Quatre ans après la mort en Ukraine de Frédéric Leclerc‑Imhoff de BFM TV, les rédactions françaises témoignent : “La peur ne disparaît jamais" ! (le 30-05-2026) |
Le 30 mai 2022 Frédéric Leclerc‑Imhoff, était tué près de Lyssytchansk. Il avait 32 ans.
Il accompagnait une évacuation humanitaire. Il est devenu le deuxième journaliste français tué en couvrant l’invasion russe.
Dès le lendemain Christophe Deloire, le Président de RSF, décédé depuis publie cette vidéo ...
Depuis, le bilan ne cesse de s’alourdir. comme en témoignent les chiffres accablants de Reporters Sans Frontières : Plus de 175 journalistes ukrainiens et internationaux ont été victimes d’exactions imputées aux forces russes depuis février 2022.
RSF parle d’une attaque visant un journaliste ou un média tous les onze jours. L’ONG documente notamment : 16 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions 53 blessés au moins 83 tentatives d’homicide et 26 journalistes ukrainiens détenus en 2026 Pour RSF: "Les journalistes sont devenus des cibles." "La Russie mène une politique d’État de persécution contre les reporters."
Les dirigeants de rédaction témoignent depuis le début de ce conflit Marc-Olivier Fogiel, alors Directeur général de BFMTV vient en plateau le soir-même du décès de Frédéric Leclerc-Imhoff et rediffuse un extrait de magazine consacré par la chaîne aux risques encourus par les reporters de guerre...
Et il ajoute, 2 ans plus tard : "Le ciblage des journalistes change tout. On ne peut plus considérer que la presse est protégée par son statut."
Phil Chetwynd, Directeur de l’information mondiale de l’AFP affirme en mai 2023 après la mort d’Arman Soldin, tué près de Bakhmout : " Il était au plus près de la réalité du terrain. Nous savons que nos équipes travaillent sous la menace constante des drones et de l’artillerie. "
Arte Radio diffuse ce podcast dans lequel le reporter explique la passion pour son métier :
Un an après son décès, le directeur de l'agence concède : "Le risque zéro n’existe pas. Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les frappes ciblées."
Jérôme Fenoglio, au Monde ... "Nous envoyons nos journalistes avec des protections lourdes, mais la ligne de front ukrainienne reste l’un des environnements les plus dangereux pour la presse. Chaque départ en reportage est un dilemme moral."
Agnès Chauveau, à Radio France : En 2023, lors d’un colloque sur la couverture des conflits : "Nos reporters travaillent sous la menace permanente des frappes russes. Nous leur répétons : aucune image, aucun son ne vaut de prendre un risque inconsidéré."
RSF a saisi la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, notamment de persécution, estimant que les attaques contre les journalistes relèvent d’une stratégie délibérée. Bombardements d’hôtels de presse, tirs de drones, frappes sur des rédactions, enlèvements, détentions arbitraires : le métier de journaliste est devenu une ligne de front.
Quatre ans après la mort de Frédéric Leclerc‑Imhoff, les rédactions françaises saluent sa mémoire. Elles saluent aussi celle de tous les journalistes ukrainiens et internationaux tombés en couvrant cette guerre.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 30 mai 2026.
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Casser la voix d'un chanteur populaire accusé, mais aussi présumé innocent : certaines radios déprogramment Bruel . Mais le public l'écoute toujours plus ... sur les plateformes ! (le 29-05-2026) |
Il y a des gestes qui racontent un monde, la déprogrammation en fait partie. Un geste d’antan, presque muséal, témoin d’un temps où la radio façonnait les goûts, hiérarchisait les carrières, décidait de ce qui méritait ou non d’être écouté.
Cette semaine, ce geste a ressurgi. Il porte un nom : Patrick Bruel. Figure familière, presque patrimoniale, récemment encore classé parmi les chanteurs préférés des Français. Le voilà banni, compte tenu des accusations qui se multiplient.
Aucune mise en examen, aucun procès., aucune décision judiciaire ... Mais manifestation au théatre parisien ou il joue, annulation de sa tournée, et même de sa participation aux Enfoirés :
"Compte tenu des circonstances, j’ai décidé de ne mettre aucune ni aucun d’entre vous dans un quelconque embarras. J’espère vous retrouver lorsque la justice aura prouvé mon innocence".
Alors , certaine radios appliquent un principe de “prudence éditoriale”.
Avant-hier, le 27 mai, RFM annonce réduire sa diffusion. Un communiqué bref, presque pudique mais les chiffres, eux, sont plus explicites : - 42 % de diffusion en sept jours. D’autres radios suivent : -25 à - 35 %. Ses titres sont “gelés”, comme on cache un livre dans une bibliothèque dont on ne sait plus s’il faut le mettre en avant ou le ranger en réserve.
A la TV, Nagui annonce écarter Bruel et ses chansons de sa quotidienne "N'oubliez pas les paroles " sur France 2 ... Le point de vue du producteur Arthur, ce matin sur BFM :
Mais ce qui frappe, ce n’est pas tant la décision que le décalage culturel qu’elle révèle. Le public n’écoute plus comme avant, car pendant que les radios coupent, les plateformes montent : entre le 20 et le 28 mai, cette semaine même de la déprogrammation, Bruel progresse : Spotify : +3,8 %, Deezer : +4,2 %, Apple Music : +2,9 %, YouTube : +5,1 %, Shazam : +6 %. Le pic d’écoutes intervient 48 heures après l’annonce de RFM. Comme si la déprogrammation avait servi de bande-annonce involontaire ! Avec des titres qui peuvent être réinterpretés alors que la star est accusée d'abus sur des mineures ...
Mais quand la radio coupe, désormais le public clique. Et Bruel remonte ! Ce renversement n’est pas qu’un fait divers médiatique, c’est un changement anthropologique : la manière d’écouter la musique n’est plus la même.
Autre cas révélateur, celui de Slimane : A l’automne 2024, deux techniciens du Cupidon Tour portent plainte. L’une sera classée sans suite, l’autre requalifiée en harcèlement moral. Un an plus tard, le chanteur est condamné à 10 000 €, dont 3 000 avec sursis .Entre les plaintes et le verdict, plusieurs radios réduisent sa présence : – 25 à – 35 %, retrait des playlists fortes. Mais sur les plateformes la consultation de ses titres sur Spotify comme sur Deezer est restée stable. YouTube a même constaté : +7 % lors des pics médiatiques.
Et la semaine dernière, un simple passage dans The Voice a suffi :
Slimane est revenu en haut de l’affiche, comme si la radio n’avait plus le pouvoir de le retenir...
D’autres cas ? Décembre 2024 : Zaho de Sagazan critique Cyril Hanouna. Les radios du groupe Bolloré réagissent : – 70 % de diffusion. Spotify, lui, enregistre +18 %. En Belgique, Angèle accusée de trop en faire sur son soutien aux combats lgbt+ subit une “censure douce” : – 35 % de diffusion radio. Mais elle reste dans le top 10 streaming !
Parce qu’un chiffre dit tout : 78 % des Français écoutent désormais la musique via streaming. La radio ne pèse plus que 12 % chez les moins de 35 ans. Selon l’étude annuelle de l’Arcom en 2025 40 % des Français ont accès à au moins une offre audio payante, avec une forte adoption chez les 15-24 ans. Les plateformes comme Spotify, YouTube Music ou Amazon Music confirment leur place dans les habitudes d’écoute.
Une large partie du public est devenue son propre programmateur ! Les radios peuvent encore envoyer un signal moral, encore se protéger, peuvent encore dire : “Nous prenons nos distances.” Mais elles ne peuvent plus décider pour le public, effacer un artiste, contrôler l’écoute.
Archive de la RTBF en 1990 Patrick Bruel :
Bruel est aujourd'hui contraint au retrait mais s'adresse en réalité toujours à son public, qui peut trouver une seconde lecture à certains de ses textes. Comme s'il s'adressait à lui , compte tenu des circonstances et des accusations auxquelles il faudra bien qu'il fasse face !
Parce qu’en 2026, le public contourne les playlists. Il écoute ce qu’il veut, quand il veut, où il veut. Il n’attend plus qu’une antenne lui dise quoi aimer : il est devenu son propre programmateur. Et Bruel, cette semaine, en est la preuve éclatante.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 29 mai 2026.
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Sale temps ! Le thermomètre des journalistes - prévisionnistes pros brûle au delà de leurs médias : complotisme sur les réseaux sociaux. (le 27-05-2026) |
Il fut un temps où la météo était un moment de paix. Aujourd’hui, c’est devenu un champ de bataille.
Et parmi les victimes… il y a les journalistes météo ! "On reçoit des insultes, des menaces… juste parce qu’on annonce 40 degrés ! "
Dans un reportage diffusé sur BFMTV, plusieurs présentateurs météo racontent les messages reçus : « Arrêtez de mentir », « Vous faites de la propagande », « On sait que vos cartes sont truquées » … Comme le raconte Le Parisien :
Dans un sujet du 20h, France 2 a montré il y a 4 ans déjà les messages reçus par les prévisionnistes de Météo-France : "On nous accuse de mentir, de manipuler, d’exagérer les températures. : messages haineux, cartes météo incriminées, accusations délirantes !
Partout en Europe et ailleurs comme au Quebec, c’est le même constat :
Mais sur internet il y a aussi ceux qui, dans leur esthétique, peut-être adaptée à leur cible, rétablissent avec humour la véracité des faits et le professionnalisme des prévisionnistes des chaines traditionnelles. Comme ici sur YouTube ..
Des prévisionnistes locaux, amateurs, démolissent eux même le complotisme ambiant qui surchauffe les réseaux sociaux ! Comme ici sur Instagram :
Alors oui, les cas se multiplient. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, chacun s’improvise expert, conteste, soupçonne. La météo, autrefois un service public consensuel, est devenue un marqueur idéologique, un terrain où s’affrontent climatosceptiques, complotistes et anti‑médias. Comme le font tous les médias pros, dont FTV avec le Journal Météo-Climat :
Les journalistes météo ne font que décrire le réel. Mais dans un monde où la réalité dérange, ceux qui l’annoncent deviennent des cibles.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 27 mai 2026.
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Comparer 2026 et ses menaces de guerre généralisée à 1938 ? Quand les décideurs sont, comme les pires internautes, les 1er créateurs de Fake News ... (le 26-05-2026) |
2026 : un monde saturé d’images, de notifications, de déclarations instantanées ... L’information circule plus vite que la réflexion, plus vite que la vérification, parfois plus vite que les faits eux‑mêmes !
Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui, autant regarder dans le rétroviseur ! Fin septembre 1938 : Hitler, Mussolini, Chamberlain, et Daladier, disent avoir signé un accord à Munich.
Le "prime minister" britannique brandit son papier "Peace for our time" Mais dès le 1er octobre, les troupes allemandes entrent dans les Sudètes !
En Allemagne, Goebbels a déjà transformé l’information en instrument de pouvoir. Le Volksempfänger, ce petit poste radio bon marché, inonde les foyers d’une seule voix : la propagande doit être populaire et s’adresser aux sentiments. C’est la verticalité absolue : un message, un émetteur, un peuple qui écoute.
En France, c’est l’inverse. La presse est éclatée, politisée, parfois hystérisée. L’Action Française hurle à la lâcheté, l’Humanité dénonce la capitulation, le Temps défend l’apaisement, Paris-Soir dramatise, rassure, dramatise encore… Le pays lit, écoute, mais ne peut rien vérifier ! Comme ce que dit le Président du conseil au Bourget à son retour de Munich :
2026 : les dirigeants du monde parlent tout aussi fort, mais nombre de citoyens ne savent plus à quel média se vouer pour comprendre ce qui se joue ! Donald Trump répète que "l’Amérique répondra immédiatement à toute attaque contre ses intérêts". Quand la communication se veut noire, elle devient blanche dans les heures qui suivent ! Comme constate LCI ...
Vladimir Poutine martèle que "l’Occident porte la responsabilité de l’escalade".
Benhamin Netanyahou répète que "Israël agira seul si nécessaire".
Volodymyr Zelensky alerte : "Si l’Ukraine tombe, d’autres suivront"...
Mais des complotistes affirment encore ce mardi sur X que des nazis ukrainiens manifestent à Kiev...
Alors que surtout, en vérité les personnels diplomatiques de tous les pays sont invités par Moscou à quitter la capitale !
Dans la presse écrtite, à la radio, ou au journal télévisé, chaque info se doit d'être analysée, documentée et si besoin contredite.
Alors que sur les réseaux sociaux, elle devient autre chose : des slogans, des clips dramatisés, des armes émotionnelles. En 1938, la propagande était verticale, en 2026, elle est virale.
L’information n’est plus seulement manipulée : elle est démultipliée et trop souvent dénaturée. Filmer, témoigner, documenter, c’est précieux, mais de prétendus reporters qui n’en sont pas, de pseudo‑journalistes, des influenceurs géopolitiques recyclent des images anciennes, sortent des vidéos de leur contexte, transforment des déclarations en slogans, confondent militantisme et information, saturent les timelines, et écrasent la nuance !
En 1938, et surtout durant les années suivantes, la manipulation venait d’en haut...
En 2026, elle vient de partout. Et dans ce brouillard, la perception collective devient vulnérable. Les émotions prennent le pas sur les faits. Les récits remplacent les preuves. Les algorithmes remplacent les rédactions. C’est précisément pour cela que les médias professionnels demeurent le socle, parce que les réseaux sociaux ne sont pas des médias, ce sont des amplificateurs… Et un amplificateur ne vérifie rien.
Ce à quoi nous assistons chaque jour , copié - collé de Munich 1938, nous rappelle une chose simple : quand les dirigeants parlent fort, la manière dont l’information circule décide aussi de la suite. Aujourd'hui la technologie a démultiplié la vitesse, mais pas la véracité. Parce qu’elle a libéré la parole, mais aussi la manipulation. Parce qu’elle a donné une tribune aux témoins, mais aussi aux propagandistes. Et parce que les leaders eux-mêmes en jouent ! C'est à celui qui "stratégiquement" sera le leader en matière d'intox !
Il y a 7 ans déjà, comme des hôpitaux se moquant de la charité, Vladimir Poutine et Donald Trump ont eu ce petit échange à propos des "fake news" :
Pour comprendre aujourd’hui, il faut regarder hier, pour envisager demain... des médias professionnels capables de mettre du sens, là où le monde met du bruit pour faire "fureur".
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 mai 2026.
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Comment lutter contre la canicule complotiste, alors que l’info comme la météo, ne sont pas des sciences exactes : récentes recommandations de l'Arcom ! (le 24-05-2026) |
#médias, #impartialité, ou #service public”...Les réseaux sociaux, comme la météo, sont en surchauffe !
Faute de rafrichir les débats, l'Arcom vient de publier une analyse qualitative des attentes du public : impartialité, pratiques éditoriales, ... Un ensemble de recommandations à l'eau tiède, bien que les enjeux soient considérables comme le dit le président Martin Ajdari sur France Culture :
Sur le papier, le service public devrait être un modèle. Les cahiers des charges de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde sont précis : pluralisme strict, honnêteté, exactitude, indépendance, séparation entre faits et commentaires, diversité des points de vue, médiateurs, comités d’éthique…
L’Arcom le rappelle : le service public est soumis à une “exigence renforcée d’impartialité”, plus forte que pour les chaînes privées : quand on est financé par tout le monde, on doit s'adresser à tout le monde. La ministre de la culture enfonce le clou face au Sénat, dans la foulée du rapport sulfureux issu de la Commission d’enquête parlementaire :
Les études publiées par l’instance de régularisation montrent une fracture nette … Si le service public reste pour beaucoup un repère fiable, d'autres le perçoivent comme étant “la voix de l’État”, trop parisien, trop bien‑pensant, comme un haut-parleur des élites déconnectées de la vraie vie.
Ouvrir un journal sur l’insécurité ou sur le climat, donner deux minutes à un ministre ou à un syndicat, inviter tel ou tel expert, ça ne peut pas être neutre ! Mais c’est pourtant ce qu’une partie du public ne comprend pas, ou plus ! Traiter un sujet parmi tant d’autres c’est déjà un choix, comme travailler un angle pour bien l'expliquer ! Mais, force est de constater que désormais c'est là que se crée la suspicion d’orientation, de parti pris ...
L’Arcom le dit explicitement : l’impartialité n’est pas un état, mais une méthode qui repose sur la transparence des choix éditoriaux, la diversité des intervenants, la traçabilité des sources, la clarté entre faits et commentaires, et la capacité à corriger publiquement les erreurs.
Du côté des médias privés … TF1, M6, RTL, Europe 1 challengent le service public : leur moteur existentiel, c’est l’audience. Leur biais naturel c’est l’émotion, la spectacularisation … Personne ne leur demande d’être neutres, ils doivent d’abord être rentables et pour cela cibler un public ! Comme en témoigne cette pépite archivée par Culture pub : cette campagne d'RTL il y a 15 ans :
CNews, comme sa soeur radiophonique Europe 1, revendique sa ligne singulière en promettant la liberté de ton, pas l’impartialité. Et plus elle l'assume, plus le service public apparaît par contraste comme “de l’autre camp”.
Mais dorénavant aussi, la forme compte autant que le fond. Les jeunes, ou les citoyens de la "France Périphérique" qui se sentent délaissés, se détournent des contenus et des formats traditionnels : plus de JT, de matinale radio, de lecture de longs articles ! L’info se consomme en stories, en shorts, en vertical, en 20 secondes sur les plateformes. La plupart des médias est déjà engagée dans cette évolution numérique au delà de leurs offres linéaires.
L’impartialité parfaite n’existera jamais, c’est une utopie. Mais un paysage médiatique professionnel responsable, pluraliste, transparent, repérable, et surtout accessible dans les formats que les publics consomment de plus en plus… C'est le chemin largement engagé par les acteurs du marché, surtout sur leurs applis et sites web. Le "teasing" sur les Réseaux Sociaux pour reconquérir un public vers le linéaire est plus complexe à mettre en oeuvre.
Un bol d'air frais, c'est que les Français en 2026 attendent manifestement, même s’ils ne le formulent pas comme l’Arcom.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 mai 2026.
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Entre le benjamin et le doyen des candidats déclarés : 37 ans d'écart. Pas question de "noce de papier" pour autant entre Attal et Mélenchon. C'est sur le web que se jouera avec les autres, la campagne ! (le 22-05-2026) |
Déclarer sa candidature n’est plus seulement un acte politique, c’est un choix de décor, de média, de récit… Témoin : Gabriel Attal, ce midi, dans un village de l’Aveyron.
Une place centrale, quelques dizaines d’habitants, des façades en pierre, un soleil de midi. Juste un micro sur pied, une petite estrade qui se veut improvisée, et un ancien Premier ministre de 37 ans qui annonce sa candidature à la présidentielle comme on annoncerait une fête de village. Attal veut incarner la proximité, la simplicité, la rupture avec les codes parisiens. Il veut montrer qu’il n’est pas “le candidat des plateaux”, mais celui qui parle “au pays réel”, comprenez la "France périphérique".
Mais attention ... Si la séquence se veut dépouillée dans la forme, elle ne l’est pas dans la diffusion. Car pendant que les habitants du village l’écoutent, les 4 chaînes d’info continue “accrochent” le signal, les caméras cadrent serré, les réseaux sociaux diffusent en streaming vertical, les extraits sont découpés en temps réel et les citations circulent avant même la fin du discours !
Gabriel Attal n’a jamais caché son intérêt pour les nouveaux formats. Lorsqu’il était porte‑parole du gouvernement, puis ministre, puis Premier ministre, il a multiplié les interventions sur les réseaux sociaux, les formats courts, les vidéos explicatives.
Dans Le Monde en 2023, il explique : "Les Français ne s’informent plus de la même manière. Il faut parler partout, et surtout là où ils sont." Sur France 2, en 2024, il assume : "On ne peut plus se contenter des formats traditionnels. Il faut aller sur les réseaux, expliquer, montrer." Dans Le Parisien : "Les réseaux sociaux ne sont pas un supplément. Ils sont une partie du débat public.
Attal a été l’un des premiers responsables politiques français à utiliser TikTok de manière régulière pour expliquer des mesures gouvernementales. Il a aussi été l’un des premiers à faire des formats “face caméra” très courts, inspirés des codes de Brut ou Konbini.
Jean‑Luc Mélenchon lui aussi choisit le web. Depuis plusieurs années, il revendique même une stratégie anti‑médias traditionnels, assumée, répétée, documentée, il ne cherche pas à être repris. Il cherche à produire lui‑même ses formats, ses narrations, ses audiences. Ce matin là, il organise une conférence de presse, seulement pour les "nouveaux médias" :
Dans Le Parisien en 2022 : "Les médias traditionnels ne sont plus le centre de gravité. Nous parlons directement au peuple." Sur France Inter : " Je n’ai pas besoin des chaînes d’info pour faire campagne. Je fais mes propres émissions." Dans L’Humanité : "Notre force, c’est le numérique. Nous n’avons pas à quémander du temps d’antenne." Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube il y a 3 ans : "Je préfère parler une heure à 300 000 personnes en direct plutôt que dix minutes sur un plateau où l’on m’interrompt. Et sur X (ex‑Twitter), il écrit : "Les réseaux sociaux sont le nouvel espace public."
Une déclaration n’est plus un discours. C’est un écosystème médiatique, un lieu, un format, une diffusion, une stratégie de découpe et de viralité. Même si la problématique demeure la même : faire décoller la campagne ! Pas mieux que l’éternel "fils de pub", du haut de ses 92 printemps, pour évoquer la force tranquille qu’il est essentiel de mettre en œuvre. Ayant porté à l’Elysée François Mitterrand, il travaille en 85 pour Citroën et la Visa GTI qu’il faut faire s’envoler d’un porte avion pour une pub, comme il le raconte à Alec Henri sur YouTube …
La morale de l’histoire est sans doute qu’il faut, au-delà des médias tradis ou nouveaux, toujours prévoir, aussi, la présence de sous-marins …
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 22 mai 2026.
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"Qui veut la peau de l’audiovisuel public ?" : Au-delà de la commission d’enquête, quid des dirigeants, du pouvoir, de la conscience collective ? Entretien avec l'auteure de ce livre évènement : Nathalie Sonnac. (le 21-05-2026) |
Coup de fil en 3 questions à Nathalie Sonnac, Professeure en Info&Com à Université Paris Panthéon-Assas, conférencière et essayiste, présidente du COP du Clémi, directrice du Master Médias, Communication et Sport et qui a été membre du CSA de 2015 à 2021.
Quelle question poseriez-vous aux 2 pédégères de France Télévisions et de Radio France, suite à cette commission d’enquête houleuse, au parti pris désormais bien identifié ? "Moi je trouve qu’il y a eu une véritable inertie que l’on connaît bien dans toutes les grandes entreprises ... Par exemple ... Les accords récents du coté de FTV de co-diffusion avec You Tube n'auraient-ils pas pu être conclus plus tôt ? Et puis ... N’ont-elles pas un regret, Radio France et France Télévisions, de ne pas avoir réussi à vraiment se rapprocher ?"
Quid des 6 ministres de la culture qui se sont succédés rue de Valois et qui ont toutes et tous demandé à ces dirigeantes de jouer l’union pour faire leur force ? Le chantier n’a que très peu avancé …
"On se souvient aussi que le chef de l’état lui-même a déclaré que l’audiovisuel public était la honte de la République ! C’est un gâchis. C’est très dommage d’avoir eu un Président de la République aussi jeune, clairvoyant, pro numérique qui n’ait pas réussi à projeter une envie sur ces dossiers … "
L’échéance de la Présidentielle est déjà au centre des réflexions, avec la proposition désormais publique du R N : privatiser France 2, France 5 et France Inter …. "Il nous reste 12 mois, 12 mois d’action. Le service public appartient à tout le monde, donc à chacun de se forger sa propre opinion. Voilà donc dans mon livre une série d’argumentaires, d’éléments factuels et de réflexions qui sont posés."
"A nous tous de nous en emparer dans le débat public. Les Suisses l’ont fait avec une votation A 66%, et pour la 2e fois ils ont voté en faveur d’un audiovisuel public fort."
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 21 mai 2026.
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Faire mieux avec moins ? Le cas des 1ères de FTV, en avance sur "ICI", le balbutiant pluri média public de proximité de l'hexagone ! (le 19-05-2026) |
Rapprochement Radio-TV-Web, sous une marque unique : un impératif stratégique, et financier...
Coup de fil à un cadre de la 1ere à la Réunion.
"Nous avons été initiateurs de plusieurs projets : Tout d'abord, il y a déjà 15 ans, le Cross média radio / TV en matinale : en adaptant l’offre audio, pour qu’il y ait une valeur ajoutée sur le petit écran. Aucun média français ni public ni privé n’avait alors encore testé ce qui apparait aujourd'hui comme un outil ad-hoc. Même s'il faut y mettre les moyens pour que l’émission de radio soit valorisée quand les usagers choisissent leur téléviseur. C'était en 2011 !"
"En vue des JO de Paris nous avons aussi été moteurs pour la validation technique en démontrant avec notre Grand Raid, le savoir-faire des équipes de France Télévisions."
"C’est déjà une longue histoire …"
"Parallèlement en interne, la ''dictature'' des ETP, la réduction un temps de la production interne tv, nous a obligé à développer des organisations afin de dégager plus de flexibilité, d'agilité. Tout en respectant les normes RH qui protègent à juste titre les métiers et les salariés et qui sont nos cadres de travail. Nous avons donc avec l’accord de l’entreprise développé des projets d'expérimentation : aller plus loin sur les fiches de poste, sur un temps donné, sur un projet défini, afin de tester différentes organisations de travail et ensuite présenter un rapport au CSE d'établissement pour entériner ou non le principe d'organisation novatrice sur un type de produits."
C'est le cas de l'émission hebdo ''Radio Péi'' par exemple, sur Réunion La 1ère, ... "C'est en effet un rendez-vous de notre radio chaque dernier samedi en direct : 2h chez un habitant, avec un plateau pour des interviews, et un disposotif de qualité pour la captation de musiciens en live."
"On y a ajouté 2 techniciens vidéo, une mini régie dimensionnée, pour une diffusion en direct sur les Réseaux Sociaux. Plus tard, d'autres techniciens ont rejoint le dispositif pour réaliser un 26' pour la TV après post prod. Ce qui auparavant était impossible car il aurait fallu beaucoup plus de personnels de production."
"Du coup, on déploie maintenant cette mini régie sur des directs préfecture pour la venue des ministres etc... Ce qui nous permet à enveloppe constante de faire plus de temps d'antenne avec autant de personnel, pour une dépense ETP bien moindre.
Idem sur le métier de techniciens video par exemple : ils peuvent réaliser des émissions qui sont déjà existantes et chartées. Par respect pour les métiers. on les appelle alors ''metteur en images'' et non réalisateur ... "En résumé, on leur propose de collaborer sur d'autres compétences métiers."
"Mais, si la volonté des personnels est réelle, il faut arriver à convaincre les Organisations Syndicales qui peuvent avoir tendance à jouer la préservation des périmètres... Au sein du groupe FTV, La 1ère est engagée sur la QVT, la Qualité de Vie au Travail !"
Justement ... quid de "l'accusation" globale pour l'ensemble de FTV ? Les contraintes de gestion des personnels, vous conduisent-elles à faire trop appel à des prestataires privés. ? Coûtent-ils finalement moins cher pour l'entreprise, sont-ils nécessaires pour nourrir les grilles ? "Tout dépend de quelle antenne il est question ! Les besoins pour Mayotte par exemple ne sont pas les mêmes qu'à la Réunion : contexte concurrentiel, historique, disponibilité ou non sur place de boites de prod privées ... A FTV on se doit de respecter des normes éthiques, des chartes de bonnes pratiques, RSE entre autre, ce qui rend quasi impossible ou très difficile la sous-traitance sur certains territoires."
"Il y a 24 heures de programme à nourrir !!! Nous avons donc besoin des boites de prod. locales pour dynamiser et diversifier notre offre. On ne peut pas se contenter d'être une resucée de France 2 ou de France 3 puisqu'elles sont diffusées aussi sur notre territoire en TNT et en direct..."
Alors ? "On procède par recalage horaire. On complète avec des achats du Pole OM (séries du monde, culture) de l'offre interne, puis externe."
"Les boites de prod. privées à la Réunion ne peuvent pas produire à flux tendu : peu ou pas de direct, et peu ou pas de longs formats, à part certains documentaires. Donc on leur demande des formats moyens ou courts, qui nous coûteraient trop cher, ou qu'on ne sait pas faire techniquement."
"Notre série "Mascarena" par exemple ... Si on devait la réaliser, on ne ferait que ça en termes de prod dans l'année, pour une raison de coûts. Cela nécessiterait de concentrer une part trop importante de nos ressources humaines, pour n'avoir au final que 9 épisodes sur une année de 52 semaines ! Par conséquent on panache. Pour caricaturer : le flux, c'est à dire le récurrent pour nous, les modules, les pages spéciales et les partenariats pour les boites privées."
Justement : suivant les 9 théâtres d'opération outremer, avec leurs réalités concurrentielles si diverses, peut-on dire que les expérimentations des 1ères pourraient être riches d'enseignements pour l'hexagone ? "Chez nous, Mascarena est ce qui se rapproche le plus de ce que font les grandes sociétés de production nationales pour ftv, toute proportion gardée... C'est une proposition de leur part, qu'on a amendée et qu'on achète à un montant x… "
"Ca s'est fait par la force des choses et des évidences, on commence à peine à considérer le web à l'égal de la tv.... Jusque-là quand on diffusait des éléments sur le web, c'était parce qu'on ne pouvait pas le passer en tv pour des raisons de contraintes de grilles. Mais puisqu'on ne voulait pas perdre des partenaires, on utilisait le web comme une seconde antenne TV : diffusion de directs sports, diffusion de grandes manifestations etc…" Depuis on mène une reflexion plus stratégique et éditoriale sur ce qui convient le mieux à tel ou tel média, digital ou linéaire."
"Il n'y a que sur Mascarena qu'on a construit et éditorialisé, par exemple une vraie déclinaison pour le web qui n'est pas diffusée en tv. Ce n'est pas encore une pratique courante, mais on y vient."
D'après vous, qu'est-ce qui serait transposable dans l'hexagone ? La flexibilité et les frontières de métiers qui sont désormais moins fermées outremer, qu'en métropole."
Les expérimentations portées par France Télévisions outremer seront-elles considérées à leur juste valeur, par l'intra périph parisien, des 2 cotés de la Seine ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 19 mai 2026.
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Quand Ouest France, le chêne de la presse française, ne parvient pas à jouer le roseau ... Diversification sur la TNT difficile avec Novo 19 : suppression d'emplois. (le 18-05-2026) |
Quelques 150 postes menacés à Ouest‑France, le premier quotidien du pays, ce n’est pas seulement l’annonce d’un plan d’économies.
C’est un choc symbolique, territorial, démocratique. Depuis des décennies, Ouest‑France tenait comme le roseau de La Fontaine : il pliait, mais ne rompait pas. Face aux crises du papier, aux mutations numériques, aux bouleversements publicitaires, il avait toujours trouvé la manière de rester debout. Mais aujourd’hui, il semble s’enfoncer dans un marigot, un écosystème mouvant, instable, dû à l’évolution fulgurante des usages médiatiques.
Pourtant Ouest‑France, ce n’est pas seulement un journal, c’est un maillage territorial sans équivalent : 53 éditions locales, chacune avec sa rédaction dédiée, plus de 350 communes couvertes quotidiennement, quelques 1 200 journalistes, dont une majorité sur le terrain et 2 000 correspondants locaux ...
597 470 exemplaires sont diffusés chaque jour, un record national, en couvrant 12 départements.
2,5 millions de lecteurs quotidiens, papier et numérique confondus avec un site qui dépasse régulièrement les 300 millions de visites mensuelles.
Dans certaines communes rurales, Ouest‑France est parfois le seul média présent physiquement, le seul à couvrir un conseil municipal, une fermeture d’école, une tempête, une décision de préfecture. Le journal est le seul lien entre l’habitant et la vie publique au-delà des reportages de quelques concurrents locaux plus fragiles ou des médias de service public ICI en radio et en télévision.
Pour comprendre la gravité du moment, il faut rappeler ce qu’est l’ASPDH, l’Association pour le Soutien des Principes de la Démocratie Humaniste, l’organe propriétaire et gestionnaire de Ouest-France créée en 1990 par François‑Régis Hutin. C’est une association à but non lucratif, sans actionnaires à rémunérer, conçue pour protéger le journal de toute prise de contrôle extérieure. Elle repose sur un principe fondateur : pas d’indépendance éditoriale sans indépendance économique et valide toutes les grandes orientations stratégiques du groupe SIPA Ouest‑France. C’est un modèle rare, presque patrimonial, pensé pour garantir la liberté d’informer. Aujourd’hui, ce modèle est sous tension…
Le président de l’ASPDH, David Guiraud, le dit avec une franchise inhabituelle : "Si on ne prend pas le chemin de la vidéo, nous serons en péril. Cette vision à dix ans impose un changement de culture rapide au sein de ce grand et puissant paquebot qu’est Ouest‑France."
Le président du directoire, François‑Xavier Lefranc, parle d’une année 2025 "brutale", marquée par 33,3 millions d’euros de pertes, presque doublées en un an. La stratégie demeure pourtant claire : attirer les jeunes, capter la publicité vidéo, exister dans un monde où l’information se consomme en flux, en stories, en formats courts. Mais la réalité est têtue.
La chaîne TNT Novo19, lancée par le groupe en septembre dernier peine à s’imposer : 0,8 % d’audience, loin des 2 % nécessaires à l’équilibre, 11 millions d’euros de pertes, un talk‑show phare sur le point d’être arrêté, et des meilleures audiences… assurées par des films américains. Alors la direction demande du temps et rappelle que l’ambition vidéo dépasse la TNT. Une plateforme, Atlas, doit bientôt voir le jour : un espace unique regroupant les contenus de Novo19, les vidéos produites par les journalistes, et des productions extérieures.
La transformation vers le pluri média est douloureuse. De nombreux salariés dénoncent une pression managériale croissante, une stratégie difficile à lire, un rythme qui bouscule les identités professionnelles. Le plan d’économies “Efficience 2” 15 millions d’euros par an ravive les inquiétudes. Même au sein de l’ASPDH, les débats sont vifs. Un administrateur, Patrice Hutin, a adressé deux courriels internes très critiques, dénonçant "la faiblesse stratégique de la gouvernance" face à un marché "extraordinairement perturbé". Une prise de position rare, qui montre combien la situation est sérieuse.
En attendant, dans l’Ouest de l’hexagone et bien au-delà, on ne lit pas Ouest‑France : on y vit. Chacun y cherche les résultats du club local, les avis de décès, les décisions du conseil municipal, les marées, les travaux, les fêtes de village. C’est un lien social, un ciment, un miroir, et il y a donc de la tristesse de voir un journal qui a accompagné tant de générations se débattre dans un paysage médiatique qui change plus vite que lui. Tristesse de voir un modèle social exemplaire fragilisé, de constater que même les institutions les plus solides ne parviennent plus à jouer le roseau dans un monde où les tempêtes ne cessent plus.
Ouest‑France n’est pas seulement un journal, c’est un repère et un symbole pour le journalisme en France. Et aujourd’hui, ce repère doit se réinventer pour ne pas disparaître. C’est peut‑être cela, le plus douloureux : comprendre que même les phares doivent parfois changer d’ampoule, et aussi de source d’énergie, pour continuer à éclairer...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 18 mai 2026.
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Hantavirus ... Les fake news pullulent malgré les médias pros qui ont tiré les leçons de la Covid. Le gvt entend créer un dispositif d'infovigilance. (le 16-05-2026) |
"Ce sera une sorte de ’’task force’’ efficace composée d'experts scientifiques " : voilà ce que souhaite instituer la ministre de la santé, médecin de profession. " Dès qu'ils apercevront une fausse information, ils seront coordonnés pour agir très vite" explique Stéphanie Rist .
Car en effet 2 semaines après l’alerte lancée par l’OMS, les médias pros ont visiblement tiré les enseignements de la crise du covid 19 : ne pas affoler la population, mais ne pas minimiser non plus.
Mais les complotistes, eux, ont repris leurs rengaines : “On nous cache tout, on nous dit rien, et si on nous dit quelque chose, c’est forcément faux.” Comme ce médecin antivax dont parle France 24 :
Et rebelotte ! Ces fake news font recette, comme en témoigne cette auditrice d’RMC :
Sur les réseaux sociaux, les vidéos de pseudo‑experts fleurissent plus vite qu’un variant, Et certains visages bien connus refont surface. À commencer par le professeur Didier Raoult, qui a trouvé un nouveau terrain d’expression : GPTV, un site vidéo créé en 2017 contre les médias traditionnels qui adore démonter les récits officiels.
Le médecin marseillais est venu sur ce site parler de l'Hantavirus. Il est sous le coup d’une interdiction d’exercer de 2 ans, symbolique puisqu’il est désormais retraité. L’Ordre des médecins lui reproche d’avoir promu l’hydroxychloroquine sans preuves solides et d’avoir mené des études sans protocole validé pendant la Covid.
Extraits repris sur X, montages TikTok, commentaires en rafale sur Facebook du type “les médias nous mentent depuis toujours” : les fake news sont virales. Une rumeur affirmant que l’OMS avait confirmé 159 cas liés au navire MV Hondius, a été démentie par Reuters le 13 mai 2026. Et France 2 dénonce bien d'autres infox :
Les rédactions classiques tentent de maintenir un discours rationnel. Mais sur les réseaux, la machine à emballement tourne à plein régime. Ce médecin suisse n’est pas surprise comme elle le dit sur RTL :
Résultat ? Les ventes de masques ont explosé. +300 % en 72 heures selon les distributeurs. Les FFP2 et les chirurgicaux ont presque disparu des rayons, et certains sites de e‑commerce ont même ressorti les packs “famille” comme en 2021. Le constat de TF1 :
Ce qui est fascinant, ce n’est pas la peur, elle est humaine, mais c’est la vitesse avec laquelle les journalistes pros peuvent être accusés de cacher la vérité, et un média alternatif célébré pour “oser dire ce que les autres taisent”, comme l'explique cet épidémiologiste sur Public Sénat :
Les complotistes ont appris à scénariser, viraliser, dramatiser, utiliser les codes des réseaux, les formats courts, les punchlines. Ils ont appris à occuper l’espace avant même que l’information ne soit confirmée.
Les journalistes ne peuvent que rendre visibles leurs méthodes, montrer comment on vérifie un fait, une source, un document. Préciser qui parle, pourquoi, avec quels intérêts. Et puis surtout occuper le terrain du web, avec des formats rapides, incisifs, pédagogiques, qui démontent les récits complotistes avant qu’ils ne s’installent.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 17 mai 2026.
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