25 ans après AZF à Toulouse, et la création d'une radio "événementielle" par le service public. Quid de ces antennes temporaires, avec les RS ? (le 22-09-2026) |
Le 21 septembre 2001, à 10h17, Toulouse explose. AZF vient de sauter. Une onde de choc traverse la ville, les vitres volent, les toits s’effondrent, les sirènes hurlent.
Dans les premières minutes, personne ne comprend ce qui se pase. Mais une certitude s’impose : il faut parler à la ville... Comme en témoignent ces premières images de France 3 archivées par l'INA :
À peine rentré de New York où il accompagnait Jacques Chirac à Ground Zéro, Jean‑Marie Cavada, président de Radio France, ordonne la création immédiate d’une antenne exceptionnelle.
M Toulouse, une station de service public au sens noble du terme, une radio de crise, montée en quelques heures, pour une ville qui cherche un repère dans le chaos.
Les équipes de France Info, de France Inter, des locales, se mélangent, se relaient, improvisent sous la houlette de Freddy Thomelin. Les techniciens bricolent un canal interne pour coordonner les duplex, les consignes de sécurité, les messages de la préfecture. Les journalistes parlent avec les habitants, les secours, les scientifiques. Les voix tremblent parfois, mais l’antenne tient. M Toulouse devient la respiration de la ville. Vingt‑cinq ans plus tard, cette antenne reste unique : la première radio de crise du XXIᵉ siècle, le prototype de ce que pourrait être un service public audio en situation extrême, un geste de radio pur, brut, immédiat.
Sa mémoire est proposée par le réseau ICI à ne pas manquer, en podcast. https://www.ici.fr/emissions/mon-azf-histoires-de-toulousains/toulouse
Auparavant une première expérience avait été menée que beaucoup ont oublié : "Radio Solidarité" une radio éphémère lancée par Radio France au début des années 1980, spécialement destinée aux sans‑abris. Diffusée en ondes moyennes, elle permettait d’être reçue sur des postes anciens, souvent les seuls accessibles aux personnes en grande précarité. Son contenu mêlait informations pratiques, orientation vers les services sociaux, messages de solidarité et présence humaine continue. Initiative unique dans l’histoire du service public, Radio Solidarité demeure l’un des rares exemples de radio sociale conçue pour répondre directement aux besoins des plus vulnérables.
Ensuite, en 1992 : la Radio des JO d’Albertville. Un studio de Radio France en lien avec le COJO est installé au cœur du dispositif olympique, avec des journalistes dédiés, des directs depuis les pistes, les patinoires, les villages olympiques. Des chroniques sur les athlètes, les épreuves, les coulisses.
Une fois les Jeux terminés, la radio ne s’éteint pas. Elle redevient la radio locale permanente et se développe même… C’est aujourd’hui ICI Pays de Savoie.
Arrive donc ensuite en 2001 M Toulouse, la première radio de crise du XXIᵉ siècle. Elle est suivie par plusieurs autres initiatives, privées cette fois, comme en 2010 Radio La Faute pour la tempête Xynthia.
Tous les médias sont mobilisés, avec aux premières loges la locale de service public France Bleu Loire Océan comme le prévoit la convention avec le ministère de l’Intérieur. Mais La Faute‑sur‑Mer est isolée, submergée, coupée du reste du département. La préfecture demande un canal hyper‑local qu’autorise le CSA. TDF installe un émetteur. Les radios associatives locales prennent le micro. C’est une offre d’hyper proximité pure : consignes, points de regroupement, hébergements d’urgence.
En 2014 : Radio Var Inondations : France Bleu Provence et les radios locales privées couvrent le département. Mais La Londe‑les‑Maures et Hyères sont coupées du monde.
La préfecture veut un canal exclusivement dédié aux alertes. Le CSA autorise une radio temporaire. TDF installe un émetteur. Des radios locales amateurs assurent l’antenne. Une radio d’alerte : évacuations, routes, écoles, eau potable.
Après le passage dévastateur du cyclone Irma les 6 et 7 septembre 2017, Radio France a créé en urgence une radio de crise baptisée "Urgence Infos Îles du Nord ".
Eelle est destinée aux habitants de Saint‑Martin et Saint‑Barthélemy. Mise en service le 10 septembre à 16h30, en un temps record, pour rétablir un canal d’information vital dans des îles où les réseaux étaient détruit
Et puis en 2020, c’est moins connu, il y a eu des Radios Covid : les radios du lien social ... La crise sanitaire crée un besoin inédit : des radios de proximité ultra‑fine… Comme Radio Confinement depuis un collège en Bretagne montée par les enseignants pour maintenir le lien avec les élèves isolés : des cours audios, des lectures, des chroniques d’élèves, des psychologues pour les ados en détresse.
Il y a eu aussi, entIre autres, Radio EHPAD au CHU de Limoges créée par l’hôpital pour rompre l’isolement des résidents. Messages des familles, atelier audio, informations sanitaires : diffusion en FM dans le périmètre hospitalier.
Une éphémère "Radio COP21" à Paris, la radio où le monde entendait se parler, a aussi émis durant quelques jours : un studio au cœur de la zone bleue, des débats en direct entre négociateurs, ONG, scientifiques ! A l’antenne, des chroniques sur le climat et la diplomatie. Créée par le ministère de l’Environnement, avec des radios privées et militantes spécialisées, elle a été autorisée par le CSA.
Il faut évidemment aussi évoquer, les radios événementielles sportives… Après Alberville en 1992, reste notamment en mémoire "Radio France 98" pour la Coupe du monde de foot :
Ou encore Radios Euro 2016, celle dédiée à la Coupe du monde de rugby ...
La France, via le service public, a su inventer des radios pour les tempêtes, les catastrophes indutrielles les inondations, les festivals, les coupes du monde... Aujourd’hui, les citoyens inventent leurs propres réseaux de solidarité. Mais quand la République tremble, elle a toujours besoin d’une voix claire, structurée, légitime. Une voix qui ne s’improvise pas, et qui rassemble. Les radios événementielles reviendront. Plus seulement sur la FM, mais là où se joue désormais le réel : dans l’hybride, le numérique, le géolocalisé, tant que les relais téléphoniques tiennent... Reste ... La radio !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 23 septembre 2026.
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Stopper la pub pour les lunettes et les appareils auditifs dans les journaux, à la radio et à la TV … Pour réduire la dépense de santé : c'est un vrai projet de la sécu ! (le 18-09-2026) |
“Vous aider à mieux voir et mieux entendre, mais en vous empêchant d’en entendre parler … " L’idée de la Sécu ? Limiter les incitations commerciales. L’optique et de l’audition représentent pour la pub 125 M€ d’investissements bruts sur la radio en 2025. C'est 31 % de leurs budgets sur ce seul média ! La radio est le média le plus exposé, surtout les locales privées, qui perdraient leurs annonceurs de proximité parmi les plus essentiels : opticiens, audioprothésistes, centres auditifs.
Tous médias "premiums" confondus, cela s’élève à près d’un demi‑milliard d’euros … Mais le paradoxe c’est que Les publics qui seraient touchés sont précisément ceux qui écoutent encore la radio… et qui ont le plus besoin de lunettes et d’appareils auditifs ! Les données Médiamétrie sont limpides : les plus de 50 ans sont les auditeurs les plus fidèles de la radio, comme ils sont aussi les lecteurs les plus réguliers de la presse et les téléspectateurs les plus assidus.
La presbytie touche 100 % des plus de 50 ans, 1 personne sur 3 de plus de 60 ans souffre d’une déficience auditive significative, 6 millions de Français ont une perte auditive, mais seulement 2 millions sont appareillés. Le renoncement aux soins visuels touche 20 % des ménages modestes. Autrement dit ... les publics qui ont le plus besoin de lunettes et d’appareils auditifs sont précisément ceux qui s’informent via les médias traditionnels. Supprimer la publicité, ce serait évidemment leur couper une source d’information Ce serait comme retirer les enseignes “opticien” sur les facades… en espérant que les gens trouveront quand même la boutique.
Au-delà de la difficulté budgétaire que cela induirait pour les médias en termes de ressource publicitaire, beaucoup dénoncent également un contresens sanitaire : moins d’information, c’est moins de soins ! La déficience auditive est sous‑diagnostiquée, la myopie explose chez les jeunes. Les lunettes restent le premier équipement médical des familles. Supprimer la publicité sur les médias régulés ne supprimera pas les dérives commerciales : elle les déplacera vers les plateformes, les influenceurs, le démarchage sauvage, les zones où le contrôle est quasi nul.
Alors même que le Sénat discute une loi pour moderniser la radio, un arrêté viendrait l’asphyxier. Surtout pour les radios locales privées, déjà fragiles, ce serait un coup de massue.
Et si la prochaine étape c'était d’éteindre la lumière pour lutter contre la myopie ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 19 septembre 2026.
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Foucault lundi et mardi prochain animera la matinale d'RFM, chez Bolloré ... Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ? Si loin de l'idée des fondateurs de cette station ! (le 17-09-2026) |
Jean‑Pierre Foucault, 76 ans, revient deux jours à la matinale de RFM. Comme un petit rappel vaccinal de nostalgie pour les plus de 50 ans… Et un message subliminal pour les moins de 35 : “Bonjour, je suis Jean‑Pierre Foucault.” Réponse probable : “Ok boomer” !
RFM prétend elle redevenir "la radio couleur" comme le proclamait son premier slogan…
Avec ses intervenants dont un certain ... Coluche, à l'antenne en mode "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" le film de culte de Jean Yanne
Pépite culte ? En efet, il n'y a pas plus gentil que Foucault !!!
Et aussi surtout celà ... Collant bien aux lignes éditoriales pronées par Vincent Bolloré ...
Ou même s'agissant toujours d'RFM, serait-ce le retour de “la radio en or” ?
RFM, du groupe Bolloré, ne joue‑t‑elle pas simplement au Loto ? Ce Loto qu’il a animé pendant vingt ans, sans vraiment parier sur un gain ?
Rappeler Foucault aujourd’hui, c’est un honorable coup de pub, mais c’est aussi miser sur le patrimoine, la mémoire, une époque où la radio était un rituel, où la télévision était un rendez‑vous, où les voix étaient des repères.
Les plus de 50 ans viendront‑ils pour deux jours ? Et surtout : la radio peut‑elle encore créer l’événement ? RFM joue une carte rare : celle du patrimoine vivant. Une carte qui peut rapporter gros… ou ne rien rapporter du tout. Foucault a déjà fait des come back" en radio, comme ce jour-là, sur la chaine qui la vu grandir : RMC
Et aussi l'an dernier, cette semaine entière où il a animé sur Europe 1 le magazine dédié aux médias :
RFM, c’est l’une des héritière des radios libres de 1982, une radio qui parlait autrement, qui respirait autrement, qui faisait du bruit autrement. Cette station a marqué l’histoire de la radio en France c omme s’en souvient son créateur Patrick Meyer, passé d’abord par le service public avec la pionnière Radio 7, avant de porter cette aventure …
Aujourd’hui, RFM est une radio “adulte”, propriété de Vincent Bolloré. Elle est formatée pour ceux qui ont connu Foucault, ceux qui ont grandi avec la FM, ceux qui ont vécu les années 80‑90 et surtout comme pour tous les médias de son groupe pour les consommateurs consevrateurs.
Ce retour s’inscrit dans un paysage où les “papys et mamys du PAF” sont d'ailleurs encore massivement présents. Michel Drucker, 82 ans, toujours sur France 3 avec Vivement Dimanche, Évelyne Dhéliat, 76 ans, toujours la météo de TF1, Claire Chazal, 67 ans, toujours à l’antenne pour Passage des arts, Jean‑Luc Reichmann, 63 ans, toujours en plateau pour Les 12 coups de midi. Nagui, 64 ans, en quotidienne avec "N’oubliez pas les paroles" sur France 2 et aussi le désormais patrimonial format mensuel de Taratata. Son hommage ce mercredi à Catherine Ringer restera dans les mémoires et consultable sur le web …
Les "anciens" animateurs tiennent leurs cases, leurs rendez‑vous., leurs rituels et servent leurs publics, celui qui écoute encore la radio, et regarde encore un peu aussi la télévision. Idem pour les journalistes : Anne Sinclair, 75 ans, sans case fixe, mais invitée partout, Christine Ockrent, 79 ans, chaque week‑end sur France Culture. Au delà de sa thématique géo politique elle tient au respect de la langue française, si décriée sur les réseaux sociaux, comme elle le raconte à la médiatrice de Radio France :
Arlette Chabot, 71 ans, toujours sur LCI. Alain Duhamel, 83 ans, toujours sur BFMTV et RTL et son frère Patrice Duhamel ex co- Pdg de France Télévisions, 78 ans, toujours sur LCI et Franceinfo. Ils sont là, commentent, analysent, débattent. Ils ne décrochent pas.. Ils sont devenus les référents de la mémoire collective, les archives vivantes, les encyclopédies sur pattes, les “Google avant Google”!
Mais les moins de 35 ans ne les connaissent qu’à peine ! Parce qu’ils n’écoutent plus la radio, ne regardent plus la télévision, parce que leurs repères sont ailleurs. HugoDécrypte (27 ans), Brut, Konbini, TikTok et tout de même aussi côté service public Franceinfo, qui se donne les moyens de les capter via le numérique.
Pour la culture : Léna Situations (26 ans), Squeezie (30 ans), Cyprien (34 ans), Joyca (27 ans), Natoo (38 ans). Ce sont leurs voix nationales, leurs repères, leurs rituels, leurs “Foucault”, mais version 2026… La fracture n’est pas un désert : c’est une bifurcation.
Alors RFM est bien à sa place, en phase avec sa cible, en faisant ce coup de pub : re confier son micro à Jean-Pierre Foucault. Parce que désormais il faut réfléchir, travailler et considérer 2 France ! Celle des plus de 50 ans, celle des rendez‑vous, des rituels, des voix qui durent. Et l’autre : la France des moins de 35 ans, celle des plateformes, des formats courts, des créateurs, des algorithmes. Deux France, 2 cultures, 2 manières de s’informer ou de se divertir, 2 mode de consommation des médias !
Pour deux matinales, celles des lundi 21 et mardi 22 septembre, RFM redevient peut‑être radio en or. Ou peut‑être qu’elle joue au Loto, sans parier sur un gain, puisque les moins de 35 ans ne connaissent plus Foucault… et n’écoutent plus la radio. Ce sera tout de même, à coup sûr, un morceau de roman national de la radio qui revient à l’antenne, comme un message envoyé au public, qui l’entendra peut‑être… ou peut‑être pas !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 17 septembre 2026.
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Grève à France Inter : l'état dans l'état à RF... L’arrivée du N° 2 de Valeurs Actuelles rallume la bataille autour du pluralisme. (le 13-09-2026) |
Une grève de deux jours a commencé ce dimanche à Radio France pour protester contre l'arrivée comme éditorialiste sur France Inter de Charles Sapin, ancien du Figaro et du Point, et depuis peu responsable au magazine Valeurs actuelles. Il est accusé par les syndicats du groupe public de porter des idées d'extrême droite.
Depuis que le préavis a été déposé, de vives réactions se multiplient sur les réseaux sociaux ...
Un rassemblement était organisé par l’intersyndicale ce dimanche en début d’après midi au pied de la maison de la radio et de la musique …
La direction de Radio France tient bon face à la fronde de la société des journalistes, qui a aussi donné lieu à des demandes d’explications de la part des auditeurs auprès la médiatrice du groupe. Elle a invité à l’antenne à Celine Pigalle, la directrice de la chaine
La presse et certaines radios ou télévisions éditorialisent aussi cette séquence, comme Paul Gasnier, de Quotidien sur TMC :
Sur Cnews, sans surprise, différent son de cloche, dans la voix de la journaliste ex-membre du CSA Mémona Intermann :
Au-delà Charles Sapin, ce qui est dénoncé c'est que l’hebdo dont il est devenu récemment le numéro 2, soit parmi les organses de presse à s'être largement mobilisé contre l’audiovisuel public il y a quelques mois et puisse tout de même bénéficier d'un espace d'expression sur France Inter; même tôt le matin le dimanche pendant 2 minutes. C'était durant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public présidée par le député ciottiste héraultais Charles Alloncle. La SDJ s’en était à, l’époque, offusqué …
A la matinale de France Inter même avant que la grève débute, la chroniqueuse Sophia Aram a tenté de contrebalancer les arguments de la Société des journalistes : le service public est financé par tous les contribuables, mais refuse aux yeux de beaucoup l a confrontation avec la droite, préférant débattre en vase clos.
Sur l’ensemble du groupe Radio France, seule France Inter semble avoir été touchée jusqu'alors par le mouvement : les émissions du matin ont été remplacées par de la musique, et plusieurs rendez‑vous n’ont pas pu être diffusés.
Les autres stations franceinfo, les 44 locales de ICI, France Culture, France Musique, FIP ont assuré une continuité d’antenne normale ou sans réelle perturbation significative.
Ce qui tend à démontrer que certaines équipes du navire amiral conservent leur cap. Pour beaucoup, et de longue date, que France inter, c'est l’état dans l’état …
Toujours est-il que le préavis court toujours pour ce lundi : une extension du mouvement reste possible selon la mobilisation des équipes.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 13 septembre 2026.
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A nouveau quelques manifs sur les ronds points en vue ce samedi. Devant les appels qui pullulent sur les RS, les médias tradis voient jaune, et enfilent leurs gilets de sauvetage ! (le 12-09-2026) |
Et si le 17 octobre n’était pas qu’un hashtag ? Ce samedi, les Gilets jaunes ont tenté un retour sur le terrain, À Paris, un cortège parti de Jussieu a rejoint l’Hôtel de Ville : mobilisation structurée, revendications classiques, avec surtout les services publics. Dans le Var, à Bandol, rassemblement plus convivial autour d’un rond‑point, façon pique‑nique citoyen, mais même colère sur les prix des carburants à plus de 2 euros le litre. À Besançon, une poignée d’irréductibles au rond‑point de Palente, fidèles depuis huit ans, martèlent que « le mouvement ne s’est jamais arrêté ». En parallèle, les appels sur les réseaux sociaux se multiplient, notamment via Telegram, signe d’un malaise diffus.
Aucune manifestation n’est encore déclarée en préfecture, aucun syndicat n’est à l’origine de l’appel initial, même si certains leaders politique à gauche ou à la droite radicale invitent à manifester :
Bondy, Beauvais, Montluçon, Alençon... Des noms qui, un matin de novembre il y a bientot 8 ans, ont pris une couleur : le jaune. 300 000 personnes selon le chiffre officiel se sont postées sur les ronds-points, les parkings, les péages le 17 novembre 2018. Une France immobile, comme si la République avait tiré le frein à main pour se regarder en face.
C’est cette vidéo postée par une internaute, hypnothérapeute de profession. Pour le coup ... Elle n'a pas endormi mais plutôt réveillé les foules … Jacline Mouraud, le 18 octobre 2018 dénonce sur Facebook "la traque aux automobilistes". Sa tirade, filmée dans son salon, dépasse plus de 5 millions de vues et devient le premier déclencheur viral de la colère qui mènera aux Gilets jaunes.
Il y a 8 ans, les réseaux sociaux commençaient à conquérir l’attention mais globalement, radios et TV faisaient toujours office de boussole. BFMTV dépassait 20 millions de téléspectateurs cumulés, avec des pics à 10,9 % de part d’audience. Le 20h de TF1 rassemblait 7 millions de Français, celui de France 2 : 5 millions ... Les matinales radio structuraient l’agenda du matin, hiérarchisaient les émotions. Les médias traditionnels étaient encore des digues, contenaient la colère, organisaient le récit, donnaient un cadre national à une émotion brute.
Aujourd’hui la colère réapparait avec la même thématique de départ, et les médias traditionnels en sont réduis à courir après les publications qui pullulent à nouveau sur les RS.
En effet, lee rapport des français à leur médias pros a changé ! Selon INA et Médiamétrie : la consommation des JT a chuté de 40 à 60 % chez les moins de 35 ans ! Le 20h de TF1 est tombé à 4,5 – 5 millions, celui de France 2 à 3,5 – 4… Les moins de 35 ans représentent désormais moins de 10 % de l’audience des JT... La génération qui s’apprête à peser dans la vie politique ne les regarde plus. Elle s’informe ailleurs : TikTok, YouTube, Instagram, WhatsApp, Telegram.
Même les chaînes d’info qui demeurent centrales sont réellement "vieillissantes" ! BFMTV : âge médian 56 ans, moins de 35 ans 8–10 %. CNews : âge médian 58 ans, moins de 35 ans 6–8 %. LCI : âge médian 57 ans, moins de 35 ans 7–9 %. franceinfo TV : âge médian 52 ans, moins de 35 ans 12–14 %. Les jeunes adultes sont dans les flux, les formats courts, les bulles algorithmiques.
Les radios généralistes, demeurent solides, mais tout aussi "grisonnantes" : France Inter : 6,7 millions d’auditeurs quotidiens. RTL : 5,5 millions. franceinfo : 4,5 millions. Europe 1 : 2,2 millions. Sud Radio demeure aussi puissante via sa diffusion sur les réseaux sociaux qui pallient sa faible couverture FM ...
Les moins de 30 ans ne représentent plus que 5 à 14 % de l'audience des généralistes. Et dans les matinales, la part des jeunes tombe à seulement 3 à 10 % !
Alors, si la France se remettait "en jaune", l’histoire ne se raconterait sans doute plus du tout de la même manière.
Elle serait plus difficile à couvrir pour les médias pros, et les forces de l'ordre, en raison de la proéminence des réseaux cryptés. Les multitudes de publications saturant l’espace rendrait la situation moins prévisible et compréhensible puisque les signaux faibles ne seraient plus aussi publics.
Donc ... Si un mouvement type "gilets jaunes" devait renaître, il serait plus diffus, plus numérique, et bien plus insaisissable…
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 12 septembre 2026, actualisé dimanche 13.
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Ce que le 11 septembre a laissé dans nos oreilles à la radio, à la télévision et désormais sur le web ... La mémoire sonore d’un événement qui ne cesse de résonner ! (le 09-09-2026) |
Le 11 septembre 2001 n’a pas seulement bouleversé New York : il a redessiné la cartographie émotionnelle de la musique mondiale. Depuis vingt‑cinq ans, les artistes classiques, jazz, rock, hip‑hop, country, électro ont cherché à dire l’indicible, chacun avec leur langage, leur ville, leur manière de respirer après la poussière.
Dans le monde classique, la réponse la plus institutionnelle vient du New York Philharmonic, qui commande en 2002 à John Adams "On the Transmigration of Souls". L’œuvre, prix Pulitzer, mêle orchestre, chœur et voix anonymes des disparus : un mémorial sonore devenu incontournable, capté ici aux BBC Prims en 2003 :
Les programmateurs convoquent aussi l’Adagio for Strings de Samuel Barber, The Unanswered Question de Charles Ives, ou le 4’33’’ de John Cage, transformé en rituel de silence. La mémoire se transmet aux nouvelles générations avec Jessie Montgomery (Starburst) et Tarik O’Regan (Triptych).
Mais l’un des monuments les plus singuliers naît sur un toit de Brooklyn. De chez lui, le compositeur William Basinski regarde la fumée envahir le ciel tandis qu’une vieille bande magnétique se désagrège sur son magnétophone. "The Disintegration Loops" n’était pas pensée pour le deuil ; elle devient, par la force des images, l’une des œuvres emblématiques du 11 septembre.
Les médias s’en emparent, les radios publiques la diffusent, les musées l’exposent. En 2011, elle entre au National September 11 Memorial Museum. Une musique qui, en se détruisant, raconte ce que New York a perdu.
Le jazz, lui, répond par la communauté. Dans les clubs du Village Vanguard, du Blue Note ou de Smalls, les musiciens instaurent une tradition discrète : chaque 11 septembre, une ballade pour les disparus, un chorus pour les secouristes, un silence pour Manhattan.
La pop et le rock s’emparent aussi du traumatisme. Bruce Springsteen signe "The Rising", inspiré par un pompier montant dans les tours.
Tori Amos livre "I Can’t See New York", vision poétique de la catastrophe.
Les Eagles écrivent "Hole in the World", lamentation sur le vide laissé par l’attentat.
Melissa Etheridge rend hommage aux secouristes dans "Tuesday Morning".
Fleetwood Mac compose "Illume (9‑11)", réponse directe à la sidération.
La country devient un baromètre émotionnel national : Alan Jackson touche l’Amérique avec "Where Were You ? When the World Stopped Turning".
Toby Keith exprime une colère patriotique dans "Courtesy of the Red". Darryl Worley interroge la mémoire et la guerre dans "Have You Forgotten ?" Le hip‑hop new‑yorkais, lui, parle de la ville blessée. Les Beastie Boys écrivent "An Open Letter to NYC". Le Wu‑Tang Clan signe "Rules", réflexion sur la violence post‑attentats. Sage Francis dénonce la récupération médiatique dans "Makeshift Patriot".
Et Jay‑Z, enfant de Brooklyn, qui sera en concert a Paris ce jeudi devient l’une des voix de la résilience : Dès 2009, "Empire State of Mind" avec Alicia Keys s’impose comme l’hymne d’une ville debout, utilisé dans les commémorations, les reportages, les cérémonies.
La réponse est mondiale. Au Royaume‑Uni, Coldplay compose "Politik", le jour même.
Mark Knopfler & Emmylou Harris écrivent "If This Is Goodbye", inspiré par les derniers appels des victimes. Leonard Cohen médite la perte dans "On That Day". En Irlande, U2 multiplie les concerts caritatifs ; The Cranberries signent New New York, chanson sur la ville meurtrie.
Et en France, Renaud & Axelle Red publient "Manhattan‑Kaboul", récit croisé entre un employé du World Trade Center et une jeune Afghane tuée par les bombardements. Une chanson devenue phénomène culturel, récompensée aux Victoires de la Musique. Captation ici,dès 2002, sur M6 :
Depuis 2001, la musique n’a jamais cessé de commémorer le 11 septembre. Le classique construit des monuments. Le jazz reconstruit des communautés. Le rock et la pop racontent la sidération. Le hip‑hop dit la ville. La country dit le pays. Et l’expérimental, avec Basinski, dit l’effritement du monde.
Vingt‑cinq ans plus tard, une certitude demeure : New York n’a jamais cessé de respirer, et la musique en est la preuve.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 9 septembre 2026
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Il y a 25 ans : La chute des tours jumelles à New York ... C’est aussi la démonstration d’un monde de l’info en mutation. (le 08-09-2026) |
Le 11 septembre 2001 se raconte, 25 ans plus tard, comme un tournant géopolitique. Pour les médias, c’est aussi un électrochoc. Un moment où le système révèle ses failles, ses illusions, ses lenteurs et sa difficulté à comprendre et admettre que le monde change de vitesse. Ce mardi‑là, les tours du World Trade Center ne sont pas les seules à s’effondrer.
A 8 heures 46 quand le premier avion percute la tour nord les médias vivent encore dans un monde pré numérique confortable , lent , presque arrogant...
Internet ? Un gadget pour geeks. Les connexions ? Un bruit de modem. Les réseaux sociaux ? Ce n’est encore que de la science-fiction !
Le premier média américain à diffuser l’image de cette page d'histoire qui se tourne à l'échelle planétaire est paradoxalement une chaîne locale : NY1.
À 8 h 48 , elle incruste à l’écran l’image d’une caméra météo implantée sur l’Empire State Building, plus au nord que les tours, sur Manhattan, 2 minutes seulement après le premier impact : Ecran pubs, communiqué éphéméride qui rappelle ce qui a marqué l’histoire de la ville les 11 septembre par le passé … Et la régie casse l’antenne :
Les géants, eux, arrivent en retard : CNN à 8 h 49, NBC à 8 h 51, CBS à 8 h 52, comme ABC qui peine à diffuser l'image en interrompant une interview ...
À 9 h 03, quand le second avion frappe la tour sud, les télévisions du monde entier diffusent déjà les images en direct.
Nous sommes avant l’émergence des réseaux sociaux. A cet instant encore la TV, la radio et la presse écrite demeurent, les premiers témoins d’un monde … qui bientôt va leur échapper.
En France, il est 14 h 46. Le premier à donner l’info, c’est Europe 1, à 14 h 52. France Info suit, avec RTL. France Inter est en pleine diffusion d’une émission enregistrée. Les chaînes de télé, elles, mettent plus de temps à comprendre ce qui se passe.
Côté TV LCI bascule la première en édition spéciale.
France 2 suit, dans la foulée...
La radio parle avant de voir, la télé voit avant de comprendre, le web alors balbutiant regarde sans savoir quoi faire. Dès les premières minutes en tous cas les attentats de New-York figurent parmi les événements les plus documentés , comme le note la RTS :
Pour mesurer l’impact médiatique du 11 septembre, pourquoi ne pas le comparer à trois autres méga‑événements : un juste avant, un contemporain, un juste après : la différence saute aux yeux.
La chute du Mur de Berlin, 12 ans plus tôt : Les chaînes allemandes de l’Ouest (ARD, ZDF) sont regardées clandestinement en RDA Le moment déclencheur n’est pas une image spectaculaire mais une phrase mal formulée : Günter Schabowski annonce que les frontières sont ouvertes “sofort, unverzüglich”. Les journalistes relaient immédiatement cette phrase, qui provoque l’afflux de la population aux checkpoints. Comme le raconte en direct à la télévision française en direct sur la 2 Christine Ockrent :
Le Mur tombe parce qu’une information est tombée.
La guerre du Golfe, 10 ans avant ... c’est le premier conflit vécu à la radio ou à la télévision en direct. CNN devient un acteur mondial, mais le « live » est contrôlé, filtré, scénarisé, comme ce document de l’INA avec Marcel Trillat nous le rappelle :
3 ans après les tours jumelles new-yorkaises, le tsunami de 2004 : Un choc immense, une tragédie mondiale. Mais cette fois, les smartphones se sont démocratisés, Le tsunami montre la puissance de sa déferlante sur les usages, même si à la télévision qui diffuse les vidéos d’amateurs, il n'est question que de "vidéastes" et pas encore d’internautes …
Le 11 septembre 2001 est un événement charnière. Il clôt l’ère des médias traditionnels. Il inaugure l’ère numérique et consacre la globalisation médiatique : c'est le dernier choc du monde pré‑numérique, le premier séisme de l’histoire digitale, et le moment où la globalisation médiatique devient incontournable. Ce jour-là, les tours se sont effondrées. Et avec elles, une manière de raconter le monde.
Les médias ont compris qu’ils n’étaient plus les maîtres du récit. Juste les témoins parfois dépassés, d’un monde ou de sa transcription qui va désormais plus vite qu’eux.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 8 septembre 2026. |
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Rentrée des musicales : à la recherche des enfants perdus ... (le 04-09-2026) |
Il y a 10 ans, les radios musicales attiraient près de 20 millions d’auditeurs quotidiens. Les jeunes étaient là, massivement : ils écoutaient deux fois plus la FM qu’aujourd’hui. NRJ, Fun Radio, Skyrock… c’était la bande-son des 13‑24 ans.
NRJ est même devenue la première radio de France
en audience cumulée
à la rentrée en 2002.
C'était la première fois qu'une radio musicale obtenait cette place de leader,
devançant alors RTL qui dominait depuis plus de vingt ans.
13,4 % pour la panthère lors de cette mesure de l'institut Médiamétrie.
Elle dominait encore largement l'ensembe du marché en 2013 :
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13 ans plus tard les musicales rassemblent 17,5 millions d’auditeurs. Elles ont perdu 2,5 millions de personnes. Et surtout : les jeunes en grande partie ont disparu. Ils ont quitté la FM comme on quitte une maison d’enfance devenue trop petite.
Selon plusieurs études … Aujourd’hui, un jeune ne découvre plus la musique à la radio. Il la découvre sur TikTok : 75 % des 13‑24 ans y trouvent leurs nouveaux artistes, 1 hit sur 3 sur Spotify commence là, et TikTok influence 63 % des écoutes sur les plateformes.
La radio n’est plus leur porte d’entrée. Elle n’est plus leur rituel. Elle est devenue un usage résiduel.
Conséquence sur les audiences en FM … En 2016, NRJ tournait autour de 5 millions d’auditeurs quotidiens, elle n’est plus qu’à 3,6 millions et a donc perdu près d’un tiers de son public.
Fun Radio était à 2,6 millions en 2016 et est tombée à 1,6 million soit une chute de 40 %.
Skyrock était autour de 4 millions il y a 10 ans, elle oscille aujourd’hui entre 3,1 et 3,3 millions soit 700 000 auditeurs perdus sur dix ans, malgré des pics ponctuels.
Europe 2 (ex Virgin Radio) était à 2,5 millions en 2016, elle est aujourd’hui à 1,03 million Plus de la moitié du public s’est envolé et le retour à la marque initiale ne fait pas de miracle.
Les radios musicales qui se portent le mieux… sont celles qui parlent aux adultes. Nostalgie : 5,6 % d’audience, 1h49 de durée d’écoute.
RFM : 1h26 comme RTL2. Chérie FM : 3,1 % d’audience. Les 35‑55 ans sont devenus le cœur de la radio musicale. Ce sont eux qui écoutent encore longtemps, tous les jours, sur la FM. Alors pour limiter la casse, les musicales qui ciblent les plus jeunes ont créé leurs webradios thématiques : NRJ Hits, Fun Urban, Skyrock Klassiks …
Ou encore Chérie 80, RFM Pop‑Rock… Elles sont devenues cruciales.
Parce que la publicité, elle aussi, a déménagé : –8 % sur la FM, mais +14 % sur le digital audio, +22 % sur le programmatique, +31 % sur les formats ciblés. Les annonceurs veulent du ciblage, de la data, du retargeting. La FM ne peut pas le faire. Les webradios, si : elles sont devenues la nouvelle frontière stratégique ET économique.
Dans ce paysage musical qui se recompose, il y a quatre stations qui vivent hors des catégories habituelles : France Musique, Radio Classique, FIP… et Radio Nova. En FM, France Musique pèse 1,8 % d’audience cumulée, c’est la première musicale culturelle du pays. Elle représente environ 1 auditeur sur 50 dans le marché radio.
Son public est âgé : 60 % de 55 ans et plus et 30 % de 45‑54 ans. Mais ses webradios, elles, racontent une autre histoire : France Musique Jazz, Baroque, Classique+, Contemporaine… réalisent 2 à 3 millions de sessions mensuelles, sur un public de 35‑55 ans. C’est aussi une écoute longue, souvent 40 minutes et plus.
Sa rivale frontale Radio Classique affiche en FM 1,7 % d’audience cumulée soit 1 auditeur sur 60 dans le marché radio. Mais elle détient l’une des plus longues durées d’écoute de France : 1h42. Son public est encore plus âgé : 70 % de 60 ans et plus, 20 % de 50‑59 ans. Mais là aussi, le numérique change tout …
Les web radios réalisent 1,5 à 2 millions de sessions mensuelles, avec un public 40‑55 ans : pour la pub, c’est une attractivité forte pour les annonceurs des marques premium.
En FM, FIP pèse 1,1 % d’audience cumulée. C’est l’une des plus petites radios nationales : elle représente à peine 1 auditeur sur 90 du marché. Mais en numérique, c’est une autre planète : 12 webradios thématiques — Jazz, Groove, Rock, Monde, Électro, Pop, Reggae… Elle capte 3 à 4 millions de sessions mensuelles, sur un public 30‑50 ans. Son offre premium est très recherchée par les annonceurs culturels. FIP est l’exemple parfait d’une marque plus puissante en numérique qu’en FM. Et puis il y a Nova. En FM, elle explose : 3,7 % d’audience cumulée à la dernière vague publiée par Médiamétrie, contre 1,6 % un an plus tôt.
Elle représente désormais 1 auditeur sur 27 dans le marché radio, un bond spectaculaire ! Et son flux numérique suit : 1,2 à 1,5 million de sessions mensuelles, avec un public de 25‑45 ans, une hybridation réussie entre radio, streaming et culture urbaine. Nova est la preuve qu’une radio musicale peut encore grandir, si elle parle à un public très ciblé, en l’occurrence curieux, urbain, hybride, à cheval entre FM et les plateformes.
Alors, que raconte cette rentrée ? Que la radio musicale est devenue un média adulte, que les jeunes sont partis vers TikTok, Spotify, YouTube, que les webradios sont devenues la nouvelle frontière tant stratégique qu’économique. Et que la bataille, désormais, se joue entre la FM avec ses propres webradios et ses réseaux sociaux… et les plateformes mondiales qui ont capté la jeunesse.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 4 septembre 2026.
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Voici venir les candidats à la Présidentielle "farfelus", champions de fake news sur les RS... De quoi regretter Coluche, même s'il n'avait pas fait rire tout le monde ! (le 31-08-2026) |
Le 15 septembre, quatre candidats marginaux organiseront un “Débat Présidentiel” sur YouTube.
Un rendez‑vous improbable, sans organisateur identifié, sans structure politique, sans rédaction donc évidemment sans aucune forme de déontologie … Un débat auto‑produit, vraisemblablement monté par les protagonistes eux‑mêmes dans un format typique des productions YouTube marginales ou satiriques.
François Asselineau est le seul à disposer d’un programme : Frexit, sortie de l’euro, de l’OTAN, souveraineté nationale et réindustrialisation. Sa ligne reste celle d’un gaullisme souverainiste, avec un État stratège et une politique étrangère de neutralité. Il donne rendez-vous à ses militants régulièrement sur les réseaux sociaux comme ce mercredi :
Francis Lalanne n’a pas de programme formalisé : il porte un discours protestataire, lyrique, centré sur les libertés publiques et la dénonciation du “système”. Ses propositions sont floues, émotionnelles, rarement traduites en mesures concrètes. Il fait route sur des sites complotistes avec Dieudonné :
Vincent Flibustier : bruxellois, il intervient comme satiriste, spécialiste de la critique du complotisme. Il ne formule aucune proposition politique : son rôle est la dérision, le contre-discours humoristique spécialiste des fake news, et se présente comme formateur en IA .
Sylvain Durif (“Christ Cosmique”) avance des idées ésotériques : gouvernance planétaire, suppression des frontières, mission messianique. Ses “propositions” relèvent du registre mystique, sans contenu institutionnel ou économique
Les médias pros en diffuseront-ils des extraits ? Il y a fort à parier en tous cas que de nombreuses reprises vont faire le buzz sur le web ! Même si aucun des participants ne pourra prétendre à récolter les 500 signatures d’élus nécessaires pour participer à l’élection !
Coluche reste la candidature atypique la plus célèbre de l’histoire présidentielle française. En octobre 1980, il annonce sa candidature dans un style provocateur : “Je suis candidat parce que les autres ne peuvent plus faire pire.” Rapidement, les sondages affolent la classe politique : jusqu’à 16 % d’intentions de vote, un score qui menace directement François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing. Coluche attire les jeunes, les ouvriers, les déclassés, les abstentionnistes. Il incarne une France qui ne se reconnaît plus dans les partis traditionnels.
Les médias amplifient le phénomène : interviews, chroniques, caricatures ... Il devient un symbole de contestation, un miroir de la crise politique de l’époque. Après 6 mois, Coluche renonce officiellement. Les médias couvrent son retrait comme un événement national.
Coluche a ouvert la voie à toutes les candidatures atypiques qui suivront. Il a montré que la présidentielle est aussi un espace de contestation, de satire, de colère sociale… et parfois de vertige démocratique.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 31 aout 2026. |
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1 er débat de la présidentielle : LCI a signé un record historique, mais le débat était aussi simultanément diffusé sur YouTube, ce qui change la portée commerciale et juridique des tentatives de diffusion parallèles de BFMTV et CNews. (le 28-08-2026) |
Le Medef avait conclu avec LCI un contrat d’exclusivité pour la diffusion télévisée du débat. La captation était assurée par une société de production privée mandatée par le syndicat patronal qui fournissait le signal officiel (image + son). Cette exclusivité a permis à LCI de signer une journée historique : 1,03 à 1,04 million de téléspectateurs, 11 % de PDA, et même 4,9 % de PDA sur la journée, faisant de LCI la chaîne la plus regardée de France ce jeudi.
Mais cette exclusivité était télévisuelle, pas numérique. Le débat était simultanément disponible sur YouTube, en accès libre. Autrement dit : l’exclusivité de LCI était réelle, mais pas totale.
BFMTV a installé ses propres caméras dans l’enceinte du court Philippe‑Chatrier au Stade Rolland Garros ou était organisé l'évènement et a commencé à diffuser des images, le son, avec des commentaires en plateau, sans autorisation, violant l’exclusivité contractuelle. Le Medef a alors coupé le son, laissant BFMTV avec des images muettes.
CNews a diffusé des images également, sans le son, et sans autorisation... Ce vendredi, elle en tire une leçon ...
Sur le plan contractuel : les deux chaînes ont violé l’exclusivité … Mais quelle est la valeur commerciale d’une exclusivité télévisuelle quand le même contenu est accessible gratuitement en ligne ? Même si le débat était sur YouTube, l’exclusivité télévisuelle a permis à LCI d’attirer plus d’un million de téléspectateurs, de dominer la journée, de renforcer son statut de chaîne politique de référence.
Pour BFMTV et CNews : une tentative de “rattrapage” mais leur diffusion illégitime n’a pas payé : BFMTV : 217 000 téléspectateurs, CNews : 181 000.
Sur le plan strictement juridique, ces 2 chaines ont violé : l’exclusivité contractuelle, le droit d’auteur sur le signal, le droit voisin du producteur du flux, et potentiellement le droit à l’image des participants. Le Medef aurait pu engager une action en contrefaçon, demander réparation pour préjudice commercial, voire saisir l’Arcom pour manquement aux règles de diffusion.
Mais la diffusion sur YouTube introduit un effet atténuateur ... Selon les données communiquées par LCI et reprises par notre confrère Puremédias, la retransmission du débat a généré plus de 300 000 “téléspectateurs digitaux” en direct, ce qui inclut YouTube, le site de LCI et les autres plateformes numériques. Le contenu était donc déjà public, accessible, gratuit, non géobloqué. Cela ne légalise pas la reprise télévisuelle, mais cela réduit l’ampleur du préjudice, la valeur de l’exclusivité, et la capacité à démontrer un dommage financier direct.
Il y a déjà eu des précédents mais jamais dans un contexte où YouTube brouille les frontières … Fillon–Juppé 2016, municipales 2020, Macron–Le Pen 2017, mais aucun n’avait cette configuration : exclusivité TV, violation par deux chaînes, coupure de son par l’organisateur, et surtout donc diffusion simultanée sur YouTube ! C’est donc la première fois que la frontière entre exclusivité télévisuelle et accessibilité numérique crée un flou juridique.
La présidentielle se jouera donc pour les médias sur le terrain juridique. Le débat du Medef a révélé une tension nouvelle : l’exclusivité télévisuelle n’est plus un monopole absolu dès lors que le signal circule librement sur les plateformes, le droit audiovisuel se retrouve face à un dilemme inédit : comment protéger une exclusivité quand le contenu est simultanément public ?
La guerre des audiences ne fait que commencer. Celle des droits, elle, vient d’ouvrir une nouvelle forme de bataille ….
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 28 aout 2026.
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