Quand les candidats à la Présidentielle parlent en direct aux électeurs via l'IA, en favorisant le nombrilisme et l'entre-soi. Quid du journalisme tradi ? (le 09-06-2026) |
Les partis n’auraient-ils plus besoin des médias professionnels pour parler aux électeurs ? C’est en tous cas ce qu’ils disent, c’est assumé, revendiqué. Et c’est un séisme pour le journalisme professionnel, comme le sous-entend ce reportage du 20 heures de France 2 .
Pour Renaissance, Stanislas Guerini l’a déclaré publiquement : "L’IA va transformer la manière dont nous faisons campagne."
Gabriel Attal résume la stratégie : "On doit parler à chacun, là où il est. Or “là où il est”, ce n’est plus seulement dans une matinale, ni un JT, ni dans un débat !
C’est sur X, Instagram, TikTok, sur WhatsApp, dans des flux personnalisés, invisibles, non vérifiables. L’IA écrit les tracts, calibre les messages, répond aux commentaires.
La campagne devient une production éditoriale automatisée, sans médiation journalistique.
Du côté du RN : l'IA pour saturer l’opinion d’images émotionnelles !
Jordan Bardella ne s’en cache pas : "L’IA est un outil comme un autre. » Un outil qui génère des images anxiogènes à la chaîne : des rues en flammes, des frontières poreuses, des foules menaçantes. Comme au lendemain des émeutes suite à la victoire du PSG :
POLITICO a compté : 23 images IA dans 81 publications. Le RN n’a plus besoin d’un reportage, ni d’un plateau, ni d’un contradicteur. Il travaille en fonction de l'algorithme d’un électeur potentiel isolé devant son écran.
Pour LFI : l’IA pour parler à un électorat multilingue sans passer par les médias. Jean‑Luc Mélenchon défend l'tutilité de l'IA, comme ici lors d'une interview sur Brut :
Manuel Bompard parle d’accessibilité démocratique". L’IA traduit automatiquement en arabe, turc, tamoul, portugais. Une campagne multilingue, à coût quasi nul, sans passer par les médias traditionnels.
Trois partis, trois stratégies… une même révolution ! Ils ne se parlent pas, ne se rejoignent sur rien, s’opposent sur tout. Sauf sur un point : l’opinion publique est désormais sur les réseaux sociaux, plus massivement que sur les médias traditionnels. Sur TV 5 Monde cette cadre de l'AFP pose la vraie question :
Les partis n’auraient-ils donc plus besoin des journalistes pour atteindre les électeurs ? C’est une révolution politique, médiatique, démocratique.
Et c’est ici que se joue la survie du journalisme professionnel. Parce que pour la première fois, chaque électeur reçoit son message, dans sa langue, avec ses préoccupations, à n’importe quelle heure. Au risque qu'elle devienne une campagne privée, sur mesure. sans contradiction, sans contre‑champ...
Alors le journalisme professionnel perd sa fonction première : mettre en commun ce que la démocratie disperse. Ce n’est pas seulement une crise des médias, c’est une crise du débat public.
Alors comment faire, pour les journalistes, dans ce nouveau contexte ? Comment continuer à exercer un métier fondé sur la vérification, la contradiction, la mise en perspective, la déontologie, alors que les partis s’adressent directement à l’opinion dans des bulles numériques imperméables ?
En vrai signe des temps ... Les candidats adoptent le rôle des influenceurs sur le web ! Jacques Trentesaux, co-fondateur de Médiacités, a déjà estimé sur france info : qu'il est temps d'éveiller l'esprit critique des citoyens. Ce qu'il dit à propos des "influenceurs" peut s'entendre aussi à propos des politiques ...
Parce que la révolution est en marche, et que si les partis prétendent stratégiquement pouvoir se passer des médias professionnels, les citoyens, eux, n’ont en réalité jamais eu autant besoin de journalistes ! Ce que raconte magnifiquement la vidéo diffusée ce mardi par le groupe TF1 sur ses réseaux sociaux :
Thierry Mathieu e-crossmedia le 9 juin 2026.
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Il n'y avait pas de rendez vous dans 10 ans... Bruel est en garde à vue, mais présumé innocent ! De l'importance de la déontologie des médias pros face à la déferlante sur les RS ! (le 08-06-2026) |
Il y a des journées qui révèlent l’état d’une société mieux qu’un sondage, mieux qu’un débat, mieux qu’un discours. Ce lundi 8 juin en fait partie. Un nom s’impose, partout, en boucle : Patrick Bruel.
Treize dossiers, signalements, récits. Mais il n’aura fallu que deux minutes trente pour que les réseaux sociaux transforment les bribes d'information en condamnation définitive. C’est le temps qu’il faut désormais pour que la vindicte numérique accomplisse son œuvre. Hurler, juger, condamner, sans élément sur le commencement de l’enquête, donc sans preuve et évidemment sans nuance. A l'instar de cette "influenceuse" sur TikTok :
La "Bruelmania", elle, a même été un cas d'école sur le plateau de Bernard Pivot, Il y a bien des années ...
Le cas Bruel n’est pas seulement une affaire. C’est un thermomètre qui indique que la température démocratique grimpe dangereusement, et que la fièvre virale remplace peu à peu la justice. Car les réseaux sociaux ne sont pas un tribunal. Ils sont un accélérateur de fantasmes, un espace où l’on confond accusation et vérité, émotion et justice, rumeur et information.
Et c’est précisément pour cela que les médias professionnels sont devenus vitaux. A une condition : qu’ils existent aussi dans l’espace numérique. Qu’ils ne se contentent plus d’être professionnels : qu’ils soient audibles, lisibles, présents, massifs. Qu’ils sachent inonder la toile pour contrer le raz-de-marée de la vindicte populaire. Comme l'intervention de Laure Murat, historienne française, professeure à l'université de Californie à Los Angeles sur France Télévisions :
Car à quoi sert la déontologie si elle reste coincée dans un studio ou seulement diffusée sur les canaux tradis ? À quoi sert la nuance si elle n’atteint jamais les fils TikTok et Facebook, s'agissant de la génération qui suit Bruel ?
Quand la justice, elle, travaille, et qu’elle le fait avec rigueur … Jean-Marc Morandini, est condamné en 2025 pour corruption de mineurs. Plusieurs cadres d’Ubisoft, le sont aussi en 2025 pour harcèlement sexuel. Dans le monde du patinage artistique, plusieurs condamnations ont été prononcées après les révélations de 2020. Dans les fédérations sportives, de nombreuses sanctions disciplinaires ont été actées dans le football, le judo, la natation.
La sanction virale n’a souvent peu de rapport avec la réalité des faits, la meute ne connaît qu’une loi : l’émotion. Elle ne vérifie rien, ne recoupe rien, ne contextualise rien, ne distingue pas une accusation d’une preuve.
Et l’émotion n’a jamais rendu un verdict juste. D’où le rôle vital et désormais stratégique des médias professionnels. Ils sont la digue, la dernière, la seule. Mais une digue n’est utile que si elle est visible. Une digue n’arrête rien si elle reste hors champ, ne protège personne si elle ne parle qu’à ceux qui l’écoutent déjà. Le professionnalisme ne suffit plus. ll faut la présence, la réactivité, la pédagogie, la visibilité.
Sur RMC ce midi , l'avocate parisienne Sandrine Pégand ... titulaire d'une Maîtrise de Droit ainsi que d'un DEA en Droits de l'Homme et Droit International privé :
Les médias en plus de leurs canaux propres doivent occuper la toile, répondre vite, fort, à clair, dire là où la foule se trouve : sur TikTok, sur Instagram, sur X, sur YouTube : "Attendez ! On enquête, on vérifie, on ne juge pas."
Dans un monde saturé de vidéos virales, de captures d’écran, de threads anonymes, la présomption d’innocence n’est pas un détail juridique. C’est un acte de résistance, de civilisation, démocratique. Mais elle ne survivra que si les médias professionnels savent redevenir des phares, visibles, puissants, donc désormais numériques. Parce que tenir la barre quand tout le monde hurle, c'est essentiel.
"J'ai rencontré des tempêtes et des bourrasques
Thierry Mathieu e-crossmedia le 8 juin 2026. |
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Cher football ... Vers la 3eme étoile pour les Bleus ? A vivre en clair sur M6, mais pour l'ensemble des matchs, ce sera payant via beIN Sports. (le 07-06-2026) |
Des millions de téléspectateurs se rassemblent quand l’équipe de France joue, mais se passionnent aussi pour les équipes du monde entier : c'est tout l'intéret du Mondial, tous les 4 ans !
Mais voilà ... il faudra faire avec la loi de l’Oncle Sam, où le football n’est plus un événement populaire, mais un produit premium. Les droits qui ont explosé ont contraint nombre de chaines de TV à s’effacer, même si la plupart ont leur consultant "Bleu ex champion du monde" :
Pour assister à l'ensemble de la compétition, il faudra payer ! M6 sera la seule chaîne gratuite mais avec seulement 54 matchs, dont tous ceux des Bleus.
Pour cela la généraliste d’RTL Group a mis 120 millions d’euros sur la table, soit près de 15 % de son chiffre d’affaires annuel. Un pari immense, presque insensé, mais assumé. Nicolas de Tavernost l’ancien patron qui a négocié le contrat l’avait dit : “Le football reste un moteur d’audience incomparable.” Et David Larramendy qui lui a succédé a ajouté : "C’est un investissement majeur, mais cohérent avec notre stratégie."
TF1, la chaîne des grandes soirées, celle qui a accompagné toutes nos émotions depuis 1978 avec les 2 sacres de 1998 et 2018 n’aura aucune image, aucun match, aucun ralenti.
Son patron Rodolphe Belmer l’a dit sans détour : “Nous ne pouvions pas suivre. Les prix demandés n’étaient pas raisonnables." Thierry Thuillier le directeur de l’info du groupe a dû s’adapter : “Nous couvrirons l’événement autrement, en renforçant l’analyse et le décryptage.” En réalité TF1 racontera l’épopée des Bleus… sans montrer les Bleus : un choc, un vide, une rupture.
France Télévisions, le service public, qui vient de nous offrir Roland‑Garros, diffusera le Tour de France ...
Mais FTV ne relève pas le gant sur le ring des financiers du foot. Delphine Ernotte la pédégère l’a affirmé : “Le sport fait partie de l’ADN du service public. Nous avons la responsabilité de rendre accessibles les grands événements à tous, mais nous ne pouvons pas suivre l’inflation de certains droits sportifs.” France TV, comme TF1 ne se retire pas du sport, elle se retire d’un marché devenu délirant.
Quant à Canal+, spécialiste du football, championne du ralenti, du décryptage, du mercato, elle n’aura elle aussi, aucune image, pas de droits magazines, pas de résumés. Se résumera-t-elle à des "à côté", comme elle en a déjà débuté les diffusions ?
Un paradoxe, quand on sait que qu’elle consacre chaque année plus de 700 millions d’euros aux droits sportifs.
Reste beIN Sports, la seule offre à proposer les 104 matchs, dont 50 exclusifs. Mais en payant son abonnement : 15 euros par mois.
Cérémonie d'ouverture ce jeudi. Il faudra encore attendre pour soutenir les Bleus ...
Le Mondial 2026 sera le plus cher de l’histoire, le plus éclaté, le plus nocturne pour nous, du fait des décalages horaires, le plus verrouillé ! L’accès aux images devient un luxe, où les chaînes historiques deviennent spectatrices.
Toujours est-il que l'hymne 2026 proposé pour les Bleus est prêt ...
Et que les affaires ont déjà bien débuté à l'approche de la compétition comme le racontera M6, ce dimanche soir.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 7 juin 2026.
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L'histoire de l'audiovisuel français se souviendra de sa voix, lui le passeur ... d'histoires. Hommage à Daniel Costelle, disparu ce 2 juin. (le 06-06-2026) |
Pour le grand public il était une voix, grave, lente, posée, presque cérémonielle. Une voix qu’on reconnaissait en trois secondes, qui ne courait jamais, qui laissait respirer les images, qui laissait vivre les silences.
Daniel Costelle, disparu il y a quelques jours à 90 ans, c’est l’une des voix les plus marquantes de l’audiovisuel français qui a traversé un demi‑siècle de télévision… Et qui a aussi résonné dans les studios de radio. Sur France Inter, France Culture, ou ici sur Europe 1, il venait raconter ses trouvailles, ses archives, ses nuits passées à visionner des bobines.
Et puis il y a les images qui ont marqué des millions de téléspectateurs, qui ont fait de lui un passeur d’Histoire !
“Les Grandes Batailles”, avec les soldats qui courent dans la boue de Verdun, les chars qui avancent dans un silence d’après‑guerre, et sa voix qui tombe comme un verdict : "Voici ce que fut la réalité du front." Il le redira plus tard dans la série Apocalypse.
“L’Histoire de l’aviation”, et les biplans qui tremblent dans le vent, Les exploits sont racontés avec une précision d’horloger. Au besoin en créant des images de synthèse comme pour Lindbergh, le premier homme qui a traversé l'Atlantique en avion, comme l'explique France 3 :
“L’Histoire de la Marine” qui nout fait monter à bord des cuirassés qui fendent la mer, avec les marins filmés en noir et blanc, et cette voix grave qui semble sortir du fond des océans.
Et puis donc, Apocalypse, le choc. Les images colorisées de la Seconde Guerre mondiale, les visages qui reprennent vie, les rues de Varsovie, de Paris, de Berlin, les bombardements qui deviennent soudain réels. Un monument de la télévision où il confie la narration au comédien Matthieu Kassovitz
Daniel Costelle, c’est quelques 180 documentaires, un passage à la tête des archives de l’INA, et une vie entière consacrée à transmettre, à expliquer, à faire comprendre. Il appartient à cette lignée rare des passeurs d’Histoire : les Decaux, Castelot, Bellemarre, Ruggieri ou aujourd’hui Bern, Deutsch. Drouel, Ferrand ou Hondelatte.
La signature sonore de Daniel Costelle demeure un patrimoine à elle seule !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 6 juin 2026.
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Фёдорова, Fedorova, signifie : issue du don de Dieu.... Elle honore son patronyme chez Bolloré pour Poutine ! Décryptage d'une dérive délirante que nos institutions ne savent pas gérer ! (le 05-06-2026) |
Comment la France peut‑elle protéger la liberté d’expression d’une propagandiste russe mieux qu’elle ne protège son propre espace informationnel ? Il y a des questions qui s’imposent dans le débat public avec la force d’une évidence dérangeante. Des questions simples, presque naïves, mais qui révèlent un désordre plus profond....
C'est l’affaire Xenia Fedorova qui l’a fait surgir. Ancienne présidente de RT France, ce média interdit dans toute l’Union européenne pour propagande d’État, elle intervient sur CNews, chaîne d’information du groupe Bolloré. Elle y commente l’actualité française, européenne, internationale. Comme si de rien n’était. Comme si l’interdiction de RT n’avait jamais existé, comme si la guerre en Ukraine n’avait pas transformé la désinformation en arme. Comme en parle parfaitement Libération :
Le Président de la République lui‑même dénonce publiquement, hier, l’ingérence russe dans le paysage médiatique français.
Emmanuel Macron dit que cette présence pose problème. Il rappelle aussi que la prolongation du visa de Mme Fedorova ne dépend pas de lui. Et que le droit français ne permet pas d’interdire à une personne de s’exprimer sur un plateau de télévision.
Un malaise public, nourri par un contraste saisissant Ce malaise a pris une dimension particulière lorsque Cyrille Amoursky, journaliste ukrainien réfugié, très présent sur les chaînes françaises, a manifesté devant le siège de CNews.
Lui raconte la guerre, les bombardements, les morts, les villes détruites. Lui raconte ce que signifie vivre sous la propagande russe.
Il avait proposé un face‑à‑face à Xenia Fedorova. Elle a refusé.
Hier devant les caméras, il a eu raison de retirer sa proposition, dénonçant une situation “indigne” et “dangereuse pour l’information”.
Le groupe Canal + de son côté dégage en touche à l'instar du président du directoire, Maxime Saada :
Mais ... Pourquoi la France se montre-t-elle incapable de gérer ce dilemme ? Le Parisien résume parfaitement le contexte :
Le problème ? Notre droit a été conçu avant les guerres informationnelles. D’abord, la liberté d’expression individuelle est protégée, même pour les propagandistes ! En France, on ne peut pas interdire à une personne de s’exprimer sur un média en raison de son passé, de ses opinions, ou de son rôle dans un média étranger. Interdire Fedorova serait assimilé à une censure politique.
Ensuite... Les sanctions européennes visent RT, pas ses dirigeants. Elles interdisent la diffusion, les financements, les infrastructures. Elles ne visent pas les individus, sauf s’ils sont personnellement sanctionnés ce qui n’est pas le cas.
Enfin, l’Arcom, le régulateur, n’a aucun pouvoir sur les personnes. Elle peut sanctionner une chaîne mais ne peut pas interdire un intervenant. L’Arcom peut sanctionner CNews si les propos relèvent de la désinformation, s’il n’y a pas de contradiction, si la présentation de l’intervenante est trompeuse. Elle peut aller jusqu’à la mise en demeure, la sanction financière, la suspension d’émission. Mais tant que la chaîne respecte formellement ses obligations, elle ne peut pas empêcher la présence de Fedorova.
Pour une large partie de l’opinion, cela ressemble à une faille béante. Comme l'explique parfaitement franceinfo :
Alors, pourquoi en est-on là ? trois failles françaises : D’abord, une conception très large de la liberté de la presse, qui protège la liberté éditoriale des médias privés, même lorsqu’ils adoptent une ligne d’opinion très marquée. Ensuite, une absence de doctrine face aux ingérences étrangères. La France n’a pas de cadre clair pour les intervenants liés à des États hostiles. Pas de règles spécifiques pour les médias d’opinion. Pas de mécanisme de transparence sur les affiliations passées.
Enfin, une régulation pensée pour l’audiovisuel d’avant les réseaux sociaux, puissante sur le pluralisme, mais peu armée face aux stratégies d’influence.
L’affaire Fedorova révèle un déséquilibre profond : la liberté éditoriale est immense, la protection contre les ingérences est minimale. C’est ce déséquilibre qui crée l’incompréhension, qui nourrit la colère, qui fait naître cette question, simple et terrible : Comment la France peut‑elle protéger la liberté d’expression d’une propagandiste russe mieux qu’elle ne protège son propre espace informationnel ? Tant que la France ne se dotera pas d’une doctrine claire face aux ingérences, d’un cadre adapté aux médias d’opinion, et d’une régulation pensée pour les guerres informationnelles, d’autres “affaires Fedorova” surgiront....
Thierry Matieu e-crossmedia le 5 juin 2026.
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L'Iceberg est dans les radars ... Le paquebot FTV, comme RF, mérite mieux que les 3 scénarios catastrophe "TITANICESQUES" proposés à la tutelle : Edito . (le 04-06-2026) |
France Télévisions n’est-elle pas devenue une sorte de laboratoire d’expérimentation budgétaire, un escape game géant où l’on cherche désespérément la sortie avant que l’alarme ne sonne ?
Le téléspectateur-contribuable, celui qui aime Envoyé Spécial, Les Racines et les Ailes, les JT régionaux, les directs sportifs, les soirées documentaires, découvre que la Présidente de France Télévisions a présenté à la ministre de la Culture trois scénarios pour l’avenir. Trois scénarios qui ressemblent davantage, mais c'est une stratégie politique, à des brouillons de fin du monde qu’à un projet de service public !
La CFDT parle de "torpilles visant les effectifs, les antennes et les missions du service public". La CGT évoque "des scénarios de la terreur". On a connu des teasers plus rassurants !
Scénario 1 : la fusion France 2 / France 5 Pour le téléspectateur, c’est un peu comme si on lui annonçait que son fromager et son pharmacien allaient partager la même boutique. La direction a chiffré l’économie : 280 millions d’euros, très loin du milliard promis par le rapport Alloncle. La CGT le dit sans détour : "Aucun de ces scénarios ne permettrait d’économiser plus de 300 M€." Autrement dit : on détruit des chaînes, des audiences, on affaiblit le service public… pour des économies de bouts de chandelle.
Scénario 2 : l’automatisation généralisée Là, le téléspectateur-contribuable se dit : “Enfin, un peu de modernité !” Jusqu’à ce qu’il comprenne que derrière ces mots, il y a surtout des métiers qui disparaissent. La CFDT cite Delphine Ernotte : " Il ne s’agira plus de choisir les plans mais d’apprendre à utiliser la machine pour qu’elle fasse le bon montage." La CGT ajoute : "On sait que l’IA va transformer profondément certains de nos métiers." Traduction : le monteur devient surveillant de robot, l’infographiste devient opérateur de validation, et le téléspectateur se demande si son prochain JT sera monté par une IA ...
Scénario 3 : la crise majeure France 3 deviendrait une chaîne tout-info, fusionnée avec franceinfo. La CFDT prévient : "JT communs et fermetures de locales, le téléspectateur et la proximité ne pèsent pas lourd quand il faut faire des économies."
Le téléspectateur-contribuable, lui, se dit : Donc, pour faire des économies, on supprime ce qui lui tient à coeur : la proximité, le lien, l’ancrage territorial. Logique !
Mais le plus acide n’est pas là. C’est que ces scénarios ne sont pas nouveaux ! Depuis dix ans, l’État demande, exige même sans succès un rapprochement entre les radios ICI, les ex France Bleu, et les équipes régionales de France 3, et celles de franceinfo radio (Radio France) et franceinfo TV (France Télévisions) ...
Dix ans de rapports parlementaires, de recommandations de la Cour des comptes, de notes de la tutelle ! Dix ans où l’on répète que la fusion des rédactions info, la mutualisation des moyens, la convergence numérique et l'accompagnement des personnels sont indispensables. Et pourtant, rien.
Rien, ou presque rien, sinon au delà de quelques retransmissions d'évènements exceptionnels, la co diffusion de 41 des 44 matinales des radios locales par France 3, qui sont d'ailleurs fragilisées par le désengagement de France Télévisions pour la rentrée prochaine ...
Ni Delphine Ernotte à FTV, ni Sibyle Veil à Radio France n’ont en réalité mis l’énergie politique, les moyens humains, la volonté stratégique nécessaires pour que ces rapprochement adviennent. Dix ans de tutelle qui demande, de directions qui freinent, de volonté de “rapprochement” qui ressemble davantage à un mariage arrangé où les mariés refusent de se parler.
Et pendant ce temps, la pyramide des âges fait le travail. 1 685 salariés de FTV seront en âge de partir d’ici 2030. La CFDT note que leur départ "permettra des économies". La DRH de FTV annonce déjà son projet de "ne remplacer qu’un départ sur deux".
Le contribuable se dit : “Ah, enfin un plan social qui ne coûte rien.” Le téléspectateur, lui, s’inquiète : "qui fera les directs, les reportages, les documentaires, les émissions culturelles ? Des IA ? Des alternants ? Des robots qui “crushent de la data”, comme dit la Présidente ?"
M6 a déjà fait la démo ...
Et c’est là que l’acide devient corrosif... La CGT écrit : "FTV est incapable, à ce stade, de faire des projections. La gestion des emplois est purement budgétaire."
Alors, que comprendre des propositions de Delphine Ernotte ? Qu’elles ne sont pas un projet, qu’elles sont un message adressé à la tutelle : Vous voulez des économies ? Alors assumez. Assumez de redéfinir les missions. Assumez de fusionner les entreprises. Assumez de dire ce que vous voulez garder… et ce que vous voulez sacrifier !
La pédégère de FTV le dit elle-même : "Le pire des scénarios serait que l’État nous dise : on ne touche à rien et continuez vos missions !"
Le téléspectateur-contribuable, lui, regarde tout cela avec un mélange de tendresse et d’inquiétude. Il aime France Télévisions. Il veut qu’elle vive. Mais il aimerait qu’on arrête de lui faire croire que l’avenir du service public se résume à trois scénarios catastrophe !
Il sait bien qu’il existe un quatrième scénario : celui où l’on décide enfin ce que vaut la culture, l’information, la création… Et où l’on accepte de la financer à la hauteur de ce qu’elle représente. Parce qu’au fond, ce téléspectateur-contribuable n’a pas envie que France Télévisions devienne un Titanic numérique. Ni que l’IA tienne la barre pendant que les humains quittent le navire. Ni que les rapprochements évidents franceinfo radio / franceinfo TV, ICI / France 3 restent encore pendant dix ans dans les cartons !
Le public, aussi contribuable, veut juste qu’on arrête d'ignorer ce que prédisent tous les radars : l'Iceberg est devant... Le scénario catastrophe on l'a déjà vu et revu. Ce n'est pas comme ça qu'on devient le roi du monde ... au moins médiatique !
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ICI c'est Paris ! La radio locale de RF en Ile de France explose les compteurs d'audience via YouTube avec le PSG. Et elle n'est pas la seule à performer via la pluri diffusion sur les RS ... (le 03-06-2026) |
Une soirée de foot avec le PSG, et une radio locale ICI Paris Île‑de‑France, qui co-diffuse son émission sur YouTube : 500 000 vues en une seule soirée… A la satisfaction du nouveau directeur du réseau des radios locales de service public :
Un demi‑million de personnes devant un programme qui, à l’origine, est une offre radio !
Ce qui s’est passé, c’est en quelque sorte la démonstration d'un basculement, d'un changement de monde, d'une démonstration éclatante que la radio ne vit plus seulement sur la FM. Elle vit aussi là où sont les gens, sur YouTube, TikTok, Instagram, Twitch. Les jeunes supporters du PSG n’ont pas tous allumé la radio mais ils ont cliqué sur un lien vidéo, ils ont rejoint une communauté, ont vécu un moment, et ce moment… c’était de la radio.
La locale de RF en Ile de France qui pourtant n'apparaît jamais, ce n'est arrivé qu'une fois il y a bien des années, dans le sondage des radios de Médiamétrie puisqu'elle ne réussit pas à atteindre le 1 % d'audience fatidique pour être mentionnée !
C’est ça, la pluri diffusion, qui n'est pas pour autant du cross media. Ce n’est plus un gadget, c’est devenu la condition d’existence pour toucher les publics qui n’ont plus le réflexe FM. Et ICI Paris IDF n’est pas un cas isolé.
Sud Radio par exemple n’a pas de réseau FM national suffisant, pas de fréquences partout, la puissance historique des grandes généralistes.
Et pourtant, Sud Radio existe nationalement parce qu’elle filme tout, diffuse tout sur ses RS. Ses contenus tournent sur YouTube, sur Facebook, sur X. et que ses podcasts circulent, que ses débats deviennent viraux. Sud Radio est devenue une radio nationale… par les plateformes, pas par la FM.
Et ce mouvement, il est partout. Skyrock, par exemple : Planète Rap est devenu un format web avant d’être un format radio. Les sessions filmées dépassent souvent l’audience FM.
Les jeunes ne découvrent plus Skyrock sur un poste, ils la découvrent sur leur téléphone.
NRJ ? Même chose.
Les DJs filmés, les festivals, les extraits courts : des millions de vues.
La marque vit autant sur les plateformes que sur la FM. Fun Radio ? Les sets filmés, les replays, les moments forts : c’est là que les jeunes entrent dans la station.
France Inter, France Info ? Les interviews filmées deviennent des contenus autonomes.
Certaines séquences dépassent largement l’audience radio. Conduisent-ils pour autant les internautes à redevenir auditeurs, et réécouter la FM ?
Et ce n’est pas seulement français. BBC Radio 1, au Royaume‑Uni, a fait de ses sessions live filmées un phénomène mondial.
Los 40, en Espagne, dépasse largement la FM grâce à ses concerts et ses formats vidéo.
iHeartRadio, aux États‑Unis, filme ses matinales comme des talk‑shows.
1LIVE, en Allemagne, existe autant sur YouTube que sur la bande FM.
Partout, la même logique : la vidéo est devenue la porte d’entrée vers l’audio. Les plateformes sont devenues le premier lieu de découverte, la FM seule ne suffit plus à toucher les publics non‑captifs. Alors oui, la radio reste la radio, elle reste une voix, un direct, une émotion, un lien. Mais pour continuer à exister, elle doit sortir de la radio, aller là où sont les gens, pas seulement là où ils étaient. La FM est le socle, le web est l’amplificateur, la vidéo est la vitrine, et l’événement est la clé. ICI Paris IDF l’a prouvé. Sud Radio l’a confirmé. Skyrock, NRJ, Fun Radio, France Inter, BBC Radio 1, Los 40 l’illustrent chaque jour.
La radio gagne désormais quand elle sort de la radio, Et la prédiction des Buggles il y a bientot 50 ans n'est décidément pas d'actu !
The Buggles, le nom du groupe était en réalité une contraction entre The Beatles et bugs ( les « petits insectes ), avec une touche volontairement électronique, presque "bug informatique". Trevor Horn et Geoff Downes voulaient un nom qui sonne comme un groupe pop mais qui évoque aussi la technologie, les machines, les synthés. C'est le premier clip diffusé sur MTV en 1981, ce qui rend le nom du groupe et son message encore plus ironique.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 3 juin 2026. |
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Quand le feuilletonnage fait des ravages ... Comment informer et lutter contre les fake sur les RS quand le Président de la 1ere puissance mondiale passe du noir au blanc du matin au soir ? (le 02-06-2026) |
Depuis des semaines, c’est la même scène : chaque soir, chaque matin, chaque édition spéciale… Les rédactions se retrouvent face à un casse‑tête qui tourne à l’absurde !
Hier soir encore, lundi 1er juin, des journalistes et des consultants militaires désarmés ont du deviser durant des heures à propos du navire attaqué dans le détroit d’Ormuz ! Avant d' y voir plus clair ce matin...
Des images à interpréter, des versions contradictoires, des sources américaines qui se contredisent. Et, au-dessus de tout cela, un président des États‑Unis qui change de ligne plus vite que les bandeaux défilants.
Le matin : menace militaire, à midi : désescalade, le soir : fermeté retrouvée. Et parfois, tout cela en moins de six heures ! Ce n’est pas un accident, c’est un système, et cela dure en particulier depuis le déclenchement de la guerre en Iran par les États‑Unis. Donald Trump souffle le chaud, le froid, le tiède, puis le brûlant.
Il annonce, dément, nuance, contredit... Il tweet, rétropédale, menace, rassure. Et les médias professionnels doivent suivre, recouper, vérifier, expliquer… en temps réel. Mais aujourd’hui, les médias ne se battent plus seulement contre l’incertitude politique, ils se battent sur deux fronts.
D’abord, le brouillard stratégique. Ce n’est pas nouveau. Johnson au Vietnam, Nixon au Cambodge, Bush en Irak : l’histoire est pleine de dirigeants qui ont brouillé les cartes.
Mais à l’époque, les rédactions avaient au moins le temps de respirer entre deux déclarations. Aujourd’hui, tout se joue en direct, en notifications, en “breaking news”.
Deuxième front : le chaos numérique… Et c’est là que l’époque change tout. Pendant que les rédactions vérifient, les réseaux sociaux, eux, diffusent : des vidéos sorties de leur contexte, des rumeurs emballées comme des scoops, des montages trafiqués, des messages de propagande, des théories complotistes prêtes à l’emploi. Comme les médias professionnels en large majorité le dénoncent : Ici sur France Télévisions :
Et malgré le travail des pros les fake circulent plus vite que les démentis, que les analyses, que les faits. Le public, lui, est devenu aussi internaute. Il écoute la radio, il regarde la télé… mais il scrolle aussi sur son téléphone. Il voit passer des informations contradictoires, des théories, des images choc. Y compris du principal intéressé :
Il ne sait plus qui croire. Il ne sait plus ce qui est vrai, ce qui est faux, ce qui est confirmé, ce qui est inventé.
Mais dans ce brouillard, les médias professionnels doivent tenir l’audience, parce que c’est leur mission, leur modèle… Ils doivent nourrir l’antenne avec leur seule matière première : l’actualité. Une actualité instable, contradictoire, imprévisible. Une actualité qui change plus vite que les conducteurs. Une actualité qui, parfois, n’a même pas eu le temps d’exister avant d’être démentie. Alors oui, il y a un risque de feuilletonnage. Quand un dirigeant change de cap trois fois par jour, chaque revirement devient un épisode. Chaque silence devient un mystère. Chaque tweet devient un rebondissement. Mais ce feuilletonnage fatigue, il use et finit par banaliser la gravité des enjeux.
C’est là que se joue le vrai danger, la fatigue informationnelle. Le moment où le public n’en peut plus. Le moment où l’auditeur décroche. Le moment où le téléspectateur se dit : “De toute façon, ils ne savent rien.”
Le moment où la confusion politique se transforme en perte de confiance dans les médias traditionnels. Non pas parce qu’ils travaillent mal. Mais parce qu’ils sont contraints de feuilletonner pour ne pas perdre leur public. Parce qu’ils doivent remplir l’antenne avec une actualité qui se dérobe. Parce qu’ils doivent lutter contre des réseaux sociaux qui, eux, n’ont aucune contrainte.
Informer dans le brouillard, ce n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui, le challenge est de le maitriser en résistant au bruit, en luttant contre la désinformation, et en tenant l’audience malgré tout.
Un générique bien d'actu pourrait être proposé aux médias ces temps-ci :
Thierry Mathieu e-crossmedia le 2 juin2023. |
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Filmer n’est pas un délit. Mais participer, encourager, valoriser, diffuser oui, parfois ! Rappel à la loi suite au déferlement de vidéos sur les Réseaux Sociaux ce samedi soir après la victoire du PSG. (le 01-06-2026) |
Beaucoup ont ressenti la même interrogation, en scrollant sur leur smartphone, ces vidéos de dégradations, filmées parfois par les fauteurs de troubles eux‑mêmes…
Pourquoi restent‑elles en ligne, tournent‑elles partout, donnent‑elles l’impression que les médias “minimisent” ce qui se passe ?
Une large partie du public, désormais internaute, se demande : “Mais enfin, pourquoi personne ne fait rien ?” Alors que à la radio et à la télévision, nombre de journalistes comme le ministre de l’intérieur disent : “La situation est contenue.” Alors là, forcément, ça coince. ...
Pour comprendre le Pourquoi du Comment, de telles vidéos peuvent faire le buzz, il faut tout d’abord se référer à la loi …
La première date d’il y a 22 ans, autant dire avant la montée en puissance des réseaux sociaux ! C’est la Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique : tant qu’une vidéo n’est pas signalée, elle peut circuler.
En 2020, un nouveau texte, "Avia" tente de progresser, en obligeant les plateformes à retirer les contenus haineux en 24 heures, ce qui aurait été une avancée. Mais le Conseil constitutionnel refuse : ça ressemblait trop à un filtrage automatique jugé en France dangereux pour la liberté d’expression.
2 ans plus tard le numérique est ajouté aux compétences du régulateur de l’audiovisuel. Mais cet "ARCOM" n’est pas chargé de retirer les vidéos. Il est censé contrôler les pratiques, des plateformes mais pas les contenus un par un. Il peut sanctionner, mettre en demeure, exiger des rapports, mais ne peut pas empêcher une vidéo de devenir virale. Benoit Loutrel, membre de l'Arcom explique le rôle de l'institution au média DeFacto.eu :
Un meilleur contrôle devrait fonctionner depuis 2 ans. L’Europe, avec la France aux avant-postes, souhaite se montrer précurseur avec Le Digital Services Act .
Il impose aux plateformes plus de transparence, de modération, et des sanctions allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. Mais il n’est toujours pas question de surveillance généralisée. Les plateformes doivent agir vite après signalement, mais elles ne sont pas contraintes de filtrer avant publication. Autrement dit : la viralité gagne toujours la première manche !
Mais pendant que les institutions s’arc‑boutent sur des principes juridiques, les internautes, eux, voient toujours plus des vidéos de dégradations. Et certains se disent : “Ca se voit ! Les médias minimisent.” C’est comme ça que naît la défiance. C’est comme ça que les médias professionnels perdent du terrain. Non pas parce qu’ils mentent, mais parce qu’ils vérifient et que la vérification, aujourd’hui, ressemble à un décalage. On vit dans un monde où filmer sa propre infraction peut faire de vous une star de l’algorithme, où les États se veulent précurseurs, mais où les textes fondateurs datent d’avant l’ère de la viralité.
En tous cas … Un internaute qui met en ligne des images d’émeute peut être poursuivi ...
S’il filme sa propre infraction : et qu’il la publie, il fournit une preuve contre lui-même. Les poursuites possibles : dégradation volontaire, violences, participation à un attroupement armé, incendie volontaire, et vol ou pillage : La vidéo devient une preuve matérielle.
S’il ne participe pas, mais diffuse des images qui “valorisent” ou encouragent les violences :
La diffusion peut être poursuivie si elle constitue une provocation à commettre des infractions, une apologie de crimes ou délits, une diffusion de messages violents susceptibles d’être vus par des mineurs.
S’il diffuse des images d’émeutes sans participer : c’est légal… sauf exceptions...
Un internaute qui filme depuis sa fenêtre, ou qui republie une vidéo trouvée en ligne, n’est pas en infraction. La loi ne punit pas le fait de filmer, de documenter, de montrer ce qui se passe dans l’espace public.
Mais il peut être poursuivi si la vidéo contient des visages de policiers dans un contexte mettant leur sécurité en danger, des mineurs identifiables dans des situations dégradantes, des informations permettant de commettre des infractions comme la localisation en temps réel des forces de l’ordre.
Les plateformes, elles, ne sont responsables qu’après signalement. C’est pour cela que des vidéos choquantes restent en ligne, tant qu’elles ne franchissent pas clairement la ligne rouge juridique.
Filmer n’est donc pas un délit … Participer, encourager, valoriser, mettre en danger, oui. Et c’est là que le public se perd : il voit des vidéos partout, il ne comprend pas pourquoi elles ne sont pas retirées, et il finit par croire que les médias pros “minimisent”. Alors qu’en réalité, la loi protège la liberté d’expression… mais elle protège donc aussi, involontairement, la viralité des nuisibles.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 1er juin 2026.
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Quatre ans après la mort en Ukraine de Frédéric Leclerc‑Imhoff de BFM TV, les rédactions françaises témoignent : “La peur ne disparaît jamais" ! (le 30-05-2026) |
Le 30 mai 2022 Frédéric Leclerc‑Imhoff, était tué près de Lyssytchansk. Il avait 32 ans.
Il accompagnait une évacuation humanitaire. Il est devenu le deuxième journaliste français tué en couvrant l’invasion russe.
Dès le lendemain Christophe Deloire, le Président de RSF, décédé depuis publie cette vidéo ...
Depuis, le bilan ne cesse de s’alourdir. comme en témoignent les chiffres accablants de Reporters Sans Frontières : Plus de 175 journalistes ukrainiens et internationaux ont été victimes d’exactions imputées aux forces russes depuis février 2022.
RSF parle d’une attaque visant un journaliste ou un média tous les onze jours. L’ONG documente notamment : 16 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions 53 blessés au moins 83 tentatives d’homicide et 26 journalistes ukrainiens détenus en 2026 Pour RSF: "Les journalistes sont devenus des cibles." "La Russie mène une politique d’État de persécution contre les reporters."
Les dirigeants de rédaction témoignent depuis le début de ce conflit Marc-Olivier Fogiel, alors Directeur général de BFMTV vient en plateau le soir-même du décès de Frédéric Leclerc-Imhoff et rediffuse un extrait de magazine consacré par la chaîne aux risques encourus par les reporters de guerre...
Et il ajoute, 2 ans plus tard : "Le ciblage des journalistes change tout. On ne peut plus considérer que la presse est protégée par son statut."
Phil Chetwynd, Directeur de l’information mondiale de l’AFP affirme en mai 2023 après la mort d’Arman Soldin, tué près de Bakhmout : " Il était au plus près de la réalité du terrain. Nous savons que nos équipes travaillent sous la menace constante des drones et de l’artillerie. "
Arte Radio diffuse ce podcast dans lequel le reporter explique la passion pour son métier :
Un an après son décès, le directeur de l'agence concède : "Le risque zéro n’existe pas. Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les frappes ciblées."
Jérôme Fenoglio, au Monde ... "Nous envoyons nos journalistes avec des protections lourdes, mais la ligne de front ukrainienne reste l’un des environnements les plus dangereux pour la presse. Chaque départ en reportage est un dilemme moral."
Agnès Chauveau, à Radio France : En 2023, lors d’un colloque sur la couverture des conflits : "Nos reporters travaillent sous la menace permanente des frappes russes. Nous leur répétons : aucune image, aucun son ne vaut de prendre un risque inconsidéré."
RSF a saisi la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, notamment de persécution, estimant que les attaques contre les journalistes relèvent d’une stratégie délibérée. Bombardements d’hôtels de presse, tirs de drones, frappes sur des rédactions, enlèvements, détentions arbitraires : le métier de journaliste est devenu une ligne de front.
Quatre ans après la mort de Frédéric Leclerc‑Imhoff, les rédactions françaises saluent sa mémoire. Elles saluent aussi celle de tous les journalistes ukrainiens et internationaux tombés en couvrant cette guerre.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 30 mai 2026.
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