Fermeture des 9 locales de BFM ! Une fois encore la proximité est la variable d'ajustement budgétaire : un mal français, privé comme public ! (le 24-06-2026) |
La nouvelle du jour tombe comme un symbole, presque comme une caricature : CMA CGM ferme ou met en vente les neuf locales de BFM !
Neuf antennes. Neuf rédactions. Neuf territoires. Neuf promesses de proximité… balayées d’un trait de plume comptable. C’est une démonstration par l’absurde, une preuve éclatante de ce paradoxe français : les citoyens réclament plus de proximité, mais les décisions économiques, publiques comme privées, s’acharnent à l’affaiblir.
Privé ou public : même logique, même réflexe, même absurdité … Les entreprises privées parlent de “territoires”, les institutions publiques parlent de “maillage”, mais dès qu’il faut serrer les boulons, on coupe dans "le local".
Lagardère a fermé des locales d’Europe 2, et RFM comme on ferme des agences bancaires. NRJ, Chérie, Nostalgie, Fun Radio, RTL2 ont aussi largement réduit leurs voilures en région.
M6 a liquidé ses décrochages locaux dès les années 2000. Cap 24, IDF1, Téléssonne, TLM, ViàGrandParis, TV Sud, ViàOccitanie ont été décimées… Et aujourd’hui, BFM Régions se replie après avoir promis la lune aux territoires.
Dans le public, la logique est identique. Elle est simplement enveloppée dans un vocabulaire plus poli. On maintient les réseaux locaux, mais au mieux à moyens constants, c’est‑à‑dire à moyens en réalité décroissants. On exige plus de missions, plus de numérique, plus de présence avec des équipes qui fondent et des budgets qui stagnent.
A Radio France ICI affiche de nouvelles ambitions et un recentrage éditorial sur son ADN, mais le réseau a été fragilisé. En plus de certains choix stratégiques qui ont couté cher, des années de coupes budgétaires ont laissé des cicatrices : effectifs réduits, mutualisations multipliées, tranches locales rabotées. Résultat : même si le numérique est un beau succès, l'érosion d’audience sur l'offre purement radiophonique n’a rien d’un mystère. On a désarmé la proximité… Et on s’étonne qu’elle ait perdu du terrain !
France 3 Régions : un réseau maintenu, mais sous perfusion. La chaîne tient encore debout et se maintient au sondage, mais les rédactions disent qu’elles sont à l’os. Pour les partenaires sociaux, les budgets sont trop serrés. Alors que les effectifs semblent généreux : n'y aurait-il pas une question d'actualisation des pratiques, voire de management ?
En septembre France Télévisions va cesser sa contribution à la co‑diffusion sur la 3 des matinales ICI. Une offre déjà fragile en audience…
Autre facteur ... On coupe dans les équipes locales mais on leur demande en plus des productions pour leurs antennes originelles : plus de vidéos verticales, plus de formats courts, parfois plus de TikTok, Instagram, YouTube, Facebook, X, plus de contenus web, plus de présence numérique, plus de réactivité. Le tout avec moins d’effectifs, moins de temps, plus de concurrence aussi algorithmique.
Quand son existence même n’est pas remise en cause, comme les 9 antennes de BFM sacrifiées en région, le local doit donc faire ce que le national fait… mais avec beaucoup moins de ressources. Et avec la même injonction : retenir des publics qui ont déjà migré ailleurs.
Pourquoi un pays où les citoyens réclament plus de proximité organise‑t‑il méthodiquement son affaiblissement ? Trois raisons, vues depuis les régions : Parce que la France reste un pays de centre de décision, pas de centres de vie. Les arbitrages se font à Paris, dans les ministères, les sièges sociaux, pas dans les territoires.
Parce que la proximité n’a pas de “ROI”, c’est-à-dire de "Return On Investment" immédiat. Elle rapporte en confiance, en cohésion, en stabilité, mais pas en marge opérationnelle trimestrielle. Parce que malgré les belles intentions de "décentralisation" la France n’a jamais pensé son organisation territoriale comme un investissement. Elle la pense comme un coût, et un coût, ça se coupe.
En sacrifiant la proximité, la France se prive de ce qui lui permet de comprendre ses propres crises, de ce qui fait tenir un pays : le terrain, le lien, le réel. Et pendant que les plateformes mondialisées prospèrent, pendant que les audiences se fragmentent, pendant que les territoires se sentent oubliés, Paris continue de couper là où il devrait investir.
La proximité n’est pas un luxe. C’est une infrastructure démocratique. Et depuis les régions, on voit très bien qu’elle s’effrite...
Les 9 stations locales de BFM appelées à disparaitres sont : BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Alsace, BFM Normandie, BFM Dici Alpes‑du‑Sud et Haute‑Provence.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 24 juin 2026. |
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Aux USA, avec l'adoption de la loi de soutien à l'Ukraine, le Congrès dit non à Trump : Radio Free Europe repart au front de l’info ! (le 24-06-2026) |
C’est un retour en arrière spectaculaire du Congrès américain. Dans la grande loi de soutien à l’Ukraine, adoptée par 226 voix contre 195, un article discret mais explosif rétablit Radio Free Europe / Radio Liberty, la radio née pendant la guerre froide pour briser la censure soviétique.
Le Congrès réarme un média que Donald Trump avait voulu affaiblir, au nom de la lutte contre la désinformation russe, du soutien à l’Ukraine et de la liberté de la presse. Contre le souhait du Président Trump, le Congrès reprend la main, et il le fait en réhabilitant un symbole de la guerre froide.
Pourquoi cette radio, qu’on croyait presque d’un autre temps, redevient stratégique ? Créée au début des années 1950, financée par le Congrès américain et, à l’origine, par la CIA, Radio Free Europe avait une mission simple : faire passer de l’information libre derrière le rideau de fer.
Elle émettait vers la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l’URSS. Elle donnait la parole aux dissidents, aux intellectuels interdits, aux journalistes bâillonnés. Pendant des décennies, elle a été la radio que les régimes communistes tentaient de brouiller, preuve qu’elle touchait juste. Après la chute du mur, elle s’est installée à Prague et a continué à informer les pays où la presse reste sous pression : Russie, Biélorussie, Caucase, Asie centrale, Ukraine.
Pendant la guerre froide : une audience massive. En Pologne, en 1980, près de 70 % des adultes déclaraient écouter RFE au moins une fois par semaine. En Tchécoslovaquie, malgré le brouillage, un tiers de la population écoutait régulièrement. En Hongrie, dans les années 1980, RFE était la première source d’information internationale. L’URSS dépensait jusqu’à 100 millions de dollars par an pour brouiller ses ondes.
L’antenne a eu un rôle direct dans les mouvements démocratiques : Solidarnosc en Pologne utilisait RFE pour contourner la censure, Pendant la révolution de Velours en Tchécoslovaquie en 1989, les manifestants suivaient les bulletins de RFE pour savoir où se rassembler. En Roumanie, en 1989, RFE fut l’un des premiers médias à annoncer la chute de Ceaușescu.
Et Après 1991 l’antenne est devenue un contre‑pouvoir dans les pays autoritaires. En Russie, RFE/RL touche encore 6 à 7 millions de personnes par semaine, malgré le blocage de son site. En Biélorussie, elle a joué un rôle clé pendant les manifestations de 2020. En Asie centrale, elle révèle régulièrement des scandales de corruption. En Ukraine elle est un média central depuis 2014 RFE/RL est devenue l’un des principaux producteurs d’enquêtes sur les ingérences russes, un média de référence pour les régions russophones, et un acteur majeur de la lutte contre la désinformation.
En 2020, Donald Trump avait placé RFE/RL sous la tutelle d’un nouveau patron, Michael Pack, un proche idéologique. Objectif affiché : “mettre fin au gaspillage” et “réorienter” les médias financés par les États-Unis. Le Président Trump accusait RFE/RL d’être trop indépendante, car la radio refusait de relayer la ligne politique de la Maison-Blanche. Elle continuait de couvrir la Russie, l’Ukraine, la désinformation, les ingérences, parfois en contradiction avec les positions du président. RFE/RL publiait des enquêtes sur les campagnes de désinformation russes, y compris celles qui avaient visé les élections américaines. Des sujets que Donald Trump jugeait “hostiles”.
Elle employait aussi des journalistes étrangers menacés … Le Kremlin avait classé RFE/RL comme “agent de l’étranger”, multiplié les amendes, harcelé les reporters. La Maison-Blanche, elle, estimait que la radio coûtait trop cher pour un impact “difficile à mesurer”. Résultat : gel des budgets, fermeture de bureaux, départs forcés, programmes suspendus… Un quasi‑démantèlement !
Mais depuis 4 ans, la guerre en Ukraine a tout changé : le texte voté par la Chambre dit clairement : RFE/RL est une source d’information fiable, non censurée, indispensable dans les pays où la presse est muselée. Elle reste l’un des rares médias indépendants accessibles aux Russes, malgré la répression. Le Kremlin cible systématiquement ses journalistes, preuve de son efficacité. Et surtout : son audience augmente, en Russie comme dans les pays voisins. Le Congrès autorise donc 250 millions de dollars pour 2026, demande l’ouverture de nouveaux bureaux, et exige un rapport sur les moyens nécessaires pour toucher les publics russophones.
Parce que dans cette guerre en Ukraine, il n’y a pas que les chars et les drones. Il y a aussi la bataille des récits, des faits, des images.
Dans cette bataille même avec le web et les VPN puisqu'elle est n'est plus une radio mais un site internet Radio Free Europe, née il y a 70 ans pour contourner la propagande soviétique, retrouve exactement… sa mission d’origine.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 24 juin 2026.
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Transpiration caniculaire ici, douche orageuse à Philadelphie : insomnie nationale, passionnée ! Les Bleus signent sur M6 la plus forte audience nocturne de l’histoire de la TV en France. (le 23-06-2026) |
C’est une nuit complètement folle, où la météo, le foot, et l’insomnie collective ont offert à M6 l’un des plus grands exploits d’audience de l’histoire de la télévision française.
A Philadelphie, les joueurs de France–Irak et les supporters se prennent un orage XXL !
Alors que dans l’hexagone, des appartements à 29 degrés à minuit, des Français qui tournent dans leur lit comme des poulets rôtis !
Au milieu de ce chaos thermique, M6 décroche 4,9 millions de téléspectateurs, 63 % de part d’audience, à 2h48 du matin ! Jusqu'à 23h45, ce sont même 8,9 millions de personnes qui étaient devant leur télé pour assister à la première période (63 % de PdA). Vu l'horaire tardif du coup d'envoi ce n'était pas gagné d'avance !
Et Pourtant … Un match interrompu pendant deux heures, terminé à l’heure où les boulangers mettent la main eux aussi dans le pétrin, diffusé dans un Mondial que tout le monde disait condamné par le décalage horaire, et qui devait selon les experts, plomber les audiences. Même sur place, le temps a paru long comme le raconte ce journaliste de l’Equipe :
Avant le tournoi, c’était un refrain : "Les Français ne veilleront jamais jusqu’à 3 heures du matin, le Mondial 2026 va s’effondrer."
Même nos plus grands champions n’ont jamais fait ça en pleine nuit… Parce que des Français en compétition, en pleine nuit, il y en a eu d’autres, des immenses, des légendes. Mais jamais, ils n’ont mobilisé près de 5 millions de téléspectateurs à 3 heures du matin. Teddy Riner aux JO de Tokyo en 2021 … Combat à l’aube, médaille en jeu : 1,2 million de téléspectateurs. Clarisse Agbégnénou durant les même Tokyo 2021, finale olympique, titre historique : 1,4 million. En Australie en 2003, demi-finale France–Angleterre à la Coupe du monde de rugby : moins d’1 million.
Tony Parker, NBA Finals 2007 avec des matchs à 2h ou 3h du matin : 400 000 téléspectateurs. Marie‑José Pérec aux Mondiaux d’athlétisme en 1996 et 1999, avec des finales tardives : autour de 2 millions, jamais plus… Alain Bernard aux JO de Pékin en 2008 pour les finales de natation en pleine nuit : 1,5 à 2 millions.
M6 et surtout les Bleus ont fait mieux que les JO, mieux que Pérec, mieux que Riner, mieux que tout le monde.
L'Équipe de France avait rassemblé près de 14 millions de personnes pour son entrée en lice face au Sénégal, à partir de 21 heures, un horaire plus abordable. Prochain rendez-vous pour les joueurs de Didier Deschamps ce vendredi 26 juin contre la Norvège à Boston à 21 heures, 16 heures, heure locale.
M6 a déjà signé l’une des plus grandes prouesses nocturnes de l’histoire de la télévision française. Une nuit où la météo, le foot, l’insomnie collective et le décalage horaire ont écrit une histoire que personne n’avait osé parier.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 23 juin 2026.
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Marc Bloch, historien du Moyen Âge ... et du quotidien de l'occupation : sa plume clandestine a résisté à la barbarie. (le 22-06-2026) |
Dans les réseaux clandestins, notamment Franc‑Tireur, on ne parlait pas de “journalistes”, mais de “propagande”. Le mot choque aujourd’hui. À l’époque, il signifiait : répondre au mensonge par la vérité, répondre à la peur par la lucidité, répondre à l’Occupation par la parole libre. Et dans cette mission, Marc Bloch n’était pas un figurant, il en était l’un des cerveaux.
Historien, Professeur à la Sorbonne, cofondateur de l’école des Annales, il aurait pu se réfugier dans ses livres. Mais il choisit d’écrire pour les autres. Sous le pseudonyme “Narbonne”, il rédige des textes destinés aux journaux clandestins. Des textes courts, incisifs, faits pour circuler vite, pour être lus dans une cave, dans une grange, dans un wagon de marchandises.
Dans l’un de ces écrits, il lance : "Nous ne sommes pas vaincus. Une nation n’est vaincue que lorsqu’elle renonce à vouloir être elle‑même." Dans un autre, analysant la propagande nazie ... "L’ennemi ment par nature, par système, par nécessité." Et encore, appelant à l’unité des mouvements : "L’unité n’est pas un mot : c’est une arme." Ces phrases, aujourd’hui, résonnent comme des éditoriaux. À l’époque, elles étaient des actes de guerre.
Bloch n’était pas un journaliste, de métier. Mais il en avait la rigueur, le courage, la fonction civique. Il écrivait pour que les Français comprennent ce qui se jouait vraiment pour que la Résistance pense, s’organise, se structure. Comme le raconte ce documentaire à ne pas manquer sur france.tv.
Bloch analyse les communiqués allemands, démonte les mensonges de Vichy, explique les enjeux militaires, éclaire les choix politiques.
Et cette activité, il la mène à Lyon, où il est traqué. C’est là, dans cette ville devenue capitale de la Résistance, qu’il tombe entre les mains de la Gestapo. Et c’est là qu’il devient l’une des victimes de Klaus Barbie, le “boucher de Lyon”, qui supervise son interrogatoire. Bloch est torturé. Il ne parle pas. Il sera fusillé le 16 juin 1944, dans un champ de Saint‑Didier‑de‑Formans. Comme le raconte à Lyon le quotidien Le Progrès.
Aujourd’hui, en entrant au Panthéon, Marc Bloch n’y entre pas seulement comme historien. Il y entre comme homme de plume, comme passeur de sens, comme chroniqueur clandestin, comme voix de la liberté. Et son histoire nous dit quelque chose d’essentiel sur le journalisme… Car au‑delà du travail des reporters, il y a celui des chroniqueurs, ou des consultants, de ceux qui donnent du sens, qui mettent en perspective, qui relient les faits entre eux. Bloch l’a fait dans la clandestinité.
Pour que la jeune génération s’y intéresse, les new médias du web leur raconte son histoire comme cette publication d’Hugo Decrypt sur l’ensemble de ses réseaux sociaux :
Sa contribution est‑elle un cas d’école pour la profession ? Elle montre que l’analyse, la mise en perspective, la capacité à dire le vrai dans le chaos sont des armes démocratiques. Que la chronique, ce format parfois jugé secondaire, peut devenir un acte de résistance. S’il demeure dans l’histoire d’abord un universitaire, Marc Bloch a incarné ce que le journalisme a de plus noble : la vérité comme devoir, la lucidité comme service, la parole comme courage.
Aujourd’hui, alors que les intervenants se succèdent à un rythme effréné, sur les chaînes d'info continue, combien peuvent se targuer de la même éthique ? Et que dire ... des réseaux sociaux ? Patrick Cohen, le jour où le Président de la République a annoncé la Panthéonisation, en avait fait sa chronique sur France Inter :
Ecrire, commenter, publier ... ce n’est jamais neutre. Sur les médias traditionnels, comme sur les réseaux sociaux où tout à chacun prétend délivrer impunément, et trop souvent sous couvert de pseudo à la planète entière sa vérité, sans évaluer souvent l’impact de ses publications.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 25 juin 2026.
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Première mondiale attendue comme le dernier single d'une Rock Star : Des œuvres de Mozart découvertes à la BNF, diffusées ce lundi par France Musique ! (le 21-06-2026) |
Cette belle histoire débute dans une salle d’archives de la Bibliothèque Nationale de France, un matin de février dernier. Un archiviste ouvre un carton de manuscrits anonymes, un geste banal, presque routinier.
Et soudain, un choc : quarante‑quatre pages, dont les 6 dernières sont restées vierges... Une belle écriture nerveuse, des portées serrées, une clé de sol remarquable … Et après vérification par des experts de Saltzbourg, un nom de compositeur qui s’impose : Mozart !
Un cahier entier, jamais joué, jamais entendu. Sept pièces pour flûte et harpe, douze leçons de composition. Un Mozart intime, presque secret, écrit en 1778, lors de son séjour à Paris : il loge rue du Gros‑Chenêt, dans le Sentier, fréquente les salons aristocratiques. Wolfgang compose pour survivre, Amadéus enseigne pour vivre.
C’est là qu’il rencontre Marie‑Louise‑Philippine de Bonnières de Guînes, harpiste prodige.
Elle est la fille du duc Adrien-Louis de Bonnières de Souastre, un flûtiste renommé qui lui commande le fameux Concerto pour flûte et harpe. Il confie aussi sa fille à Mozart pour qu'il lui apprenne à composer de grandes sonates pour leurs deux instruments. Le cahier retrouvé réunit précisément les leçons qu’il lui a dispensées.
Ce silence de deux siècles et demi s’est brisé, ce dimanche, jour de Fête de la musique. Dans la majestueuse salle Ovale de la BnF Richelieu, deux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France ont enregistré la toute première interprétation de ces pièces : Mathilde Caldérini, première flûtiste solo, et Nicolas Tulliez, harpiste.
Et ce lundi, sur France Musique, cette création mondiale est diffusée pour la première fois : dès 8h00, des extraits en avant-première dans la matinale de France Musique :
Pour l'intégralité des sept pièces rdv à 15h dans l'émission de Lionel Esparza, "Relax !" à l'occasion d'une édition spéciale "Mozart à Paris".
Cette renaissance s’inscrit dans une tradition où la radio joue un rôle essentiel. En 1930, à Turin, la RAI révèle les premières mondiales issues du fonds Vivaldi redécouvert. Dans les années 1990, à Leipzig, un choral inconnu de Bach renaît sur les ondes de la MDR. En 1999, France Musique dévoile un Salve Regina de Charpentier retrouvé dans un fonds religieux. En 2005, en Italie, un Gloria de Vivaldi sort de l’ombre grâce à la radio. En 2012, en Autriche, un Allegro molto de Mozart, exhumé d’un grenier, est joué pour la première fois sur ORF.
Et si cette redécouverte résonne autant, c’est aussi parce qu’elle unit deux institutions qui veillent sur notre patrimoine musical. À la BNF, son président Gilles Pécout rappelle qu’il s’agit de "l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières décennies", Il souligne que la BnF est devenue le second gisement mozartien au monde après Salzbourg, et que cette identification ouvre la voie à de nouvelles coopérations internationales.
À Radio France, la Pédégère Sibyle Veil parle d’un "honneur exceptionnel" : redonner vie à une œuvre oubliée de Mozart témoigne de l’excellence de l’Orchestre Philharmonique et de la mission de service public de la Maison, qui consiste à faire vivre les grandes œuvres et à les partager avec le plus grand nombre.
Ainsi, d’un carton ouvert un matin de février 2026 à un enregistrement dans la salle Ovale, puis à une diffusion nationale, ce cahier oublié rappelle que le patrimoine n’est pas un vestige : c’est une voix qui revient. La radio, mieux que tout autre média, sait encore lui donner souffle ...
https://www.radiofrance.fr/francemusique
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 22 juin 2026
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Les Bleus font exploser les compteurs d'M6. Mais combien de viewers lui préfèrent désormais le web ? Réelle audience impossible à évaluer ! (le 20-06-2026) |
Demain soir, les Bleus remettent ça. France–Irak, deuxième match de ce Mondial, coup d’envoi à 23 heures, depuis le Lincoln Financial Field de Philadelphie. la France sera‑t‑elle encore au rendez‑vous malgrés l'horaire tardif ? En tous cas M6 qui l’an prochain fêtera ses 40 ans vient de prouver que son tout premier slogan “La petite chaîne qui monte” n’a jamais été aussi actuel ... Le premier habillage en 1987 :
Pour France–Sénégal, M6 a rassemblé 13,99 millions de téléspectateurs, soit 61,4 % de part d’audience, selon Médiamétrie. Un score gigantesque, qui replace la chaîne au centre du jeu, qu’on n’avait plus vu depuis… 2014. TF1 avait fait près de 16 millions pour France–Honduras. Donc non pour l’instant, 2026 ne bat pas 2014 alors que débutait seulement l'avénement du web. Mais il fait mieux que 2018, mieux que 2022, et surtout ...
Comme si, le temps d’un match, la France avait retrouvé le réflexe du “tous ensemble devant un écran”.
Pour M6, c’est un triomphe : meilleure audience de l’année et meilleure audience sportive de son histoire. Et un symbole : la chaîne prouve qu’elle peut rivaliser avec TF1 sur les grands événements, qu’elle peut encore fédérer, qu’elle peut encore surprendre.
Mais ce que ces 14 millions ne disent pas, c’est tout ce qui s’est passé en dehors du téléviseur. Parce que désormais, il y a le web, le vrai deuxième stade où se joue le match des audiences !
Les jeunes surtout regardent autant sur smartphone que sur télé, les extraits sur les réseaux sociaux explosent. D’ailleurs dans les rapports annuels, Au delà de la retransmission, Il y a les extraits, les replay, les commentaires, les live‑tweet.
Il y a aussi ce que personne ne mesure … Parce que mardi soir, une partie du public n’était ni sur M6, ni sur beIN qui ne publie pas ses audiences.
Beaucoup vont aussi sur les chaînes étrangères : la RTS suisse, la ZDF allemande, la BBC, la RAI en se géolocalisant ailleurs grâce à un VPN. Ces usages ne sont pas comptés dans les audiences françaises. Le match est vu, mais hors radar.
Enfin il faudrait aussi compter le streaming ...
Les applis officielles, mais aussi les sites “fantômes”, les flux pirates, les liens qui circulent sur Telegram.
Les études sur le piratage sportif le disent : le foot est le contenu le plus piraté au monde. Impossible de savoir combien étaient là mardi soir, mais ils existent, et ils pèsent.
Alors, qu’est‑ce que tout ça raconte du futur de la télé française ? Elle reste imbattable sur les grands événements, Les Bleus, les JO, les grandes soirées politiques ... Elle devient une industrie du rendez‑vous, pas du quotidien.
Le futur, ce n’est pas “TV contre web”, c’est “TV avec web”. Le match doit vivre partout : en linéaire, en streaming, puis en extraits, en podcasts, et en analyses. Les acteurs du PAF gagnants seront ceux qui savent orchestrer tout ça. Dire “14 millions devant la télé” ne suffit plus.
Il faut mesurer : le temps de contact, tous écrans confondus, et la valeur de ce contact. C’est le chantier de Médiamétrie pour les années qui viennent.
Demain lundi place à France–Irak à 23 heures, en direct de Philadelphie, un adversaire moins connu ...
La France sera‑t‑elle à nouveau massivement au rendez‑vous pour les Bleus, quel que soit l’écran ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 21 juin 2026.
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Le bulletin météo ... Un siècle de confiance, de voix, d'images et désormais de controverses : de la voix nasillarde de 1922 aux tempêtes numériques ! (le 19-06-2026) |
Ce n’est plus seulement un fait scientifique, c'est aussi un événement médiatique un sujet de débat, un objet de tension.
C’est dans les gazettes au XVIIᵉ siècle que quelques premières lignes timides apparaissent. “Gel sévère,” “Tempête sur la côte,” “Pluie continue.,”
Dans "Le Journal de Paris" du 1er janvier 1777 la météo trône en Une avec la bourse et le tirage de la loterie. Ce ne sont pas encore des prévisions mais plutôt des traces, comme des empreintes du ciel sur le papier ! Le siècle suivant, les journaux agricoles osent les premières tendances. Dans les archives du "Mémorial des Deux-Sèvres", la sécheresse de 1921 alimente la chronique.
Puis vient la radio, et avec elle, la révolution n’est plus silencieuse. Le 6 février 1922, à 16h30 pile, un drôle de rituel s’installe chez les français : la Tour Eiffel, grâce à la TSF, livre la météo de demain Comme le raconte sur le réseau ICI, Stéphane Bern :
Au fil des ans la météo n’est plus seulement un texte, elle devient une voix, une présence, un rituel. Dès 1958 Albert Simon est l’une des stars d’Europe 1, avec son débit lent, presque hypnotique, il entre dans les foyers avec sa fameuse grenouille …
En mémoire entre nos oreilles également Jacques Kessler, sur France Inter puis France Info, il apporte la rigueur, la science, la pédagogie. Il explique les masses d’air comme d’autres expliquent les constellations. Son dernier bulletin à l’antenne …
Comment ne pas saluer aussi, entre autres, Joël Collado, Louis Bodin sur RTL ou Laurent Cabrol sur Europe 1.
Quand arrive le premier bulletin à la télévision le 17 décembre 1946, le ciel devient une scène.
La France est pionnière : les cartes s’animent, les fronts avancent, les dépressions tournent, les prévisions deviennent chorégraphiées.
Avec ses artistes qui entrent en scène … La solaire Évelyne Dhéliat avec sa rigueur incarne la précision, la pédagogie, la confiance, alors que la douce Catherine Laborde parlait du temps comme on parle d’un ami ou Michel Cardoze le poète concluait chaque bulletin par une citation.
Sans oublier Patrice Drevet, le pionnier qui fait entrer la météo dans l’ère graphique : La météo devient un moment attendu, un rituel du soir, un sourire avant la nuit, même dans des circonstances dramatiques comme pour la tempête de 1999.
Et Alain Gillot-Pétré qui savait rendre simple ce qui est compliqué, sans jamais infantiliser. Il savait traduire les masses d’air en phrases courtes, visuelles, mémorisables.
Depuis une vingtaine d’années avec le web la météo se libère du temps, elle devient un flux : plus d’horaires, plus de rendez‑vous, plus de voix : avec Météo-France, la référence scientifique, ou La Chaîne Météo avec ses vidéos pédagogiques, mais encoere Windy et ses cartes hypnotiques. Il y a aussi Météociel, le laboratoire des passionnés et Weather.com, la machine mondiale. Le ciel est désormais dans la poche à chaque seconde dans chaque lieu.
Et c’est sans compter sur les réseaux sociaux, avec parfois de l'humour !
La météo devient virale, émotionnelle, spectaculaire, et souvent polémique. La météo devient un territoire de désinformation, un champ de bataille idéologique.
Les prévisionnistes se font insulter, et n’hésitent pas être pédagogues avec leurs détracteurs sur les RS. Comme lors de la précédente vague de chaleur, il ya un mois …
Et pourtant, quelque chose demeure immuable, humain : nous voulons toujours savoir quel temps il fera demain ! Parce que la météo ce n’est pas seulement le ciel, c’est un peu nous … Avec nos peurs, nos espoirs, nos fragilités, même si chacun sait qu’après la pluie, revient le beau temps !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 20 juin 2026.
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Presse, Web, Radios, TV, témoins comme ils peuvent hier soir ... À Versailles, l’ombre de 1919 plane sur un accord qui n’en est pas un, celui de la paix introuvable, pour un texte sans portée réelle. (le 18-06-2026) |
Le diable se cache dans les détails ... C’est l’Iran qui impose l’heure de la signature : minuit, heure de Téhéran. Ce qui fait 22h30 à Versailles, en plein milieu du dîner d’État offert par le Président français à Donald Trump. La symbolique plaît, mais surtout, la dramaturgie compte !
Les sites web de la presse, les radios et TV d’info suivent, tiennent l’antenne, brodent, tentent de commenter le fait que c’est bien l’Iran qui a dicté le tempo, Washington a accepté, et la France n’a finalement offert que le décor.... Mais le Président Macron se félicite tout de même sur ses réseaux sociaux ce jeudi de son entregent avec ses collègues ...
Le Palais où fut signé le Traité de Versailles en 1919, ce texte colossal qui redessina l’Europe, imposa des réparations, créa des frontières, et selon de nombreux historiens, prépara malgré lui la Seconde Guerre mondiale.
Mais hier soir, dans ce même décor, n’a été signé qu’un "un pré‑accord". pour ne pas dire comme nombre d'observateurs aujourd'hui un simulacre. Un brouillon, un texte provisoire, un document de travail. Mais avec la même solennité que 1919.
Comme le raconte FTV sur son site destiné aux jeunes gens Lumni :
Hier soir encore, l’Histoire ne s’est pas faite, elle se fait à nouveau attendre ! Radios, TV, Web … Les médias ont retransmis la dramaturgie, l’ont subie, voire amplifiée parce que c’est leur format. Parce que le direct ne laisse pas le choix, que quand un pays impose minuit, qu’un autre valide, quand la France déroule le tapis rouge, la machine informative se doit d’être en direct.
Mais ce n’est pas la première fois, même si la technologie a révolutionné au fil des ans le métier des journalistes et le mode de consommation des médias.
1973 : Accords de Paris sur le Vietnam. Les caméras filment la paix. Deux ans plus tard, Saïgon tombe. Déjà les médias avaient retransmis un final… qui n’était qu’un entracte.
1993 : Oslo. La poignée de main la plus célèbre du monde. Trente six ans plus tard, le processus de paix est en ruine. Les médias n’avaient capté qu’un symbole.
2018 : Trump–Kim à Singapour. Un sommet “historique”. Un document signé, et puis… rien.
La Corée du Nord continue à suivre sa trajectoire, comme si de rien n’était.
2020 : Brexit Deal. Un accord brandi comme un trophée.
Depuis, renégociations à répétition. Rare étaient les médias qui ont pu anticiper l’inachèvement.
Alors oui hier soir, Versailles était splendide : les dorures, les miroirs, et les caméras et les micros même tenus en retrait. Les chaînes d’info sont retrouvées à commenter une scène écrite par l’Iran, validée par les États‑Unis, et jouée à son corps défendant peut-être par la France, pour ne pas dire "instrumentalisée". Une scène où la République française n’était pas l’actrice principale, mais le théâtre…. d’une nième tragédie comédie ?
Trop souvent le direct diffusé par les médias ne relate pas l’Histoire. Le direct, c’est l’image, l’Histoire, s’écrit les lendemains. Parce que si tout est déclamé sur les antennes et sur le web comme “historique”, plus rien ne l’est.
Hier soir, Versailles a offert un décor splendide, mais les dorures ne sont pas une garantie. L’expérience montre que plus évènement diplomatique est spectaculaire, plus il a de chances d’être, finalement, un rendez‑vous manqué. Sud Radio, ce jeudi matin s’interroge :
Aux médias de se demander : sommes‑nous là pour informer… ou pour meubler le décor ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 18 juin 2026.
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| Voir l'article |
x (le 18-06-2026) |
Le diable se cache dans les détails ... C’est l’Iran qui impose l’heure de la signature : minuit, heure de Téhéran. Ce qui fait 22h30 à Versailles, en plein milieu du dîner d’État offert par le Président français à Donald Trump. La symbolique plaît, mais surtout, l a dramaturgie compte !
Les sites web de la presse, les radios et TV d’info suivent, tiennent l’antenne, brodent, tentent de commenter le fait que c’est bien l’Iran qui a dicté le tempo, Washington a accepté, et Paris qui n’a finalement offert que le décor.... Mais le Président Macron s'en félicite sur ses réseaux sociaux ce jeudi de son entregent avec ses collègues ...
Le Palais où fut signé le Traité de Versailles en 1919, ce texte colossal qui redessina l’Europe, imposa des réparations, créa des frontières, et selon de nombreux historiens, prépara malgré lui la Seconde Guerre mondiale.
Mais hier soir, dans ce même décor, n’a été signé qu’un « un pré‑accord ». Un brouillon, un texte provisoire, un document de travail. Mais avec la même solennité que 1919. Avec la même envie de dire : “Regardez, l’Histoire se fait ici.” Comme le raconte FTv sur son site Lumni :
Hier soir encore, l’Histoire ne s’est pas faite, elle se fait à nouveau attendre. Radios, TV, Web … Les médias ont retransmis la dramaturgie, l’ont subie, voire amplifiée parce que c’est leur format. Parce que le direct ne laisse pas le choix, que quand un pays impose minuit, qu’un autre valide, quand la France déroule le tapis rouge, la machine informative se doit d’être en direct.
Mais ce n’est pas la première fois, même si la technologie a révolutionné au fil des ans le métier des journalistes et le mode de consommation des médias. 1973 – Accords de Paris sur le Vietnam. Les caméras filment la paix. Deux ans plus tard, Saïgon tombe. Déjà les médias avaient retransmis un final… qui n’était qu’un entracte.
1993 – Oslo. La poignée de main la plus célèbre du monde. Trente six ans plus tard, le processus de paix est en ruine. Les médias n’avaient capté qu’un symbole.
2018 – Trump–Kim à Singapour. Un sommet “historique”. Un document signé, et puis… rien.
La Corée du Nord continue à suivre sa trajectoire, comme si de rien n’était. 2020 – Brexit Deal. Un accord brandi comme un trophée.
Depuis, renégociations à répétition. Rare étaient les médias qui ont pu anticiper l’inachèvement.
Alors oui hier soir, Versailles était splendide : les dorures, les miroirs, les caméras et les micros même tenus en retrait. Les chaînes d’info sont retrouvées à commenter une scène écrite par l’Iran, validée par les États‑Unis, et jouée à son corps défendant peut-être par la France, pour ne pas dire instrumentalisée. Une scène où la République française n’était pas l’actrice principale, mais le théâtre…. d’une nième tragédie comédie ?
Trop souvent le direct diffusé par les médias ne relate pas l’Histoire. Le direct, c’est l’image, l’Histoire, s’écrit les lendemains. Parce que si tout est déclamé sur les antennes et sur le web comme “historique”, plus rien ne l’est.
Hier soir, Versailles a offert un décor splendide, mais les dorures ne sont pas une garantie. L’expérience montre que plus évènement diplomatique est spectaculaire, plus il a de chances d’être, finalement, un rendez‑vous manqué. Sud Radio, ce jeudi matin s’interroge :
Aux médias de se demander : sommes‑nous là pour informer… ou pour meubler le décor ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 18 juin 2026.
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x (le 18-06-2026) |
Le diable se cache dans les détails ... C’est l’Iran qui impose l’heure de la signature : minuit, heure de Téhéran. Ce qui fait 22h30 à Versailles, en plein milieu du dîner d’État offert par le Président français à Donald Trump. La symbolique plaît, mais surtout, l a dramaturgie compte !
Les sites web de la presse, les radios et TV d’info suivent, tiennent l’antenne, brodent, tentent de commenter le fait que c’est bien l’Iran qui a dicté le tempo, Washington a accepté, et Paris qui n’a finalement offert que le décor.... Mais le Président Macron s'en félicite sur ses réseaux sociaux ce jeudi de son entregent avec ses collègues ...
Le Palais où fut signé le Traité de Versailles en 1919, ce texte colossal qui redessina l’Europe, imposa des réparations, créa des frontières, et selon de nombreux historiens, prépara malgré lui la Seconde Guerre mondiale.
Mais hier soir, dans ce même décor, n’a été signé qu’un « un pré‑accord ». Un brouillon, un texte provisoire, un document de travail. Mais avec la même solennité que 1919. Avec la même envie de dire : “Regardez, l’Histoire se fait ici.” Comme le raconte FTv sur son site Lumni :
Hier soir encore, l’Histoire ne s’est pas faite, elle se fait à nouveau attendre. Radios, TV, Web … Les médias ont retransmis la dramaturgie, l’ont subie, voire amplifiée parce que c’est leur format. Parce que le direct ne laisse pas le choix, que quand un pays impose minuit, qu’un autre valide, quand la France déroule le tapis rouge, la machine informative se doit d’être en direct.
Mais ce n’est pas la première fois, même si la technologie a révolutionné au fil des ans le métier des journalistes et le mode de consommation des médias. 1973 – Accords de Paris sur le Vietnam. Les caméras filment la paix. Deux ans plus tard, Saïgon tombe. Déjà les médias avaient retransmis un final… qui n’était qu’un entracte.
1993 – Oslo. La poignée de main la plus célèbre du monde. Trente six ans plus tard, le processus de paix est en ruine. Les médias n’avaient capté qu’un symbole.
2018 – Trump–Kim à Singapour. Un sommet “historique”. Un document signé, et puis… rien.
La Corée du Nord continue à suivre sa trajectoire, comme si de rien n’était. 2020 – Brexit Deal. Un accord brandi comme un trophée.
Depuis, renégociations à répétition. Rare étaient les médias qui ont pu anticiper l’inachèvement.
Alors oui hier soir, Versailles était splendide : les dorures, les miroirs, les caméras et les micros même tenus en retrait. Les chaînes d’info sont retrouvées à commenter une scène écrite par l’Iran, validée par les États‑Unis, et jouée à son corps défendant peut-être par la France, pour ne pas dire instrumentalisée. Une scène où la République française n’était pas l’actrice principale, mais le théâtre…. d’une nième tragédie comédie ?
Trop souvent le direct diffusé par les médias ne relate pas l’Histoire. Le direct, c’est l’image, l’Histoire, s’écrit les lendemains. Parce que si tout est déclamé sur les antennes et sur le web comme “historique”, plus rien ne l’est.
Hier soir, Versailles a offert un décor splendide, mais les dorures ne sont pas une garantie. L’expérience montre que plus évènement diplomatique est spectaculaire, plus il a de chances d’être, finalement, un rendez‑vous manqué. Sud Radio, ce jeudi matin s’interroge :
Aux médias de se demander : sommes‑nous là pour informer… ou pour meubler le décor ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 18 juin 2026.
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