35 ème jour de guerre en Iran, les répercussions se mondialisent : info digitalisée et pour beaucoup déprofessionnalisée ... Quelle révolution par rapport au dernier conflit planétaire ! (le 03-04-2026) |
Les conflits aujourd'hui se déroulent partout à la fois : sur les terrains mais aussi les écrans, dans les récits, via les algorithmes. C'est la cas du conflit en Iran qui tend à se mondialiser. À la fin des années 1930, l’information n'avançait qu'au rythme d'un train postal. On attendait le journal du matin comme on attend une lettre. Les correspondants envoyaient leurs dépêches par télégraphe. Et les radios nationales la BBC, Radio‑Paris, la Reichsrundfunk structuraient le récit du monde. Comme le Président du conseil Daladier le 10 septembre 39 avant la déclaration de guerre du 3 octobre :
Mais quand Hitler, quelques mois plus tôt avait annexé les Sudètes, les journaux français n'avaient que quelques photos en noir et blanc, souvent floues, et des cartes dessinées à la main.
Aujourd’hui, quand un missile frappe une base américaine en Irak ou un port du Golfe, les images circulent en quelques secondes :
La presse n’a plus le monopole du visible. En 1939, les journaux titrent sur "l’incident de Gleiwitz", cette opération montée par les nazis pour justifier l’invasion de la Pologne. Et c’est pourtant la main mise sur une station de radio qui est le déclencheur prétexte à l’époque de la seconde guerre mondiale.
Comme Patrice Gélinet le raconte, sur France Inter :
Aujourd’hui, une opération de désinformation similaire serait disséquée en quelques heures.
La presse n’est plus seule à diffuser, mais elle reste la seule à devoir répondre de ses erreurs… Dans les années 1930, les États contrôlaient l’information. En France, le gouvernement Daladier impose la censure militaire, en URSS, la Pravda est la voix du pouvoir, en Allemagne, Goebbels orchestre la propagande. Et la radio est l’outil qu’il exploite :
Aujourd’hui, les États tentent encore d’influencer, mais ils ne contrôlent plus vraiment. La guerre en Iran se joue aussi sur X, sur Telegram, sur TikTok ! Les Gardiens de la Révolution publient leurs vidéos, le Pentagone diffuse ses images de drones, les milices pro‑iraniennes postent leurs communiqués en direct. Auxquels s'ajoutent des milliers de comptes anonymes qui n’ont aucune idée de ce que vérification de l’information ou déontologie veut dire : ils amplifient, déforment, manipulent !
La presse doit naviguer dans un océan où chacun fabrique son propre récit. Autre différence majeure : la vitesse ! En 1938, un journal pouvait attendre 24 heures pour analyser les accords de Munich.
Aujourd’hui, quand un navire est touché dans le détroit d’Ormuz, les rédactions doivent publier en quelques minutes...
Le risque ? L’emballement, l’erreur, la surinterprétation. Lorsqu’une explosion frappe un site militaire en Iran, trois versions circulent immédiatement : accident technique, attaque israélienne, sabotage interne. La presse doit trier, vérifier, recouper … Pendant que les réseaux sociaux tranchent déjà.
La presse n’est plus en avance, elle est en résistance : c’est une question de confiance ! En 1939, un éditorial du Temps ou du New York Times pouvait orienter une nation. Aujourd’hui, un éditorial se perd dans un flux continu. Chaque information est contestée, chaque analyse est suspectée de parti pris. Mais l’histoire enseigne aussi que le questionnement n’est pas toujours dénué de sens. En témoigne cette archive disponible grâce à l’INA…
Enfin, il y a évidemment la transformation du métier lui‑même. En 1938, une rédaction devait savoir écrire, enquêter, vérifier. En 2026, elle doit aussi analyser des images satellites, décrypter des vidéos truquées par l’IA, comprendre les réseaux sociaux, suivre des flux multilingues. Quand une vidéo montre un drone exploser au-dessus d’une base américaine, la presse doit vérifier : Est‑ce la bonne date, le bon lieu, la bonne séquence ? Ou est-ce une image recyclée d’un autre conflit ?
La presse n’est plus seulement un métier : c’est une discipline. Elle n’est plus seule à raconter, même elle est seule à devoir rendre des comptes. Et dans une guerre qui se joue autant sur le terrain que dans les récits, ce rôle-là est vital. Ce dont parle sur LCI Hirbod Dehghani-Azar, fils d’un officier de l’armée iranienne exécuté par les mollahs en 1982. et avocat franco-iranien
La presse d’avant la seconde guerre mondiale racontait un monde qui se préparait à basculer. Celle d’aujourd’hui rend compte d’un monde qui bascule en temps réel. Et c’est peut-être là, dans cette tension permanente, que se joue sa nouvelle responsabilité : aider à comprendre, plutôt qu’à simplement voir.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 3 avril 2026. |
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"Proximité" : Pinçage de nez, dans l'intra périph parisien, pour les 60 % de nos concitoyens de la France dite "Périphérique." Quid de l'audiovisuel public ? Edito. (le 02-04-2026) |
L’audiovisuel affronte une transformation profonde, marquée par des réformes successives, des contraintes budgétaires accrues et une réorganisation structurelle imposée pour les entreprises publiques, au plus haut niveau de l’État. Constat : l’action régionale demeure la variable d’ajustement. Le retrait fincancier de France Télévisions de la Co diffusion des matinales du réseau ICI, les ex France Bleu, en est l’illustration la plus récente. Ce dispositif, a pourtant été salué pour sa capacité à renforcer la présence du service public dans les territoires, et a permis à France Télévisions de faire beau semblant auprès de la tuelle en démultipliant à assez faible coût ses heures de diffusion de programmes de proximité. Mais les désormais 42 "ICI Matin" n’ont pas su conquérir leur public : A peine plus de 60 000 télespectaeurs ... Faute de stratégie partagée entre les 2 entreprises, d’une stratégie côté Radio France qui a éloigné les 44 stations de leur mission de radio généraliste conçues depuis leurs terrains en singeant les réseaux musicaux, surtout du fait du manque d'un plan d’action efficace en termes de rapprochement des équipes …
Et aussi par manque d’investissement de la part de France Télévisions pour que la valeur ajoutée de l’image à l’antenne, comme elle sait pourtant le faire dans ses 9 stations ultramarines, crève l’écran. Ce projet frappé pourtant au coin du bon sens se trouve fragilisé au moment même où la demande de proximité n’a pourtant jamais été aussi forte.
Cette décision s’inscrit dans une logique plus large, que l’on peut qualifier de jacobine : une tendance structurelle à la centralisation des arbitrages, des moyens et des priorités. Une logique qui, volontairement ou non, contribue à réduire la visibilité de ce que Christophe Guilluy a conceptualisé comme étant la France périphérique, ces territoires situés hors des grandes métropoles, où se joue pourtant une grande partie de la cohésion sociale du pays.
Depuis vingt ans, les réformes de l’audiovisuel public ont souvent privilégié les enjeux nationaux, les stratégies numériques globales, les obligations de production ou les impératifs de rationalisation. Dans le même temps, les équipes en région ont vu leurs moyens se contracter, leurs effectifs diminuer, leurs marges de manœuvre contraintes, leurs parts d’antenne produites localement réduites. Le paroxysme étant la période des gilets jaunes durant laquelle les samedis après-midi les radios locales devaient pour des raisons économiques diffuser le programme envoyé par la maison de la radio, sans pouvoir rendre compte de leur propre actualité, sur tous leurs ronds-points où s’exprimaient les colères de leurs publics, en large partie de leurs auditeurs.
Or, la mission de service public repose sur un principe fondamental : garantir à tous les citoyens un accès équitable à une information fiable, pluraliste et ancrée dans les réalités locales. Ce principe ne peut être pleinement respecté que si les antennes régionales disposent des ressources nécessaires pour couvrir les territoires, comprendre leurs dynamiques et représenter leur diversité. Le nouvel état-major installé depuis quelques semaines à la direction du réseau ICI devrait, dit-on, en faire son crédo : sinon la messe sera dite … Rendez-vous d'ailleurs le 14 avril prochain à la prochaine vague de Médiamétrie...
La création de la holding France Médias, puis la fusion annoncée pour cette année 2026, ont été présentées comme des leviers de modernisation et de coordination. Mais elle est désormais relèguée aux calendes grecques. Dans tous les cas, elles n’auraient pu produire leurs effets que si la proximité avait été considérée non comme un coût, mais comme un investissement stratégique, démocratique.
Car , affaiblir la présence régionale du service public, c’est prendre le risque d’accentuer le sentiment d’invisibilité déjà exprimé par une partie du pays. C’est réduire la capacité de l’audiovisuel public à refléter la pluralité des territoires. C’est, enfin, fragiliser un lien essentiel entre les institutions et les citoyens.
L’enjeu dépasse donc la seule organisation interne des entreprises publiques. Il touche à la représentation du pays, à l’équilibre territorial, à la confiance dans les institutions. Et il appelle une question simple, mais déterminante : quelle place souhaite-t-on accorder à la proximité dans le futur audiovisuel public ? La réponse à cette question, posée avant-hier d’ailleurs à l’Assemblée nationale par nombre de responsables dont le nouveau directeur du réseau ICI, devant la commission d’enquête sur le service de l’audiovisuel public, conditionnera la capacité des entreprises publiques à remplir leur mission dans toutes les régions, pour tous les publics, et au service de l’intérêt général.
Il est sans doute urgent de ne pas attendre ! Que l'état, la tutelle, puisse imposer un cap aux entreprises, tout en les dotant des moyens nécessaires, pour honorer leurs missions de services publics. Surtout, hors "intra périph" parisien !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 2 Avril 2026.
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Guerre et crises multiples, climat anxiogène ... Comment l'audio lutte désormais face à la suprématie des images ? Edito. (le 01-04-2026) |
Ce mercredi encore, l’image règne. Elle s’impose sur nos écrans, nos réseaux, dans nos conversations.
Elle fixe l’agenda, elle impose l’émotion, elle oriente le débat public. Elle décide de ce qui doit nous inquiéter, de ce qui doit nous diviser, de ce qui doit s’imposer dans la journée. Et dans le tumulte du Proche‑Orient, elle façonne et pervertie parfois… la perception même du réel.
L’image aujourd’hui, n’est plus seulement un support. Elle est devenue un acteur. Et pendant que les chaînes d’info à la télévision s’arrachent la moindre séquence, la radio se révèle à nous comme un média moins anxiogène. Consommateurs de réseaux sociaux, et de TV d'info continue, beaucoup sont aussi la recherche de voix qui ne cherchent pas à impressionner, mais à éclairer. Des voix qui ne sont pas à l’antenne pour enflammer, mais pour aider à comprendre.
Ces voix qui accomplissent ce que les institutions devraient toujours garantir : la hiérarchie des faits, la clarté du sens, la stabilité du débat public. Ces voix, ce sont celles des grandes stations nationales : RTL, France Info, France Inter and co ... Des antennes qui, depuis des décennies, structurent la vie démocratique du pays et qui ne se laissent pas gouverner par le dictat de l’image.
Et puis il y a aussi les radios locales, surtout celles de service public du réseau ICI, celles qui au-delà de leur flux d’antenne et des illustrations du conflit qu’elles diffusent en FM , publient également sur leurs sites des posts illustrés, des cartes, des vidéos du Proche‑Orient. Elles regardent les conséquences de cette actualité globale, vu de chez elles : c'est leur ADN, leur inestestimable valeur ajoutée.
Parce que en ces temps de domination des smartphones, l’information internationale n’est plus lointaine, les médias locaux répercutent sur leur terrain les conséquences du conflit, de l’engagement des militaires aux prix de l’essence qui flambent jusqu'aux troubles qui peuvent impacter les quartiers.
Parce que ce qui se joue à Gaza, à Jérusalem ou à Tel‑Aviv résonne dans nos écoles, nos mairies, nos quartiers. Témoin cette vidéo publiée par ICI Provence : Carnaval de la Plaine à Marseille :
les carnavaliers brûlent un "Caramantran"
à l'effigie de "Netha Voyou" :
Il s'agit d'expliquer ce qui se joue à 4 000 kilomètres.
Leur différence et leur complémentarité d'offre est essentielle. Les radios locales qui gèrent toujours "l'après" des municipales, ne se laissent pas entraîner par le flux, ni gouverner par l’image. Elles contextualisent la crise et la replacent dans un cadre républicain, citoyen, compréhensible. Elles rappellent que l’information n’est pas un spectacle, mais un service public de proximité.
Pendant que les chaînes d’info TV tournent en boucle sur les mêmes séquences vidéo, les radios nationales rappellent, en distanciant, ce que les images ne montrent pas : les causes, les conséquences, les responsabilités, les enjeux diplomatiques, ce que les responsables publics disent… et ce qu’ils taisent. Elles rappellent que la démocratie ne se nourrit pas de bruit, mais de compréhension. Que la République ne se construit pas sur l’émotion, mais sur la raison.
Et pendant que les plateaux télé s’enflamment, les radios locales racontent, elles, l’autre réalité : celle des communes où l’on s’inquiète, où l’on débat, où l’on cherche à comprendre. Elles racontent la politique vécue, pas seulement commentée : la République au quotidien, ce que les caméras filment peu, sinon en région avec France 3 :
Les menaces, les discussions dans les écoles, les tensions dans les associations, les débats dans les familles : autant de déclinaisons en proximité qui nourissent les offres locales.
Et puis il y a surtout cette autre dimension, plus discrète, mais essentielle : la radio, qu’elle soit nationale ou locale, ne se contente pas de diffuser. Elle écoute aussi, et elle recueille les ressentis des publics. L’interactivité doit être de retour, dit-on, avec le nouvel état-major constitué à la tête du réseau ICI. Cela aurait pour ambition d’accueillir à nouveau la parole des citoyens, des élus, des acteurs du terrain. Elle ferait vivre à nouveau ce que la République a de plus précieux : la circulation de la parole, la confrontation des idées, la possibilité de comprendre avant de juger : c'est la mission du service public !
La radio, c’est le média qui ne demande pas de posture. Pas de regard fixé sur un écran. Pas d’attention capturée par un défilement d’images. Elle accompagne, respire, laisse le temps de penser.
Alors oui, l’image domine. Elle éclaire fort, mais elle éclaire étroit. La radio, elle, éclaire large, juste, et pour longtemps. Elle éclaire là où la République respire.
Alors peut-être que l'image règne désormais … Mais l’audio démontre son indispensable complémentarité. Parce que dans une démocratie, il faut bien un média qui garde la boussole. Un média qui ne cède ni à l’émotion, ni à la panique, ni au vacarme. Un média qui rappelle que la République commence… par une voix qu’on écoute, et avec laquelle on peut échanger !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 1 avril 2026.
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Réforme de l'audiovisuel public reléguée aux calendes grecques ... Catherine Pégard, ministre de la culture, ce lundi matin sur France Inter. (le 30-03-2026) |
"Plutôt que de s'interroger sur les structures, sur lesquelles à l'évidence on peine à trouver un consensus, il faut plutôt penser à améliorer le fonctionnement du service public, qui est notre bien commun, dit Catherine Pégard. Il faut qu'il puisse affronter des transformations de la société".
Il n'y aura donc pas de réforme de l'audiovisuel public d’ici l’élection présidentielle. Mais le projet de holding, qui devait réunir France Télévisions, Radio France et l'INA, ne devrait pas pour autant être délaissé !
C’est comme si nous parlions d’un animal mythologique : la holding de l’audiovisuel public, cette créature annoncée depuis 2018, promise depuis 2019, relancée en 2020, enterrée en 2021, ressuscitée en 2023, re‑enterrée en 2024, et qu’on vient d’embaumer définitivement ce matin.
La nouvelle ministre de la Culture nous explique que "ce n’est pas le moment”. Comme si elle disait : on n’a pas de majorité, pas de consensus, pas d’envie … Et surtout pas de courage !
Franck Riester avait lancé l’idée : “Une grande maison commune, moderne, efficace, unifiée.” Cela a donné 3 rapports, 4 consultations, de multiples powerpoints … et zéro réforme. Puis Roselyne Bachelot a dit : “On verra plus tard.” Rima Abdul-Malak a dit : “On verra encore plus tard.”
Et Rachida Dati en mode Anny Cordy a dit : “Les dirigeantes me disent qu’elles voudraient bien mais qu’elles ne peuvent point.” Et ce matin, Catherine Pégard a dit : “Il n’y aura pas de loi dans les prochains mois.”
La holding de l’audiovisuel public rejoint Notre-Dame-des-Réformes-Impossibles, juste à côté de la taxe carbone et de la fusion des régions.
Pourtant, et même si comparaison n’est pas toujours raison, pendant qu’on hésite en France, ailleurs, on agit ! En Suisse, la SSTR : Une structure intégrée depuis… 1931, 4 régions linguistiques, un pilotage commun, une stratégie claire, et un ensemble conforté il y a 15 jours par voix de référendum. En Grande Bretagne, la BBC : Une gouvernance unique, une stratégie numérique cohérente, un financement discuté mais assumé. Quand la BBC se réforme, elle se réforme vraiment. En Allemagne, l'ARD/ZDF : 2 mastodontes, mais qui coopèrent, mutualisent, codéveloppent. Et surtout : une vision industrielle. En Italie, la RAI : Politisation chronique, instabilité permanente… et pourtant, une structure unifiée.
Même l’Italie, avec toutes ses turbulences, a réussi à faire ce que la France n’ose même pas tenter ! Tout en se souvenant tout de même que la RAI, comme la BBC, n'ont jamais été démantelées, pour leurs activités radio et TV.
Ce matin, la France n’a pas renoncé à une holding. Elle a renoncé à une vision, une stratégie, une réforme de structure, une clarification des missions, une modernisation du service public, et à l'actualisation des savoir-faire.
Renoncement parce que les directions ne voulaient pas, les syndicats ne voulaient pas, le Parlement ne voulait pas, et que le gouvernement ne voulait plus ... assez. Tout le monde était contre, sauf sans doute l’intérêt général !
Était‑ce la dernière chance avant qu’un autre camp politique ne décide de s’en occuper à sa manière ? Quelle idée… La France n’a jamais attendu une alternance pour faire des réformes brutales : elle attend juste d’être sûre que personne ne les comprennent pour y renoncer. La holding, c’était un peu le vaccin avant la tempête. On l’a laissé au frigo, on a perdu la notice, et ensuite on dira : “Ah, dommage, il fallait le faire avant.”
Pendant ce temps les anglais, les suisses, les allemands, les italiens avancent, nous, on avance aussi, mais en mode moonwalk : ce n’est pas grave, on verra plus tard : après les élections, après les crises, après les problèmes.
Alors, dernière chance ? Sans doute plutôt une énième occasion bradée de faire une réforme calme, avant que quelqu’un ne décide de la faire en mode tronçonneuse. Le député RN et ex journaliste Philippe Ballard, ne cache pas les intentions de son parti s'il accède au pouvoir :
En France, on ne réforme jamais trop tôt, mais souvent trop tard… Rendez-vous dans 14 mois, en mai 2027.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 30 mars 2026.
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Algorithmes, push, scroll ... Meta et YouTube condamnés aux USA. Comment capter les publics des RS vers les médias tradis, sans être soupçonné de susciter des addictions ? (le 29-03-2026) |
Meta condamné aux Etats Unis la semaine passée pour avoir rendu les adolescents dépendants à Instagram, comme YouTube …
Comme l’avait été il y a quelques années Mac Donald’s pour avoir rendu un client dépendant à ses produits !
Deux industries, deux univers, un même mot : addiction. Les médias parlent plutôt de "dérives", de "risques", de "controverses". Il faut dire que les médias traditionnels adoptent les mêmes process : pour alerter, faire revenir, retenir, et fidéliser.
Quand McDo vend un Big Mac, les chaînes de TV pour la plupart proposent un JT "sauce nostalgie", avec une recette inchangée depuis 1987 !
Meta, lui, ne fait pas dans la fidélisation, mais dans le micro‑dopage attentionnel : scroll infini, notifications qui surgissent comme des pop-ups de casino, algorithme qui nous connaît mieux que notre psy … Les plateformes sont un peu le McDo du cerveau, mais en version livraison 24/7.
Du coup ... Pour dénoncer les mécanismes addictifs des RS ou ceux de la restauration rapide, beaucoup de médias traditionnels avancent sur la pointe des pieds. Ils décrivent les symptômes, mais rarement le système. Ils montrent les dégâts, mais rarement l’architecture. Et ces jours-ci pour nombre d’observateurs aux États‑Unis, la justice fait le travail que les médias n’osent pas faire ! Les juges américains disent ce que beaucoup de rédactions n’ont jamais osé formuler clairement : Meta a conçu des produits pour rendre les jeunes accros, comme McDonald’s survend des burgers pour rendre les clients dépendants. C’est un modèle que les médias américains ont longtemps traité comme un sujet périphérique, presque moral, jamais politique. Il aura fallu ces condamnations spectaculaires pour que la presse se décide à regarder le problème en face.
Chez nous, l’Europe a "régulé" avant même que les médias ne racontent vraiment l’histoire. Le DSA, le DMA, le RGPD, l’IA Act : autant de cadres qui reconnaissent explicitement que les plateformes peuvent manipuler, orienter, capter… Même si dans les journaux, à la télévision, à la radio, le récit reste souvent timide. Il est question de "protection des mineurs", de "transparence", de "modération", rarement de captation comportementale, de design addictif, de pouvoir algorithmique.
Une bataille livrée par Jean Marie Cavada, ex PDG de Radio France quand il a ensuite siégé comme député au parlement européen. Il l'expliquait il ya 4 ans déjà sur TV 5 Monde en affirmant : "Les GAFA sont des prédateurs de démocratie".
Le dossier a ensuite été porté par l’ex commissaire européen français, Thierry Breton :
Cette opposition au gouvernement américain qui soutient ses GAFAM vaut donc à Thierry Breton d’être depuis plusieurs mois "persona non grata" aux Etats Unis ! Ce dessin de presse publié par le Canard Enchainé en raconte plus que de longs discours !
Face aux plateformes, l’enjeu de la captation et de la fidélisation des cibles reste une bataille difficile à livrer pour les médias même en tentant de les copier : avec des formats courts “à la TikTok”, des replays qui s’enchaînent comme des cornets de frites sans fond, des notifications push qui clament : “on existe encore !”. Mais ça reste du scroll artisanal ! Gare à ne pas aller trop loin disait la semaine dernière face à ses confrères et concurrents du secteur privé la Présidente de France Télévisions Delphine Ernotte :
Les affaires Meta et McDonald’s peuvent-elles inspirer les médias traditionnels quand les addictions sont devenues la matrice de toute l’économie numérique dont ils font partie ? La justice américaine en tous cas n’a plus peur des mots, et l’Europe tente de faire respecter ses règles car l’addiction n’est pas un dérapage, c’est la conséquence d’un projet désormais globalisé. Ce que dénonce d’ailleurs des acteurs des RS suivis particulièrement par le jeune public comme ici sur Instagram :
Les médias traditionnels ne rendent pas leurs publics “addicts” comme McDo ou Méta, mais tentent de maintenir une habitude, un peu comme un Fast Food espère que ses clients reviennent, sans pouvoir mettre de la dopamine dans leurs frites… Le sel de l’info vérifiée des médias tradis parviendra-t-il à faire saliver le public nourri pour beaucoup par les influenceurs et les fake-news ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 30 mars 2026.
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Gorafi ci ... Gorafi là ! Le site français roi de l'humour sur le web réécrit l'histoire de la presse : il sera, à l'ancienne, bientôt dispo en version papier... Comme tous les journaux ! (le 26-03-2026) |
Il y a des annonces qui ressemblent à des canulars ! Et puis il y a celles du Gorafi. Le site satirique, né sur Internet, s’apprête à sortir… en version papier.
Oui, du vrai papier ! Celui qu’on plie, qu’on froisse, qu’on oublie dans le train. Et là, on se dit : "Très drôle, les gars et les filles, c’est quoi la chute ?" Mais cette fois, la chute… c’est un business plan.
Parce que le Gorafi, avant d’être une blague nationale, c’est une success story très sérieuse. Créé en 2012, au moment où la campagne présidentielle virait déjà à la caricature, le site s’inspire ouvertement du Onion américain créé en 1988.
Deux journalistes, Sébastien Liebus et Pablo Mira, bricolent un faux site d’info pour se moquer des vrais. Le duo popularise alors le site grâce à leurs chroniques au Grand Journal sur Canal +. Et ça marche ! Très vite, les titres deviennent viraux, les captures d’écran circulent, certains se font piéger, parfois même des élus ! Le Gorafi devient un miroir déformant de l’actualité… et parfois, un miroir tout court.
Le Gorafi c’est le nom détourné du Figaro, le quotidien conservateur fondé en 1826.
Ses créateurs cherchent un nom qui sonne comme un vrai journal, mais qui soit suffisamment tordu pour signaler la parodie. Ils jouent avec les lettres, tombent sur “Gorafi”, et là… illumination ! C’est crédible, absurde, presque élégant. Et surtout : c’est un clin d’œil transparent pour qui veut le voir. Le Gorafi, c’est donc Le Figaro passé au shaker, un hommage moqueur à la presse traditionnelle, et une manière de dire dès le titre : "On va vous parler comme un journal… mais on va tout déformer."
Mais derrière l’humour, il y a un modèle. Le site attire une audience jeune, connectée, difficile à toucher par la presse traditionnelle. Il se décline en livres, en chroniques télé, en produits dérivés. Bref : le Gorafi, c’est de la satire… mais c’est aussi une marque.
Alors pourquoi le papier ? Parce que, paradoxalement, dans un marché où tout s’effondre, la satire, elle, tient debout. La presse française a perdu 40 % de sa diffusion papier en dix ans. Les recettes pub ont chuté de plus de 60 % depuis les années 2000. Et chaque année, 200 à 300 kiosques disparaissent. Le papier, aujourd’hui, c’est un champ de ruines.
Sauf pour la satire. Le Canard enchaîné né en 1915 vend encore plus de 300 000 exemplaires par semaine.
Charlie Hebdo tourne autour de 50 000 à 60 000.
Siné Mensuel survit grâce à un lectorat fidèle, prêt à payer pour un ton introuvable ailleurs.
Parce que la satire, c’est l’un des rares segments où le lecteur paie pour la plume, pas pour l’info brute.
Et c’est là que le Gorafi a flairé l’opportunité. Sur le web, l’humour est gratuit, copié, remixé, pillé. En print, il devient un objet culturel. Un truc qu’on achète, qu’on garde, qu’on offre. Un truc qui a une valeur symbolique, mais aussi économique. Le Gorafi en papier, ce n’est donc pas un caprice nostalgique.
C’est un positionnement. Un moyen de sortir du flux numérique, de créer un produit premium, de monétiser autrement qu’avec des clics. Et surtout, de rejoindre la grande tradition française de la presse satirique, celle qui a toujours préféré le trait d’esprit au fil d’actualité.
Alors oui, c’est paradoxal ! Un média né du numérique qui se met au papier, c’est comme si Uber lançait une calèche. Mais dans un pays où l’actualité ressemble de plus en plus à une parodie… il fallait bien que la parodie finisse par devenir un journal.
Pour s'abonner au Gorafi "print" :
Thierry Mathieu e-crossmedia le 26 mars 2026.
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Numérique, streaming, nouveaux usages ... Même des institutions historiques ne parviennent plus à rester viables : aux USA l'emblématique CBS Radio News va fermer. (le 24-03-2026) |
C’est décidément la fin d’une époque aux États-Unis avec l’annonce de la fermeture du service d’info du réseau CBS radio !
Cette rédaction, qui fournissait des contenus à environ 700 stations locales, cessera définitivement de produire le 22 mai 2026.
Vu de France, on pourrait croire que la crise de CBS News n’est qu’une péripétie médiatique de plus. Une ligne dans la rubrique “économie des médias”. Mais non. Ce qui se joue là‑bas, c’est un symptôme. Un symptôme brutal, presque obscène, de ce que devient l’information dans la première démocratie du monde.
CBS News, c’est un monument. C’était la voix qui annonçait la mort de Kennedy, la guerre du Vietnam, le Watergate. Aujourd’hui, ce monument tremble. Pas à cause d’un scandale du à une fake news qui aurait été diffusée pas à cause d’un excès … A cause de l’indifférence d’un public qui a déserté, d’annonceurs qui ont fui, et peut-être aussi d’un pays qui ne sait plus en qui croire, y compris ses médias.
CBS n’a pas été victime d’un complot, mais du marché. Aux États‑Unis, comme de plus en plus ailleurs y compris chez nous, l’information n’est pas un service public, c’est un produit. Et quand le produit ne se vend plus, on le retire du rayon. Parce qu'en plus à la différence de notre vieux continent, le journalisme n’y est pas protégé : ou il est rentable ou il disparaît.
Le groupe Paramount, sa maison‑mère, est étranglé par la dette. Et dans la liste des “coûts non essentiels”, figure désormais… l’information. Celle qui coûte cher, qui demande du temps, des bureaux à l’étranger, des correspondants, des enquêtes. Tout ce que TikTok ou YouTube n'ont pas ! Mais tout ce que le marché ne veut plus payer !
Et puis il y a aussi le contexte politique. Aux États‑Unis, l’information est devenue un sport de combat. Fox News d’un côté, ABC ou MSNBC de l’autre, chacun son camp, chacun sa vérité. CBS, elle, a tenté dit-on de rester au centre : mauvaise pioche ! Le centre aux Etats Unis c’est un no man’s land où personne ne clique et où personne ne paie. Ce n’est pas seulement un média qui s’effondre : c’est un repère, une sorte de boussole. Un symbole d’un pays qui, autrefois, croyait encore à la vérité, à la vérification, à la nuance et qui aujourd’hui préfère le clash, le commentaire, l’émotion instantanée.
C’est ce que souligne le journaliste Rob Pratt depuis KDKA à Pittsburgh, l’une des 700 stations abonnées au service info de CBS Radio. Il incarne la tradition des grandes voix qui font encore vivre l’esprit des stations historiques américaines.
Vu de France, cette histoire devrait nous inquiéter. Parce que quand un pays laisse mourir ses grands médias généralistes, ou imagine fragiliser son audiovisuel public, il laisse mourir quelque chose de plus profond : sa conversation commune. Sa capacité à se parler, à se comprendre, à débattre sur des faits partagés, mais de façon maîtrisée, modérée, à la différence de la jungle des réseaux sociaux …
L’Amérique n’a pas seulement perdu confiance en ses médias. essentiel en démocratie.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 24 mars 2026.
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Aurait-il été un prophète en son pays, mais singulièrement maladroit auprès des médias ? Lionel Jospin tire sa révérence au lendemain des municipales ... (le 23-03-2026) |
Quel paradoxe d’apprendre en ce lendemain d’élections municipales le décès de l'ancien premier ministre ! La politique territoriale de Lionel Jospin a en effet indéniablement marqué une étape décisive dans l’histoire de la décentralisation française. En renforçant les collectivités locales et en structurant l’intercommunalité, il contribue alors à moderniser l’action publique et à adapter l’organisation territoriale aux enjeux contemporains. Son action, à la fois dans la continuité et dans l’innovation, laisse un héritage durable qui façonne encore aujourd’hui la gouvernance locale. Ainsi, Jospin apparaît comme l’un des acteurs majeurs de la consolidation du pouvoir local en France, dans une vision républicaine fondée sur la proximité, l’efficacité et la solidarité territoriale !
Il se dit souvent que Lionel Jospin a été victime des médias... Jospin n’a pas seulement subi le système médiatique, il a aussi refusé de le comprendre. dans une époque où l’image devenait centrale, a fini par se retourner contre lui. Comme à la fin du débat avec Jacques Chirac en 2002. Les 2 candidats à la Présidentielle se félicitent de ne pas s'être invectivé pendant l'émission :
Car Jospin a longtemps pensé que la politique pouvait se passer de communication. une parole rationnelle, une posture d’homme d’État suffiraient. mais profondément déconnectée de l’évolution du débat public. lui restait figé dans une culture politique des années 1970.
Son rapport aux médias n’était pas seulement distant : il était dit-on "rigide". il ne voulait pas se raconter, il ne voulait pas jouer le jeu. cette posture a laissé un vide. en le décrivant comme froid, technocratique, indécis. il l’a laissée aux autres. Témoin cette parodie des Guignols de l’info sur Canal + après le débat de l’entre 2 tours en 2002 :
Pour nombre d’observateurs, l’affaire de son passé trotskiste illustre parfaitement cette incapacité stratégique. il a nié.
il a cumulé les inconvénients. la perte de crédibilité, et l’impression d’un homme qui ne contrôle pas son propre récit. c’est une faute majeure.
Et puis il y a le 21 avril 2002… l’abstention, le contexte. une présence médiatique faible, un candidat qui semblait absent du terrain symbolique. omniprésent et un Jacques Chirac rompu à la dramaturgie politique, Jospin a mené une campagne sans incarnation. c’est presque suicidaire.
Après 2002, son retrait médiatique a été salué comme un geste de dignité. où la politique se joue autant dans les images que dans les idées. Témoin ce reportage en 2002 dans les coulisses de sa campagne :
La relation de Lionel Jospin aux médias n’est pas seulement celle d’un homme réservé. qui a sous-estimé la puissance de la médiatisation, qui n’en a pas compris les règles, et qui en a payé le prix. refuser la communication, c’est renoncer à une partie du pouvoir...
Le pouvoir ... il est aussi du côté des médias ! Il y a quelques années après un crash d'avion de ligne, Radio France avait été épinglée pour avoir collé à l'annonce de cette tragédie la diffusion du titre " Tombé du ciel " de Jacques Higelin. Ce lundi matin, une autre grande maison a fait fort ! Derrière le micro du matinalier qui révèle à l'antenne le décès de l'ancien premier ministre, une pub des Pompes Funèbres Générales ...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 23 mars 2026.
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"Cachez cette France Périphérique, et son vote, qu'on ne saurait voir !" De l'utilité des médias de proximité, quand les chaines natios se focalisent sur les métropoles et les enjeux politiciens nationaux ... (le 22-03-2026) |
Quelles radios, quelles télévisions, avez-vous écouté ou regardé ce dimanche soir ? Les grandes chaînes produites depuis Paris, se sont focalisées en majeur partie sur les grandes métropoles, et singulièrement la ville capitale.
Alors ... Au delà de l'intérêt des conséquences nationales supposées de ce scrutin, sans doute avez-vous zappé sur vos stations régionales ou leurs sites et applis, ou bien encore sur les sites des jounaux de Presse Quotidienne Régionale à la recherche des résultats qui vous concernent, vraiment...
Bien qu'il s'agisse d'un scrutin de proximité, les doctes analystes de studios ou de plateaux ont dans les grandes largeurs fait preuve de jacobinisme. Alors ... que la majorité des électeurs des grandes agglos ont joué une partition assez traditionnelle : même en cas d'alertance, ce sont les partis institutionnels qui ont conservé le pouvoir.
Mais quid de l'autre France, les 60 % de la population de ce qu'il est convenu de nommer "la France périphérique " ? "Ouvriers, employés, jeunes et retraités issus de ces catégories, petits paysans constituent ce qu’on peut appeler les nouvelles classes populaires", expliquait pourtant il y a 12 ans déjà le géographe Chritophe Guilluy... "Ces populations habitent désormais dans des territoires éloignées du marché de l’emploi. Mais cette France est invisible aux yeux des élites !"
Alors ... Conséquence ce dimanche : nombre de localités de taille moyenne, ont choisi de confier leur gestion à des extrêmes. Quelque minutes seulement après l'annonce des premiers chiffres à 20 heures; un représentant du Rassemblement National s'en satisfaisait d'ailleurs sur une chaîne d'info continue, sans vraiment parvenir pour autant à se faire entendre : les animateurs de la soirée étant focalisés sur les grandes villes !
Pas de place pour cette "France périphérique " décrite par Guilluy : "La défiance des classes populaires vis-à-vis des responsables politiques gagne maintenant les maires, qui sont considérés comme impuissants face au délitement du territoire et eux-mêmes victimes des décisions et des représentations portées par les élites. Politiquement, ces nouvelles classes populaires sont désormais très éloignées des grands partis, c'est pourquoi elles constituent l'essentiel des abstentionnistes et des électeurs du Front national."
De l'utilité des médias de proximité : qu'ils puissent être ou redevenir, les haut-parleurs de ces localités tombées en déshérence, abandonnées par les échelons centraux...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 22 mars 2026.
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Municipales, proximité : entre chaines TV tradis, d'info continue, et le numérique ... Comme dans les urnes, les choix s'éparpillent ... (le 16-03-2026) |
France 3, incontestable leader !!! 4,8 millions de téléspectateurs ce dimanche, et près de 8 millions sur les sites. Les médias de proximité ont une indéniable une valeur ajoutée : Ils peuvent focaliser sur certaines communes ignorées par les formats nationaux ... Ce sont par exemple celles considérées comme formant la fameuse "France Périphérique", délaissée par le pouvoir central.
Du côté des chaînes info : BFM TV est clairement en tête sur cette soirée entre 19 et 23 heures. Avec 691 000 téléspectateurs, elle domine nettement ses 3 concurrentes.
Mais LCI solide deuxième, la talonne : Avec 612 000 téléspectateurs, elle est très proche de BFMTV en part d’audience. La chaîne confirme sa montée en puissance sur les soirées politiques.
CNews est en retrait, avec 402 000 téléspectateurs, la chaîne d’opinion à l’éditorial axé sur la droire radicale se positionne loin derrière BFMTV et LCI. Manifestement, le format plus idéologique fonctionne moins bien sur un scrutin local.
Franceinfo TV, avec une belle performance tout de même sur l’ensemble de la journée s’avère plutôt faible sur la tranche 19h–23h avec 297 000 téléspectateurs. Même si ce dimanche aura été la meilleure journée historique en nombre de téléspectateurs pour le canal 16, avec 9,4 millions de téléspectateurs touchés et 1,8 % de PdA.
Cette chaîne du groupe France Télévisions, qui fêtera bientôt ses 10 ans sur la TNT, semble avoir subi une forme de concurrence en interne. France 2, mais logiquement surtout France 3, ayant capté l’essentiel du public du service public.
Tout en tenant compte de l’évolution des modes de consommation des médias, France 3 dans l'hexagne, comme les 9 stations ultramarines des 1ères, restent donc la colonne vertébrale de toutes les TVs, pour les soirées des élections municipales.
Même si les locales de BFM TV, jouent aussi leur rôle d’acteur de la démocratie locale. France 3 et de manière plus modeste les locales de BFM sont toujours plus challengées par les chaines d’info continue et surtout le numérique.
Globalement …
(Tableau Ouest France)
TF1 domine l’entrée de soirée mais ne cherche plus à régner sur toute la soirée.
France 2 conserve un rôle institutionnel mais perd du terrain. Les chaînes info sont devenues le cœur du débat politique et le numérique qui a absorbé la fonction “résultats”.
Force est de constater que les soirées électorales ne sont plus un “événement unique” mais un écosystème éclaté ! Le public navigue entre les chaînes généralistes, les chaînes d'info continue, et les réseaux sociaux ou les sites locaux. Désormais, le modèle dominant n’est plus la soirée TV, mais la circulation multi-écrans.
Et ça a été le cas durant toute la campagne comme l'a montré ce doc de France Télévisions, réalisé en Normandie :
La bataille se joue évidemment sur la proximité pour laquelle France 3 avec son réseau unique en Europe demeure la référence incontestée en télévision : avec ses résultats par commune, cartes régionales, ses correspondants locaux. Le format est robuste, peu spectaculaire, mais indispensable.
La rapidité : c’est l’affaire des chaînes info. Elles regardent depuis Paris les résultats tomber dans les territoires et les traduisent en débats et réactions avec leurs invités d'envergure nationale. Très vite l’éditorialisation tourne aux enseignements à tirer au plan national, valorisés avec les bandeaux en continu. Au fil de la soirée une certaine redondance s’installe ...
Une concurrence évidente ou la complémenatarité aux médias traditionnels explose désormais : la recherche d’infos via le numérique : résultats en temps réel, cartes interactives, push … C’est la rapidité absolue et surtout la possibilité d'une personnalisation puisque l’internaute y trouve les infos à propos de sa commune. FTV revendique 20,3 millions de visites au global sur franceinfo.fr (application et site) et les sites numériques en région et en Outre-mer ce dimanche. 7,7 millions de visites sur leurs sites régionaux de France 3 / ICI 3,5 millions de vues et 30,95 millions d’impressions sur leurs vidéos dédiées aux municipales sur les réseaux sociaux, sur la journée du 15 mars.
C’était marginal en 2001. La bascule vers ces nouveaux écrans s’est renforcée dès 2014. Depuis 2020, et donc la période covid, cet usage apparaît désormais dominant !
Thierry Mathieu, e-crosmedia le 16 mars 2026.
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