Audiovisuel public : rapport parlementaire attendu lundi prochain, et contre rapport de l'éco système, via la Scam, déjà publié ! (le 29-04-2026) |
L’audiovisuel public n’est plus un dossier technique : c’est un symbole de société, un révélateur de valeurs. Et c’est précisément pour cela qu’il s’impose déjà comme un totem de la campagne présidentielle.
Avant même la publication du rapport parlementaire attendue le 4 mai, un autre texte prend l’initiative : le contre‑rapport de la Scam, la Société civile des auteurs multimédia, porté par des auteurs, des réalisateurs, des journalistes, des documentaristes, des producteurs, ceux qui fabriquent ce que le public regarde.
D’un côté : la vision radicale du rapporteur. Elle met en avant des coûts jugés trop élevés, une gouvernance trop lourde, des rapprochements internes trop lents … Une vision qui voit dans le service public un système figé, coûteux, qui doit se réorganiser, se rationaliser, se moderniser.
De l’autre : la vision de la Scam :
Elle dénonce une lecture partielle, fondée sur des exemples isolés. Elle rappelle que l’audiovisuel public, ce sont des millions d’heures de programmes, et des missions non rentables mais essentielles : l’Outre‑mer ...
Les antennes régionales ...
La jeunesse sans publicité, la culture, l’accessibilité, l’investigation :
Une vision qui voit dans le service public un pilier démocratique, un rempart contre la désinformation, un outil de cohésion nationale. Le service public coûte 57 euros par an et par habitant, un niveau inférieur à plusieurs pays européens. Mais il souffre aussi de rigidités internes, reconnues par tous.
Les deux camps convergent sur un point : une évolution du modèle est devenue incontournable. Pas une révolution, pas une liquidation, pas un statu quo : une mise à jour, enfin, après quarante ans d’attente. Mais parmi les "mis en cause", le journaliste de France Inter et France 5 Patrick Cohen souligne sur le plateau de Quotidien (groupe TF1) que l’idée de privatiser une partie du partie du service public comme le souhaite la droite radicale fragiliserait l’ensemble des médias, y compris et surtout le secteur privé :
Parmi les reproches adressés à France Télévisions, il y en a un qui revient comme un boomerang : "Vous faites trop travailler les producteurs privés !". Mais il faut rappeler un fait historique : c’est l’État lui‑même, via la loi Tasca au début des années 2000, qui a imposé aux chaînes publiques de confier une part significative de leur production à des sociétés privées. Une politique publique assumée, pensée pour soutenir la création indépendante. Autrement dit : il est reproché aujourd’hui au service public d’avoir appliqué… la loi.
L’objectif affiché à l’époque était de soutenir la création indépendante et de dynamiser l’industrie audiovisuelle française, la réforme visait aussi à éviter une production trop internalisée, jugée à l’époque peu compatible avec le développement du secteur privé. Elle a fixé des quotas précis de production externalisée, devenus des obligations légales pour les chaînes publiques. Cette politique publique a profondément structuré le marché, en installant durablement un modèle mixte public‑privé. Aujourd’hui encore, ces obligations expliquent donc une grande partie du recours aux producteurs privés par France Télévisions. Les critiques actuelles sur l’externalisation excessive devraient donc être replacées dans ce cadre législatif voulu par l’État. La loi Tasca reste un tournant majeur dans l’organisation de la production audiovisuelle française, avec des effets toujours visibles.
Ce cadre a en effet structuré un modèle où France Télévisions est devenue un financeur central de la création, et ne pouvant internaliser qu’une part limitée de la production. L’effet mécanique a été une montée en puissance durable des sociétés de production privées, désormais destinataires d’une part majoritaire des investissements. La production interne s’est progressivement recentrée sur la coordination éditoriale et la gestion des commandes. Le secteur privé s’est développé, mais avec une forte fragmentation et une dépendance accrue aux commandes publiques. Ce dispositif a façonné un écosystème où l’externalisation n’est plus un choix industriel mais une conséquence réglementaire. Le modèle reste aujourd’hui structurant pour l’ensemble de la filière audiovisuelle française.
Deux visions, deux préconisations, deux modèles de société… Le rapporteur privilégie la restructuration, la rationalisation, la performance. La Scam défend la mission, la diversité, la continuité du service public. L’un parle d’efficacité, l’autre de cohésion. L’un voit des rigidités, l’autre voit un patrimoine. L’un veut un service public plus agile, l’autre veut un service public plus fort.
Et c’est pour cela que ce dossier devient un totem de campagne qui participe déjà aux leaderships en vue de la Présidentielle.
Parce que le service public de l'audiovisuel touche tous les publics, cherche à servir toutes les générations, et tous les territoires ! Il dit quelque chose de la France que chacun veut dessiner : une France qui optimise, ou une France qui protège. Une France qui rationalise, ou une France qui investit dans le commun. Ce débat n’oppose pas des “pro” et des “anti”-service public. Il oppose deux visions de la société. Deux manières de lire la même maison : ceux qui y voient des fissures, et ceux qui y voient un patrimoine. La ministre de la culture s‘est exprimée ce mardi à l’Assemblée Nationale :
Lundi prochain, le 4 mai, les préconisations radicales du rapporteur ciottiste seront publiées. Elles ne mettront pas fin à la discussion. Elles ouvriront la suivante : celle pour laquelle il faudra décider, collectivement : quel audiovisuel public la France veut-elle pour les vingt prochaines années, et quelle société veut-elle raconter à travers lui ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 29 avril 2026.
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Audiovisuel public : un consensus au delà des options politiques ... Il faut que ça bouge ! Edito. (le 28-04-2026) |
Le rapport sera donc publié lundi prochain, le 4 mai, suite au vote hier lundi, des membres de la commision d'enquête parlementaire. Un vote “technique”, paraît-il… 12 députés ont voté pour la publication du rapport, 10 s’y sont opposés et 8 se sont abstenus
Socialistes, Insoumis, écologistes et le communiste, contre. Tous les députés de droite et d’extrême droite, pour : les six élus RN, le rapporteur ciottiste Charles Alloncle lui-même, les 2 LR ainsi qu’une députée non-inscrite de Vendée. Deux autres parlementaires les ont rejoints : celui du groupe Liot et le Président Horizon de la commission, Jeremie Patrier-Leitus. A part lui, la quasi-totalité du bloc central s’est abstenue dont la représentante du parti d’Édouard Philippe, comme les 2 députés du Modem.
Dans l’hémicycle, on appelle ça de la nuance. Dans un billet d’humeur, en studio ou en plateau, on appelle ça "laisser la porte grande ouverte en jurant qu’on n’a pas touché la poignée." Tout le monde semble découvrir que la loi qui régit l’audiovisuel public date de 1986 ! L’époque où on se battait pour programmer un magnétoscope et où les chaînes privées étaient une nouveauté exotique.
Pendant ce temps, le web et les réseaux sociaux ont tout renversé. Les usages, les formats, les audiences, la vitesse, la hiérarchie de l’info. TikTok a remplacé le zapping. YouTube a remplacé les documentaires du dimanche soir. Instagram a remplacé les magazines culturels. Et X (ex‑Twitter) a remplacé les éditos… parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Le service public, lui, a tenté de prendre le train en marche, parfois avec succès en investissant sur la complémentarité entre les chaines traditionnelles et le digital... Mais pour l'essentiel, les entreprises sont globalement restées engoncées dans une loi écrite à l’époque où l’on pensait que la télécommande était une révolution technologique.
Pourtant, ce n’est pas faute de volonté politique de la part de sa tutelle ! Depuis 2017, les ministres de la Culture se succèdent comme dans un casting : Franck Riester et sa “cohérence stratégique”, Roselyne Bachelot et son “modèle à bout de souffle”, Rima Abdul‑Malak et “l’urgence de clarifier les missions”, Rachida Dati et ses “réformes nécessaires”.
Mais les dirigeants de l’audiovisuel public n’ont avancé qu’à petits pas, malgré les demandes répétées de leur tutelle. Le rapprochement entre Franceinfo TV et Franceinfo radio est toujours en chantier, pour ne pas dire au point mort, idem pour le rapprochement du réseau ICI avec France 3 Régions… France TV fait même marche arrière, en ne financant plus les éditeurs visuels pour la co-diffusion sur son réseau des matinales des radios locales. Difficultés budgétaires, de conventions collectives, d’organisation, de culture d’entreprise : brillantes sur le papier, ces évolutions voulues par le politique n’ont été jouées que comme un puzzle sans notice, en mode “ralenti”, comme si le web n’avait pas déjà mis tout le monde au pas de course.
Alors comme toujours, pour ou contre la publication du rapport, tout le monde semble d’accord pour dire qu’il faut changer quelque chose, mais surtout pas trop vite, ni trop fort, ni trop visiblement. Au lendemain du vote, la CGT a dégainé ce mardi la première. Plus rapide qu’un scroll sur TikTok, plus sonore qu’un jingle de Franceinfo. Un communiqué tombé ce matin, sans ambiguïté : "Encore une fois, l’extrême droite a mené un travail de sape minutieux de la confiance que les Français·es ont dans leur Audiovisuel Public : il s’agit d’une véritable guerre culturelle."
Le syndicat promet de “lutter de toutes ses forces”. La bataille sociale est déjà lancée, avant même que la campagne politique ne commence réellement. La CGT, qui connaît ces maisons comme personne, et qui a souvent co‑géré les équilibres internes pendant que les directions cherchaient la paix sociale, se retrouve aujourd’hui en première ligne. Comme si tout le monde découvrait soudain que la guerre culturelle ne se joue pas seulement sur les plateaux, mais aussi dans les couloirs.
Certains élus ont donné le ton durant les 6 mois de commission comme Philippe Ballard député RN et ex journaliste : "Quand j’écoute France Inter, j’ai l’impression d’être dans une réunion de la NUPES." D’autres ont parlé de “déséquilibres éditoriaux”, de “manque de pluralisme”, de “nécessité de moderniser”. Et dans le privé, on a observé tout cela avec un calme olympien. Xavier Niel rappelant que “la concurrence doit être loyale”. D’autres groupes estimant que “le marché doit être rééquilibré”.
Résultat : un vote qui ne dit rien… mais qui dit tout. Un vote qui ne prédit rien de la présidentielle… mais qui annonce clairement l’après. Un vote qui montre que la remise à plat n’est plus une hypothèse, mais s’apparente sans doute désormais à un passage obligé.
Parce que pendant que le Parlement s’interroge, pendant que les dirigeants s’expliquent, pendant que les syndicats s’enflamment, le web, lui, n’attend personne. Et dans ce paysage, l’audiovisuel public n’a ou plutôt n’aura sans doute plus le choix : changer, ou être changé…
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 28 avril 2026.
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Le rapport sur les 6 mois d'auditions de la Commission d'Enquête Parlementaire sur l'audiovisuel public sera bien publié ! (le 27-04-2026) |
Plus de 4 heures de débats à huis-clos, et selon certaines sources de procès à l'encontre du rapporteur ! Mais, les conclusions radicales de Charles Alloncle seront bien publiées : Sur 30 votants, à 2 voix près, elles seront publiées ! Info saluée en direct par CNews :
Trois jours de fuites dans la presse des préconisations du député ciottiste héraultais n'ont donc pas contribué à dynamiter ce qui ne pouvait tout de même pas faire consensus. D'après ces infos, les propositions de Charles Alloncle de la droite radicale, tranchent pourtant dans le vif : suppressions de chaînes, fusions, coupes budgétaires massives, recentrage éditorial… Autant d'annonces qui ont mis le feu aux poudres avant même que les députés ne puissent en débattre sereinement.
Dans les couloirs du Palais Bourbon, on a parlé de censure , de manœuvres, de fake news. Le rapporteur lui-même a accusé certains élus et médias d'avoir cherché à discréditer son travail pour justifier un vote défavorable.
La commission s’était en effet fracturée dès le 1 er jour les positions s'étaient figées, les esprits s'étaient enflammés. Le PS s’en explique :
Même argumentation du côté des écologistes
La réflexion de l’ex premier ministre centriste en campagne pour les présidentielles Gabriel Attal, ce matin sur Europe 1 :
La droite traditionnelle en revanche souhaitait que le rapport soit publié :
Une idée ressort en tout état de cause sur tous les bancs : il serait temps d’actualiser les textes qui régissent l’audiovisuel public comme le dit le Président de la commission Jérémie Patrier-Leitus au Figaro. Ils n’ont pas été revus depuis 40 ans …
La publication de ce rapport était sans doute souhaitée par un large du public qui s'est intéressé aux débats depuis 6 mois. Comme le dit cet auditeur, sur Sud Radio :
Comme un symbole c’est chez Cyril Hanouna que le rapporteur choisit dès ce soir de rendre publiques ses premières réactions !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 27 avril 2026.
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Rapport explosif, consensus introuvable ... L’après‑midi de tous les risques ce lundi, vers un échec prévisible de la commission parlementaire sur l'audiovisuel public. (le 27-04-2026) |
Il arrive que le Parlement éclaire un sujet complexe. Et il arrive aussi que la lumière se brouille en chemin. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, créée pour analyser missions, financement et gouvernance, aura finalement surtout révélé la difficulté de mener un débat serein sur un secteur où se croisent service public, intérêts privés et attentes démocratiques : résultat des courses ce lundi après-midi.
Dès les premières auditions, les lignes de tension apparaissent. Lorsque Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions, rappelle les obligations de sécurité civile, de continuité et de pluralisme, le rapporteur Charles Alloncle recentre immédiatement la discussion sur la question de l’impartialité. Le président Jérémie Patrier‑Leitus intervient pour maintenir le cadre. Le ton est donné : l’exercice sera exigeant.
Quelques jours plus tard, Sibyle Veil, PDG de Radio France, détaille les mécanismes internes de contrôle éditorial. Le rapporteur interroge la robustesse de ces dispositifs. Le président recadre, rappelant que la commission doit examiner les faits, pas les intentions. La séance est suspendue, signe d’un dialogue déjà sous tension.
L’audition de Laurent Guimier, aujourd'hui directeur du réseau des radios ICI et ancien directeur de l’information de France Télévisions, illustre la même difficulté. Il expose la séparation stricte entre rédaction et direction. Le rapporteur insiste sur des risques de dérive. Le président intervient pour rappeler le périmètre de la commission. L’échange, technique au départ, devient rapidement symptomatique d’un débat qui peine à se stabiliser.
Autre moment révélateur : l’audition d’un producteur indépendant venu expliquer le fonctionnement du financement privé. Il précise ne bénéficier d’aucune subvention publique. Le rapporteur interroge néanmoins l’impact du système sur la concurrence. Le président suspend la séance pour rétablir un climat de travail. Un geste devenu récurrent.
Même l’audition de Roch‑Olivier Maistre, ex président de l’Arcom, pourtant centrée sur le droit et les obligations légales, se transforme en débat sur la définition du pluralisme. Maistre rappelle le cadre réglementaire. Le rapporteur évoque des insuffisances structurelles. Le président tente de ramener la discussion à l’objet initial.
Et puis, il y a, à la fin … Un rapport volumineux, fuité avant même d’être voté, contenant des propositions jugées trop radicales par plusieurs membres de la commission. Certains députés estiment qu’il ne peut être adopté en l’état. D’autres dénoncent les fuites comme une tentative de fragiliser le travail du rapporteur.
L’échec, prévisible, ne sera pas seulement celui d’un texte. C’est celui d’un dispositif qui n’a jamais réussi à concilier analyse institutionnelle et confrontation politique. Une commission née dans la défiance, conduite dans la tension, et terminée dans l’incapacité à produire un consensus. Elle devait clarifier l’avenir du service public audiovisuel. Elle aura surtout rappelé combien il est difficile, aujourd’hui, de mener une enquête parlementaire apaisée sur un secteur où l’information, la régulation, le Meta média et les intérêts privés s’entrecroisent.
Thierry Mathieu e-crossmedia, à la mi-journée du 27 avril 2026. Dans l’attente de ce que pourra donner in fine cette sulfureuse Commmission d’enquête parlementaire.
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Audiovisuel public : les fuites dans la presse des propositions du rapporteur Alloncle plombent elles le rapport ? Il doit être discuté demain par la commission. (le 26-04-2026) |
Charles Alloncle dénonce des “fuites organisées”.
Pour nombre d’observateurs en effet, quand un rapport se retrouve dans les journaux avant d’être sur la table, c’est en effet rarement bon signe. Cela signifie que la bataille politique a commencé en coulisses, que les lignes sont figées, et que la publication pourrait devenir un champ de mines…
Depuis 68 ans que ces commissions existent, elles ont pourtant souvent abouti alors que les thèmes étaient très sensibles …
Par exemple, sur la Concentration des médias en France, l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, sur la Gestion de la pandémie de Covid‑19, ou la Radicalisation islamiste .
lI y a eu aussi Cahuzac, le moment où la République a découvert que la morale fiscale pouvait fondre en direct. Puis Benalla, l’audition qui a transformé l’Assemblée en série politique, avec rebondissements, contradictions et sueurs froides. Ou le Dieselgate qui a exposé les petits arrangements industriels avec la vérité.
A propos de la fuite des préconisations du rapporteur Alloncle, CNews se demande à qui profite "le crime" ...
Une commission d’enquête, c’est un contrat moral avec le public, même si celle-ci ne s’est pas déroulée sereinement comme le regrette sur le site de Jean-Jacques Bourdin la Présidente de l’Assemblée nationale :
Lors d’une commission, on auditionne, on questionne, on promet la lumière… et à la fin, il doit y avoir un texte. Sans rapport, il ne reste qu’un parfum de désordre. Comme le note RTL le jour ou le rapporteur a remis ses conclusions :
Depuis quarante‑huit heures, ce parfum est devenu une odeur de poudre. En effet d'après les infos publiées ses orientations sont si radicales qu’il est inimaginable qu’un consensus puisse être trouvé. C’est déjà arrivé il y a 15 ans à propos des syndicats ...
Si le rapport sur l’audiovisuel public devait ne pas être publié, faute de consensus, ce serait un rendez‑vous manqué, comme une série sans épilogue, en attendant la saison 2 après l'élection présidentielle ...
A lire ou relire ... Notre article sur les mesures publiées par la presse dont originellement Le Monde et l'AFP :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 avril 2026. |
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Audiovisuel public : l'improbable document final de la commission d'enquête, vu les propositions du rapporteur. Sinon, en mode "Mariage de la carpe et du lapin" ! (le 25-04-2026) |
Radicales … Sont les propositions de Charles Alloncle pour l’audiovisuel public, comme le sont les convictions de droite … radicale de son parti !
Charles Alloncle dénonce ce samedi sur son compte X et sur le site du JDD la publication de ces fuites par nombre de médias :
Toujours est-il que selon Le Monde et l'AFP qui ont sortis les premiers ces infos, son rapport reviendrait dans les grandes lignes à réduire, fusionner, recentrer, et contrôler.
Suppressions : France 4, Mouv’, France TV Slash. Fusions : France 2 avec France 5, France 3 avec le réseau ICI, France Info avec France 24, et même l’INA avec la BNF !!!
Ces propositions sont dans la ligne des idées de l’UDR qui a initié la création de la commission d’enquête, suite à la publication par un site de droite radicale de la vidéo volée de 2 journalistes en discussion privée avec 2 député PS Comme l’expliquait alors la généraliste Bolloréiste Europe 1...
C’est sur la neutralité des journalistes et l’indépendance du service public que le contraste a été le plus net au fil des auditions . Philippe Ballard, député RN, avait donné la tonalité la plus tranchée de la commission : "Quand j’écoute France Inter, j’ai l’impression d’être dans une réunion de la NUPES… On ne peut pas continuer à financer des chaînes qui font de la propagande." Comme il l’a affirmé lors de la commission, en mettant en cause Thomas Legrand qui prétendait respecter le pluralisme :
La question centrale est désormais sans doute : quelle place veut‑on donner au service public audiovisuel dans la démocratie française ? Le rapporteur a défendu l’idée que l’audiovisuel public devait "rendre des comptes" et qu’il avait été "trop sanctuarisé". Même si au début des auditions il prétendait sur Sud Radio vouloir faire preuve de retenue et adopter une posture non partisane :
Pour les uns, l’audiovisuel public doit être restructuré radicalement : rationalisé, placé sous un contrôle politique renforcé et recentré sur des missions strictes. Pour les autres, il doit rester un pilier indépendant, garant du pluralisme et de la cohésion démocratique.
Une question prévaut désormais : ces propositions du rapporteur pourront-elles cohabiter avec celles des autres membres de la commission, représentatifs de l’ensemble de l’assemblée nationale, tant les idées portées par les uns et les autres sont antinomiques ? Au lancement le 25 novembre dernier, il y a donc pile 6 mois aujourd'hui, le Président Jérémie Patrier-Leitus avait d’ailleurs précisé la règle du jeu …
Et si ces travaux n’aboutissaient pas à des préconisations, tant est inenvisageable un consensus ? Et si ces mois de barnum politico médiatique n’avaient servi à rien ? Sinon à donner le ton de la campagne présidentielle qui ne fait que débuter …
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 avril 2026.
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40 ans de micro ! L'une des grandes voix d'ICI Nord, champion de la proximité s'il en est, tire sa révérence ce vendredi. Hommage à Olivier Paulet (le 23-04-2026) |
40 ans sur les ondes dont plus de la moitié à Lille… Animateur dans l’âme, Olivier Paulet tire sa révérence au micro d’ICI Nord, où il a animé tous les styles d’émission, de divertissement, d’info, et de service. Toujours concerné par les sujets traités, parfois aussi, bien inspiré, comme au moment des récentes discussions sur les retraites …
Tant au sein de sa station qu’au service de l’ensemble du réseau des radios locales en réalisant des séries ou des chroniques diffusées partout, Olivier Paulet a toujours eu à cœur de servir les publics tout en étant une locomotive au sein des équipes.
40 ans de radios au compteur, dont 38 au sein des radios locales de Radio France... "J’ai débuté en effet à Perrine FM, une station privée à Laval, avant d’intégrer Radio Mayenne, l’une des 3 premières stations de service public de France, puis je suis allé en Franche Comté où j’ai beaucoup appris. Après Belfort, je suis venu à Lille en en me disant tiens, c’est une grosse locale, ça va être un tremplin, une bonne carte de visite, je vais y passer 2 ou 3 ans et puis j’irai voir ailleurs... Mais j’ai adoré les gens ici !"
"J’ai failli aller travailler dans le sud, mais à la dernière minute j’ai choisi de rester ici, dans le Nord ".
"L’important c’est de parler vrai quoi … Y’a pas de chichi ici. A partir du moment où on commence à parler sans être sincèrement proche des gens, ils le sentent tout de suite ! I ll faut parler normalement comme dans la vie, comme dans la rue, comme au bistrot, être sincère en fait ! Il faut être vrai avec les gens, gentiment curieux, s‘intéresser vraiment à eux, aux plus humbles comme aux personnalités qui sortent du commun…"
A mi-chemin de votre parcours un facteur a sacrément changé la donne : Internet. Et depuis quelques années l’émergence des réseaux sociaux … "J’ai du mal à prendre le virage numérique. Je n’ai pas pris le train en marche …"
La radio et l’écriture continueront à avoir du poids dans votre vie ? Même si parfois l’évolution fait un peu halluciner …
Comme vous l’avez d’ailleurs abordé en d’autres termes à l’antenne !
"Même si je quitte officiellement la station ce vendredi, j’ai encore des idées en tête ..."
"'Dans les années 90, Max Chari notre responsable des programmes à Radio France Belfort-Montbéliard nous demandait de débuter chaque émission par un petit billet d’humeur, écrit, travaillé, pour que les passages d’antenne échappent aux banalités d’usage. Ca m’est resté : hors de question d’arrêter d’écrire … Au delà du contact en direct avec le public, j’ai vraiment aimé produire des séries, souvent humoristiques. L’une d’entre-elles a même été primée à un festival à New York !"
Hommage à l'antenne à Olivier ce vendredi sur ICI Nord :
Thierry Mathieu e-crosmedia Le 23 avril 2026. |
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Fausses infos en quarantaine ? 40 ans après Tchernobyl, quelle leçon tirer du nuage radioactif qui n'avait prétendument pas franchi la frontière française ? Une telle fake news d'état serait-elle aujourd'hui déjouée ? (le 23-04-2026) |
1h23 du matin, le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, un essai technique dérape. Le réacteur n°4 explose. Une colonne de particules radioactives s’élève dans le ciel ukrainien. À cet instant précis, personne ne le sait encore, mais l’Europe sans en avoir conscience entre dans l’une des plus grandes crises sanitaires et médiatiques de son histoire.
Et en France, quarante ans plus tard, un souvenir tenace demeure : le fameux “nuage radioactif” aurait selon la légende, respecté la frontière française avec une courtoisie presque diplomatique !
Une image devenue un mythe, un réflexe, un running gag national : “On nous refait le coup du nuage de Tchernobyl”. De nombreux documents confirment que le nuage a touché entre autres l’Alsace, la Lorraine, la Bourgogne, le Sud-Est et la Corse dès le 29–30 avril 1986. Comme le raconte cet insulaire dans le documentaire de France 3 Via Stella.
En réalité, le 26 avril, aucune autorité française n’a affirmé que le nuage s’est arrêté à la frontière. Mais une communication hésitante, un bulletin météo mal compris, un panneau STOP mal placé sur une carte à la tv, ont donné naissance à une légende. Une légende qui, quarante ans plus tard, continue d’alimenter la défiance. Parce qu’elle symbolise une époque où l’information circulait lentement, et les erreurs mettaient des années à se dissiper.
La France a connu d’autres brouillages informationnels : Le sang contaminé, présenté comme sans danger avant que la justice ne tranche, l’amiante, longtemps décrite comme maîtrisée alors que les risques étaient connus, ou la "vache folle", minimisée avant que la crise ne s’impose.
Des erreurs, des dénis, des lenteurs … Il n’y avait pas alors de rumeurs sur les réseaux sociaux mais des failles institutionnelles qui ont laissé des traces profondes. Aujourd’hui, la désinformation n’attend plus le 20 heures. Elle naît sur un smartphone, se propage en quelques minutes, et peut provoquer des réactions très réelles. On a vu des fausses alertes attentat déclencher des mouvements de foule, des clips de guerre issus de jeux vidéo présentés comme authentiques, des deepfakes politiques, où des dirigeants semblent annoncer des décisions imaginaires. Comme le raconte l’équipe de C dans l’air sur France 5 avec ce cas à Moscou :
La désinformation est désormais instantanée, virale, technologique. Alors, un “nouveau nuage de Tchernobyl médiatique” serait-il possible ?
Ce serait sans doute beaucoup plus difficile ... Parce que nous avons des données publiques, des mesures indépendantes, des satellites, des ONG vigilantes, et une contre‑expertise citoyenne permanente.
La diffusion d'une telle face news serait-elle encore possible ? La vitesse, la confusion et la puissance des images peuvent encore transformer une maladresse en certitude collective. Dans ce brouhaha numérique, une chose reste essentielle : le savoir-faire des médias professionnels demeure le meilleur repart contre la désiformation.
Ils ne sont parfaits puisqu’ils peuvent toujours mal évaluer, être abusés, et corriger mais trop tard. Celà dit, ils disposent de rédactions, de méthodes, d’outils vérifications, de chartes, et de responsabilités éditoriales.
Dans un monde où tout circule, s’emballe, se ressemble, la différence entre une rumeur et une information, c’est le savoir-faire et la déontologie des pros. Dans le tumulte des réseaux et des certitudes instantanées, chaque citoyen, devenu internaute, a plus que jamais besoin de ce que seuls les médias professionnels savent encore offrir : l'obligation de vérifier, la rigueur de douter, et la modestie de reconnaître quand ils se trompent, pour que chacun puisse identifier une information solide d'une fake news.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 avril 2026.
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Contre les tromperies de Trump ? Deadline, un "média" qui fait autorité aux USA. Focus sur la couverture journalistique du Président Etasunien chez lui, et Vu d'ici. (le 22-04-2026) |
Aux États Unis, Deadline, c’est un peu le “back office” : un média qui ne raconte pas l’actualité, mais comment les médias "fabriquent" l’actualité.
Vu de France, ce serait un mélange improbable entre Satellifax, la rubrique Médias du Monde, Arrêt sur image, ou Puremédias l’hebdo sur T18… Deadline observe tout : les tensions entre chaînes, les stratégies éditoriales, les coups de pression politique, les erreurs, les manipulations, les revirements. Quand la Maison Blanche tente d’influencer une rédaction, Deadline le raconte. Quand une chaîne change de ligne éditoriale, Deadline explique pourquoi C’est un outil pour comprendre non seulement ce que disent les médias américains, mais pourquoi ils le disent, et comment leurs choix éditoriaux influencent finalement … la perception du monde.
Donc … Deadline ne raconte pas la guerre en Iran, mais la guerre des récits entre Donald Trump et les chaînes d’info. Quand Trump accuse CNN d’avoir relayé un faux communiqué iranien, accusation que la chaîne dément, Deadline ne commente pas : il documente. Deadline montre comment les médias américains sont désormais obligés de vérifier, recadrer, contredire presque en temps réel les déclarations présidentielles.
Et c’est là que se joue le glissement : ce ne sont plus seulement les faits qui sont couverts, mais les tensions autour des faits. Résultat : la presse américaine commence à qualifier plus ouvertement certaines affirmations de trompeuses, non par posture, mais parce que le rapport de force devient lui-même une information.
Deadline, en observateur technique, révèle cette mécanique. En tous cas … Ce qui frappe depuis le début de la guerre en Iran c’est que les médias américains et les médias français ne vivent pas dans le même monde. Ils ne racontent pas la même guerre, ne regardent pas les mêmes enjeux… Parce qu’ils ne parlent pas aux mêmes publics !
Aux États-Unis... Les grandes chaînes CNN, Fox News, MSNBC, ABC News, CBS News, NBC News ont un réflexe automatique : tout ramener au président américain. CNN ou CBS ouvrent leurs éditions spéciales sur ses déclarations.
MSNBC analyse les conséquences politiques intérieures. Fox News insiste sur la fermeté et la posture stratégique. NBC News suit les réactions du Pentagone minute par minute. Même les radios comme NPR, ABC Radio, SiriusXM, iHeartRadio structurent leurs matinales autour de ses prises de position. Et les stations locales, comme WABC New York, KFI Los Angeles, WGN Chicago reprennent ce cadrage national centré sur la personnalité.
Vu de France, ce traitement ressemble à un feuilleton politique permanent. Une dramaturgie continue. Un récit où la guerre devient un test de leadership intérieur.
Ecoutons nos radios : France Info ouvre sur les risques d’embrasement régional. France Inter s'interroge les tensions transatlantiques et sur la confiance encore accordée à leur Président par les américains :
RTL met en avant les conséquences pour la sécurité européenne et s'interroge, également !
Europe 1 analyse les réactions diplomatiques. RMC insiste sur les enjeux militaires. France Culture contextualise avec les chercheurs, les historiens, les diplomates. Radio Classique relie le conflit aux marchés et à l’économie mondiale. Le réseau ICI, Radio France et France 3 dans son rôle, ramène le sujet aux préoccupations locales : énergie, sécurité, économie.
Côté télévisions, même contraste : France 24 multiplie les correspondants sur le terrain et tente d'expliquer l'inexplicable ...
BFM TV suit les réactions politiques françaises et européennes. LCI met en avant les experts militaires et géopolitiques. Arte analyse les implications pour le droit international. TF1 et France 2 contextualisent dans leurs JT du soir. LCP donne la parole aux aux juristes, aux parlementaires et aux diplomates .
Vu de France, la guerre n’est pas un feuilleton politique : c’est une crise géopolitique, un risque systémique, un défi pour l’ordre international : Deux continents, deux récits, deux visions du monde. Les médias américains racontent une bataille politique, les médias français racontent une bataille géopolitique. Vu de France, la réponse n’est pas seulement éditoriale, elle est stratégique.
Même si nous n’avons pas de média dédié pour décrypter ce qui est diffusé, comme Deadline aux USA !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 22 avril 2026. |
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Le web attire, l’antenne fidélise : l’un tease, l’autre incarne ! Radios et TV se créent des médias parallèles sur le web, mais comment garantir un feed-back vers les offres prémiums ? (le 21-04-2026) |
Les internautes consomment les extraits, les capsules, les formats courts, les moments forts que les radios et les télévisions publient sur le web… Mais ils ne reviennent pas pour autant en masse pour écouter ou regarder les antennes traditionnelles. Le web leur donne assez ...
Assez d’info, assez de divertissement, d’émotion, de musique, de repères. Le teaser devient le produit, le fragment devient la destination, et l’antenne n’est plus perçue comme la suite naturelle.
Et si la radio et la télévision n’étaient décidément pas des vestiges d’un autre temps ? Et si, ces médias s’organisaient vraiment pour affirmer qu’ils conservent un rôle décisif, irremplaçable, dans un paysage saturé de contenus instantanés ? Et si, surtout, les teasing numériques devenaient leur arme la plus efficace pour ramener les publics vers eux ?
Parce qu’à observer l’évolution du mode de consommation des médias, les formats courts deviennent des concurrents. Alors qu’ils devraient surtout devenir des éclaireurs, des avant-postes, des signaux lumineux dans l’océan algorithmique...
Le réseau ICI, alliance entre France Bleu et France 3 Régions, propose sous nos yeux de téléspectateurs, auditeurs, et désormais internautes une belle expérimentation : des vidéos locales, humaines, incarnées, qui inondent les réseaux devraient être plus pensées pour que les internautes reviennent vers le 19/20, ou vers les matinales locales co-diffusées en région… Parce que le web peut attirer, et ensuite la radio et la télévision rassembler.
Les radios culturelles sont dans la même dynamique : France Culture, France Musique, Radio Classique : des capsules verticales circulent sur le web, intriguent … Dans un monde saturé de bruits, ces stations offrent du sens. Il s’agit que le public revienne chercher ce que les plateformes ne savent pas produire : de la nuance, de la transmission, de l’intimité. Arte transforme chaque capsule en invitation au documentaire long.
France 5 et France 2 utilisent les réseaux comme tremplin vers le direct, vers l’enquête, vers le débat : le web peut ne plus être un siphon, mais devenir un pont.
Les radios musicales jeunes comme NRJ, Skyrock ou Fun Radio ont elles aussi compris la mécanique en publiant des captations en vidéo de séquences d’antenne calibrés pour TikTok, des moments drôles, des défis, des interactions. Mais c’est le direct, le morning, la bande, la voix, qui fidélisent : le web capte l’attention, mais c’est la radio qui crée toujours l’appartenance.
Même si le défi est difficile, particulièrement auprès du jeune public ... Il vit dans un flux permanent, consomme des contenus mais pas des rendez-vous, s’attache aux créateurs plus qu’aux marques. Il ne revient pas spontanément vers les médias traditionnels.
C’est pour cela les acteurs de ces médias doivent être militants et proactifs pour leurs médias prémiums : la radio et la télévision. Ces médias ne sont pas que des offres de contenu : ils sont une relation, une voix, un territoire, une communauté, une responsabilité… Le web se doit d’être leur vitrine mais la radio et la télévision restent la maison. Elle se doit de rester ouverte, vivante, accueillante, indispensable. Dans ce monde saturé de flux, les chaînes de radio et de télévision "tradis" doivent se donner les moyens de demeurer des repères, des phares, des lieux où l’on revient, où l’on comprend, où l’on respire.
Alors, comment gagner cette bataille face au web ? En cessant de la mener contre lui. En la menant avec lui, en transformant chaque capsule en promesse. Chaque extrait en invitation. Chaque moment court en passerelle vers un moment long.
Le web doit être une vitrine, les publications des radios et télévisions doivent rester avant tout des teasers, pas devenir des médias parallèles. Leur rôle est de créer l’envie, de susciter la curiosité, d’ouvrir une porte vers le direct et les programmes longs. Pour les jeunes publics, ces formats courts doivent fonctionner comme des appâts éditoriaux, conçus pour ramener vers l’antenne et ce que les plateformes ne peuvent offrir : la voix, le lien, le rendez‑vous.
Le web n’est pas une fin en soi, mais doit être un tremplin vers à nouveau, les médias traditionnels.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 21 avril 2026.
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