sans médiation, surtout quand une caméra pro n'intervient pas ...
Les médias traditionnels ne sont plus un cinquième pouvoir. Pour la Gen Z, ils sont un musée. Pour les casseurs, ils sont un outil. Pour les politiques, ils sont un réveil tardif. Enfin, pas pour tous ...
Que pourraient faire les médias ? Pas devenir plus jeunes, plus courts plus "TikTok". Non : RE devenir utiles. Comme plusieurs cherchent à le faire à l'instar du réseau ICI des radios locales de Radio France en invitant sur ses 44 terrains ses auditeurs à s'exprimer au sein d'un isoloir, et en diffusant son offre aussi sur les réseaux sociaux...
Cartographier les récits algorithmiques, décrypter les stratégies des groupes violents, documenter les colères pourraient être les missions actualisées des médias pros, expliquer comment se fabrique le réel perçu, et reconnecter des univers qui ne se parlent plus.
Le terrain est encombré, et plus seulement dans la rue. Il l'est aussi dans les flux. Le journaliste ne doit évidemment pas pour autant devenir un influenceur. mais se doit sans doute fort de sa déontologie, d'être un cartographe des réalités parallèles.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 17 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
"Des violences sont possibles" dit le ministre de l’Intérieur. Gare aux Black Blocs qui s’infiltrent dans les cortèges, ciblent les vitrines ... Mais aussi les micros, les caméras, les journalistes ! (le 16-10-2026) |
Mardi dernier à Paris, lors des manifestations de lycéens, une équipe de franceinfo: TV assiste à l’attaque de Black Blocs :
Dès novembre 2018 au moment des 1ères manifs des Gilets jaunes … Reporters Sans frontières recense en 6 mois, 54 journalistes blessés, et plus de 120 incidents impliquant les forces de l’ordre : tirs de LBD, grenades de désencerclement, coups de matraque, destructions de matériel.
Les cas graves s’enchaînent. 24 novembre 2018, Paris : un photographe de Libération est touché au visage par un tir de LBD. 1er décembre 2018, Paris : un journaliste du Parisien blessé par une grenade. 8 décembre 2018, Bordeaux : un JRI de France 3 atteint à la jambe par un projectile. 12 janvier 2019, Rouen : deux journalistes de LCI agressés par des manifestants ; leur vigile est roué de coups et hospitalisé. 9 février 2019, Paris : un photographe de l’AFP blessé par un tir de LBD. 15 juin 2020, Dijon : une équipe de France 3 attaquée dans le quartier des Grésilles, véhicule caillassé, JRI blessé. Et 27 février 2021, Reims : le photographe Christian Lantenois, du journal L’Union est secouru de justesse. Comme le raconte M6 :
En 2023, le journaliste d’une équipe de CNews, sécurisée par 2 agents de sécurité lors d'une manifestation, raconte chez Cyril Hanouna leur agression par des Black Blocs ...
Pourquoi les Black Blocs apparus massivement au printemps 2016 lors du mouvement de contestation de la loi Travail, attaquent aussi les reporters ? Selon plusieurs études la caméra n’est pas pour eux un témoin : c’est une menace. Leur tactique repose sur l’anonymat total : silhouettes uniformes, masques, absence de signes distinctifs : toute captation d’image devient un risque d’identification.
Une équipe de BFM a réussi à s’infiltrer parmi les Black Blocs il y a 3 ans :
Les journalistes sont perçus comme des auxiliaires involontaires de la police, des capteurs qui peuvent documenter un visage, un geste, un déplacement. Neutraliser un journaliste, c’est neutraliser un danger. Parce que la confusion est une arme : un reporter équipé, casque, gilet, caméra, peut être assimilé à un policier en civil, un agent de renseignement, un intrus. Et parce que les agressions de 2018–2021 ont créé un précédent : la violence contre les journalistes s’est banalisée. Jusqu'à ses derniers jours comme le montre RSF:
Les rédactions françaises, à commencer par celles des télévisions, ont décidé d’institutionnaliser la protection privée des reporters, une première dans une démocratie occidentale. BFMTV diffuse une procédure interne de protection dès 2019 , LCI renforce ses consignes, Franceinfo TV adopte un protocole similaire. En 2019, l’ensemble de France Télévisions formalise un document interne de sécurité : casque obligatoire, lunettes, masques, et accompagnement par agent de sécurité sur les actes violents. Un protocole est signé, intégré dans les formations internes. Lors des émeutes urbaines de 2023, les groupes TF1 et M6 imposent à leur tour : binômes journaliste/JRI, gilets haute visibilité, et vigiles obligatoires pour les tournages de nuit ou en zones sensibles. Ces derniers jours lors des manifestations licéennes, des journalistes d'LCI ont tout de même été pris pour cible comme le dénonce à l'antenne Ruth Elkrief :
La presse écrite a évidement pris aussi des mesures : Le Parisien, Libération, L’Union, Sud Ouest adoptent des chartes internes après les agressions de leurs reporters: casques, lunettes, consignes de retrait, et recours possible à la sécurité privée.
Du côté des radios … Les reporters de France Inter, France Info, RTL, Europe 1, France Bleu devenue depuis ICI, RMC travaillent désormais avec des consignes écrites : casque souple, lunettes, masques, et vigiles pour les directs en cortège infiltré.
Les directions de l’information ont validé ces protocoles, parfois avec les syndicats SNJ, CFDT, FO qui intègrent le droit au retrait et l’obligation de fournir les équipements de protection. Tout cela s’appuie sur une obligation légale : le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité des salariés. Depuis 2018, les médias ont dû formaliser cette obligation dans des documents internes.
Certains jeunes gens sur les réseaux sociaux publient leur indignation à propos de ces agressions dont sont victimes les pros de l'info, comme ici l’interview de Laurence Ferrari , figure de CNews-Europe1 :
En huit ans, la rue française est parfois devenue un terrain où les journalistes ne couvrent plus seulement la violence… ils doivent aussi s’en protéger, pour pouvoir la raconter.
Thierry Mathieu e-crossmedia 16 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
Du 17 novembre 2018 au 17 octobre 2026 … Estampillées Gilets Jaunes mais pas seulement, un millier de manifs sont annoncées. La Presse cette fois sait (mieux) à quoi s'attendre ! (le 15-10-2026) |
Les Gilets jaunes reviennent ce samedi, rejoints par les lycéens et les étudiants. Doivent s’ajouter les parents, mais aussi les pompiers, des policiers à l'appel d'Alliance, d'autres centrales syndicales, les agriculteurs, les pêcheurs, les retraités … Et des salariés de l'audiovisuel.
Même si l'histoire ne bégaille pas toujours ... Les manifs des Gilets jaunes d'il y a 8 ans, sont devenues un cas d’école pour les rédactions !
D’ailleurs, des chercheurs en sciences de l’information et de la communication ont disséqué cet épisode. Au LERASS, le laboratoire de l’Université de Toulouse, plusieurs travaux publiés entre 2019 et 2020 ont posé un diagnostic devenu canonique. Ils parlent d’un effet de sidération et d’une rupture d’intelligibilité pour les commentateurs de la vie publique".
Le sociologue Dominique Marchetti note que les journalistes ont, presque instinctivement, tenté d’abord de "ramener le mouvement dans des catégories connues, sans parvenir à en saisir la logique propre".
La chercheuse Nathalie Pignard-Cheynel précise que les rédactions ont été confrontées à "une mobilisation née sur les réseaux sociaux, sans porte-parole, sans structure, sans calendrier".
Le politiste Éric Darras rappelle que les Gilets jaunes venaient de "territoires et de catégories sociales peu présentes dans les médias nationaux".
Et l'universitaire Jean-Michel Utard parle d’un mouvement "à temporalité propre, échappant aux routines de prévision des rédactions".
Huit ans plus tard, les signaux ressemblent étrangement à ceux de 2018 mais en plus massif, plus numérique, plus transversaux. L’appel du 17 octobre vient de vidéos TikTok publiées dès le 9 septembre.
Elles ont explosé en quelques jours et ont été largement reprises par l’ensemble des médias : carburant, vie chère, pouvoir d’achat. L’ensemble de la presse a couvert les manifestations des 266 000 à 450 000 lycéens dans les rues depuis un mois. Même si leurs vacances débutent, ces lycéens contestataires attendent samedi, “avec impatience”.
Comme le raconte le site d’info HugoDecrypt, plébiscité par les jeunes gens.
La Confédération paysanne appelle à la convergence, comme de nombreux syndicats
Des figures historiques reviennent… Sophie Tissier omniprésente sur les réseaux sociaux il y a 8 ans a demandé une manifestation à Paris sur les Champs-Élysées ce samedi de 10 heures à 19 heures, qui aurait d'ores et déjà été interdite ...
Jérôme Rodrigues appelle à remettre les difficultés du quotidien au centre du débat public, et à soutenir les lycéens, partout en France.
Le ministre de l'intérieur s'attend à 250 évènements , alors qu'une carte interactive publiée sur les réseaux sociaux annonce plus d’un millier de manifestations …
Comme quoi les propos du géographe Christophe Guilluy qui a conceptualisé dès 2014 la fameuse "France Périphérique" résonnent encore très fort…
Huit ans après les premiers gilets jaunes les rédactions ont-elles intégré ces données ? Toujours est-il qu’elles sont sur le pied de guerre pour préparer la couverture des mobilisations ce samedi. Un mouvement décidément numérique, tant pour son organisation ( réseaux sociaux, messageries cryptées) que pour son auto-couverture en parallèle des médias pro, avec pour rédacteurs en chef … les algorithmes !
Pour mémoire... Notre article sur les modes de communication propres aux Gilets Jaunes publié le 12 septembre dernier, quand la date du 17 octobre 2026 a inondé les smartphones :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 16 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
Natacha Polony candidate à la Présidentielle : une journaliste de plus, sur la longue liste de pros de l'info à s'être engagés en politique. (le 14-10-2026) |
Editorialiste connue pour ses combats sociétaux, ancienne directrice de Marianne, aujourd’hui à la tête de la revue L’Audace !, chroniqueuse dans Franc-Tireur , elle intervient également chaque semaine comme hier soir encore sur LCI … C’est sur France Inter qu’elle a choisit ce mercredi de déclarer sa candidature. après avoir lancé son mouvement le mois dernier
Figure engagée, elle s’est illustrée dans plusieurs combats : la défense de l’école républicaine, contre ce qu’elle appelle "l’effondrement pédagogique" ; la critique des dérives technocratiques, notamment dans l’éducation et la santé ; la lutte contre l’uniformisation culturelle, qu’elle associe à une forme de "mondialisation sans âme" ; la promotion d’un souverainisme humaniste, centré sur la transmission, la nation et le rôle de l’État, l’alerte sur les fractures sociales, qu’elle décrit comme "le symptôme d’un pays qui ne sait plus où il va".
En France, les précédents de journalistes qui entrent en politique sont rares et souvent contrastés. Le cas le plus emblématique reste celui de Noël Mamère. Journaliste à l’ORTF puis à Antenne 2, visage familier des JT, il bascule dans l’écologie politique, devient maire de Bègles, député, puis candidat à la présidentielle en 2002. Résultat : 5,25 % des voix. Retraité désormais, il intervient à nouveau comme journaliste sur divers médias. Il s’en expliquait en 2018 aux Assises du journalisme à Tours.
Plus récemment, Éric Zemmour a déjà une première fois tenté, lui, la conquête suprême. Chroniqueur, polémiste, omniprésent sur CNews et dans Le Figaro, il fonde son parti, Reconquête, et se présente à la présidentielle de 2022. Résultat : 7,07 % au premier tour. Une démonstration de puissance médiatique, mais aussi de ses limites : aux législatives qui suivent, il est éliminé dès le premier tour.
Autres figures majeures du journalisme "entrées" en politique sans prétendre à la fonction suprême ... Jean‑Jacques Servan‑Schreiber. Cofondateur de L’Express en 1953. Président du Parti Radical, député de la Manche, puis maire de Nancy en 1971, il incarne l’idée que le journalisme peut être un laboratoire d’idées avant de devenir un projet politique.
Françoise Giroud suit une autre trajectoire. Directrice de Elle, cofondatrice de L’Express, elle est appelée au gouvernement
Dominique Baudis, correspondant de TF1 à Rome puis présentateur, quitte le plateau pour la mairie de Toulouse, qu’il dirige plus de dix ans, avant de présider le CSA et de devenir Défenseur des droits.
Jean-Marie Cavada, Président de Radio France devient député européen sous les couleurs centristes.
François Baroin, passé par le journalisme à Europe 1 pendant 5 ans, deviendra député RPR, ministre de l’Intérieur, de l’Économie, et maire de Troyes et Président de l'association des maires de France.
Philippe Ballard, ancien journaliste de LCI, devient député du Rassemblement national en 2022 et se retrouve parfois sur des plateaux avec Loic Signor, député macroniste lui et également ex reporter à la TV,
Ils sont décidément nombreux à être passé du rôle d’interviewer à celui d’interviewé : Audrey Pulvar, Aymeric Caron, Bruno Roger-Petit, et Robert Ménard … Laurent Joffrin, ex-directeur de Libération, lance un mouvement politique en 2020, sans percée électorale notable. Citons encore l’actuelle locataire de la rue de Valois Catherine Pégard (ex-Le Point) ou Myriam Lévy (ex-Le Figaro) …
A l’étranger, le passage du journalisme au pouvoir est presque un classique. Winston Churchill est d’abord correspondant de guerre : ses reportages musclés en Afrique du Sud lui construisent une stature qu’il transformera en leadership politique.
Boris Johnson, lui, vient du Daily Telegraph et du Spectator : plume provocatrice, style iconoclaste, puis député, maire de Londres et Premier ministre. Michael Gove, ancien journaliste, devient ministre de l’Éducation puis de la Justice.
En Italie Benito Mussolini débute comme journaliste socialiste, dirige Avanti! puis fonde Il Popolo d’Italia pour accéder au pouvoir.
Silvio Berlusconi qui n’a jamais été journaliste mais grand patron de presse et de télévision, propriétaire de Mediaset et de journaux utilise son empire médiatique comme tremplin politique.
Aux États-Unis, Warren G. Harding commence comme éditeur du Marion Star avant de devenir sénateur puis président en 1921.
Plus récemment, Sarah Palin passe des sports à la télévision locale d’Alaska au poste de gouverneure, puis à une candidature à la vice‑présidence. En Australie, Tony Abbott suit le même schéma : journaliste, puis Premier ministre.
Le journalisme peut donc parfois être une école du pouvoir, une rampe de lancement, ou … un tremplin manqué !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 14 octobre 2026.
|
| Voir l'article |
23 % de chute d'audience des sites pros consacrés à l'info en un an !!! Les internautes les délaissent puisque que l'IA résume leurs contenus... (le 13-10-2026) |
Selon l’ACPM, l'organisme de référence qui contrôle, certifie et valorise la diffusion, la fréquentation et l’audience des médias en France … Les 40 plus gros médias d’info français ont perdu 440 millions de visites en un an !!! Moins 23 %. Un quart de l’audience numérique envolé !
Dans le classement paru le mois dernier ... Les seules marques de radios citées dans le Top 15 des sites les plus consultés en France sont celui de franceinfo: mais qui est co-produit avec France Télévisions et Radio France, en additionnant les productions numériques de toutes ses stations. .
Et pour les autres médias ? Même désillusion … Les baisses sur un an sont vertigineuses : Franceinfo : –29 %, BFMTV : –28 %, Le Figaro : –22 %, LCI : –26 %, Le Monde : –20 %. Les magazines d’actualité s’effondrent : Le Point, Marianne, L’Express : –45 à –55 %. La presse régionale plonge aussi : La Provence : –40 %, Midi Libre : –36 %, L’Indépendant : –29 %.
Parce que le chemin d’accès à l’info a été piraté ! Par Google, d’abord, avec ses AI Overviews qui affichent des réponses générées par l’IA au-dessus des liens. Par ChatGPT, Perplexity, Gemini, qui résument les articles sans jamais cliquer. Comme l’explique Dedi Agency une agence spécialisée en création et refonte de site e-commerce et en stratégie digitale :
Le référencement naturel, le fameux SEO s’est effondré. Pendant des années, les médias ont tout misé sur leur visibilité dans Google. Aujourd’hui, Google renvoie… vers Google. Et les sites des médias ne sont plus la porte d’entrée de l’information. C’est un phénomène planétaire comme l’explique TV5 Monde
Comment stopper l’hémorragie ? Peut‑être en misant enfin sur le teasing via les sociaux pour rapatrier les internautes vers les médias prémium, sans tout dire sur le web avec des extraits, des formats courts, des moments forts qui donnent envie d’en savoir plus. Parce que si les moteurs IA siphonnent l’accès, la seule manière de recréer du trafic, c’est de recréer du désir.
Et pourtant … Pendant que les chiffres s’effondrent, beaucoup de médias communiquent sur leurs “succès numériques”, comme la jeune RTL qui fête ses 60 ans. Des records sur TikTok, des partages sur Facebook, des millions d’écoutes de podcasts, des vidéos qui “cartonnent”...
Les chiffres ACPM racontent une réalité bien moins glamour : les chiffres des sites qui faiblissent sévèrement, comme ceux des journaux, des radios, et de la presse écrite sont une menace qu'ils n'ont pas vu venir .... La complémentarité avec le web est pourtant devenue essentielle puisqu’ils y valorisent à la fois leurs offres premium, parfois avec abonnement, et y récoltent des resources publicitaires ...
Alors… Continuer à célèbrer les performances sur les plateformes, est‑ce une stratégie, ou une manière élégante de regarder ailleurs ? Parce que la vraie question n’est plus : comment communiquer sur ses succès ? Mais : comment reconstruire un accès direct à l’information, dans un monde où les plateformes et l’IA contrôlent désormais le chemin d’entrée ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 15 octobre 2026. |
| Voir l'article |
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !