6,8 millions ... Un tiers des téléspectateurs français sur TF1 avec Marine Le Pen hier soir : Nième épisode d'une histoire des médias qui a tant évolué à propos des partis "extrêmes" ! (le 08-07-2026) |
La séquence Marine Le Pen d’hier n’est pas un simple épisode judiciaire : c’est le dernier chapitre d’une transformation profonde du traitement médiatique des extrêmes, passés du statut de perturbateurs à celui d’acteurs institutionnels. Les radios et TV ne les traitent plus comme des anomalies, mais comme des pièces maîtresses du récit politique national.
1er juin 1994 : France 2, sur le plateau du 20 heures. Paul Amar, pose deux paires de gants de boxe sur la table. Tapie explose, Le Pen sourit. Et soudain, la télévision comprend qu’elle n’est plus seulement un miroir : elle est un ring. Le présentateur se souvient de cet épisode sur BFM le soir du décès de Jean Marie Le Pen :
À gauche, LO et le NPA restent hors‑champ. L’extrême gauche n’est pas encore un personnage du récit médiatique.
Le "cordon sanitaire" se fissure ... malgré les propos dès 1987 au Grand Jury d’RTL du leader du Front National sur les chambres à gaz : "un détail de l’histoire" .
1995 : Emission marquante sur FR3. Jean-Marie Cavada invite Jean Marie Le Pen à La Marche du Siècle dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle : 4,2 millions de téléspectateurs … Où l’on comprend 30 ans plus tard que la doctrine prônée par le père reste d’actualité pour sa fille :
Pendant ce temps, le PCF décline, LO et NPA sont traités comme des silhouettes militantes. L’opinion évolue : le FN pèse 10–12 %. Les médias commencent à suivre la courbe.
2002 : Le séisme et la double surprise ! 21 avril : Le Pen au second tour… TF1 ouvre son JT : "Un séisme politique." France 2 multiplie les éditions spéciales. Sur RTL, on parle de “sidération”. Le traditionnel débat d’entre deux tours n’a pas lieu ! Archive de l'INA :
Mais un autre chiffre passe sous les radars : Besancenot + Laguiller = plus de 10 %. L’extrême gauche progresse… mais reste traitée comme un folklore sympathique. Besancenot devient “le facteur” comme sur France 2 .
Deux extrêmes avancent, un seul inquiète…
2010–2015 : La dédiabolisation et le tribun. Marine Le Pen adoucit son image sur le plateau de l'émission "Des Paroles et des Actes" de France 2 en 2011 Elle affirme : "Je ne suis pas d’extrême droite.". 3 ans plsu tard sur RTL / LCI au Grand Jury,elle enfonce le clou "Le FN est un parti républicain. " Le FN est à 25 % en 2014.
Pendant ce temps, Jean Luc Mélenchon devient un personnage. Sur France 2 à "Mots Croisés" il affirme presque à l’unisson avec François Hollande : "Le pire ennemi de l’entreprise c’est la finance". L’extrême gauche devient spectaculaire, mais toujours pas "inquiétante".
2015–2026 : L’ère Bolloré ou la dramaturgie permanente... iTélé devient CNews. Eric Zemmour qui est encore journaliste martèle : "L’immigration est une catastrophe" comme içi en plateau face à Bernard Henri Levy
Les thèmes du RN deviennent la bande-son du débat public. Et LFI entre dans l’arène. Mélenchon n’est plus un tribun romantique : il devient un perturbateur médiatique. Sur BFM TV les clashs avec la journaliste Apolline de Malherbe se multiplient. Tous les médias diffusent la célèbre séquence sur la perquisition de ses bureaux en 2018. Et "Quotidien" du groupe TF1 montre la différence de discours entre les médias traditionnels et ses réseaux sociaux !
LFI devient l’extrême gauche conflictuelle.
2022–2024 : La centralité des extrêmes … RN à 41 % au second tour 2022, RN premier parti aux européennes 2024.
LFI progresse… mais reste traitée comme un danger. Ses députés sont omniprésents dans les polémiques et les médias traditionnels quasiment bannis comme le raconte en 2 minute sur Instagram "Léon le média".
En trente ans ... Le FN-RN est passé du spectacle contrôlé (Amar), à la normalisation assumée (CNews), puis à la centralité totale (2024), jusqu’à inspirer des propositions de privatisation du service public. Et LFI, elle, est passée du folklore militant, au tribun romantique, puis au perturbateur médiatique, enfin à l’ennemi intérieur désigné.
Les médias pros se doivent évidemment de traiter l’actualité en épousant l’époque, l’opinion, les sondages, mais aussi en contextualisant. Un "avant / après" de ce type à propos de la séquence d’hier soir, en dit plus long que des papiers d’analyse ou des débats sans fin…
Les journalistes informent. Quant aux Réseaux Sociaux à l'Intelligence ... souvent Artificielle ...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 8 juillet 2026.
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Scoop de la Dépêche du Midi avec les aveux de Jubilar à la Une : quand la presse éclaire… mais quand parfois aussi elle déraille. (le 06-07-2026) |
Dans les grandes affaires judiciaires, la publication d'un document comme cette lettre adressée à son avocat publiée par le quotidien de Toulouse ou un article peuvent tout changer !
L’histoire des relations entre la presse et la justice est une route sinueuse, faite de scoops qui éclairent… et de dérapages qui aveuglent. Parfois en effet les scoops font basculer l’Histoire …
A la Une évidemment le “J’accuse” de Zola qui finit par renverser la République ! En 1898 la justice est verrouillée, l’armée est sûre d’elle, l’opinion est hostile. Et soudain, L’Aurore publie ce texte qui dénonce les faux documents, l’antisémitisme, les manipulations. Le journal est vendu à la criée comme le reconstitue au cinéma Roman Polanski.
L'article fissure l’institution militaire et ouvre la voie à la réhabilitation de Dreyfus.
L’affaire Cahuzac : Mediapart et le compte caché en 2012 Le ministre du Budget nie tout mais Mediapart publie un enregistrement : “J’ai un compte à l’UBS.” Comme le raconte à l’époque LCP :
C’est la chute immédiate du ministre, l’ouverture d’une enquête, puis la condamnation.
François Fillon : Le Canard enchaîné et le “Penelopegate” en 2017. En pleine campagne présidentielle, Le Canard révèle les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon. La campagne s’effondre, l’enquête s’ouvre, la condamnation tombe : l’article a changé l’élection.
À l’étranger : quand un scoop renverse un pays le Watergate. De 1972 à 1974 Woodward et Bernstein du Washington Post publient des révélations en cascade : l’espionnage du Parti démocrate, les mensonges, les aveux… Le National Géographic s’en souvient :
Richard Nixon devra démissionner.
Panama Papers : la fuite qui expose les puissants en 2016 : des millions de documents sur les sociétés offshore de dirigeants, sportifs, criminels sont publiés par une alliance de journaux
C'est l’une des plus vastes collaborations journalistiques de l’histoire avec plus de 370 journalistes dans 76 pays représentant plus de 100 médias qui a entrainé des enquêtes judiciaires dans des dizaines de pays.
Mais parfois, la presse déraille … Et s’il y a une affaire qui symbolise ce dérapage, avec celui de la justice c’est l’affaire Grégory. Au cœur de ce naufrage médiatique, le couple Bezzina occupe une place centrale : Jean‑Michel correspondant RTL à Nancy et Marie‑France journaliste indépendante pour Le Parisien, Le Figaro, Paris Match, Le Point, France‑Soir ...
Avec d'autres confrères il est vrai, ils relaient des “révélations”, des pistes, des confidences d’enquêteurs, des hypothèses psychologiques, circulent entre les familles, les voisins, les gendarmes. Pour vendre du papier et faire de l’audience, les rédacteurs en chef veulent du feuilleton, du rebondissement, du drame.
Sous pression, les journalistes commencent à raconter des pistes douteuses. Des hypothèses deviennent des quasi-certitudes. Des rumeurs deviennent des “informations”. Des confidences deviennent des “révélations”.
Pour certains, la presse a joué un rôle décisif, et lourd, dans l’emballement qui a conduit Dominique Baudis à être publiquement accusé à tort, puis profondément atteint psychologiquement. Il était pourtant à l'origine journaliste comme le rappelle le jour de son décès France Télévisions.
Demeure le sentiment d'une responsabilité professionnelle majeure dans la diffusion, la légitimation et la persistance de la rumeur...
Il y a aussi l’affaire d’Outreau de 2001 à 2005 : Les journaux titrent : “Le réseau pédophile d’Outreau”, “Les monstres d’Outreau”. 13 innocents passent des années en prison. La presse devra reconnaître son rôle dans la catastrophe, comme le raconte La Voix du Nord :
La Dépêche du midi nous rappelle ce lundi que la presse peut encore faire avancer la vérité, même si Cédric Jubilar demeure condamné à 30 ans. Il doit désormais confirmer à la justice ses aveux publiés aujourd’hui alors qu'un procès en appel est prévu en septembre.
Mais l’histoire nous rappelle aussi qu’elle peut la déformer, la précipiter, la briser.
Entre les scoops qui éclairent et les emballements qui aveuglent, la relation entre médias et justice est une danse fragile où chaque pas compte. Et où parfois, un simple article peut faire basculer une affaire… dans le bon sens, ou dans le pire.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 6 juillet 2027.
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Tour de France 2026 : 123 ans de story des médias : de la presse écrite créatrice de l’évènement à l’hyper connexion multi médias ! (le 04-07-2026) |
Historiquement le Tour de France, ce n’est pas une fête du vélo, pas une célébration du sport, ... C’est une vengeance de journaliste ! En 1903 Henri Desgrange patron du journal L’Auto veut écraser son concurrent Le Vélo.
Il invente donc une course impossible : faire le tour complet du pays, raconter la France, vendre du papier, et accessoirement épuiser les coureurs.
Les journalistes suivent la course en train, en voiture, parfois à vélo. Ils écrivent des pages entières, des récits héroïques, des souffrances, des paysages … Le Tour est un feuilleton de papier, les journalistes sont des romanciers.
Dès 1924 Radio-PTT arrive ! Les premières chroniques radiophoniques sont bricolées : enregistrées dans les gares, dans les hôtels, parfois dans les cafés où les coureurs reprennent des forces.
A l’occasion de cette 18e édition de la Grande Boucle à chaque étape, les résultats et le classement sont "radiophonés" par la Tour Eiffel.
En 1948 Radio Luxembourg installe un reporter permanent sur la route, et en 1953 Europe n°1 suit le Tour avec un camion technique qui émet… quand il peut. avec parfois un son tellement mauvais qu’on ne sait plus si c’est un sprint ou un orage.
La télévision entre en scène en 1950. Les caméras arrivent et le Tour devient un décor, une carte postale animée, géante.
Les coureurs, vus du ciel dès 1958, ressemblent parfois à des fourmis énervées. La première arrivée sur les Champs Elysées est diffusée en 1975.
De 1980 à 2010 c’est l’industrialisation du spectacle et les moyens qui explosent avec les survols des avions-relais pour la transmission des images en direct, des dizaines de motos, des régies mobiles et des caméras embarquées. Dès 1998 France 2 diffuse l’intégralité des étapes de montagne. La radio, elle, devient une machine de guerre : reporters embarqués, directs permanents, habillages sonores ...
Comme ici à la radio hollandaise :
Ensuite … Le numérique prend le guidon, avec en 2014 les GPS en temps réel, les cartes interactives, les coulisses sur Snap, les commentaires sur Facebook et Twitter, les vidéos sur YouTube et les podcasts. Le Tour devient un produit multimédia, un concours de “qui a la meilleure story Instagram” ou l'ITW qui se veut plus tendance que celles pratiquées par les médias tradis …
Le Tour redevient aussi une histoire locale, racontée par ceux qui le vivent sur la route ou par la foule qui partage en direct sur Facebook ou même avec beaucoup plus de hauteur !
Désormais tout est hyper connecté et technologique : radios en FM, DAB+ et streaming, avec, comme pour tous les médias pros, leur offre sur le web et les réseaux sociaux. Et coté TV : drones, Caméras 4k Flux multiples, gérés par des cars-régie comme celui que nous invite à visiter Ouest France :
Le Tour de France 2026 mobilise près de 2 000 journalistes, issus d’environ 100 pays. La course est diffusée dans 190 territoires. Les plus gros contingents de pros de l’info viennent de Belgique, Espagne, Italie, Pays-Bas, Danemark, Slovénie, Colombie, États-Unis et surtout de France, avec FTV et Radio France comme radio diffuseurs officiels. ICI a l'exclusivité de la présentation de l'étape du jour par le direvteur de course comme ce samedi pour le contre la montre à Barcelone :
Puisque cette année le Mondial 2026 de foot se joue en Amérique du Nord, les matchs sont disputés en Europe en soirée voire la nuit comme ce samedi : les audiences ne se cannibaliseront pas !
Même si les coureurs du peloton aussi supporters des Bleus auront du mal à suivre le Mondial ! Comme le raconte France Inter ...
Le Tour de France, c’est l'une des rares histoires où les médias ont autant changé que la course elle-même. 123 ans après L’Auto, on ne sait plus très bien si ce sont les journalistes qui suivent le Tour… ou si c’est le Tour qui continue de les entraîner à toujours plus performer, et rivaliser pour la compétition des audiences !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 4 juillet 2026. |
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250 ans de Constitution américaine célébrés en grande pompe : l’idéal concernant la Presse et la liberté d'expression est pourtant piétiné ... (le 03-07-2026) |
Les drapeaux claquent, les fanfares résonnent, les discours s’enchaînent : la liberté, la démocratie, la presse libre.
Les textes des Pères fondateurs sont déclamés comme des psaumes. Lady Liberty, elle, observe la scène avec un sourire en coin.
Parce que l’histoire américaine, racontée aujourd’hui, ressemble à un conte où l’idéal est magnifique, et la pratique, franchement, un peu grotesque. Les médias sont devenus des tranchées, les réseaux sociaux, des centrifugeuses à haine, les dirigeants politiques, des contorsionnistes du Premier Amendement.
“Congress shall make no law… abridging the freedom of speech, or of the press.”
Il y a 250 ans pourtant le texte est pensé pour protéger la presse du pouvoir, conçu pour empêcher les dérives autoritaires.
Mais Trump fait exactement l’inverse : dès le 16 février 2017 fraichement élu : il déclare que les médias “sont les ennemis du peuple américain”.
6 mois plus tard, il pointe les journalistes du doigt, les accuse de “mentir en permanence”.
En novembre 2018 il fait retirer l’accréditation du journaliste Jim Acosta de CNN.
Avant sa réélection, de 2020 à 2025 il rejette les reporters du Washington Post, de Bloomberg, et accuse MSNBC de “sédition médiatique”.
Depuis 2 ans, l'élection de Biden lui reste encore en travers de la gorge et pour lui, les journalistes en sont complices comme en témoigne cette séquence r elayée par TMC :
Celà concerne aussi la culture en général : récent exemple raconté par RFI à propos d'une expo consacrée à l'exclavagisme, que Trump a tenté de censurer :
Le "Committee to Protect Journalists" recense plus de 300 attaques verbales contre les médias pendant ses campagnes !
Pour Elon Musk en revanche, la liberté d’expression est en mode “open bar”… mais pas pour tout le monde ! Le milliardaire se présente comme le grand défenseur d’une “liberté d’expression absolue”. Absolue… mais à géométrie très variable !
Dès novembre 2022 venant d’acquérir Twitter il réintègre le compte de Donald Trump qui avait été supprimé après la quasi tentative de coup d'état au Congrès qu'il avait pour beaucoup piloté . A l'époque France 24 raconte :
N'étant jamais mieux servi que par soi-même le candidat avait monté son propre réseau pour servir sa propagande.
Le Président considère par ce canal contournant les médias traditionnels publier ... la vérité !
Musk, groopie alors du re-candidat Trump utilise son nouveau jouet le réseau désormais nommé X. il suspend ceux de journalistes du New York Times, de CNN et du Washington Post. 2023‑2024 : 80 % des équipes de modération en charge de l' explosion des contenus haineux sont licenciés.
X est placé sous surveillance renforcée par l’Union européenne car elle devient la plateforme n°1 des théories complotistes. Il est interviewé sur France Télévisions :
La liberté d’expression selon Musk, c’est un Far West algorithmique : on laisse tout passer… sauf ce qui dérange le shérif.
L’Amérique célèbre son texte fondateur en grande pompe... Mais entre Trump qui cogne, Musk qui déchaîne, les réseaux qui déforment, et les foules qui s’enflamment. La liberté d’expression ressemble moins à un principe sacré… qu’à un champ de bataille permanent.
Les Pères fondateurs voulaient une presse libre pour surveiller le pouvoir. En 2026, le pouvoir surveille la presse… et les plateformes surveillent tout le monde !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 4 juillet 2026.
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Dans 305 jours, le 2 mai 2027 : le prochain CDD à l'Elysée. D'ici là, quelle campagne avec autant de candidats potentiels ? Quid du rôle des médias, face à la jungle des RS ... (le 01-07-2026) |
Il y a des élections qui avancent comme des fleuves tranquilles, et puis il y a celles qui débordent. La présidentielle qui s’annonce ne coulera pas : médiatiquement, elle déferlera sans doute ! Aujourd'hui ... Une trentaine de candidats potentiels, de récits, de chaînes YouTube, de publis sur TikTok, Facebook, Insta ou X … D’ambitions qui, mises bout à bout, composent moins une campagne qu’un archipel. Et dans cet archipel, les médias traditionnels vont devoir naviguer comme ils peuvent !
Pour comprendre ce vertige, il faut remonter le fil de l’histoire. En 1981, dix candidats, des rédactions qui s’organisent comme des orchestres sans chef. Pas de CSA, pas de chronomètre, juste une intuition : si tout le monde parle en même temps, personne n’écoute.
En 1988, douze candidats : les radios inventent les formats courts, les “1 minute pour convaincre”, comme des haïkus politiques.
En 1995, c’est déjà la foire : Balladur, Chirac, Jospin, Voynet, Laguiller, Cheminade… Les rédactions découpent leurs éditions en blocs, comme des tranches de vie politique soigneusement emballées.
Puis arrive 2002. Seize candidats. Le CSA sort le chronomètre. Les radios deviennent des horlogers, les chaînes d’info des ingénieurs de fusée. On compte les secondes, on mesure les syllabes, on équilibre les plateaux. Le pluralisme devient une science exacte. Mais la lisibilité, elle, se dissout. Le 21 avril laisse un goût amer : trop de candidats, pas assez de hiérarchie.
En 2007, douze candidats encore.
En 2012, dix.
En 2017, onze.
En 2022, douze.
À chaque fois, les rédactions inventent de nouveaux outils : portraits express, règles des trois temps, fact‑checking, contextualisation. À chaque fois, les candidats inventent de nouveaux contournements : vidéos maison, lives improvisés, messages directs. Les réseaux sociaux gagnent du terrain, comme une marée qui ne redescend jamais.
Et maintenant, 2027, la présidentielle s'annonce XXL, fractale, où chaque candidat aura son propre média, son propre public, son propre univers parallèle.
Face à cette constellation … Les médias traditionnels France Inter, France Info, RTL, RMC, Sud Radio, le réseau ICI qui regardera cette déferlantes depuis ses 44 implantations en région, et Europe 1 avec son positionnement assumé à droite radicale devront actualiser leur métier. Non plus comme des distributeurs de temps de parole, mais comme des cartographes. Car la parole politique ne passe plus seulement par eux : elle les contourne, les dépasse, les submerge !
Alors, ces médias pros, forts de leur déontologie, vont sans doute devoir aussi "se cloner" : une antenne FM, une antenne TikTok... Une matinale radio, une matinale déclinée en vertical sur les RS.... Une interview studio, une interview “shorts”... Une chronique audio, sa déclinaison en réels... Les stations vont devoir dupliquer leurs antennes en version numérique, parce que les candidats y sont déjà, parce que les auditeurs y vivent déjà, parce que l’agenda politique se fabrique désormais en ligne, dans des formats qui tiennent parfois en une minute :
Face à cette déferlante, trois stratégies semblent émerger. Le tri éditorial assumé : couvrir ce qui compte, mais pas tout ce qui existe. La duplication numérique : occuper le terrain pour ne pas être marginalisé. Et la contextualisation permanente : replacer chaque déclaration dans son poids réel, chaque proposition dans son histoire, chaque candidat dans son influence.
Car sinon, les médias traditionnels seront noyés. Noyés par la communication parallèle, par les algorithmes, par la confusion. Et c’est peut-être là, dans cette lutte pour la clarté, que se jouera la vraie bataille de 2027 : non pas celle des candidats, mais celle du sens...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 1 juillet 2026.
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France–Suède : ce que racontent les médias… et ce que fabrique le web ! (le 30-06-2026) |
À l’approche de France–Suède, un constat s’impose : les médias traditionnels et les réseaux sociaux ne racontent pas le même match.
Ils ne décrivent pas la même France, ni la même Suède, ni les mêmes enjeux. Ils ne vivent pas la même réalité.
Du côté des médias professionnels, le récit est construit, vérifié, hiérarchisé. La BBC qualifie le trio Olise–Mbappé–Dembélé de "plus dangereux du tournoi". Le quotidien espagnol AS évoque une équipe de France "terrifiante de maîtrise". Le journal allemand Bild prévient : "Si vous tombez sur la France, bon courage." En France, L’Équipe insiste sur la capacité des Bleus à "gagner même sans briller".
Les médias français renforcent ce cadrage. Sur France 2, les éditions du soir rappellent la continuité du projet Deschamps" et la solidité défensive. Pour TF1, les sujets de 20h insistent sur "la maturité du groupe" et "l’expérience des grands rendez-vous". Sur M6, les magazines sportifs mettent en avant "la profondeur de banc" et "la capacité à accélérer dans les 30 derniers mètres".
Sur France Info, les chroniques détaillent les statistiques : possession moyenne, efficacité dans les transitions, volume de courses de Kanté. Sur Europe 1, les consultants rappellent "la gestion du tempo" et "la discipline tactique". Le réseau ICI depuis les régions palpite aussi au cardio des bleus :
Sur RTL, les analyses soulignent "la maîtrise émotionnelle" et "la capacité à verrouiller les fins de match". Sur RMC Sport, les débats restent centrés sur les choix de composition, la forme d’Olise, l’impact de Dembélé. Et aussi le format XXL de cette coupe du monde :
Les déclarations du staff renforcent cette cohérence : Didier Deschamps martèle : "On ne sous-estime jamais un adversaire". Adrien Rabiot insiste : "Pas de suffisance". Le récit médiatique est clair : France favorite, Suède outsider lucide, duo Isaak–Gyökeres dangereux mais irrégulier. Les analyses portent sur la tactique, la forme du moment, la gestion du rythme. Rien d’hystérique. Rien d’excessif.
Comme l'est l'angle choisi par France Inter :
Face à cela, le web produit un récit totalement différent. Un récit fragmenté, émotionnel, souvent déformé, parfois délirant.
Sur TikTok, Mbappé devient une figure mythologique. Des vidéos “Mbappé is coming” montées avec la musique de Gladiator, des flammes, des ralentis. Les commentaires annoncent : "Troisième étoile assurée", "On va écraser la Suède", "Mbappé va marquer trois buts". Le football y est traité comme un blockbuster.
Sur X/Twitter, les théories s’enchaînent. Un thread affirme que le match à 23h est "un sabotage de la FIFA". Un autre accuse la VAR américaine d’être "anti‑France". On lit : "La FIFA veut une équipe nordique en quart", "Le calendrier est truqué". Aucune preuve. Beaucoup de certitudes.
Sur Instagram, les débats se déplacent vers le détail insignifiant. La coupe de cheveux d’Olise serait "un facteur de pressing". Ces suédois ont pris une baguette de pain en otage et menacent de lui faire du mal si les Bleus gagnent contre la Suède ce soir !!!
Les routines de sommeil des joueurs deviennent des arguments tactiques. Des sondages improvisés interrogent : "Mbappé est-il trop stressé ?", psychologie instantanée, sans données.
Sur YouTube, les analyses longues se multiplient. Une vidéo de 45 minutes explique « Pourquoi la Suède peut humilier la France », en s’appuyant… sur un corner réussi en 2018. Une autre affirme que "les Bleus sont cuits physiquement", en se basant sur un simple étirement de Kanté à l’entraînement. Narration spectaculaire, argumentation fragile.
Sur Facebook, les groupes de supporters s’enflamment. "On nous cache des blessures, "Mbappé joue avec une fracture", "Dembélé est fâché, c’est pour ça qu’il ne joue pas " Rumeurs sans source, mais très partagées.
Avec des publis des journaux tradis, comme celle de Libé, et son itw de M Bappé :
Deux récits coexistent : Le premier, celui des médias traditionnels, repose sur des faits, des citations, des analyses.
Le second, celui du web, repose sur des émotions, des intuitions, des amplifications. Les journalistes observent. Internet s’emballe. Les premiers vérifient. Les seconds imaginent, ou surinterpretent !
Ce mardi soir, il y aura un match. Sur le terrain, 22 joueurs. Dans les rédactions, des professionnels. Et sur les réseaux… une foule qui commente avant de comprendre. Toujours est-il que les supporters des Bleus ont investi le pont de Brooklyn, devant la skyline de Wall Street, les TV n'y étaient pas , mais les internautes eux diffusent leurs images !
Le football reste le même. le récit, lui, dépend de qui le raconte !
Thierry Matheu e-crossmedia le 30 juin 2026.
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France-Suede : 32° prévus, les "pauses fraîcheur" pourraient se comprendre... Tout de même globalement, le sport se met-il a genoux ? (le 29-06-2026) |
Le 16 juin 2026, au MetLife Stadium : France – Sénégal, Il fait 23 degrés, une soirée douce, presque idéale pour jouer au football. Et pourtant : 18 ème minute, pause fraîcheur.
Vu du Sénégal, avec ce YouTuber qui commente en direct et en public depuis Dakar :
Les joueurs s’arrêtent, l’arbitre attend, le stade retient son souffle ... Et sur les chaines - diffuseurs officielles les écrans de publicités s’en donnent à cœur joie !
Le sélectionneur français en profite pour recaler sa stratégie avec ses joueurs, et s’adapte :
Le champion du monde commentateur star Bixente Lizarazu, lui, dit ce que tout le monde pense : "Le foot n’est pas un sport à interruptions. Là, on casse le jeu pour vendre du temps d’antenne."
Huée du stade lors de la rencontre Canada - Qatar, contre cette pause fraicheur ...
Le journaliste de France Télévisions Patrick Montel s'en émeut après son footing matinal. Il dénonce sur ses réseaux sociaux cette dérive …
Ce Mondial n’est pourtant pas le premier étage d’un immeuble où le sport s’effondre sous le poids du marché.
En formule1 aussi, les pilotes dénoncent ces dérives comme Fernando Alonso, double champion du monde : "On change l’heure des Grands Prix pour la télé, pas pour le sport." Pour Lewis Hamilton, sept fois champion du monde : "On ne devrait pas courir dans des conditions où les pilotes s’évanouissent. Tout ça pour le spectacle ".
A Doha, Abu Dhabi, Djeddah les circuits sont refroidis artificiellement pour maintenir l’asphalte sous 50°C, les courses sont décalées la nuit, non pour la sécurité, mais pour l’audience mondiale. Et de nouveaux projets de circuits continuent à émerger comme le raconte L’Equipe :
Idem pour certains sports équestres : la cavalière Pénélope Leprevost, vice‑championne olympique par équipes à Rio 2016, médaillée aux Championnats du monde et d’Europe, le dit sans détour : "On demande aux chevaux de performer dans des environnements artificiels. Ce n’est plus du sport, c’est du décor." Elle parle du Longines Global Champions Tour à Doha, un concours dans des arènes entièrement climatisées, alors qu’il fait 40°C dehors.
Les chevaux sont transportés dans des conditions extrêmes pour concourir sous air conditionné. Ce sont des dépenses énergétiques colossales pour maintenir un décor télévisuel.
C’est devenu banal pourtant du côté des sports nord-américains : Même Gregg Popovich, cinq fois champion NBA avec les San Antonio Spurs, coach le plus titré de l’ère moderne, sélectionneur de Team USA de 2017 à 2021 dénonce ces dérives : "On ne joue plus pour le rythme du basket. On joue pour le rythme de la télévision." Les fans de baskets s’expriment aussi sur leurs réseaux sociaux pour limiter les dégâts :
Et que dire de "Trojena", dans le nord‑ouest de l’Arabie Saoudite qui ambitionne d’être l’hôte des Jeux Asiatiques d’hiver 2029 et avec même des candidatures évoquées pour les JO d’hiver 2030 ou 2034 ! Pistes 100 % artificielles, enneigement intégral, stations réfrigérées, montagnes remodelées ?
Pour Sebastian Coe, président de World Athletics : "Organiser des Jeux d’hiver dans le désert, c’est une idée qui défie la logique sportive. La climatologue Valérie Masson‑Delmotte enfonce le clou : "Produire de la neige dans le désert est une aberration énergétique".
Pourquoi les fédérations acceptent-elles ? Parce qu’elles n’ont plus le choix. Parce qu’elles dépendent des droits TV, que les sponsors exigent de la visibilité que les diffuseurs imposent des formats, et que le sport est devenu un produit audiovisuel.
Thomas Bach ex-patron du CIO en fonction jusqu’au 23 juin 2025, date à laquelle il quitte la présidence pour devenir président d’honneur à vie, le dit sans détour : "Les Jeux doivent s’adapter aux attentes du marché."
Alors … La télévision dénature-t-elle le sport ? Ou les fédérations ont-elles volontairement renoncé à leur mission pour se soumettre au marché publicitaire ? Ce que nous avons vu le 16 juin 2026, à 23 degrés, au MetLife Stadium, ce n’est pas seulement une pause fraîcheur. C’est une pause dans l’histoire du sport, un moment où le jeu s’arrête pour que la publicité puisse continuer, où le sport cesse d’être un sport pour devenir un produit.
Mais celà en tous cas ne nuit en rien aux audiences comme le claironne ce lundi matin le groupe M6 !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 29 juin 2026
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13 h, en mode Canada Dry ... Surtout le weekend, les éditions des 2 grandes chaines sont-elles encore des rdv d'actu ? (le 27-06-2026) |
Ca ressemble à un journal, ca a la couleur d’un journal, mais ce n’est plus tout à fait un journal...
Ce samedi l’a encore prouvé : La canicule sur l'hexagone des 2 cotés : normal. L’affaire Elyana sur France 2 et le principal suspect accusé de viol par sa propre épouse, ou le tremblement de terre au Venezuela sur TF1 et son millier de morts OK, mais il faut zapper d'une chaine à l'autre pour être informé sur ces 2 actus !
Et puis ensuite ? Des sujets "magazine" ! Ne devraient-ils pas être raccourcis de quelques secondes pour laisser place, au moins, à des brèves / images consacrées à l'actu ?
Frappes ukrainiennes en Russie, incertudes dans le détroit d’Ormuz ... pas même une brève d'un coté comme de l'autre ! Si c'est un choix éditorial pour lutter contre la prétendue fatigue informationelle; elle a bon dos !
Autre cas d'école ... Les Bleus qui collent hier soir un 4–1 à la Norvège, avec un triplé de Dembélé : qualification pour les 16eme de finale du Mondial.
Si la Une ouvre tout de même sur la victoire des Bleus ...
Il faut attendre la fin d'un magazine touristique sur la 2 pour en entendre parler en fin d'édition !
Bref ... Quand à la mi-journée tu veux de l'actu à la TV sur les 2 grandes chaines natio ... Et bah ... Tu voyages, tu dégustes, tu chantonnes ... Et t'as plus qu'à filer sur le web ou les chaines d'info continue !
CQFD : les audiences des 13 heures fondent plus vite qu’un glaçon dans un verre de Canada Dry.
TF1 : 7 millions il y a quinze ans… 4,3 aujourd’hui.
France 2 : 3 millions… 2,2 à peine.
Et qui reste devant le poste ? En large partie les seniors, les fidèles, les irréductibles. Ceux qui ont connu le 13h quand il ressemblait encore à un journal. Prendre le parti de servir uniquement ce public-là, n'est-ce pas une stratégie à courte vue ? Une stratégie du “tant que ça dure”, du “tant qu’ils sont encore là” ?
Parce que les jeunes ont déjà déserté : 80 % des 15–24 ans s’informent d’abord sur le web. 70 % des moins de 35 ans ne regardent jamais un JT linéaire. Pour eux, le 13h, c’est trop lent, trop tiède, trop magazine souvent trop dépendant aussi des droits TV : l"exemple d'M6 qui détient les diffusions des matchs et des grandes chaines concurrentes ne font que le service munimum et caricatural.
TF1 et France 2 tentent de conserver le contact via le web.
La toile et surtout les RS deviennent un média parallèle : en plus de l'antenne il faut inonder les réseaux, via des formats courts sur les plateformes.
Mais n'est ce pas aussi, quelque part… renier une partie de leur ADN, renier la mission première d'un rendez-vous d'actu : informer, hiérarchiser, expliquer, et pourquoi pas aussiparfois fédérer ?
Thierry Mathieu e-crossmedia me 27 juin 2026.
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Escapade au nouveau siège de la RTBF à Bruxelles : un lieu pensé pour une puissance éditoriale collective. Pour que l'union web radio tv fasse sa force. (le 26-06-2026) |
On entre dans Média Square comme on entre dans un futur qui a déjà commencé.
Le bâtiment inauguré le week‑end dernier n’est pas seulement flambant neuf : il respire une idée, presque une conviction. Celle que le service public peut encore prendre de l’avance.
Dans les couloirs, un producteur radio croise une journaliste web, qui elle‑même rejoint une équipe TV en train de préparer un live vertical pour les réseaux sociaux. Ici, plus de frontières. Les métiers se mélangent, les formats se répondent, les contenus circulent. On comprend vite que Média Square n’a pas été conçu pour loger des rédactions : il a été pensé pour les faire travailler ensemble, comme un organisme vivant.
"Avant, on était chacun dans notre monde ", glisse un technicien en montrant la régie universelle, un espace où les écrans forment une mosaïque hypnotique. Maintenant, tout est IP, tout est modulable, tout peut basculer d’un studio à l’autre. "
Pour le Directeur Général c'est un investissement incontournable comme il l'explique dans la matinale de la 1ère l'équivalent en France, de France Inter :
Pourtant, la RTBF avec ce nouveau siège n’a pas renoncé à son ancrage régional. Dans une salle de coordination, une carte de Wallonie‑Bruxelles affiche les implantations de Liège, Charleroi, Mons, Namur, Arlon... Les équipes locales y produisent chaque jour les journaux de proximité, les décrochages info, les chroniques qui racontent la vie des territoires.
"C’est notre colonne vertébrale "souffle une rédactrice. " Sans les régions, on perdrait notre raison d’être." Dans ce dispositif, Vivacité occupe une place à part. C’est la radio populaire, celle qui parle aux familles, aux travailleurs, aux villages, aux supporters.
Celle qui fait vivre les marchés, les brocantes, les clubs de foot, les routes encombrées, les histoires locales. Dans le nouveau bâtiment, elle est au cœur du dispositif, comme un rappel : la modernité n’a de sens que si elle reste proche des gens.
Les chiffres d'audience récents confirment que cette stratégie fonctionne. La RTBF tutoie désormais les 40 % de part de marché radio, un niveau rare en Europe. La Une reste solide autour de 20 %, Tipik progresse sur les jeunes, Auvio s’impose comme deuxième plateforme de streaming en Fédération Wallonie‑Bruxelles. Les podcasts explosent, les formats courts s’installent, les audiences sociales s’élargissent.
Le service public n’est pas en train de rattraper le train : il est en train de changer de locomotive. Le Roi des Belges et son épouse sont venus le constater lors de l'inauguration ...
Au dernier étage, un responsable technique montre une baie vitrée donnant sur le Mediapark en construction. "Regardez, dit‑il. Dans quelques années, la VRT notre soeur flamande sera là, l’IHECS aussi, BX1, des écoles, des studios pour le cinéma ..."
"On va travailler dans un véritable quartier des médias."
Bruxelles se donne les moyens de devenir un hub européen, et la RTBF a pour ambition d'en être l’un des moteurs.
Média Square n’est pas seulement un siège. C’est un manifeste. Celui d’une RTBF qui refuse la nostalgie, qui assume la modernité, qui croit encore à la mission de rassembler, d’informer, de divertir, de relier. Un lieu où l’avenir des médias ne se prédit pas : il se fabrique, chaque jour, dans les studios, les couloirs, les open spaces, les régies. Un avenir où radio, TV et web ne sont plus des mondes séparés, mais les trois voix d’un même service public. Leur Union, faisant leur force.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 26 juin 2026.
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Fermeture des 9 locales de BFM ! Une fois encore la proximité est la variable d'ajustement budgétaire : un mal français, privé comme public ! (le 24-06-2026) |
La nouvelle du jour tombe comme un symbole, presque comme une caricature : CMA CGM ferme ou met en vente les neuf locales de BFM : 125 emplois menacés, dans le cadre d’un plan d’économies de 20 millions d’euros.
Neuf antennes. Neuf rédactions. Neuf territoires. Neuf promesses de proximité… balayées d’un trait de plume comptable. C’est une démonstration par l’absurde, une preuve éclatante de ce paradoxe français : les citoyens réclament plus de proximité, mais les décisions économiques, publiques comme privées, s’acharnent à l’affaiblir.
Privé ou public : même logique, même réflexe, même absurdité … Les entreprises privées parlent de “territoires”, les institutions publiques parlent de “maillage”, mais dès qu’il faut serrer les boulons, on coupe dans "le local".
Lagardère a fermé des locales d’Europe 2, et RFM comme on ferme des agences bancaires. NRJ, Chérie, Nostalgie, Fun Radio, RTL2 ont aussi largement réduit leurs voilures en région.
M6 a liquidé ses décrochages locaux dès les années 2000. Cap 24, IDF1, Téléssonne, TLM, ViàGrandParis, TV Sud, ViàOccitanie ont été décimées… Et aujourd’hui, BFM Régions se replie après avoir promis la lune aux territoires.
Dans le public, la logique est identique. Elle est simplement enveloppée dans un vocabulaire plus poli. On maintient les réseaux locaux, mais au mieux à moyens constants, c’est‑à‑dire à moyens en réalité décroissants. On exige plus de missions, plus de numérique, plus de présence avec des équipes qui fondent et des budgets qui stagnent.
A Radio France ICI affiche de nouvelles ambitions et un recentrage éditorial sur son ADN, mais le réseau a été fragilisé. En plus de certains choix stratégiques qui ont couté cher, des années de coupes budgétaires ont laissé des cicatrices : effectifs réduits, mutualisations multipliées, tranches locales rabotées. Résultat : même si le numérique est un beau succès, l'érosion d’audience sur l'offre purement radiophonique n’a rien d’un mystère. On a désarmé la proximité… Et on s’étonne qu’elle ait perdu du terrain !
France 3 Régions : un réseau maintenu, mais sous perfusion. La chaîne tient encore debout et se maintient au sondage, mais les rédactions disent qu’elles sont à l’os. Pour les partenaires sociaux, les budgets sont trop serrés. Alors que les effectifs semblent généreux : n'y aurait-il pas une question d'actualisation des pratiques, voire de management ?
En septembre France Télévisions va cesser sa contribution à la co‑diffusion sur la 3 des matinales ICI. Une offre déjà fragile en audience…
Autre facteur ... On coupe dans les équipes locales mais on leur demande en plus des productions pour leurs antennes originelles : plus de vidéos verticales, plus de formats courts, parfois plus de TikTok, Instagram, YouTube, Facebook, X, plus de contenus web, plus de présence numérique, plus de réactivité. Le tout avec moins d’effectifs, moins de temps, plus de concurrence aussi algorithmique.
Quand son existence même n’est pas remise en cause, comme les 9 antennes de BFM sacrifiées en région, le local doit donc faire ce que le national fait… mais avec beaucoup moins de ressources. Et avec la même injonction : retenir des publics qui ont déjà migré ailleurs.
Pourquoi un pays où les citoyens réclament plus de proximité organise‑t‑il méthodiquement son affaiblissement ? Trois raisons, vues depuis les régions : Parce que la France reste un pays de centre de décision, pas de centres de vie. Les arbitrages se font à Paris, dans les ministères, les sièges sociaux, pas dans les territoires.
Parce que la proximité n’a pas de “ROI”, c’est-à-dire de "Return On Investment" immédiat. Elle rapporte en confiance, en cohésion, en stabilité, mais pas en marge opérationnelle trimestrielle. Parce que malgré les belles intentions de "décentralisation" la France n’a jamais pensé son organisation territoriale comme un investissement. Elle la pense comme un coût, et un coût, ça se coupe.
En sacrifiant la proximité, la France se prive de ce qui lui permet de comprendre ses propres crises, de ce qui fait tenir un pays : le terrain, le lien, le réel. Et pendant que les plateformes mondialisées prospèrent, pendant que les audiences se fragmentent, pendant que les territoires se sentent oubliés, Paris continue de couper là où il devrait investir.
La proximité n’est pas un luxe. C’est une infrastructure démocratique. Et depuis les régions, on voit très bien qu’elle s’effrite...
Les 9 stations locales de BFM appelées à disparaitres sont : BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Alsace, BFM Normandie, BFM Dici Alpes‑du‑Sud et Haute‑Provence.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 24 juin 2026. |
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