Numérique, streaming, nouveaux usages ... Même des institutions historiques ne parviennent plus à rester viables : aux USA l'emblématique CBS Radio News va fermer. (le 24-03-2026) |
C’est décidément la fin d’une époque aux États-Unis avec l’annonce de la fermeture du service d’info du réseau CBS radio !
Cette rédaction, qui fournissait des contenus à environ 700 stations locales, cessera définitivement de produire le 22 mai 2026.
Vu de France, on pourrait croire que la crise de CBS News n’est qu’une péripétie médiatique de plus. Une ligne dans la rubrique “économie des médias”. Mais non. Ce qui se joue là‑bas, c’est un symptôme. Un symptôme brutal, presque obscène, de ce que devient l’information dans la première démocratie du monde.
CBS News, c’est un monument. C’était la voix qui annonçait la mort de Kennedy, la guerre du Vietnam, le Watergate. Aujourd’hui, ce monument tremble. Pas à cause d’un scandale du à une fake news qui aurait été diffusée pas à cause d’un excès … A cause de l’indifférence d’un public qui a déserté, d’annonceurs qui ont fui, et peut-être aussi d’un pays qui ne sait plus en qui croire, y compris ses médias.
CBS n’a pas été victime d’un complot, mais du marché. Aux États‑Unis, comme de plus en plus ailleurs y compris chez nous, l’information n’est pas un service public, c’est un produit. Et quand le produit ne se vend plus, on le retire du rayon. Parce qu'en plus à la différence de notre vieux continent, le journalisme n’y est pas protégé : ou il est rentable ou il disparaît.
Le groupe Paramount, sa maison‑mère, est étranglé par la dette. Et dans la liste des “coûts non essentiels”, figure désormais… l’information. Celle qui coûte cher, qui demande du temps, des bureaux à l’étranger, des correspondants, des enquêtes. Tout ce que TikTok ou YouTube n'ont pas ! Mais tout ce que le marché ne veut plus payer !
Et puis il y a aussi le contexte politique. Aux États‑Unis, l’information est devenue un sport de combat. Fox News d’un côté, ABC ou MSNBC de l’autre, chacun son camp, chacun sa vérité. CBS, elle, a tenté dit-on de rester au centre : mauvaise pioche ! Le centre aux Etats Unis c’est un no man’s land où personne ne clique et où personne ne paie. Ce n’est pas seulement un média qui s’effondre : c’est un repère, une sorte de boussole. Un symbole d’un pays qui, autrefois, croyait encore à la vérité, à la vérification, à la nuance et qui aujourd’hui préfère le clash, le commentaire, l’émotion instantanée.
C’est ce que souligne le journaliste Rob Pratt depuis KDKA à Pittsburgh, l’une des 700 stations abonnées au service info de CBS Radio. Il incarne la tradition des grandes voix qui font encore vivre l’esprit des stations historiques américaines.
Vu de France, cette histoire devrait nous inquiéter. Parce que quand un pays laisse mourir ses grands médias généralistes, ou imagine fragiliser son audiovisuel public, il laisse mourir quelque chose de plus profond : sa conversation commune. Sa capacité à se parler, à se comprendre, à débattre sur des faits partagés, mais de façon maîtrisée, modérée, à la différence de la jungle des réseaux sociaux …
L’Amérique n’a pas seulement perdu confiance en ses médias. essentiel en démocratie.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 24 mars 2026.
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Aurait-il été un prophète en son pays, mais singulièrement maladroit auprès des médias ? Lionel Jospin tire sa révérence au lendemain des municipales ... (le 23-03-2026) |
Quel paradoxe d’apprendre en ce lendemain d’élections municipales le décès de l'ancien premier ministre ! La politique territoriale de Lionel Jospin a en effet indéniablement marqué une étape décisive dans l’histoire de la décentralisation française. En renforçant les collectivités locales et en structurant l’intercommunalité, il contribue alors à moderniser l’action publique et à adapter l’organisation territoriale aux enjeux contemporains. Son action, à la fois dans la continuité et dans l’innovation, laisse un héritage durable qui façonne encore aujourd’hui la gouvernance locale. Ainsi, Jospin apparaît comme l’un des acteurs majeurs de la consolidation du pouvoir local en France, dans une vision républicaine fondée sur la proximité, l’efficacité et la solidarité territoriale !
Il se dit souvent que Lionel Jospin a été victime des médias... Jospin n’a pas seulement subi le système médiatique, il a aussi refusé de le comprendre. dans une époque où l’image devenait centrale, a fini par se retourner contre lui. Comme à la fin du débat avec Jacques Chirac en 2002. Les 2 candidats à la Présidentielle se félicitent de ne pas s'être invectivé pendant l'émission :
Car Jospin a longtemps pensé que la politique pouvait se passer de communication. une parole rationnelle, une posture d’homme d’État suffiraient. mais profondément déconnectée de l’évolution du débat public. lui restait figé dans une culture politique des années 1970.
Son rapport aux médias n’était pas seulement distant : il était dit-on "rigide". il ne voulait pas se raconter, il ne voulait pas jouer le jeu. cette posture a laissé un vide. en le décrivant comme froid, technocratique, indécis. il l’a laissée aux autres. Témoin cette parodie des Guignols de l’info sur Canal + après le débat de l’entre 2 tours en 2002 :
Pour nombre d’observateurs, l’affaire de son passé trotskiste illustre parfaitement cette incapacité stratégique. il a nié.
il a cumulé les inconvénients. la perte de crédibilité, et l’impression d’un homme qui ne contrôle pas son propre récit. c’est une faute majeure.
Et puis il y a le 21 avril 2002… l’abstention, le contexte. une présence médiatique faible, un candidat qui semblait absent du terrain symbolique. omniprésent et un Jacques Chirac rompu à la dramaturgie politique, Jospin a mené une campagne sans incarnation. c’est presque suicidaire.
Après 2002, son retrait médiatique a été salué comme un geste de dignité. où la politique se joue autant dans les images que dans les idées. Témoin ce reportage en 2002 dans les coulisses de sa campagne :
La relation de Lionel Jospin aux médias n’est pas seulement celle d’un homme réservé. qui a sous-estimé la puissance de la médiatisation, qui n’en a pas compris les règles, et qui en a payé le prix. refuser la communication, c’est renoncer à une partie du pouvoir...
Le pouvoir ... il est aussi du côté des médias ! Il y a quelques années après un crash d'avion de ligne, Radio France avait été épinglée pour avoir collé à l'annonce de cette tragédie la diffusion du titre " Tombé du ciel " de Jacques Higelin. Ce lundi matin, une autre grande maison a fait fort ! Derrière le micro du matinalier qui révèle à l'antenne le décès de l'ancien premier ministre, une pub des Pompes Funèbres Générales ...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 23 mars 2026.
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"Cachez cette France Périphérique, et son vote, qu'on ne saurait voir !" De l'utilité des médias de proximité, quand les chaines natios se focalisent sur les métropoles et les enjeux politiciens nationaux ... (le 22-03-2026) |
Quelles radios, quelles télévisions, avez-vous écouté ou regardé ce dimanche soir ? Les grandes chaînes produites depuis Paris, se sont focalisées en majeur partie sur les grandes métropoles, et singulièrement la ville capitale.
Alors ... Au delà de l'intérêt des conséquences nationales supposées de ce scrutin, sans doute avez-vous zappé sur vos stations régionales ou leurs sites et applis, ou bien encore sur les sites des jounaux de Presse Quotidienne Régionale à la recherche des résultats qui vous concernent, vraiment...
Bien qu'il s'agisse d'un scrutin de proximité, les doctes analystes de studios ou de plateaux ont dans les grandes largeurs fait preuve de jacobinisme. Alors ... que la majorité des électeurs des grandes agglos ont joué une partition assez traditionnelle : même en cas d'alertance, ce sont les partis institutionnels qui ont conservé le pouvoir.
Mais quid de l'autre France, les 60 % de la population de ce qu'il est convenu de nommer "la France périphérique " ? "Ouvriers, employés, jeunes et retraités issus de ces catégories, petits paysans constituent ce qu’on peut appeler les nouvelles classes populaires", expliquait pourtant il y a 12 ans déjà le géographe Chritophe Guilluy... "Ces populations habitent désormais dans des territoires éloignées du marché de l’emploi. Mais cette France est invisible aux yeux des élites !"
Alors ... Conséquence ce dimanche : nombre de localités de taille moyenne, ont choisi de confier leur gestion à des extrêmes. Quelque minutes seulement après l'annonce des premiers chiffres à 20 heures; un représentant du Rassemblement National s'en satisfaisait d'ailleurs sur une chaîne d'info continue, sans vraiment parvenir pour autant à se faire entendre : les animateurs de la soirée étant focalisés sur les grandes villes !
Pas de place pour cette "France périphérique " décrite par Guilluy : "La défiance des classes populaires vis-à-vis des responsables politiques gagne maintenant les maires, qui sont considérés comme impuissants face au délitement du territoire et eux-mêmes victimes des décisions et des représentations portées par les élites. Politiquement, ces nouvelles classes populaires sont désormais très éloignées des grands partis, c'est pourquoi elles constituent l'essentiel des abstentionnistes et des électeurs du Front national."
De l'utilité des médias de proximité : qu'ils puissent être ou redevenir, les haut-parleurs de ces localités tombées en déshérence, abandonnées par les échelons centraux...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 22 mars 2026.
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Municipales, proximité : entre chaines TV tradis, d'info continue, et le numérique ... Comme dans les urnes, les choix s'éparpillent ... (le 16-03-2026) |
France 3, incontestable leader !!! 4,8 millions de téléspectateurs ce dimanche, et près de 8 millions sur les sites. Les médias de proximité ont une indéniable une valeur ajoutée : Ils peuvent focaliser sur certaines communes ignorées par les formats nationaux ... Ce sont par exemple celles considérées comme formant la fameuse "France Périphérique", délaissée par le pouvoir central.
Du côté des chaînes info : BFM TV est clairement en tête sur cette soirée entre 19 et 23 heures. Avec 691 000 téléspectateurs, elle domine nettement ses 3 concurrentes.
Mais LCI solide deuxième, la talonne : Avec 612 000 téléspectateurs, elle est très proche de BFMTV en part d’audience. La chaîne confirme sa montée en puissance sur les soirées politiques.
CNews est en retrait, avec 402 000 téléspectateurs, la chaîne d’opinion à l’éditorial axé sur la droire radicale se positionne loin derrière BFMTV et LCI. Manifestement, le format plus idéologique fonctionne moins bien sur un scrutin local.
Franceinfo TV, avec une belle performance tout de même sur l’ensemble de la journée s’avère plutôt faible sur la tranche 19h–23h avec 297 000 téléspectateurs. Même si ce dimanche aura été la meilleure journée historique en nombre de téléspectateurs pour le canal 16, avec 9,4 millions de téléspectateurs touchés et 1,8 % de PdA.
Cette chaîne du groupe France Télévisions, qui fêtera bientôt ses 10 ans sur la TNT, semble avoir subi une forme de concurrence en interne. France 2, mais logiquement surtout France 3, ayant capté l’essentiel du public du service public.
Tout en tenant compte de l’évolution des modes de consommation des médias, France 3 dans l'hexagne, comme les 9 stations ultramarines des 1ères, restent donc la colonne vertébrale de toutes les TVs, pour les soirées des élections municipales.
Même si les locales de BFM TV, jouent aussi leur rôle d’acteur de la démocratie locale. France 3 et de manière plus modeste les locales de BFM sont toujours plus challengées par les chaines d’info continue et surtout le numérique.
Globalement …
(Tableau Ouest France)
TF1 domine l’entrée de soirée mais ne cherche plus à régner sur toute la soirée.
France 2 conserve un rôle institutionnel mais perd du terrain. Les chaînes info sont devenues le cœur du débat politique et le numérique qui a absorbé la fonction “résultats”.
Force est de constater que les soirées électorales ne sont plus un “événement unique” mais un écosystème éclaté ! Le public navigue entre les chaînes généralistes, les chaînes d'info continue, et les réseaux sociaux ou les sites locaux. Désormais, le modèle dominant n’est plus la soirée TV, mais la circulation multi-écrans.
Et ça a été le cas durant toute la campagne comme l'a montré ce doc de France Télévisions, réalisé en Normandie :
La bataille se joue évidemment sur la proximité pour laquelle France 3 avec son réseau unique en Europe demeure la référence incontestée en télévision : avec ses résultats par commune, cartes régionales, ses correspondants locaux. Le format est robuste, peu spectaculaire, mais indispensable.
La rapidité : c’est l’affaire des chaînes info. Elles regardent depuis Paris les résultats tomber dans les territoires et les traduisent en débats et réactions avec leurs invités d'envergure nationale. Très vite l’éditorialisation tourne aux enseignements à tirer au plan national, valorisés avec les bandeaux en continu. Au fil de la soirée une certaine redondance s’installe ...
Une concurrence évidente ou la complémenatarité aux médias traditionnels explose désormais : la recherche d’infos via le numérique : résultats en temps réel, cartes interactives, push … C’est la rapidité absolue et surtout la possibilité d'une personnalisation puisque l’internaute y trouve les infos à propos de sa commune. FTV revendique 20,3 millions de visites au global sur franceinfo.fr (application et site) et les sites numériques en région et en Outre-mer ce dimanche. 7,7 millions de visites sur leurs sites régionaux de France 3 / ICI 3,5 millions de vues et 30,95 millions d’impressions sur leurs vidéos dédiées aux municipales sur les réseaux sociaux, sur la journée du 15 mars.
C’était marginal en 2001. La bascule vers ces nouveaux écrans s’est renforcée dès 2014. Depuis 2020, et donc la période covid, cet usage apparaît désormais dominant !
Thierry Mathieu, e-crosmedia le 16 mars 2026.
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TikTok Radio déboule ce vendredi sur l'appli favorite du jeune public ... Nouveau coup dur pour les radios musicales ? (le 13-03-2026) |
Comme un signal d’alarme, mais pas comme une condamnation … Voilà, dit-on, comment les radios musicales "jeunes" doivent voir TikTok Radio qui prend une autre dimension à partir de ce vendredi.
TikTok Radio existait depuis 2021 sous une autre forme, via un partenariat avec SiriusXM. Après quatre ans, cette collaboration a pris fin, ouvrant la voie à une "relaunch" plus ambitieuse avec iHeartMedia . Elle permet une diffusion beaucoup plus large, disponible gratuitement sur l'application, et aussi déjà sur 28 radios locales à travers les États-Unis.
Elle se veut plus immersive : elle transforme la radio en une sorte de “For You Feed” en direct, où les tendances musicales et culturelles de TikTok deviennent des programmes radio à part entière : c’est pour ses concepteurs un nouveau standard de rapidité et de réactivité. Restent donc pour les stations qui ciblent les mêmes jeunes gens qui sont accrocs à la plateforme TikTok à intégrer ces codes tout en capitalisant sur leur identité pour continuer à jouer un rôle central dans la vie de leurs jeunes auditeurs.
A NRJ, Skyrock, ou Fun Radio de ne plus lutter contre la "découverte" pure, mais sur celui de l'incarnation et de l'exclusivité. Skyrock conserve son public jeune grâce à Planète Rap, devenu un rendez-vous social incontournable que TikTok ne peut pas copier : l'artiste est en studio, freestyle en direct, et crée un événement unique chaque soir. L'auditeur ne vient pas juste pour la musique, mais pour la caution culturelle de Fred Musa, l'animateur
Les radios ne sont plus seulement sonores ; elles deviennent des usines à contenus visuels pour occuper le terrain des réseaux sociaux. NRJ et Fun Radio filment systématiquement leurs matinales.
Elles découpent les meilleurs moments de Manu dans le 6/10, ou de Bruno en "réels" ou vidéos TikTok. La radio devient donc le fournisseur de contenu pour les plateformes mêmes qui la concurrencent, redirigeant l'audience vers l'antenne.
Reste qu’historiquement, les radios jeunes étaient les "prescripteurs" qui décidaient des tubes de demain...
Aujourd'hui, ce sont les algorithmes qui remplissent ce rôle. TikTok Radio diffuse les morceaux au moment exact de leur viralité, alors que les radios hertziennes attendent souvent plusieurs semaines pour valider un titre dans leurs playlists.
Mais surtout, la radio de TikTok s'appuie sur des milliards de données d'écoute et de création de vidéos, garantissant une programmation ultra-affinée que les études d'audience classiques ne peuvent égaler. L'atout des radios françaises reste l'animation humaine. TikTok Radio entend s’attaquer à ce point fort en plaçant des créateurs de contenus influents derrière le micro, plutôt que des animateurs radios classiques.
En intégrant des stars de la plateforme comme Lele Pons ou Carter Gregory, TikTok Radio récupère des communautés déjà engagées qui suivent ces personnalités partout. Le lancement du TikTok Podcast Network, en parallèle de l’antenne "radio" renforce cette concurrence en proposant des formats longs et narratifs, un domaine où les radios françaises essaient justement de se réinventer.
Un catalogue regroupera jusqu'à 25 podcasts animés par des créateurs TikTok. Les émissions seront distribuées par iHeartPodcasts et diffusées sur toutes les principales plateformes audios. Pour celà des studios de podcasts en co-branding viennent d’ouvrir à Los Angeles, New York et Atlanta. "L’ambition est de toucher un public plus large, de collaborer entre les plateformes au-delà de TikTok" dit Dan Page, le responsable mondial des partenariats médias et de licences de TikTok, dans un communiqué partagé avec ADWEEK.
Et enfin … Contrairement aux radios françaises qui doivent acheter de la publicité pour attirer les jeunes, TikTok Radio est autopromue au sein même de l'application la plus utilisée par cette cible. Un simple bouton dans l'application TikTok permet de basculer sur le flux radio, créant un écosystème fermé où l'utilisateur n'a plus besoin de sortir pour consommer du contenu audio linéaire.
Mais … En France, cette concurrence pourrait être freinée par les débats parlementaires récents qui visent à limiter l'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux et à instaurer un "couvre-feu numérique"…
Thierry Mathieu e-crossmedia le 13 mars 2026.
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Guerre en Iran, éditions spéciales en continu ... Quid des autres enjeux comme les municipales en France ce dimanche . Seront-elles victimes de la fatigue informationnelle ? Edito. (le 11-03-2026) |
Version audio :
Depuis dix jours, l’actualité française tourne autour d’un seul axe, un seul mot, un seul horizon : l’Iran. La guerre, les frappes, les réactions diplomatiques, les cartes, les experts… Et cette impression, familière désormais, que tout le reste disparaît !
Mais il semble que déjà, une question se pose, pour ne pas dire s’impose : sommes‑nous déjà en train de basculer dans une nouvelle fatigue informationnelle ?
Les premiers jours, l’audience a explosé. Les chaînes info ont bondi, les JT ont repris des couleurs, les sites d’actualité ont saturé. quand le monde tremble, on se tourne vers les médias. se rassurer. Mais très vite, un autre mouvement apparaît. aux bandeaux “URGENT” qui ne le sont plus vraiment aux notifications qui font vibrer à chaque instant nos smartphones, jusqu’à ne plus devenir du bruit. on tourne en rond, on regarde la même boucle, on attend les dernières inepties d’un Président de superpuissance qui encore et encore alterne entre le blanc et le noir d’une demi-heure à une autre .
C’est ça, la fatigue informationnelle : ce n’est pas de l’indifférence, pas non plus du désintérêt, mais de l’épuisement. Alors que pendant ce temps, un autre sujet tente d’exister, une actualité qui, en temps normal, occuperait les matinales, les débats, les JT : les municipales dont le 1er tour aura lieu dimanche prochain.
Aujourd’hui, elles sont globalement invisibles, effacées pour ne pas dire écrasées. Des interviews sont annulées, des débats repoussés, les candidats sont relégués aux pages intérieures, ou bien à la fin des journaux de radio et de télévision, quand c’est possible. l’audiovisuel -surtout public- et la presse quotidienne régionale, bataillent pour honorer leur promesse et rivaliser contre les réseaux sociaux, avec leur lot d’intox partisane et de fake news.
Ce contexte particulier n’est pas qu’une difficulté pour les médias, c’est un problème démocratique : moins de visibilité, c’est moins de débat. c’est moins de mobilisation. c’est une élection qui se joue dans l’indifférence.
Les rédactions sont face à un dilemme : L’enjeu, maintenant, c’est de réintroduire de la respiration, de la hiérarchie, du pluralisme … de sortir de la boucle !
Redonner de la place aux enjeux locaux, aux débats de fond, aux questions qui touchent le quotidien, parce qu’une démocratie ne peut pas vivre au rythme d’une seule actualité même quand elle est brûlante et qu’elle semble tout absorber. La guerre en Iran écrase tout, mais elle ne doit pas nous écraser, nous et nos médias !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 11 mars 2026. |
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NON ! Ce dimanche, les suisses votent contre le plan d'affaiblissement de leurs radio-télévisions publiques porté par la droite radicale. Entretien avec Pierre-Han Choffat, de la rédaction en chef "Radio" de la RTS. (le 08-03-2026) |
Les suisses disent finalement NON, assez largement, à la réduction drastique du budget de leur groupe d’audiovisuel public, la SSR, souhaitée par la droite radicale. Les citoyens se sont exprimés aujourd’hui à l’occasion d’une "votation", l’équivalent chez nous d’un référendum, comme il en est fréquemment organisé par la Confédération. 62 % des helvètes ont voté contre ce projet !
De 335 francs suisses par ménage et par an aujourd’hui soit quelques 371 euros, la volonté était d’abaisser la redevance à 200, c’est à dire 222 euros.
Coup de fil à Pierre-Han Choffat, membre de la rédaction en chef "Radio" à la RTS. "Pour toutes nos équipes c’est un soulagement … Cela dit, on ne s‘attendait pas à une défaite vu les derniers sondages, mais l’ampleur du succès fait vraiment du bien."
"Je pense également que l’actualité assez chaude et bouleversée de ce début d’année nous a favorisé. Le média de référence reste le service public en Suisse en termes d’actualité ! Il y a évidemment eu le drame de Crans Montana. Puis après, la politique internationale avec Trump, l’Iran … On est toujours présents sur tous ces dossiers-là, et le travail de nos équipes est valorisé."
La campagne a été rude depuis des mois, mais l’opinion a finalement basculé contre ce projet, comme l’expliquait l’une de vos journalistes récemment lors du débat sur votre antenne :
Parmi les arguments des partisans, il y avait le fait que les jeunes gens délaissent les médias traditionnels comme la radio et la télévision au profit du web... "On a quand même un public jeune malgré tout, qui nous consomme via nos publications sur les réseaux sociaux et puis qui nous consulte aussi via l’application."
En faveur du maintien de moyens suffisants pour continuer à assumer les missions de service public sur l’ensemble du territoire, la question des 4 langues pratiquées au sein de la Confédération a été importante … "C’est certainement un argument qui a eu du poids, notamment dans les régions périphériques " ...
"Dans les cantons francophones et italophones, les citoyens ont bien conscience de bénéficier des mêmes services que la population germanophone, qui est pourtant plus nombreuse."
"Du coup, il y a une forme de solidarité qui s’exprime. Si on prend la redevance par exemple, la population Alémanique paye une grosse part du budget global et finance donc nos médias pour les Romanches ou les Romands. Ca se voit aux résultats des votes évidemment : dans les cantons proches de la frontière française le NON est bien plus fort qu’au nord de la Confédération !"
"200 francs ça suffit !", c’était le slogan de la droite radicale qui n’a donc pas convaincu la majorité des votants. Mais l’optimisation, et certaines réorganisations, sont tout de même au programme pour vos équipes … "Le gouvernement, le Conseil fédéral, a effectivement décidé d’abaisser la redevance de 335 à 300 francs par étape, 20 francs de moins dès l’an prochain. On travaille déjà à des mesures d’économie, comme le rassemblement de tous les services "supports" comme les finances ou les relations humaines à Bern. D’ici 2029, il devrait y avoir une baisse de 15 % des effectifs globaux. Ca aura sans doute des incidences sur les programmes, mais on ne sait pas encore précisément lesquels."
Même confortée 62 % des votants votre groupe n’échappe pas au vent des droites radicales. Partout en Europe, elles mettent en cause les radios-télévisions publiques, en Angleterre, en Belgique, en Italie ou en France, comme le montre la houleuse commission d’enquête parlementaire depuis des mois ... "Nous la suivons de près évidemment ! Mon confrère qui préside la commission Info aux MFP, l’organisme qui regroupe les Médias Francophones Public, vient d’ailleurs de recevoir plusieurs témoignages de confrères ravis du résultat de cette votation. Pour tout le monde, c’est réconfortant qu’en dehors des partis politique, un service public audiovisuel se voit conforté par… le public."
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 8 mars 2026.
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Les ex-haut gradés dégraderaient ils l’info depuis une semaine ? Entretien avec Michel Polacco, journaliste spécialiste de la Défense et de l’Aéronautique. (le 06-03-2026) |
Une semaine d'éditions spéciales avec des ex militaires en plateau comme les médecins pendant la COVID... Est-ce vraiment un "plus" pour l'actu ? Coup de fil à Michel Polacco, ex-dirigeant à Radio France et aujourd’hui consultant pour plusieurs radios et télévisions.
Trinquand, Pellistrandi, Desportes, Gomart, Paloméros, Chauvancy, Clermont, Goya, Servent, Vouilloux ou Bavinchove : Ils sont les stars des chaines d’info continue depuis samedi dernier. Leur collègue Norlain, lui aussi à l'écran, les a comptés : en 3 heures, il en a vu 11 à la télé ! "Ces anciens militaires sont des experts parce qu’ils ont des connaissances, des compétences, souvent de l’expérience. Ils peuvent donc apporter beaucoup d’informations, beaucoup d’explications".
"Mais sur les chaines d’info continue, les présentateurs ont trop tendance à mettre autour de la table un géopoliticien, un militaire, un journaliste spécialisé en défense, un autre en politique, un reporter qui est n’est jamais allé en dehors de son quartier … Ils mélangent tout et à la fin, effectivement, on ne sait plus très bien ce qu’il faut comprendre et retenir".
"En 1991, LCI la 1ere chaine TV d'info continue créée en France n'existait pas encore! Pour couvrir la guerre du Golfe, j’ai personnellement recruté à Radio France le général Capillon. Il a travaillé à l’époque pour France Info qui n'émettait que depuis 4 ans, France Inter, France Culture et même les radios locales qui ne s’appelaient pas encore France Bleu et encore moins "ICI", comme depui un an".
"Très honnêtement, il a été d’un grand secours. J’avais beau avoir couvert dans ma vie de reporter pas mal de conflits, il y avait des quantités de choses que je ne savais pas. On se partageait le boulot : je communiquais des informations et lui il les explicitait… Il a décidé que ses 2 mois de salaire seraient versés à une œuvre caritative de l’armée de l’air".
Quel est le profil de tous ces consultants, qui sont surexposés depuis 8 jours ? "Ils sont ce qu’on appelle des militaires en 2e section… Quand on veut rigoler, on les nomme aussi des "Quart de place". Parce qu’étant à la retraite, ils ont toujours droit à une ristourne sur les billets de train, de métro, d’avion, et à tout un tas de petits avantages. Mais ils peuvent les perdre s’ils ne sont pas polis et bien disciplinés. C’est ce qu’a fait Emmanuel Macron il y a 4 ou 5 ans, suite une tribune publiée par quelques généraux et militaires en retraite contre sa politique de Défense. Une trentaine d’ex-officiers ont alors perdu leurs avantages !"
Ceux qui défilent sur les plateaux et sur les ondes depuis une semaine sont-ils payés ? "Ceux qu’on voit ou qu’on écoute régulièrement et pendant des temps longs à l'antenne sont rémunérés. Ceux qui sont appelés au coup par coup ne le sont pas ce qui est mon cas. On m’a même proposé des contrats que j’ai refusé car ils impliquaient une exclusivité".
"Si vous passez sur BFM ou sur LCI par exemple, vous n’avez pas le droit d’aller sur les autres chaînes de télé, ni même sur les radios. Et moi, je tiens à ma liberté !, Je souhaite pouvoir continuer à aller à France Info, France Inter, France Culture ou à France Info TV. Et aujourd'hui tout en passant sur LCI, je peux aussi aller sur BFM. CNews, elle, ne fait appel à jamais appel à moi ... Ce vendredi, je suis intervenu sur RTL, à propos du vol d’Air France."
"J'étais à l'antenne également hier pour la radiotélévision Suisse… Je participe aussi souvent à des émissions pour les Belges ou pour les Canadiens, et très régulièrement sur LCI".
"A contrario, il y a des gens qui préfèrent profiter de l’occasion pour se faire rémunérer. Ça existe chez les géopoliticiens, chez les militaires, chez des gens qui travaillent pour des instituts … Et puis il y a ceux qui en profitent pour faire la promo de leur dernier bouquin ! "
Quel état des lieux dressez vous, une semaine après le déclenchement de la guerre ? "La profession se laisse dériver parce qu’on donne la parole à beaucoup de gens qui sont très militants sans préciser qui il sont vraiment, parce que souvent on ne sait pas comment les classifier. On en trouve aussi bien chez des civils que des militaires, voire même des journalistes."
"Mais surtout, je trouve que la compétence de la plupart des militaires que l’on entend est en régression par rapport au passé. D’ex-officiers de l’armée de terre, de l’artillerie, de l’infanterie sont amenés à nous parler d’aviation, de missiles, de missiles balistiques, d’armes nucléaires alors qu’ils n’y connaissent rien !"
"De temps en temps, j’entends des énormités assez étonnantes. Je me permets gentiment de les remettre à leur place quand je me trouve avec eux à l'antenne… Ça c’est aussi le boulot d’un journaliste, et c'est ce que devraient faire les présentateurs des émissions !"
Thierry Mathieu e-crossmedia le 7 mars 2026.
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Quid des médias de proximité ? Quelle place pour les municipales des 15 et 22 mars prochains, quand l'opinion et l'essentiel des médias sont focalisés sur la guerre ? (le 06-03-2026) |
Les maires seront élus d'ici quelque jours ... Mais la mère des valeurs reste-t-elle la proximité, en pleine crise internationale ? Comment pour les médias, gérer le lointain, mais aussi et d'abord leurs terrains et leurs cibles ?
La guerre en Iran domine les ondes, les écrans, les conversations, les réseaux sociaux. Les chaînes d’info nationales font leur plein d’audience, les éditions spéciales à rallonge monopolisent les antennes, les plateformes s’enflamment.
Pendant que le monde retient son souffle, la vie locale ne s’interrompt pas pour autant. Dans une semaine, les habitants des fameuses 36000 communes françaises voteront au premier tour pour choisir leur maire, leurs élus, leurs priorités pour les six années à venir.
Cette échéance mérite sans doute mieux que d’être reléguée au second plan et la dimension "Proximité", du traitement de l’actualité apparaît tant bien que mal, mais plus que jamais comme une "valeur ajoutée" ! Les décisions municipales façonnent le quotidien : l’état des routes, la sécurité du quartier, la rénovation de l’école, l’ouverture d’une crèche, la gestion des déchets, la place du vélo, l’accès aux soins, la vitalité du commerce de proximité ... Ce sont des sujets concrets, visibles, palpables. Des sujets qui, loin des tensions internationales, conditionneront toujours la qualité de vie de chacun.
Alors, "le lointain" inquiète l’opinion publique, et monopolise évidemment l’attention. Sauf celles des candidats toujours mobilisés malgré tout par leurs derniers jours de campagne électorale sur leur terrain, sur les médias "traditionnels", mais surtout aussi maintenant via les Réseaux sociaux. Comme Remy Lavenant ce candidat agé de 25 ans, dans l'Essonne...
Parce qu’en réalité, et paradoxalement, les communes sont souvent en première ligne face aux crises mondiales : hausse des prix de l’énergie, tensions sociales, adaptation climatique, solidarité avec les populations touchées, accueil parfois de réfugiés. Les maires ne sont pas des spectateurs : ils absorbent, amortissent, organisent… Ils sont les gestionnaires du réel.
Paradoxalement dans ce contexte, les radios, télévisions, comme la presse quotidienne de proximité, ont sans doute plus que jamais ces jours-ci, un rôle essentiel : tout en prenant en compte la réalité du contexte international, il leur faut maintenir le lien entre les habitants et leur territoire. Donner la parole aux acteurs du terrain, éclairer les programmes, expliquer les choix, confronter les promesses aux réalités : offrir des repères du concret, redonner aussi du sens à ce qui se joue ici.
La démocratie locale reste un espace où chaque voix compte réellement, où l’on peut encore agir, décider, peser : là où se construit, jour après jour, la vie commune.
Alors … La guerre doit évidemment être traitée avec rigueur ! Comme ici sur le site de la Charente Libre :
Mais sur le plan éditorial, l’équilibre entre cette crise au Moyen Orient ou en Ukraine passée au second plan, relève d’une alchimie complexe à "doser". Un média local n’a pas vocation à commenter heure par heure l’actualité du conflit qui enflamme les pays du golfe ou continue à tuer dans le Dombas...
Mais … Pour ne pas être considéré comme un média seulement "complémentaire", celui qu’on vient lire écouter ou regarder après les chaines nationales, il s’agit de diffuser l’essentiel. C’est important pour la crédibilité du média. Mais surtout, il faut savoir relier le global au local !
Pour les journaux de PQR, radios, et télévisions locales et régionales c'est l’occasion d’estampiller leur différence avec les autres médias, de faire la démonstration de l’impérieuse nécessité de leur format : être un repère, voire un refuge identitaire, dans un moment d’angoissante confusion globalisée…
Regarder le monde, être sensible aux crises, depuis sa fenêtre et avec sa sensibilité, sa culture locale, depuis chaque territoire ! Cultiver sa raison d’être, son ADN … En ces temps désormais globalisés, la dimension"géographique", additionnée à l'incontournable proximité "affective" sont à nouveau, on ne peut plus, d'actualité !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 06 mars 2026.
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Crise internationale, bataille des audiences ... Malgré la révolution du mode de conso, les médias "tradis" engrangent des records d'audience. (le 04-03-2026) |
Les crises internationales majeures provoquent traditionnellement en France un effet d’audience massif et immédiat sur les radios et les télévisions, avec une hausse marquée des médias d’info continue.
Côté TV : le 28 février, les chaînes info ont atteint 14,7 % de part d’audience cumulée, un niveau exceptionnel, avec …
BFMTV : 4,7 % de PdA, soit plus de 13 millions de téléspectateurs cumulés et un pic à 836 000 personnes.
LCI : 4,4 %, avec 601 000 téléspectateurs entre 18h et 20h.
CNews : 3,7 %. Temporairement, la chaîne du groupe Bolloré ne peut plus revendiquer sa place de leader des chaînes d’info.
Et franceinfo : 1,9 % bat ses records d’audience depuis sa création il y a bientôt 10 ans.
Le 1er mars, la dynamique s’est même renforcée : le bloc info a atteint 15,1 % de PdA, avec BFMTV à 5 % et LCI à 4,7 %, soit des niveaux deux fois supérieurs à leurs moyennes habituelles. BFMTV et LCI deviennent les chaînes-refuges, avec un avantage structurel pour BFMTV en volume et pour LCI sur certaines tranches d’analyse.
Mais … TF1 reste la chaîne la plus puissante en volume absolu lors des événements politiques. Son JT gagne entre 2 et 3 points de part d’audience depuis le 28 fevrier.
France 2 bénéficie manifestement d’un effet crédibilité / information renforcé avec une très forte dynamique sur les CSP+ et les 25‑49 ans. Lors de l’allocution du Président de la République, la chaîne a capté presque autant de téléspectateurs que TF1, confirmant sa montée en puissance sur l’actualité chaude.
M6 subit davantage la concurrence lors des événements graves, son JT est le plus affecté par les perturbations de grille. Selon les analystes, la chaîne reste performante sur ses cibles commerciales mais ne profite pas du regain d’intérêt pour l’actualité internationale.
Pour mémoire … Les attentats de 2015 avaient fait bondir les chaînes d’info de +150 à +300 % en quelques heures. La guerre en Ukraine en février 2022 avait entraîné une hausse de +30 à +50 % de l’audience des JT et chaînes d’info sur une semaine !
Côté radios, pas de sondage quotidien, il faudra attendre la prochaine vague publiée par Médiamétrie pour connaître les incidences de cette crise sur les audiences. Toutefois traditionnellement dans ce type de contexte, France Inter, France info, RTL, RMC, et à nouveau Europe 1, qui restent parmi les plus écoutées en France, se renforcent. En situation de crise, ces stations enregistrent généralement une hausse de +10 à +25 % de leur audience quotidienne, une durée d’écoute plus longue (jusqu’à +20 %), et un basculement vers les tranches d’information (matinale, journaux, éditions spéciales).
Jusqu’alors, et malgré l’évolution du mode de consommation des médias, les Français conservent le réflexe de se tourner vers les médias perçus comme fiables et "explicatifs" : radio et TV offrent des éditions spéciales en continu et ces crises renforcent donc la confiance dans les institutions médiatiques traditionnelles. Mais dorénavant, la force de frappe du digital compte aussi, à tel point que les sites et applis d’info voient +30 à +80 % de visites supplémentaires !
Contrairement aux idées reçues, même en cas de crise internationale, les antennes locales ne sont pas délaissées ! Leurs auditeurs fidèles leur font confiance pour connaître les conséquences et les implications régionales. Souvent aussi, elles reprennent des flashs nationaux, ce qui augmente leur crédibilité. Leur maintien, voire parfois leur gain d’audience, dépend de leur capacité à contextualiser localement l’événement international.
Les stations qui investissent dans la déclinaison de l’évènement planétaire et son décryptage gagnent en notoriété durable. Les radios locales ne captent donc pas l’effet de choc massif des chaînes d’info, mais elles bénéficient naturellement de leur valeur ajoutée : dès qu’un événement international a une résonance locale, leur audience progresse comme celles des généralistes nationales.
A une condition : que ces stations de radio et de télévision soient capables de produire du contenu local lié à l’actualité mondiale brulante … Plus que "complémentaires" elles affirment y compris dans les contextes de crise internationale leur statut de média "essentiel".
Les musicales en revanche, dont la valeur repose sur l’évasion, la détente et la routine, souffrent davantage de ces ruptures d’attention. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance structurelle : les jeunes, cœur des musicales, se tournent davantage vers le streaming, qui représente désormais 26 % du volume d’écoute audio quotidien en France. En période de crise, ce public ne revient pas vers la radio mais choisit les plateformes ou les réseaux sociaux pour s’informer autrement. Impossible pour ces stations dont le fond de commerce est le "feel good" d’épouser la douloureuse époque, même quand il s’agit de promouvoir un chanteur qui s’est engagé dans l'armée britannique où il a atteint le grade de capitaine. James Blunt a même participé au combat en ex Yougoslavie ...
Les crises internationales amplifient donc une fragilité déjà existante : concurrence du streaming, perte de différenciation éditoriale, difficulté à capter l’attention dans un environnement anxiogène. Elles renforcent en parallèle la centralité des radios et télévisions d’information, qui cumulent records d’audience, de durée d’écoute et dorénavant en plus, de consommation numérique.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 4 mars 2026.
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