L'évènement, dans l'évènement : désacraliser la grand messe du 20 h et mériter l'appellation "Edition Spéciale" ... France 2 innove avec une dizaine de minutes quasi "no comment", au cœur de la manif parisienne. (le 18-10-2026) |
Le sacro-saint 20 heures, : un rituel national, un format figé que toutes les chaînes tentent de moderniser, sans jamais vraiment oser le bouleverser.
Ce dimanche soir, France 2 révolutionne le genre, avec une longue séquence en mode “no comment" : des images brutes tournées au cœur des manifestations... Après l'allocution du Président de la République :
Suivent quelques sujets tournés partout en France, des réactions d'élus, et le traitement de heurts à l'étranger ...
Puis ... Le 20 heures ose donc mettre de côté le poids des mots pour le choc des images ! Une rupture rare, presque historique, dans un genre réputé impossible à réinventer : Sans fioriture journalistique, permettre à chacun de se retrouver au coeur de la manif avec une équipe de reportage : de l'info, à l'état brut. Extrait :
Seul regret, que cette séquence réellement extraordinaire d'une dizaine de minutes dans son intégralité, du jamais vu dans un 20 heures, n'ait pas été valorisée en amont ! Mais du coup quand elle est intervenue ... à la 43 ème minute du journal quelle surprise !
Pour revoir le journal et l'intégralité de cette séquence hors norme :
Thierry Mathieu e-crossmedia 18 octobre 2023. |
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17/10/26 : remake de mai 68 ? Cette comparaison de JL Mélenchon contredit les archives des médias et l’histoire documentée. (le 18-10-2026) |
Selon Jean‑Luc Mélenchon "Ce qui s’est passé samedi est plus puissant que Mai 68 pour la jeunesse." Une phrase totem, diffusée par les médias traditionnels, mais surtout calibrée pour les réseaux !
En réalité, la France a en effet grondé : des cortèges massifs, des tensions, des vitrines brisées, des voitures brûlées, des charges, des lacrymos, des jeunes très présents, des images en boucle sur les chaînes d’info, des interpellations. Et même des symboles du pouvoir pris pour cible : des mairies incendiées ou attaquées à Marseille, Limoges, Bordeaux, des préfectures caillassées ou assiégées…
Mais la comparaison avec 1968 s’effondre rapidement, sauf à réécrire l’histoire ! A cette époque, la jeunesse fait encore confiance aux pros de l’info. Europe 1 diffuse les sons des pavés arrachés, des sirènes, des cris. Archive de la station, alors, rue François 1er …
Pas de réseaux à l'époque mais le bouche‑à‑oreille, les couloirs, les amphithéâtres, les comités d’action : tracts, affiches, journaux muraux, et puis les AG permanentes, où l’on débat, vote, corrige, relaie. Claude Burgelin, étudiant à Lyon, raconte qu’il apprend “qu’il se passe des choses” par la radio ou par un coup de fil. Pas de notifications, pas de messageries cryptées : juste des voix, des papiers, les gens, pas déshumanisée !
Pour les salariés grévistes en 68 : l’information passe par les ateliers. Les ouvriers s’informent au sein des usines occupées, transformées en rédactions improvisées, avec les syndicats (CGT, CFDT, FO), qui structurent le mouvement. Dans les rangs des cortèges, circulent rumeurs, tracts, informations.
La radio et la télévision d’État sont très vite paralysées : journalistes sous pression politique, consignes de retenue, puis grève générale qui coupe l’antenne et laisse le pays sans images. Le 23 mai, le JT ouvre sur… rien : pas de reporters, pas de terrain, pas de direct … L’ORTF devient le symbole d’un État dépassé. Radio et télévision sont incapables, parce que censuré, de documenter la crise qu’elles traversent. Comme le raconte France Télévisions sur Lumni, avec l’INA :
En quelques jours, les médias publics passent du statut de “voix officielle” à celui d’acteurs hors‑jeu, spectateurs impuissants d’un pays qui s’informe ... RTL ouvre sur Renault Billancourt occupée, puis sur Sud Aviation. Le 20 mai, RTL annonce : "Dix millions de grévistes. Le pays est à l’arrêt." RMC raconte Marseille : dockers, port bloqué, cortège de 30 000 personnes, mais aussi Toulon : arsenal paralysé et Nice : lycéens par milliers.
A lire la presse, le pays en rupture totale ! Le Monde, édition du 15 mai : "La France vit une crise de civilisation." France Soir : double page sur les barricades, CRS débordés, rues dévastées. L’Humanité : jonction ouvriers‑étudiants, occupations d’usines, grève générale. Les hebdos oscillent entre fascination et panique. Paris Match montre la Sorbonne transformée en agora.
La communication des contestataires donne même lieu à une effervescence créative, artistique, comme le rappelle ce document de France 3 :
On est bien loin des publis de nombre d’internautes qui inondent aujourd’hui les réseaux sociaux qui jouent aux journalistes sans une once de déontologie …
Et puis … A l’époque les mouvements contestataires - étudiants, ouvriers, syndicats - sont structurés, politisés, organisés. Ils sont assez peu parasités par des groupes opportunistes venus uniquement pour casser ou piller. En 68, la violence est politique : elle vise un ordre social, un rapport de force, un État. Aujourd’hui, la contestation peut être politique, elle peut être récupérée, évidement instrumentalisée mais elle est dénaturée dans les rues par des casseursqui échappent à toute forme d’organisation. Ils fonctionnent via les réseaux sociaux, se coordonnent par messageries cryptées, se déplacent en essaims ultra‑mobiles, sans structure, sans revendication, sans porte‑parole.
Ils échappent aux médias traditionnels, comme aux services de l’État. Ces jeunes gens, et en particulier les fauteurs de troubles, ne consultent plus la presse, la radio, la télévision. Ils préfèrent l’entre‑soi des algorithmes, sans médiation, sans vérification, sans contradiction. La presse, la radio, la télévision ne sont plus, pour eux, comme c’était le cas en 1968 des sources d’information, des espaces de débat, voire des acteurs de médiation.
Ce samedi, la France a manifesté. Mais elle a surtout été violentée par des délinquants désormais hors système, difficilement contrôlables du fait de leur appropriation des avancées technologiques. Ces outils désintègrent les ordres établis par les médias traditionnels, comme ils désorganisent les services de l’État.
L’histoire est assez douloureuse et non maitrisée, pour ne pas avoir en plus à aggraver la perception des faits. Le roman national n’a guère besoin de scénariste à tendance révisionniste pour s’écrire.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 18 octobre 2026.
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Lille, Paris, Lyon, Marseille : casseurs, black blocs et flux cryptés anéantissent les manifestations respectueuses de l'état de droit. Quand, aussi, le 5ème pouvoir des médias tradis se réduit au rôle de commentateur. (le 17-10-2026) |
Ce samedi, la France ne vit pas une simple journée de mobilisation. Elle vit une démonstration par l’absurde : celle d’un pays où deux mondes ne cohabitent plus, et où un troisième, celui des casseurs, black blocs, groupes ultra‑mobiles, s’infiltre dans les interstices pour imposer son propre récit.
À Paris, les tensions ont éclaté avant même le départ du cortège. Place de la République, les forces de l’ordre ont dû utiliser à plusieurs reprises du gaz lacrymogène face à des groupes organisés tirant des mortiers d’artifice.
Tôt ce samedi matin aux studios de CNews et Europe1 des vitres sont brisées, des projectiles lancés, avec finalement une vingtaine d’interpellations. En couvrant la manif parisienne, une équipe de la chaine Bolloré est éjectée par des manifestants :
Pendant que les chaînes d’info commentent les images, les groupes violents, eux, se coordonnent ailleurs : sur Telegram, dans des canaux de 500 à 2 000 membres, où les consignes de déplacement apparaissent dès 13 h 10. Une story Instagram publiée à 13 h 52 dépasse 18 000 vues. Les black blocs n’ont pas inventé ces outils. Ils les utilisent mieux que tout le monde.
À Lille comme à Marseille, ce n’est pas “la jeunesse” qui a attaqué la mairie. Ce sont des groupes déterminés, masqués, organisés,
Une vidéo TikTok filmée mise en ligne à 13 h 58, dépasse 420 000 vues en à peine une heure. À Lyon, l’Office du Tourisme de Bellecour est sacagé.
Un live Instagram lancé à 14 h 20 dépasse 12 000 spectateurs simultanés. Les forces de l’ordre protègent les façades. Les groupes violents, eux, se déplacent à la seconde.
Ce samedi les institutions réagissent alors que les groupes violents, eux, anticipent. Et la Gen Z, elle, observe, documente, relaye, mais n’écoute plus. Les réseaux sociaux et les messageries cryptées crééent un monde parallèle où les mobilisations se préparent sans leaders, les infiltrations se font sans visibilité, les récits se propagent sans médiation, surtout quand une caméra pro n'intervient pas ...
Les médias traditionnels ne sont plus un cinquième pouvoir. Pour la Gen Z, ils sont un musée. Pour les casseurs, ils sont un outil. Pour les politiques, ils sont un réveil tardif. Enfin, pas pour tous ...
Que pourraient faire les médias ? Pas devenir plus jeunes, plus courts plus "TikTok". Non : RE devenir utiles. Comme plusieurs cherchent à le faire à l'instar du réseau ICI des radios locales de Radio France en invitant sur ses 44 terrains ses auditeurs à s'exprimer au sein d'un isoloir, et en diffusant son offre aussi sur les réseaux sociaux...
Cartographier les récits algorithmiques, décrypter les stratégies des groupes violents, documenter les colères pourraient être les missions actualisées des médias pros, expliquer comment se fabrique le réel perçu, et reconnecter des univers qui ne se parlent plus.
Le terrain est encombré, et plus seulement dans la rue. Il l'est aussi dans les flux. Le journaliste ne doit évidemment pas pour autant devenir un influenceur. mais se doit sans doute fort de sa déontologie, d'être un cartographe des réalités parallèles.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 17 octobre 2026.
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"Des violences sont possibles" dit le ministre de l’Intérieur. Gare aux Black Blocs qui s’infiltrent dans les cortèges, ciblent les vitrines ... Mais aussi les micros, les caméras, les journalistes ! (le 16-10-2026) |
Mardi dernier à Paris, lors des manifestations de lycéens, une équipe de franceinfo: TV assiste à l’attaque de Black Blocs :
Dès novembre 2018 au moment des 1ères manifs des Gilets jaunes … Reporters Sans frontières recense en 6 mois, 54 journalistes blessés, et plus de 120 incidents impliquant les forces de l’ordre : tirs de LBD, grenades de désencerclement, coups de matraque, destructions de matériel.
Les cas graves s’enchaînent. 24 novembre 2018, Paris : un photographe de Libération est touché au visage par un tir de LBD. 1er décembre 2018, Paris : un journaliste du Parisien blessé par une grenade. 8 décembre 2018, Bordeaux : un JRI de France 3 atteint à la jambe par un projectile. 12 janvier 2019, Rouen : deux journalistes de LCI agressés par des manifestants ; leur vigile est roué de coups et hospitalisé. 9 février 2019, Paris : un photographe de l’AFP blessé par un tir de LBD. 15 juin 2020, Dijon : une équipe de France 3 attaquée dans le quartier des Grésilles, véhicule caillassé, JRI blessé. Et 27 février 2021, Reims : le photographe Christian Lantenois, du journal L’Union est secouru de justesse. Comme le raconte M6 :
En 2023, le journaliste d’une équipe de CNews, sécurisée par 2 agents de sécurité lors d'une manifestation, raconte chez Cyril Hanouna leur agression par des Black Blocs ...
Pourquoi les Black Blocs apparus massivement au printemps 2016 lors du mouvement de contestation de la loi Travail, attaquent aussi les reporters ? Selon plusieurs études la caméra n’est pas pour eux un témoin : c’est une menace. Leur tactique repose sur l’anonymat total : silhouettes uniformes, masques, absence de signes distinctifs : toute captation d’image devient un risque d’identification.
Une équipe de BFM a réussi à s’infiltrer parmi les Black Blocs il y a 3 ans :
Les journalistes sont perçus comme des auxiliaires involontaires de la police, des capteurs qui peuvent documenter un visage, un geste, un déplacement. Neutraliser un journaliste, c’est neutraliser un danger. Parce que la confusion est une arme : un reporter équipé, casque, gilet, caméra, peut être assimilé à un policier en civil, un agent de renseignement, un intrus. Et parce que les agressions de 2018–2021 ont créé un précédent : la violence contre les journalistes s’est banalisée. Jusqu'à ses derniers jours comme le montre RSF:
Les rédactions françaises, à commencer par celles des télévisions, ont décidé d’institutionnaliser la protection privée des reporters, une première dans une démocratie occidentale. BFMTV diffuse une procédure interne de protection dès 2019 , LCI renforce ses consignes, Franceinfo TV adopte un protocole similaire. En 2019, l’ensemble de France Télévisions formalise un document interne de sécurité : casque obligatoire, lunettes, masques, et accompagnement par agent de sécurité sur les actes violents. Un protocole est signé, intégré dans les formations internes. Lors des émeutes urbaines de 2023, les groupes TF1 et M6 imposent à leur tour : binômes journaliste/JRI, gilets haute visibilité, et vigiles obligatoires pour les tournages de nuit ou en zones sensibles. Ces derniers jours lors des manifestations licéennes, des journalistes d'LCI ont tout de même été pris pour cible comme le dénonce à l'antenne Ruth Elkrief :
La presse écrite a évidement pris aussi des mesures : Le Parisien, Libération, L’Union, Sud Ouest adoptent des chartes internes après les agressions de leurs reporters: casques, lunettes, consignes de retrait, et recours possible à la sécurité privée.
Du côté des radios … Les reporters de France Inter, France Info, RTL, Europe 1, France Bleu devenue depuis ICI, RMC travaillent désormais avec des consignes écrites : casque souple, lunettes, masques, et vigiles pour les directs en cortège infiltré.
Les directions de l’information ont validé ces protocoles, parfois avec les syndicats SNJ, CFDT, FO qui intègrent le droit au retrait et l’obligation de fournir les équipements de protection. Tout cela s’appuie sur une obligation légale : le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité des salariés. Depuis 2018, les médias ont dû formaliser cette obligation dans des documents internes.
Certains jeunes gens sur les réseaux sociaux publient leur indignation à propos de ces agressions dont sont victimes les pros de l'info, comme ici l’interview de Laurence Ferrari , figure de CNews-Europe1 :
En huit ans, la rue française est parfois devenue un terrain où les journalistes ne couvrent plus seulement la violence… ils doivent aussi s’en protéger, pour pouvoir la raconter.
Thierry Mathieu e-crossmedia 16 octobre 2026.
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Du 17 novembre 2018 au 17 octobre 2026 … Estampillées Gilets Jaunes mais pas seulement, un millier de manifs sont annoncées. La Presse cette fois sait (mieux) à quoi s'attendre ! (le 15-10-2026) |
Les Gilets jaunes reviennent ce samedi, rejoints par les lycéens et les étudiants. Doivent s’ajouter les parents, mais aussi les pompiers, des policiers à l'appel d'Alliance, d'autres centrales syndicales, les agriculteurs, les pêcheurs, les retraités … Et des salariés de l'audiovisuel.
Même si l'histoire ne bégaille pas toujours ... Les manifs des Gilets jaunes d'il y a 8 ans, sont devenues un cas d’école pour les rédactions !
D’ailleurs, des chercheurs en sciences de l’information et de la communication ont disséqué cet épisode. Au LERASS, le laboratoire de l’Université de Toulouse, plusieurs travaux publiés entre 2019 et 2020 ont posé un diagnostic devenu canonique. Ils parlent d’un effet de sidération et d’une rupture d’intelligibilité pour les commentateurs de la vie publique".
Le sociologue Dominique Marchetti note que les journalistes ont, presque instinctivement, tenté d’abord de "ramener le mouvement dans des catégories connues, sans parvenir à en saisir la logique propre".
La chercheuse Nathalie Pignard-Cheynel précise que les rédactions ont été confrontées à "une mobilisation née sur les réseaux sociaux, sans porte-parole, sans structure, sans calendrier".
Le politiste Éric Darras rappelle que les Gilets jaunes venaient de "territoires et de catégories sociales peu présentes dans les médias nationaux".
Et l'universitaire Jean-Michel Utard parle d’un mouvement "à temporalité propre, échappant aux routines de prévision des rédactions".
Huit ans plus tard, les signaux ressemblent étrangement à ceux de 2018 mais en plus massif, plus numérique, plus transversaux. L’appel du 17 octobre vient de vidéos TikTok publiées dès le 9 septembre.
Elles ont explosé en quelques jours et ont été largement reprises par l’ensemble des médias : carburant, vie chère, pouvoir d’achat. L’ensemble de la presse a couvert les manifestations des 266 000 à 450 000 lycéens dans les rues depuis un mois. Même si leurs vacances débutent, ces lycéens contestataires attendent samedi, “avec impatience”.
Comme le raconte le site d’info HugoDecrypt, plébiscité par les jeunes gens.
La Confédération paysanne appelle à la convergence, comme de nombreux syndicats
Des figures historiques reviennent… Sophie Tissier omniprésente sur les réseaux sociaux il y a 8 ans a demandé une manifestation à Paris sur les Champs-Élysées ce samedi de 10 heures à 19 heures, qui aurait d'ores et déjà été interdite ...
Jérôme Rodrigues appelle à remettre les difficultés du quotidien au centre du débat public, et à soutenir les lycéens, partout en France.
Le ministre de l'intérieur s'attend à 250 évènements , alors qu'une carte interactive publiée sur les réseaux sociaux annonce plus d’un millier de manifestations …
Comme quoi les propos du géographe Christophe Guilluy qui a conceptualisé dès 2014 la fameuse "France Périphérique" résonnent encore très fort…
Huit ans après les premiers gilets jaunes les rédactions ont-elles intégré ces données ? Toujours est-il qu’elles sont sur le pied de guerre pour préparer la couverture des mobilisations ce samedi. Un mouvement décidément numérique, tant pour son organisation ( réseaux sociaux, messageries cryptées) que pour son auto-couverture en parallèle des médias pro, avec pour rédacteurs en chef … les algorithmes !
Pour mémoire... Notre article sur les modes de communication propres aux Gilets Jaunes publié le 12 septembre dernier, quand la date du 17 octobre 2026 a inondé les smartphones :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 16 octobre 2026.
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Natacha Polony candidate à la Présidentielle : une journaliste de plus, sur la longue liste de pros de l'info à s'être engagés en politique. (le 14-10-2026) |
Editorialiste connue pour ses combats sociétaux, ancienne directrice de Marianne, aujourd’hui à la tête de la revue L’Audace !, chroniqueuse dans Franc-Tireur , elle intervient également chaque semaine comme hier soir encore sur LCI … C’est sur France Inter qu’elle a choisit ce mercredi de déclarer sa candidature. après avoir lancé son mouvement le mois dernier
Figure engagée, elle s’est illustrée dans plusieurs combats : la défense de l’école républicaine, contre ce qu’elle appelle "l’effondrement pédagogique" ; la critique des dérives technocratiques, notamment dans l’éducation et la santé ; la lutte contre l’uniformisation culturelle, qu’elle associe à une forme de "mondialisation sans âme" ; la promotion d’un souverainisme humaniste, centré sur la transmission, la nation et le rôle de l’État, l’alerte sur les fractures sociales, qu’elle décrit comme "le symptôme d’un pays qui ne sait plus où il va".
En France, les précédents de journalistes qui entrent en politique sont rares et souvent contrastés. Le cas le plus emblématique reste celui de Noël Mamère. Journaliste à l’ORTF puis à Antenne 2, visage familier des JT, il bascule dans l’écologie politique, devient maire de Bègles, député, puis candidat à la présidentielle en 2002. Résultat : 5,25 % des voix. Retraité désormais, il intervient à nouveau comme journaliste sur divers médias. Il s’en expliquait en 2018 aux Assises du journalisme à Tours.
Plus récemment, Éric Zemmour a déjà une première fois tenté, lui, la conquête suprême. Chroniqueur, polémiste, omniprésent sur CNews et dans Le Figaro, il fonde son parti, Reconquête, et se présente à la présidentielle de 2022. Résultat : 7,07 % au premier tour. Une démonstration de puissance médiatique, mais aussi de ses limites : aux législatives qui suivent, il est éliminé dès le premier tour.
Autres figures majeures du journalisme "entrées" en politique sans prétendre à la fonction suprême ... Jean‑Jacques Servan‑Schreiber. Cofondateur de L’Express en 1953. Président du Parti Radical, député de la Manche, puis maire de Nancy en 1971, il incarne l’idée que le journalisme peut être un laboratoire d’idées avant de devenir un projet politique.
Françoise Giroud suit une autre trajectoire. Directrice de Elle, cofondatrice de L’Express, elle est appelée au gouvernement
Dominique Baudis, correspondant de TF1 à Rome puis présentateur, quitte le plateau pour la mairie de Toulouse, qu’il dirige plus de dix ans, avant de présider le CSA et de devenir Défenseur des droits.
Jean-Marie Cavada, Président de Radio France devient député européen sous les couleurs centristes.
François Baroin, passé par le journalisme à Europe 1 pendant 5 ans, deviendra député RPR, ministre de l’Intérieur, de l’Économie, et maire de Troyes et Président de l'association des maires de France.
Philippe Ballard, ancien journaliste de LCI, devient député du Rassemblement national en 2022 et se retrouve parfois sur des plateaux avec Loic Signor, député macroniste lui et également ex reporter à la TV,
Ils sont décidément nombreux à être passé du rôle d’interviewer à celui d’interviewé : Audrey Pulvar, Aymeric Caron, Bruno Roger-Petit, et Robert Ménard … Laurent Joffrin, ex-directeur de Libération, lance un mouvement politique en 2020, sans percée électorale notable. Citons encore l’actuelle locataire de la rue de Valois Catherine Pégard (ex-Le Point) ou Myriam Lévy (ex-Le Figaro) …
A l’étranger, le passage du journalisme au pouvoir est presque un classique. Winston Churchill est d’abord correspondant de guerre : ses reportages musclés en Afrique du Sud lui construisent une stature qu’il transformera en leadership politique.
Boris Johnson, lui, vient du Daily Telegraph et du Spectator : plume provocatrice, style iconoclaste, puis député, maire de Londres et Premier ministre. Michael Gove, ancien journaliste, devient ministre de l’Éducation puis de la Justice.
En Italie Benito Mussolini débute comme journaliste socialiste, dirige Avanti! puis fonde Il Popolo d’Italia pour accéder au pouvoir.
Silvio Berlusconi qui n’a jamais été journaliste mais grand patron de presse et de télévision, propriétaire de Mediaset et de journaux utilise son empire médiatique comme tremplin politique.
Aux États-Unis, Warren G. Harding commence comme éditeur du Marion Star avant de devenir sénateur puis président en 1921.
Plus récemment, Sarah Palin passe des sports à la télévision locale d’Alaska au poste de gouverneure, puis à une candidature à la vice‑présidence. En Australie, Tony Abbott suit le même schéma : journaliste, puis Premier ministre.
Le journalisme peut donc parfois être une école du pouvoir, une rampe de lancement, ou … un tremplin manqué !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 14 octobre 2026.
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23 % de chute d'audience des sites pros consacrés à l'info en un an !!! Les internautes les délaissent puisque que l'IA résume leurs contenus... (le 13-10-2026) |
Selon l’ACPM, l'organisme de référence qui contrôle, certifie et valorise la diffusion, la fréquentation et l’audience des médias en France … Les 40 plus gros médias d’info français ont perdu 440 millions de visites en un an !!! Moins 23 %. Un quart de l’audience numérique envolé !
Dans le classement paru le mois dernier ... Les seules marques de radios citées dans le Top 15 des sites les plus consultés en France sont celui de franceinfo: mais qui est co-produit avec France Télévisions et Radio France, en additionnant les productions numériques de toutes ses stations. .
Et pour les autres médias ? Même désillusion … Les baisses sur un an sont vertigineuses : Franceinfo : –29 %, BFMTV : –28 %, Le Figaro : –22 %, LCI : –26 %, Le Monde : –20 %. Les magazines d’actualité s’effondrent : Le Point, Marianne, L’Express : –45 à –55 %. La presse régionale plonge aussi : La Provence : –40 %, Midi Libre : –36 %, L’Indépendant : –29 %.
Parce que le chemin d’accès à l’info a été piraté ! Par Google, d’abord, avec ses AI Overviews qui affichent des réponses générées par l’IA au-dessus des liens. Par ChatGPT, Perplexity, Gemini, qui résument les articles sans jamais cliquer. Comme l’explique Dedi Agency une agence spécialisée en création et refonte de site e-commerce et en stratégie digitale :
Le référencement naturel, le fameux SEO s’est effondré. Pendant des années, les médias ont tout misé sur leur visibilité dans Google. Aujourd’hui, Google renvoie… vers Google. Et les sites des médias ne sont plus la porte d’entrée de l’information. C’est un phénomène planétaire comme l’explique TV5 Monde
Comment stopper l’hémorragie ? Peut‑être en misant enfin sur le teasing via les sociaux pour rapatrier les internautes vers les médias prémium, sans tout dire sur le web avec des extraits, des formats courts, des moments forts qui donnent envie d’en savoir plus. Parce que si les moteurs IA siphonnent l’accès, la seule manière de recréer du trafic, c’est de recréer du désir.
Et pourtant … Pendant que les chiffres s’effondrent, beaucoup de médias communiquent sur leurs “succès numériques”, comme la jeune RTL qui fête ses 60 ans. Des records sur TikTok, des partages sur Facebook, des millions d’écoutes de podcasts, des vidéos qui “cartonnent”...
Les chiffres ACPM racontent une réalité bien moins glamour : les chiffres des sites qui faiblissent sévèrement, comme ceux des journaux, des radios, et de la presse écrite sont une menace qu'ils n'ont pas vu venir .... La complémentarité avec le web est pourtant devenue essentielle puisqu’ils y valorisent à la fois leurs offres premium, parfois avec abonnement, et y récoltent des resources publicitaires ...
Alors… Continuer à célèbrer les performances sur les plateformes, est‑ce une stratégie, ou une manière élégante de regarder ailleurs ? Parce que la vraie question n’est plus : comment communiquer sur ses succès ? Mais : comment reconstruire un accès direct à l’information, dans un monde où les plateformes et l’IA contrôlent désormais le chemin d’entrée ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 15 octobre 2026. |
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Proposition de loi sur la modernisation de la radio débattue au Sénat : la République entend protéger un pilier menacé par les constructeurs automobile, la transition numérique et les tensions éditoriales. (le 12-10-2026) |
Ce mardi 13 octobre, le Sénat examine la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, au moment exact où la radio française traverse trois secousses majeures : Tout d'abord , l’offensive des constructeurs automobiles !
Il en est question au Mondial de l’Auto à Paris. Tesla, BYD, BMW, Volkswagen ... plusieurs constructeurs ont commencé à supprimer le tuner FM de leurs modèles. Chez Tesla, la radio hertzienne est même devenue une option payante. Le tableau de bord se transforme en plateforme : Spotify, TuneIn, Apple Podcasts… et la radio proprement dite disparaît.
Pour les constructeurs, c’est une logique industrielle : moins de composants, plus d’abonnements, plus de contrôle sur l’écosystème audio. Pour la radio, c’est un choc : un tiers de l’écoute se fait en voiture. La loi Lafon répond directement à cette menace : FM + DAB+ obligatoires dans tous les véhicules neufs. Comme en France, certains pays de l’Union européenne s’opposent à la disparition de la radio dans les voitures neuves. Comme la Belgique :
La Suisse, les Pays‑Bas et l’Italie aussi : tous protègent la diffusion hertzienne, essentielle pour l’info, la sécurité et la mobilité. Face aux constructeurs, l’Europe veut préserver un accès gratuit et universel.
Deuxième front : la transition numérique. Sur le papier, le DAB+ est l’avenir, dans la réalité, alors que la multiplication des émetteurs se poursuit, il crée des zones de tension. Quand France Musique ferme des émetteurs FM dans certaines régions, les auditeurs découvrent que leur poste ne reçoit plus rien. Le discours institutionnel parle de modernisation ; eux voient une coupure. Sybile Veil, Présidente de Radio France :
Nombre d'acteurs, parmi lesquels de nouveaux venus sur le marché y voient une opportunité
Le groupe NRJ, longtemps prudent, vient de lancer le 5 octobre "Nostalgie 60 70" sur le DAB+, enrichissant son bouquet thématique disponible en numérique.
Comme si le DAB+ n’était plus une option mais un territoire à occuper, un moyen d’étendre encore en hertzien ses marques et de préparer l’après‑FM.
Troisième front : le pluralisme, avec 2 cas emblématiques.
Première radio de France, France Inter se retrouve régulièrement accusée de pencher idéologiquement. L’affaire Guillaume Meurice, il y a deux ans, a cristallisé ces tensions : suspension, polémiques, tribunes… Lors de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, plusieurs élus ont pointé France Inter comme le cœur du “biais idéologique” du service public. Et tout récemment, la station a connu une grève après l’annonce de l’arrivée d’un journaliste de Valeurs actuelles : motion , débats internes sur le pluralisme, et départ de l’éditorialiste. France Inter reste la radio la plus écoutée du pays… mais aussi la plus scrutée, la plus commentée, Mémona Hintermann, journaliste , ex membre du CSA
Autrefois généraliste et consensuelle, Europe 1 est devenue depuis 5 ans avec son intégration au groupe Bolloré le symbole d’un virage éditorial vers la droite de l’échiquier politique, avec pour slogan la liberté d’expression.
Dominique Reynié, fondateur de la Fondation Pour l'innovation Politique donne son point de vue au micro de Laurence Ferrari :
Avec une ligne politique affirmée, la station qui semblait en perdition a reconquis un large public, mais elle est aussi contestée, prise entre positionnement stratégique et critiques sur son virage idéologique.
Globalement … La proposition de loi défend l’idée que la radio mérite un statut spécifique, veut rester un service d’intérêt général, pas un contenu noyé dans un catalogue. Dans certaines voitures neuves, elle n’existe plus par défaut, dans certaines régions elle disparaît de la bande FM, dans certains débats elle peine à incarner le pluralisme qu’elle revendique. Le sénateur Laurent Lafon se dit confiant pour l’avenir de son texte.
La question n’est plus technique, mais presque constitutionnelle. La radio est‑elle encore un pilier du débat public, ou un flux parmi d’autres dans le grand marché des services rendus aux publics ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 13 octobre 2026.
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Les RS... Avec, ou contre, le traditionnel petit écran ? Des candidats de la nouvelle Star Académie d'emblée calomniés sur le web... (le 11-10-2026) |
À peine la 14ᵉ édition de la Star Academy lancée, un paradoxe surgi : pour exister, pour séduire les jeunes, pour faire vivre l’audience, elle doit être partout sur TikTok, Instagram, X ... Mais pour chaque like gagné, elle prend le risque d’être frappée par une polémique, née d’un passé numérique des candidats qu’elle n’a jamais contrôlé.
Comme en 2022, 2023, 2024, 2025… la machine s’est remise en marche. Les premières victimes de 2026 s’appellent Ydriss et Morgan.
Ydriss, 22 ans, de Baie Mahault en Guadeloupe. Un candidat déjà populaire sur internet avant d’entrer dans le château : vidéos humoristiques, challenges, reprises musicales… un profil calibré pour les réseaux, suivi par des milliers de jeunes. Exactement le type de candidat dont l’émission a besoin pour toucher une génération qui ne regarde plus la télé linéaire. Mais cette exposition est une arme à double tranchant. Dès l’annonce de son entrée, des internautes ont fouillé ses anciens comptes Facebook comme on fouille un casier judiciaire : quelques propos agressifs, des posts maladroits, des captures d’écran qui tournent en boucle. Rien de récent, rien de criminel… mais suffisamment pour déclencher une tempête.
Morgan, 20 ans, du Var. Un profil artisanal : petits concerts locaux, reprises sur Instagram, participation à des événements associatifs. Un candidat qui, il y a dix ans, serait entré dans l’émission avec un passé numérique quasi invisible. Mais en 2026, l’anonymat n’existe plus. Son ancien Facebook, oublié depuis longtemps, a été passé au crible : des propos jugés inappropriés, relayés par des comptes spécialisés dans les “dossiers” de télé‑réalité.
Et il y a aussi Amel, 22 ans, fille d'un journaliste sportif qui a travaillé mour Canal+, beIN Sports, Téléfoot, ou encore récemment M6, qui a suscité des accusations de favoritisme sur les réseaux sociaux après sa reprise du titre "Killing Me Softly", et qui a été choisie comme gagnante de cette première soirée.
Comme tous les programmes ... Star Academy affronte un paradoxe : dépendre des réseau, et en payer le prix ! La production applique sa doctrine : ne jamais nommer les candidats, protéger les élèves, calmer les réseaux, rappeler les valeurs de respect et de bienveillance. Mais les réseaux sociaux, eux, n’ont pas de doctrine, ils ont des algorithmes qui ne protègent personne. C’est le paradoxe de la télé‑réalité moderne : les réseaux sont le carburant de l’audience… et le détonateur des polémiques.
Ce qui arrive à Ydriss et Morgan n’est pas un accident : c’est devenu structurel et les exemples s’accumulent, saison après saison et les proches des candidats sont aussi ciblés. 2022 : Anisha, fausse polémique sur des tweets inventés. 2023 : Louis, vidéos humoristiques sorties de leur contexte. 2024 : Ebony, harcèlement raciste massif.
2025 : Ema, submergée de messages haineux dès la réouverture de ses réseaux. 2025 : Christophe Pinna, polémique avant même le premier prime.
Ydriss et Morgan ne sont que des symptômes d’un monde où la télé‑réalité n’est plus un divertissement, mais un scanner social. La question n’est plus artistique. Elle est presque stratégique …
Comment continuer à faire avec les réseaux… quand on sait qu’on peut en devenir la première victime ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 12 octobre 2026. |
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Trump osera-t-il autoriser la diffusion en direct sur le web de l'exécution d'un condamné à mort ? La réalité la plus sordide dépasserait la fiction ... (le 10-10-2026) |
Le Pentagone envisage de retransmettre l’exécution de Nidal Malik Hasan, l’auteur de la fusillade de Fort Hood. Ce serait une première mondiale qui ne serait pas seulement un événement judiciaire mais aussi un retour en arrière historique, avec une audience numérique potentiellement mondiale.
Le projet est toujours officiellement maintenu, mais entouré d’un flou considérable sur ses modalités techniques et juridiques.
Les exécutions publiques ont évidemment existé pendant des millénaires, attiré des foules immenses, mises en scène comme des spectacles, des cérémonies, des divertissements. Les Romains remplissaient des amphithéâtres pour voir des condamnés livrés aux bêtes devant des dizaines de milliers de spectateurs. Au Moyen Âge les pendaisons, les décapitations, les supplices étaient publics. On venait en famille, vendait à boire, à manger. La justice était un événement social. Pendant la Révolution française, la guillotine, place de la Révolution, était un rituel quotidien. On venait “voir la charrette”, commentait les condamnés applaudissait parfois.
En France, cela a cessé en 1939 avec la dernière guillotine publique : Eugène Weidmann, criminel allemand condamné pour 6 meurtres et exécuté à Versailles.
Hors système "démocratique" en revanche … En Iran des exécutions publiques parfois filmées par des témoins mais les médias d’État diffusent après coup, jamais en direct. En Arabie Saoudite des images de décapitations circulent via les smartphones, mais aucune retransmission officielle. Idem avec les Talibans en Afghanistan exécutions filmées et diffusées sur les réseaux sociaux mais pas de livestream institutionnel.
En Chine jusque dans les années 1990, certaines condamnations ont été filmées et montrées à la télévision, mais jamais non plus en direct, comme en Corée du Nord, Le direct, c’est l’étape qu’aucun régime n’a encore franchie.
Alors la fiction sera-t-elle dépassée par la réalité ? En 1983, en France, Yves Boisset sort Le Prix du Danger. Michel Piccoli y joue le maître de cérémonie d’un jeu télévisé où un candidat est traqué jusqu’à la mort. Tout est filmé, tout est diffusé, tout est spectacle. France 3 Rhone Alpes recevait le réalisateur en janvier 1983 comme s’en souvient l’INA :
La même année, 1983, David Cronenberg sort Videodrome. En 1987, Hollywood enfonce le clou avec The Running Man. En 2000, le Japon choque avec Battle Royale. En 2008, Death Race transforme des prisonniers en gladiateurs filmés. En 2012–2015, The Hunger Games installe la mort comme rituel national filmé. Et en 2013, Black Mirror diffuse White Bear, où la punition devient spectacle public.
Mais dans un film, on coupe, on cadre, on scénarise. Dans un livestream, on montre. Même sous contrôle militaire, dans un cadre restreint, ce serait un moment de bascule .. Le jour où une démocratie emprunterait les codes d’une dystopie, et où la frontière entre justice et spectacle serait dissoute … en HD. Les associations de défense des droits humains parlent de “torture psychologique”. L’ONU évoque une dérive “médiévale”. Les religieux dénoncent une “mise en scène punitive” Des élus républicains ont exprimé publiquement, en des termes très forts, leur opposition à cette annonce du secrétaire d’état.
Donald Trump assure que quoi qu’il en soit, diffusée en direct ou pas, cette exécution aurait bel et bien lieu.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 11 octobre 2026.
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