Voici venir les candidats à la Présidentielle "farfelus", champions de fake news sur les RS... De quoi regretter Coluche, même s'il n'avait pas fait rire tout le monde ! (le 31-08-2026) |
Le 15 septembre, quatre candidats marginaux organiseront un “Débat Présidentiel” sur YouTube.
Un rendez‑vous improbable, sans organisateur identifié, sans structure politique, sans rédaction donc évidemment sans aucune forme de déontologie … Un débat auto‑produit, vraisemblablement monté par les protagonistes eux‑mêmes dans un format typique des productions YouTube marginales ou satiriques.
François Asselineau est le seul à disposer d’un programme : Frexit, sortie de l’euro, de l’OTAN, souveraineté nationale et réindustrialisation. Sa ligne reste celle d’un gaullisme souverainiste, avec un État stratège et une politique étrangère de neutralité. Il donne rendez-vous à ses militants régulièrement sur les réseaux sociaux comme ce mercredi :
Francis Lalanne n’a pas de programme formalisé : il porte un discours protestataire, lyrique, centré sur les libertés publiques et la dénonciation du “système”. Ses propositions sont floues, émotionnelles, rarement traduites en mesures concrètes. Il fait route sur des sites complotistes avec Dieudonné :
Vincent Flibustier : bruxellois, il intervient comme satiriste, spécialiste de la critique du complotisme. Il ne formule aucune proposition politique : son rôle est la dérision, le contre-discours humoristique spécialiste des fake news, et se présente comme formateur en IA .
Sylvain Durif (“Christ Cosmique”) avance des idées ésotériques : gouvernance planétaire, suppression des frontières, mission messianique. Ses “propositions” relèvent du registre mystique, sans contenu institutionnel ou économique
Les médias pros en diffuseront-ils des extraits ? Il y a fort à parier en tous cas que de nombreuses reprises vont faire le buzz sur le web ! Même si aucun des participants ne pourra prétendre à récolter les 500 signatures d’élus nécessaires pour participer à l’élection !
Coluche reste la candidature atypique la plus célèbre de l’histoire présidentielle française. En octobre 1980, il annonce sa candidature dans un style provocateur : “Je suis candidat parce que les autres ne peuvent plus faire pire.” Rapidement, les sondages affolent la classe politique : jusqu’à 16 % d’intentions de vote, un score qui menace directement François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing. Coluche attire les jeunes, les ouvriers, les déclassés, les abstentionnistes. Il incarne une France qui ne se reconnaît plus dans les partis traditionnels.
Les médias amplifient le phénomène : interviews, chroniques, caricatures ... Il devient un symbole de contestation, un miroir de la crise politique de l’époque. Après 6 mois, Coluche renonce officiellement. Les médias couvrent son retrait comme un événement national.
Coluche a ouvert la voie à toutes les candidatures atypiques qui suivront. Il a montré que la présidentielle est aussi un espace de contestation, de satire, de colère sociale… et parfois de vertige démocratique.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 31 aout 2026. |
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1 er débat de la présidentielle : LCI a signé un record historique, mais le débat était aussi simultanément diffusé sur YouTube, ce qui change la portée commerciale et juridique des tentatives de diffusion parallèles de BFMTV et CNews. (le 28-08-2026) |
Le Medef avait conclu avec LCI un contrat d’exclusivité pour la diffusion télévisée du débat. La captation était assurée par une société de production privée mandatée par le syndicat patronal qui fournissait le signal officiel (image + son). Cette exclusivité a permis à LCI de signer une journée historique : 1,03 à 1,04 million de téléspectateurs, 11 % de PDA, et même 4,9 % de PDA sur la journée, faisant de LCI la chaîne la plus regardée de France ce jeudi.
Mais cette exclusivité était télévisuelle, pas numérique. Le débat était simultanément disponible sur YouTube, en accès libre. Autrement dit : l’exclusivité de LCI était réelle, mais pas totale.
BFMTV a installé ses propres caméras dans l’enceinte du court Philippe‑Chatrier au Stade Rolland Garros ou était organisé l'évènement et a commencé à diffuser des images, le son, avec des commentaires en plateau, sans autorisation, violant l’exclusivité contractuelle. Le Medef a alors coupé le son, laissant BFMTV avec des images muettes.
CNews a diffusé des images également, sans le son, et sans autorisation... Ce vendredi, elle en tire une leçon ...
Sur le plan contractuel : les deux chaînes ont violé l’exclusivité … Mais quelle est la valeur commerciale d’une exclusivité télévisuelle quand le même contenu est accessible gratuitement en ligne ? Même si le débat était sur YouTube, l’exclusivité télévisuelle a permis à LCI d’attirer plus d’un million de téléspectateurs, de dominer la journée, de renforcer son statut de chaîne politique de référence.
Pour BFMTV et CNews : une tentative de “rattrapage” mais leur diffusion illégitime n’a pas payé : BFMTV : 217 000 téléspectateurs, CNews : 181 000.
Sur le plan strictement juridique, ces 2 chaines ont violé : l’exclusivité contractuelle, le droit d’auteur sur le signal, le droit voisin du producteur du flux, et potentiellement le droit à l’image des participants. Le Medef aurait pu engager une action en contrefaçon, demander réparation pour préjudice commercial, voire saisir l’Arcom pour manquement aux règles de diffusion.
Mais la diffusion sur YouTube introduit un effet atténuateur ... Selon les données communiquées par LCI et reprises par notre confrère Puremédias, la retransmission du débat a généré plus de 300 000 “téléspectateurs digitaux” en direct, ce qui inclut YouTube, le site de LCI et les autres plateformes numériques. Le contenu était donc déjà public, accessible, gratuit, non géobloqué. Cela ne légalise pas la reprise télévisuelle, mais cela réduit l’ampleur du préjudice, la valeur de l’exclusivité, et la capacité à démontrer un dommage financier direct.
Il y a déjà eu des précédents mais jamais dans un contexte où YouTube brouille les frontières … Fillon–Juppé 2016, municipales 2020, Macron–Le Pen 2017, mais aucun n’avait cette configuration : exclusivité TV, violation par deux chaînes, coupure de son par l’organisateur, et surtout donc diffusion simultanée sur YouTube ! C’est donc la première fois que la frontière entre exclusivité télévisuelle et accessibilité numérique crée un flou juridique.
La présidentielle se jouera donc pour les médias sur le terrain juridique. Le débat du Medef a révélé une tension nouvelle : l’exclusivité télévisuelle n’est plus un monopole absolu dès lors que le signal circule librement sur les plateformes, le droit audiovisuel se retrouve face à un dilemme inédit : comment protéger une exclusivité quand le contenu est simultanément public ?
La guerre des audiences ne fait que commencer. Celle des droits, elle, vient d’ouvrir une nouvelle forme de bataille ….
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 28 aout 2026.
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234 ... jours avant le 1er tour de la Présidentielle. Et un et deux et trois - zéro pour LCI, qui diffuse ce jeudi, même à l'heure du thé, le 1 er débat ! (le 26-08-2026) |
16h45… Un horaire à priori improbable, presque contre‑productif pour faire de l’audience, même si en cette fin août une bonne partie du pays n’a pas encore repris le travail et pourrait donc être disponible pour regarder un débat politique.
Cette France encore en tongs, en terrasse, et qui rêvasse sur un transat à bien d’autres choses qu’à la prochaine Présidentielle sera-t-elle au rdv ? En réalité … Peu importe !
LCI, la chaîne info du groupe TF1, dégaine là une sacrée cartouche en diffusant le direct d'un débat qu’elle ne produit pas, n’organise pas, ne maîtrise pas techniquement puisque le flux est réalisé par un prestataire mandaté par le MEDEF…
Les concurrentes BFMTV, CNews, Franceinfo ne rechigneront pas à reprendre les images, puisque c'est l'organisation patronale qui les produit… Si une phrase dérape, si un candidat explose, si un moment devient viral… tout le monde reprendra les images quand bien même elles auront été diffusées en direct par LCI ! Brut a ouvert le placard aux archives …
Idem pour radios, le web, les réseaux sociaux, la presse écrite… les éditions du soir des radios vont forcément en parler, les sites d’info vont découper les séquences, les journaux de vendredi matin titreront sur les moments forts ... Mais surtout les équipes des candidats vont nourrir leurs sites de campagnes avec des extraits et les réseaux sociaux vont s’emparer du débat.
Le direct demeure une valeur ajoutée, mais une séquence politique ne vit surtout que si elle circule. Surtout pour les moins de 40 ans qui désertent les grand-messes de l’info et qui passent par TikTok, Instagram, X, YouTube… Par les verticales, les extraits, les réactions, les commentaires. Et même en direct puisqu’au-delà de la TNT, le débat sera Co diffusé à sur le site TF1info, ainsi que sur YouTube et X.
La bataille médiatique va être impitoyable jusqu’à l’élection présidentielle. Parce que l'élection ne se jouera pas seulement entre les candidats. Elle va se jouer entre les médias pros, entre les chaînes info, entre les plateformes, entre les radios, entre les journaux… Et surtout sur les réseaux sociaux,
A 16h45, le groupe TF1 tire le premier avec une journaliste maison ce qui donne l’impression que le terrain lui appartient. Amélie Carrouër désormais en charge de l’invité de la matinale d’LCI apparaitra au centre du dispositif.
Sorbonne, ESJ, iTélé, LCI, remplacements aux JT de TF1… Une journaliste qui sait tenir un plateau, cadrer des présidentiables, et éviter que le débat ne parte en vrille.
Avant la création de LCI La Chaine Info pionnière sur l'info continue de France, le slogan de TF1 qui venait tout juste d’être privatisée était …
Thierry Mathieu e-crossedia Le 27 aout 2026.
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Copyright frenchy : quand la nation solidaire donne le LA , ce sont les médias qui orchestrent. M6/RTL en font la démonstration ce jeudi soir pour les sinistrés des incendies. (le 25-08-2026) |
Un concert, des artistes, des appels aux dons : une soirée où les médias cessent de commenter le réel pour tenter de le réparer. Et ce geste, en France, n’est jamais anodin. Parce qu’ici, les médias ne sont pas seulement des raconteurs d’histoires. Ils sont parfois les héros du roman national.
Les sociologues le disent depuis longtemps. ! Pour Dominique Cardon professeur à Sciences Po, directeur du Médialab : "Les médias traditionnels apportent le cadre, la hiérarchie, la légitimité. Les réseaux sociaux apportent la vitesse, l’émotion, l’horizontalité". Selon le belge Geoffrey Pleyers professeur à l’Université de Louvain, chercheur au CNRS et spécialiste des mobilisations contemporaines : "Nos mobilisations sont devenues affectives, morales, virales. Les médias servent d’amplificateurs, de stabilisateurs". Et pour Camille Rondot, chercheuse à l’Université de Lausanne, spécialiste des institutions médiatiques : "Les institutions médiatiques restent essentielles pour structurer l’élan citoyen. Les réseaux sociaux captent l’énergie brute, mais ne la transforment pas en action durable".
En clair : les médias ne remplacent pas l’État. Mais ils comblent ses interstices, donnent forme à la solidarité, la rendent opérante … En 1954 , une nuit glaciale, une France transie, et une voix qui fend le brouillard, celle d’un abbé, député de Meurthe et Moselle, depuis très décrié, l'abbé Pierre : “Mes amis, au secours…”
À cet instant, Radio Luxembourg, la future RTL, ne raconte plus la misère, elle la combat. C’est la première mobilisation nationale déclenchée par un média.
4 ans plus tard Europe 1 invente un ton : direct, populaire, haletant. Bellemare devient le conteur national de la solidarité. “Vous êtes formidables”, c’est : 6 000 émissions, des anonymes aidés, des collectes massives.
Sur Europe 1 toujours, en 1985 ...
Coluche et la naissance des Restos du Cœur : un micro, une indignation, une idée, un appel.
Avec avec les Enfoirés TF1 transformera l’initiative radiophonique de Coluche en rendez-vous national : la télévision massifie, stabilise, pérennise.
Un après les Restos c’est au tour du service public de se mobiliser avec le Téléthon : une idée américaine… réinventée à la française. Dès 1954, Jerry Lewis avait lancé à Hollywood, un marathon caritatif de 16 heures. En 1987, Antenne 2 et Radio France importent l’idée…
30 heures de direct, des plateaux partout dans le pays, les radios locales associées et mobilisées. Les chaînes publiques deviennent infrastructures de solidarité nationale.
Du côté de Radio France : la solidarité institutionnelle permanente ! France Inter : tempête de 1999, canicule de 2003, Haïti, Liban, Ukraine. France Info : inondations du Var, incendies en Corse, crises migratoires. France Bleu devenu ICI, avant même cet été et la mobilisation des équipes pour les incendies
Tempêtes de 1999, Xynthia, inondations à Nîmes ou en Picardie, méga feux en Gironde 2022, catastrophe de l’arrière-pays niçois, crises agricoles….
Sur France Musique également des concerts solidaires ...
En France, les médias ne sont pas seulement des entreprises, ce sont des institutions morales. Parce que le paysage audiovisuel est pour beaucoup centralisé, capable de mobiliser des millions de personnes en simultané. La France adore les grandes causes, les mobilisations nationales, les élans collectifs portés par leurs artistes et leurs médias qui savent toujours être fédérateurs même en ces temps d'hégémonie des réseaux sociaux.
Ce que nos médias font est perçu comme une singularité culturelle. Une manière très française de dire que les médias ne sont pas seulement des témoins. C’est ce qu’a dit sur ses réseaux sociaux l’un des initiateurs du concert de ce jeudi soir animateur star d’M6 et RTL, au plus fort des incendies cet été en Gironde …
Les chaines sur lesquelles Julien Courbet officie quotidiennement ajoutent un chapitre à cette histoire où les médias refusent d’être spectateurs et choisissent d’être des acteurs et non seulement des observateurs, des catalyseurs d’empathie, des infrastructures de mobilisation. Une histoire française...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 aout 2026.
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Rentrée des médias en cette année Présidentielle : comme continuer à exister chez les jeunes consommateurs de Web et RS ? (le 25-08-2026) |
Ils ont de 18 à 22 ans, et voteront pour la première fois en mai prochain. Ils n’ont pas grandi avec les médias traditionnels, mais dans un monde où l’actualité se consomme en vertical, en 12 secondes, entre deux messages …
Aujourd’hui les chiffres sont sans appel : 60 % des 18-24 ans s’informent sur TikTok. 55 % sur YouTube. 45 % sur Instagram. Et seulement 12 % regardent un JT chaque semaine ! Ce sont les données publiées et documentées par Reuters Institute, et Médiamétrie. Ce n’est pas une rupture, c’est un déplacement massif, silencieux, irréversible.
Alors, que font les médias traditionnels ? Ils avancent, s’adaptent, se glissent dans ce flux qui n’a plus de rendez-vous, plus d’horaires, plus de frontières, et chacun, à sa manière, écrit un nouveau chapitre.
TF1, longtemps symbole du grand écran, a compris que l’avenir se joue… sur un écran de 6 pouces. Elle lance TF1+, une plateforme pensée pour les moins de 35 ans avec des formats courts, des décryptages, des contenus mobiles. Elle s’est alliée à Gaspard G, créateur YouTube suivi par les jeunes pour une série d’entretiens politiques diffusée sur YouTube et TF1+. La 1ère était consacrée dès le 8 avril dernier à Jean-Luc Mélenchon, comme le dit le directeur de l’info du groupe Thierry Thuillier :
Les extraits du JT deviennent verticaux, adaptés à TikTok. Les vidéos montent à 1 ou 2 millions de vues. Les contenus progressent de +40 % sur les 18–30 ans. TF1 ne demande plus aux jeunes de venir à elle. Elle va vers eux.
Idem du coté de France Télévisions qui a pris le virage numérique avec méthode : sur TikTok : des capsules verticales, des coulisses, des explications rapides.
Sur Slash : des documentaires courts, des enquêtes, des formats engagés. Les vidéos explicatives atteignent 300 000 à 1 million de vues, Slash dépasse 1,5 million d’abonnés. Les contenus progressent de +60 % sur les 18–24 ans. Le service public ne renonce pas à son exigence, il la traduit dans un nouveau langage.
M6, souvent plus silencieuse, avance pourtant aussi avec constance : M6 Info est désormais verticalisé, pensé pour les smartphones. Elle propose des décryptages courts, montre les coulisses de ses programmes. Les formats courts dépassent 150 000 à 400 000 vues.
Les coulisses montent à 1 million de vues. Les extraits adaptés en vertical progressent de +35 % sur les 18–30 ans.
Coté audio, Radio France a compris que la conversation ne se passe plus seulement sur ses ondes. Elle va sur Twitch avec des journalistes en direct, des questions spontanées, des échanges sans filtre.
Les chaines du groupe de radios publiques sont sur TikTok et Snapchat avec des formats courts, des explications, des rappels de dates. Les lives réunissent de 5 000 à 20 000 jeunes, les formats courts dépassent 100 000 vues, les podcasts narratifs montent à 300 000 écoutes.
La presse écrite n’est pas en reste : Les titres qui apprennent un nouveau langage. Le Monde, Libération, Le Parisien, 20 Minutes… Tous ont compris que le texte ne suffit plus. Le Monde dépasse 2,5 millions d’abonnés sur YouTube ; ses vidéos explicatives montent à 3 millions de vues. Le process est expliqué ici par la rédaction, en 4 minutes 30 chrono !
Libération fait du face-cam, 20 Minutes chasse les intox sur TikTok, Le Parisien explique l’actualité en 30 secondes. La presse ne renonce pas à son expertise. Elle la traduit dans les codes des plateformes.
Et puis il y a dans le PAF un cas à part : Arte. la chaîne culturelle européenne a conquis les jeunes sans renoncer à son exigence avec sur TikTok par exemple des formats pédagogiques, historiques, culturels. Résultat : 1 million d’abonnés. Des vidéos de 500 000 à 2 millions de vues : + 70 % sur les 18–30 ans.
Arte est devenue une marque culturelle… jeune.
Mais pendant que ces médias traditionnels se réinventent, d’autres acteurs dominent déjà le paysage... Avec en haut du podium HugoDécrypte : Sur YouTube presque 4 millions d’abonnés !
Sur TikTok 5,7 millions d’internautes fidèles. Ses intevriews atteignent entre 1 à 3 millions de vues. Brut revendique 2,5 milliards de vues mensuelles : 3,8 millions sur TikTok. 50 % de l’audience a moins de 35 ans. Konbini “Fast & Curious” : 1 à 4 millions de vues. Formats engagés : 500 000 à 1,5 million. Ce sont eux, aujourd’hui, les repères des jeunes !
Pour la première fois, une génération entière votera en s’étant informée principalement hors des médias traditionnels. Les rédactions le savent, s’adaptent, expérimentent, apprennent. Ce n’est en réalité sans doute pas une rupture mais une transition déjà engagée, une nouvelle manière de faire vivre l’information. Plus ouverte, plus diverse, plus fluide mais dans un univers impitoyable, celui du web, ou l’info est souvent dégénérée. Comme le soulignait il y a près d’un an déjà le chef de l’état.
Pour survivre dans cette jungle et permettre à tous les internautes de trier le bon grain de l’ivraie, les médias pros doivent donc convaincre, séduire, expliquer, dialoguer. Parce qu’au fond, l’histoire continue. Simplement… elle se raconte autrement.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 25 aout 2026. |
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Philippe Bouvard : le bourreau de travail facétieux qui a démocratisé la culture en s’amusant et contribué à révolutionner l'audiovisuel (le 24-08-2026) |
Philippe Bouvard, c’est l’histoire d’un homme qui a travaillé comme quatre pour faire rire comme mille. Un journaliste de presse écrite, un pur produit de France‑Soir, qui aurait pu rester dans les salons feutrés de la chronique mondaine…
... mais qui a préféré descendre dans l’arène populaire de la radio et de la télévision. Avec une idée fixe : rendre la culture accessible à tous, sans jamais se prendre au sérieux.
Bouvard n’a jamais caché son credo : "Le talent, c’est 10 % d’inspiration et 90 % de transpiration." Il écrit, réécrit, peaufine, découpe, aiguise. On parle d’un homme capable de préparer six heures d’antenne pour en faire une seule, d’un animateur qui arrivait en studio avec des fiches annotées comme un chirurgien avant une opération. Cette discipline, héritée de la presse écrite, va transformer la radio : rythme millimétré, culture distillée en petites capsules, avec surtout l'humour comme porte d’entrée. Il ne fait pas une émission : il fabrique une mécanique.
Les Grosses Têtes naissent le
il avait été dit à Bouvard ...
"Comme vous allez faire votre essai le 1er ,
si ça ne marche pas,
on arrêtera le 2
et on dira que c'était un canular !"
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Bouvard a compris avant tout le monde que la culture ne s’impose pas, elle se glisse. Sur RTL aux Grosses Têtes, il mélange citations, références littéraires, anecdotes historiques… mais toujours enveloppées dans une blague, une pique, une improvisation. Il invente une pédagogie joyeuse : on apprend sans s’en rendre compte, on rit en se cultivant, on se sent autorisé à participer, même si on n’a pas lu Proust. Sa grande révolution, c’est qu'il déculpabilise la culture. Il la sort du musée, il la met dans la poche des auditeurs.
A la TV, avec Le Petit Théâtre de Bouvard, il crée un laboratoire où les jeunes humoristes apprennent en jouant. Il les observe, les corrige, les pousse, les recadre. Toujours avec exigence professionnelle, liberté totale sur scène et goût du gag bien ficelé.
Les Inconnus, Muriel Robin, Chevallier & Laspalès, Mimie Mathy… tous saluent son œil de directeur d’acteurs et son sens du rythme, hérité de ses années de presse. Bouvard n’a jamais cherché à être un professeur. Il voulait être un passeur. Un passeur facétieux, qui savait que l’humour est le meilleur véhicule pour transporter les idées. Il disait souvent : "La culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étale." Mais lui, il l’étalait pour que tout le monde puisse y goûter.
Bouvard a su travailler comme un moine copiste pour produire une radio de saltimbanques, injecter de la fantaisie dans la culture, et prouver que l’intelligence peut être populaire dès lors qu’elle est joyeuse. Au Figaro il y a peu il confiait qu'il n'aimerait pas être jeune journaliste aujourd'hui ...
Philippe Bouvard, c’est la rencontre rare entre le sérieux du journaliste et la légèreté du clown. Un homme qui a travaillé sans relâche pour que la culture cesse d’être intimidante et devienne, simplement, un plaisir partagé. C'est RTL "sa" radio qui la première a annoncé à 8 heures son décès à son domicile de Cannes ce lundi matin.
Parmi les premiers hommages celui qui lui a succèdé avec succès aux Grosses têtes Laurent Ruquier.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 24 Aout 2026. |
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Mouv’ , la station jeune de RF quitte la FM pour devenir une offre musicale sur le digital. Un choix compréhensible, mais révélateur d’un problème structurel, ancien ! (le 17-08-2026) |
Ce 31 août, Le Mouv’ cessera d’émettre en FM. Une décision qui peut se comprendre : la cible jeune ne consomme presque plus la radio en linéaire. Mais ce basculement s’accompagne de la disparition de la rédaction, des magazines, des débats, du service, au profit d’une offre essentiellement musicale …
Première évidence ... Mouv’ n’a jamais disposé d’un réseau FM lui permettant d’exister réellement dans le paysage français. Avec environ 30 fréquences, la station n’a jamais atteint la masse critique nécessaire pour installer une habitude d’écoute. À titre de comparaison NRJ détient plus de 200 fréquences, Fun Radio environ 150, Skyrock plus de 150, RTL2 plus de 180, ou Europe 2 plus de 160.
Ce handicap structurel n’est pas nouveau : Radio 7 son ancêtre en a souffert dès 1980 : seulement deux fréquences FM, toutes deux en région parisienne. Face à des radios libres en pleine expansion, des réseaux privés en structuration, une FM qui devenait un marché national. Radio 7 ne pouvait pas créer de réflexe d’écoute ne pouvait pas rivaliser. Elle avait pourtant un ton moderne, une programmation, un habillage, une rythmique, des animateurs, des techniciens et une rédaction jeune et compétents et également une vraie compréhension de la cible.
En 1987, Radio 7 est arrêtée pour permettre la création de France Info elle aussi inspirée des expériences américaines, mais boostée immédiatement par ce que Radio 7 n’a jamais eu : un réseau conquérant. Avec 7 grandes villes au départ, il n’a cessé de s’étendre depuis et jusqu’à ces derniers jours encore, faisant de France Info l’une des radios les mieux distribuées du pays et durablement installée sur le podium des meilleures audiences.
Le Mouv’ : même qualité éditoriale que Radio 7, mais … même handicap structurel : Vingt ans plus tard, Le Mouv’ reproduit exactement le même schéma : rédaction solide, avec peut-être moins d’incarnation du coté des programmes tout de même ... Des formats pourtant adaptés qui misent d’emblée sur la complémentarité avec le digital, un ton moderne, une créativité réelle ... Le jour de sa création en 1997, c’est aussi la sortie de l’album "Paradisiaque" d’Mc Solar … Prometteur !
Créée à Paris, la station déménage à Toulouse, d’où elle diffuse son offre à vocation nationale pendant douze ans avant d’être rapatriée à Paris.
Pour beaucoup cette longue implantation dans la ville rose a été une contrainte majeure : éloignée des maisons de disques, des artistes et de l’écosystème musical parisien, la station recevait moins d’exclusivités, moins de sessions live, moins de partenariats. Dans un marché culturel hyper‑centralisé, cette distance a limité son incarnation, son attractivité et sa capacité à créer des moments forts. Le retour à Paris était indispensable pour exister dans l’industrie… même si le véritable obstacle restait l’absence d’écoute jeune en France.
Et puis … En vingt ans, Le Mouv’ a changé six fois de cible musicale, s’inspirant tour à tour de Oui FM, NRJ, Fun Radio, Europe 2, Skyrock, Ado FM, Nova et même des radios campus. Chaque virage a détruit le public précédent sans jamais conquérir durablement le suivant. Le Mouv’ n’a jamais pu incarner une scène : trop rock pour les urbains, trop urbain pour les rockeurs, trop pop pour les indés, trop indé pour les amateurs de mainstream. Cette instabilité chronique a rendu la marque illisible : une radio jeune qui change de personnalité tous les trois ans ne peut pas devenir une tribu, un repère, un univers. Le Mouv’ n’a pas manqué d’audace : il a manqué de continuité. Malgré des initiatives qui demeureront patrimoniales comme les sessions réalisées à la maison ronde avec les formations musicales de Radio France !
Alors ce 31 aout, Mouv’ quitte la FM : c’est cohérent avec les usages. Mais Mouv’ quitte aussi l’information, le service, la rédaction, la mission publique. Il devient une offre musicale numérique. Là où la radio Mouv de service public avec sa déclinaison sur le web , ambitionnait d’informer les jeunes, ce sont aujourd’hui des offres comme HugoDécrypte, Brut, Konbini, France.tv (Slash, BrutX) et franceinfo qui structurent réellement le paysage de l’information des 15–35 ans. Elles ont en commun d’être nativement numériques, vidéo‑centrées, incarnées et clairement positionnées, là où Mouv est resté perçu comme une radio linéaire aux contours éditoriaux fluctuants. Le service public n’a pas échoué en bloc : France Télévisions et franceinfo : au sein de Radio France sont mobilisés pour capter les jeunes gens sur leurs écrans et leurs usages.
Ce qui n’a pas pris, c’est l’idée qu’une radio musicale, changeant régulièrement de cible et de format, puisse devenir à elle seule le média d’information de référence d’une génération.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 23 aout 2026, actualisé le 31 aout.
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Quand y'a l'feu ... Médias locaux : Bravo ! Mais pour les nationaux … Point trop n’en faut ? Et quid de l'audiovisuel public en Gironde entre la radio ICI et la TNT Noa ? (le 28-07-2026) |
Quand une partie de l’hexagone brûle, le monde s’efface… et le web s’enflamme. Pour la 5ème journée consécutive sur les écrans et dans les haut-parleurs de la majorité des généralistes un bandeau rouge clignote : "Édition spéciale Incendies en Gironde". Avec, c'est vrai, de magnifiques offres comme ce lundi soir l’édition spéciale de France Télévisions sur la 2 :
La France entre dans un récit unique : le feu avance. Priorité aux images de pins en flammes, de Canadair qui rasent les cimes, de familles évacuées en urgence. Les auditeurs et téléspectateurs en Gironde et dans les Landes estent suspendus à la radio ou au streaming desTV d’info continue sur leurs smartphones, comme à une ligne de vie, le pays respire au rythme des braises.
Mais pendant ce temps, le monde continue de bouger, mais hors antenne. Parce que loin des flammes, l’actualité mondiale ne s’arrête pas, implacable, comme si elle ignorait que les antennes françaises ont fermé les volets. En Ukraine, des drones explosifs frappent une centrale électrique. Dans le Donbass, des soldats avancent de quelques centaines de mètres. Zelensky réclame une nouvelle aide aérienne.
Mais sur les ondes nationales, plus grand-chose ... Le conflit se déroule dans le silence, comme s’il avait été mis en pause. Dans le détroit d’Ormuz, un navire marchand est intercepté par les forces iraniennes. Un destroyer américain se rapproche pour sécuriser la zone. Les tensions montent, les diplomates s’agitent. Et Donald Trump parade sur son réseau social :
Il annonce une décision qui secoue les marchés, une réunion stratégique se tient à l’OTAN, des sanctions sont prises contre Téhéran. Mais dans les journaux français, le président américain n’a plus de place. Dans les rédactions nationales règne la mécanique du choix éditorial, qui aboutit au silence : L’international : on verra plus tard … Pourtant 2 dossiers, au moins, ont mobilisé les antennes depuis des mois : Ukraine / USA-Iran !
Il faut saluer en revanche une exception : les médias de proximité qui honorent leur raison d’être et tiennent leur rôle. Ils ne disparaissent pas dans le trou noir. Ils ne s’excusent pas de parler du feu : c’est leur ADN. ICI Gironde vit au rythme des sirènes., les journalistes et les animateurs connaissent les villages, les routes, les habitants. Ils racontent ce que les autres ne voient pas : les bénévoles qui apportent des bouteilles d’eau, les agriculteurs qui aident les soldats du feu les élus qui dorment sur un matelas dans la salle des fêtes. et la solidarité s'organise :
France 3 Aquitaine est ce lundi pour son journal de la soirée en direct du terrain :
Une question : pourquoi, comment, à l’occasion de ce fait exceptionnel, les médias locaux de service public désormais sous la marque commune ICI, ne réussissent-ils pas à mettre en place une co-diffusion entre la radio, ICI Gironde, et la chaîne TNT dédiée à l’Aquitaine Noa ???
Ces 2 médias de service public, chacun en plus en situation délicate en termes d’audience, ont la possibilité de faire l’union pour augmenter leur force, dans la lignée de ce que souhaite d’ailleurs la tutelle depuis des années : le regroupement des équipes locales de service public …
Sud Ouest, en print comme sur son site web et aussi Alouette avec d’autres radios associatives, informent également sur les routes fermées, les consignes préfectorales.
Ils font du radio guidage, proposent de contribuer à l’organisation des élans de solidarité. les médias locaux ne couvrent pas le feu : ils couvrent leur monde !
Mais pendant que les médias natios traditionnels se concentrent sur la Gironde, le web, lui, ne dort jamais. Il ne connaît ni édition spéciale, ni conducteur, ni hiérarchie. Il diffuse tout, partout, tout le temps. Sur X, les experts militaires commentent les frappes en Ukraine, les diplomates publient des réactions en temps réel., les journalistes étrangers couvrent Ormuz minute par minute. Sur YouTube, des chaînes indépendantes décryptent la situation internationale que les médias français ont mise en pause.
Via les smartphones, chaque Français a désormais dans sa poche un média globalisé, un accès direct à l’ensemble des informations du monde, sans filtre, sans hiérarchie, sans attente. Le feu occupe les antennes françaises. Mais le monde continue de vibrer et le feu apparaît comme révélateur d’un nouvel écosystème.
Le méga‑feu ne révèle pas seulement la fragilité de nos forêts. Il révèle la fragilité de notre hiérarchie de l’information, le positionnement des médias, leur raison d’être, leur ADN. Sur les antennes nationales, la forêt brûle, "spectaculairement". Dans les médias locaux, la vie s’organise. Sur les smartphones, le monde continue de tourner.
Et dans ce paysage globalisé, le feu avance, mais le mode de consommation de l’information aussi…
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 28 juillet 2026. |
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Images et sons des reporters avec diffusion des publis sur les RS ... Les médias tradis maîtrisent le feu des pics et vids, les valorisent, luttent contre les fake, tout en enrichissant leurs offres. (le 25-07-2026) |
Les récits des habitants, des pompiers, des vigies feux et des comptes météo ne remplacent pas le journalisme. Ils l’enrichissent, l’étendent, l’incarnent.
C'est dorénavant le metier des pros de l'info : le récit commence désormais souvent avant le journaliste, l’image existe avant la caméra, le témoignage circule avant d'être taité en rédaction... Radios, télévisions, sites d’information, ne sont plus seulement en concurrence entre eux, mais avec les réseaux sociaux …
Les médias ne peuvent plus se permettre d’arriver après. Ils doivent arriver avec… Avec les habitants, les pompiers, les vigies feux, les météorologues indépendants, Souvent le journaliste entre dans un récit déjà en cours, déjà partagé, déjà commenté, déjà viral.
La réalisation de leurs propres sons et images, est parfois risquée comme ce qu'a vécu cette journaliste de M6 ...
Mais les rédactions plongent aussi dans TikTok, Instagram, X, Telegram.
Elles transforment la jungle du numérique en offre éditoriale fiable, compréhensible, utile, en mettant en œuvre la nécessaire déontologie : La vérification : dans un flux saturé d’images, le journaliste devient le garant du réel. La contextualisation : Les RS montrent l’instant ; les médias montrent le sens. La hiérarchisation : les RS donnent tout, tout de suite, en vrac ; les médias organisent, priorisent, structurent. Et la mise en récit : quand les RS donnent la matière brute, les médias construisent.
Les incendies offrent une démonstration grandeur nature de cette transformation. En Gironde et dans les Landes, le récit commence par un ciel orange à Mérignac. Les habitants filment, les RS diffusent. ICI Gironde, Franceinfo, TF1, France 2, BFM TV contextualisent : vent, sécheresse, vitesse du front.
Les vacanciers deviennent narrateurs : une plage rouge à Parentis‑en‑Born, filmée par un adolescent, devient un symbole. Les RS montrent la panique ; Paris Match, ICI Gascogne, TF1, BFM TV montrent la carte des évacuations. Un pompier écrit : "On tient la piste 214 depuis quatre heures". La phrase circule ; les médias la vérifient et l’intègrent.
Dans le Var les premières images les plus marquantes souvent sont nocturnes comme celles des habitants évacués dans le massif des Maures. Les RS montrent la fuite ; France 3 Provence‑Alpes, BFM TV, LCI, ICI Provence / Côte d’Azur racontent et illustrent sur leurs sites la logique du feu.
À Collobrières, un automobiliste filme un front de feu visible depuis la route. La vidéo devient un repère repris par Var‑Matin et TF1.
En Corse, les vidéos des villages encerclés deviennent virales. Les habitants filment la menace de leurs maisons, et montrent la sidération … ViaStella, RCFM, Corse‑Matin, ICI Corse, BFM TV apportent la vérification. Les groupes “Feux Corse” publient des cartes amateures, les médias les recoupent et les contextualisent.
C’est en au moment des attentats de Paris, que la puissance des réseaux sociaux a émergé. Les premiers récits citoyens deviennent, mais assez tardivement dans la soirée des sources journalistiques comme le raconte France 24 :
Dans la foulée c’est à propos des inondations, des tempêtes, et des gilets jaunes que les vidéos amateurs deviennent indispensables, avec ensuite évidemment les confinements et la crise Covid en 2020. C’est l’explosion des récits personnels, les médias apprennent à travailler avec un flux massif, émotionnel, fragmenté.
En 2022 déjà avec les Méga‑feux de Gironde, les habitants deviennent co‑documentaristes. Dès l’année suivante, les rédactions créent des cellules de vérification des contenus citoyens. Les récits citoyens sont désormais intégrés, vérifiés, contextualisés, valorisés … C’est aussi la lutte contre les fake news comme l’explique France Info dans cette vidéo plutôt destinée aux jeunes publics :
Au-delà du reportage sur le terrain, le journalisme devient un métier d’assemblage, de tri, de hiérarchisation, de mise en récit. Le journalisme ne disparaît pas, iI transforme le flux en récit, contribue à transmettre l’émotion du factuel en le modelant en information, transforme le chaos en compréhension...
Les récits citoyens ne remplacent pas le journalisme. Ils l’enrichissent, l’étendent, l’incarnent. Et ils conduisent les pros de l’info à affirmer leur mission : un métier vivant, adaptable, ancré dans le réel, et indispensable.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 juillet 2025. |
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Alors que se multiplient les crises climatiques, les moyens des médias de proximité se dissolvent bien qu'ils soient en première ligne. Les feux, les inondations ou les cyclones en font la démonstration ... par l'absurde ! (le 24-07-2026) |
Les médias de proximité sont des outils de sécurité civile qui doivent être financés comme tels. Pas comme des gadgets, des suppléments, des variables d’ajustement. Parce que quand la France brûle, se noie, tremble, suffoque…
Il reste une seule chose qui ne doit jamais vaciller : la voix qui dit où aller, quoi faire, comment survivre. Cette voix, c’est celle de la proximité, et l’actualité, le démontre sous nos yeux, par l’absurde.
Ce ne sont pas les plateformes mondialisées qui soutiennent les sinistrés, pas les géants du numérique, pas les rédactions parisiennes : ce sont les médias de proximité ! Ceux, pourtant qu’on affaiblit, qu’on sous-finance, que les recettes publicitaires privées abandonnent pour le digital, que les budgets publics compressent pour “tenir l’enveloppe”.
En Gironde, les fumées recouvrent la presqu’île. Les routes vers le Cap Ferret se ferment, les réseaux mobiles sont fragilisés. ... À Biscarrosse, les fumées envahissent les quartiers, Les évacuations se multiplient. Et ... Qui informe, de manière éfficiente, au plus près du terrain ? ICI Gironde, ICI Gascogne, France 3 Aquitaine ...
Mais aussi TV7 Bordeaux, les radios locales privées, et avec, sans déontologie, les boucles WhatsApp de quartiers, les groupes Telegram “Feux Gironde”, et les pages Facebook des mairies...
Idem dans le Var ...
4Et en Corse ... À Cuttoli‑Corticchiato, Afa, Peri, Appietto, les routes se ferment, les hameaux s’isolent, les lignes tombent. Mais ICI Radio Corse Frequenza Mora tient l’antenne.
France 3 Via Stella montre les images, Sans déontologie, les groupes Telegram “Feux Corse” signalent les foyers.
C’est absurde ! Les crises passées racontent la même histoire ! Dans le Pas-de-Calais, en 2023 et 2024, les crues de l’Aa et de la Hem ont noyé Blendecques, Saint‑Omer, Arques, Aire‑sur‑la‑Lys, Campagne‑lès‑Wardrecques. Les habitants perdaient le réseau. Mais ICI Nord, Delta FM, Radio 6, Wéo étaient là. Plus tard, les médias locaux ont suivi les conséquences.
Comme sur la côte d’azur en 2020 avec la Vallée de la Roya, ou Outre-mer, les médias de proximité sont des outils de survie A Mayotte, La 1ère a elle même été impactée par le cyclone Chido
A La Réunion pendant le cyclone Belal, Saint‑Denis, Saint‑Paul, Le Port, Saint‑Leu, Cilaos, Salazie ont survécu via Réunion La 1ère, Freedom, Exo FM. Sans eux, impossible de savoir quelles routes étaient effondrées.
A la Martinique : Trinité, Morne‑Rouge, Saint‑Pierre, Fort‑de‑France ont tenu le coup via Martinique La 1ère et évidemment RCI.
Idem en Guadeloupe : Saint‑François, Sainte‑Anne, Le Moule, Capesterre‑Belle‑Eau ont fait face grâce à Guadeloupe La 1ère, Radio Haute‑Tension et évidemment surtout RCI ...
Sous nos yeux, c’est une vraie démonstration par l’absurde : Les médias de proximité sont indispensables, et pourtant l’ensemble du système les affaiblit ! Pour les médias privés, les recettes publicitaires fuient vers le digital, les régies désertent le local, les rédactions se réduisent.... Nombre d’antennes s’apprêtent à fermer. Dans les médias publics, la proximité devient pour les directions générales de l’intra-périph parisien une variable d’ajustement. les budgets se sont contractés, les équipes locales doivent produire plus avec moins.
N’en déplaise aux tv et radios nationales au-delà de leur investissement et de leur talent : ce n’est pas de manière jacobine qu'on gère au mieux une crise locale !
La gestion de crise est pertinente au plus près du terrain, par ceux qui connaissent les routes, les vallons, les villages, les maires, les pompiers, les habitants.
La proximité n’est pas un gadget, pas un supplément, pas une variable d’ajustement, pas un outil de gestion de crise. C'est un service essentiel, une infrastructure de résilience, un maillon vital pour la sécurité et la démocratie. Le financement des médias de proximité publics comme privés doit être protégé, renforcé. Il est grand temps enfin d’inverser la spirale infernale d’affaiblissement, et de leur donner, ou plutôt de leur "redonner" les moyens d'assurer leur rôle au sein des territoires.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 24 juillet 2024 |
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