Europe 1 ouvre une nouvelle offre pour être vue, et non plus seulement entendue. Même s’il ne s’agit que d'une assez pauvre "radio filmée", la station a toujours rêvé de s’adjoindre l’image : page d’histoire… (le 22-11-2025) |
Le groupe Bolloré annonce pour sa radio généraliste une forte évolution dès ce lundi, sans doute pour répondre aux nouvelles attentes du public pour lequel l’image est désormais prépondérante...
Sur le bouquet de Canal et certaines boxs, mais aussi en streaming, la radio ne sera plus seulement du son, mais aussi de l’image. Il ne s’agirait en réalité que d’un flux "radio visuel", autant dire la simple captation par des caméras de ce qu’il se passe en studio durant l’émission.
En mode "caméra espion" cette nouvelle offre devrait permettre, sans valeur ajoutée éditoriale par l’image, d’avoir l’œil et non plus seulement l’oreille sur la fabrication du programme. Comme France Inter et RTL permettent déjà de "visualiser " ce qu’il se passe dans leurs studios durant les matinales, ou Sud Radio qui propose elle des sessions entières sur sa chaîne You Tube …
Après-guerre, avant donc la création d’Europe numéro 1 il y a 70 ans, le financier à l’origine du projet Charles Michelson souhaite créer une télévision en Sarre, et une radio. L’autorisation d’ouverture d’une TV lui est refusée, en revanche l’émetteur radio en grandes ondes lui est confié. Ce qui lui permet d’ouvrir son poste dit "périphérique " qui révolutionne rapidement les ondes. Comme l'avaient raconté le journaliste Jacques Ourevitch et Pierre Bellemare à la chaine "Pub Radio Retro" sur Youtube.
Il faudra attendre en réalité 1984 pour que les studios mythiques de la rue François 1er s’équipent de caméras et de régies vidéo, et pour que certaines émissions soient co-diffusées par la nouvelle venue du PAF : Canal+. Comme le raconte le dirigeant d’alors Philippe Gildas.
Pour contrer la montée en puissance des nouvelles radios musicales, il crée le TOP 50. D’abord pensé pour la radio, il a l’idée de mieux le valoriser encore en déclinant le programme dans une version TV :
Le club de la presse permettra aussi d’assister aux joutes politiques dominicales autant en radio qu’en télévision. Le web n’existe pas encore...
Pour certains ces innovations ont déjà contribué à renverser la table à l’époque. Elles sont en réalité vite devenues des émissions de télévision, dont le son était diffusé avec le confort de la FM. Aujourd’hui encore certains programmes comme ceux diffusés par France Télévisions dans les 9 stations ultra marines, ou celle de la matinale d'RTL2 co-diffusée par W9 et celle de Julien Courbet chaque matin sur RTL oscillent entre les ADN du son pour la radio, et de l’image pour la télévision.
Tous les acteurs, comme Europe 1 donc, tentent de s’adapter à l’époque et de capter les auditeurs, téléspectateurs devenus d’abord internautes, en diffusant sur tous les supports. Mais la complémentarité en sanctuarisant l’ADN de chaque média n’est pas si simple à construire entre les pros de l’image et du son. Le service public n'avance qu'à petits pas, malgré la ferme volonté de la tutelle, sur les chantiers de ICI en région et de franceinfo :
Fort de leurs chiffres d’audiences, Vincent Bolloré et ses équipes, continuent donc à tisser leurs toiles de médias "d’opinion" tous azimuts. La meilleure défense contre l’adversité de ses opposants comme l’audiovisuel public, étant l’attaque …
Au-delà d’Europe 1, le groupe Canal+ offre aussi en effet dès ce lundi une nouvelle chaîne d’info "CNews Prime", une chaîne d’info continue digitale, dédiée exclusivement au direct, comme l’est depuis un an BFM2. Mêmes causes même effets ... Les programmes prémiums voient souvent leurs grilles malmenées. Les émissions sont régulièrement interrompues pour laisser place à la diffusion d’images en direct …
Comme chez CM Média, ce nouveau canal "CNews Prime" ne proposera donc pas de débat, de plateau ni de commentaire. Ce seront par exemple les sessions intégrales de l’Assemblée nationale et les questions au gouvernement, les conférences de presse officielles, de l’Élysée ou des institutions internationales qui seront proposées en live, comme des meetings politiques, ou des sommets internationaux. La nouvelle chaîne "Cnews Prime" sera disponible sur divers boxs et la plateforme de Canal + évidemment entre autre aussi sur le canal 226 de la TV d'orange dès ce lundi.
N'est-il pas amusant au regard de l'histoire que la radio n'ait "besoin de rien" mais ait "envie de toi", c'est à dire la TV ? Le premier "tube" du patrimonial TOP 50 de la première émission radio / TV codiffusée ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 23 novembre 2025.
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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : Pro, Perso, Radio, Robot … et possiblement "complot". (le 21-11-2025) |
A Londres désormais, les auditeurs de "Hits Radio", l'équivalent d'NRJ en France, font "la route ensemble" en écoutant leur radio musicale préférée qui leur annonce les "Trafic Jam". Mais ce ne sont plus des pros de leur radio qui les informent. C’est une intelligence artificielle, avec une voix qui "sonne" bien humaine à l’antenne, et qui délivre les infos …
On est loin de l’écriture des papiers d’actu dont la documentation est offerte par l’IA. Là … C’est du "live". L’Intelligence Artificielle observe à la seconde près l’état de la circulation. Cette station de radio ne fait plus appel à l’un de ses journalistes ou de ses animateurs pour diffuser l’info en temps réel : la mission est confiée à un robot !
L’omniprésence de l’IA dans la révolution des métiers est quotidienne. Toujours plus de pros dans tous les domaines font appel à cette technologie révolutionnaire qui offre un gain indéniable en termes de productivité… Les jeunes générations surtout grandissent avec et se l’approprient au quotidien, tant pour leurs usages personnels que dans leur consommation des sources d’information.
Les gains en termes de production pour les acteurs du marché explosent. Mais ... Quid alors de l’humain ? Les règles du jeu pour garantir au travers ces robots des infos validées et sauvegardées de toute forme d’influence, sont-elles pour autant maitrisées ? Nombre d’entreprises de médias se dotent de "pare feux" et de chartes déontologiques pour tenter d'optimiser les contenus. Mais quid de la jungle "open bar" offerte à chacun en libre marché sur le web ?
La question a été mise sur la place publique par Luc Ferry, philosophe et ex-ministre de l’Éducation nationale, dans une tribune en presse écrite et sur Radio Classique en début de semaine. Quid de ces offres d’IA qui prolifèrent sur le web ? Par qui sont-elles proposées en ligne souvent gratuitement ? Les déviances quant aux infos qu’elles délivrent, peuvent être évidemment perfectibles …
D’une IA à l’autre disponible sur le web, les réponses aux questions qui leur sont posées peuvent varier ! Toutes "plongent" dans les archives du web, mais en fonction de leur positionnement politique voire idéologique, les données retransmises favorisent tel ou tel point de vue...
L'IA comme les réseaux sociaux : 2 préoccupations jusqu'au sommet de l'état :
Contre "le far-west ", comme le dit le Président de la république à la Voix du Nord, contre le "free speech", l'imperative necessité d'un retour au factuel, indiscutable, s'impose ...
Le débat fait rage, aussi, entre les médias traditionnels français. Avec la plainte des Présidentes de Radio France et de France Télévisions à l'encontre des médias Bolloré pour "dénigrement". Delphine Ernotte plaidait pour l'indépendance de ses chaînes lors de son audition à l'Arcom avant sa reconduction à la tête du groupe.
Aujourd'hui, en face, les médias Bolloré portent l'estocade :
Et s'il n'était question que de la même problématique ? Si pour chacun, en choisissant "son IA" comme ses médias en général, il n'était question que de sensibilisation aux enjeux, aux risques de complotismes et au final ... De libre arbitre. Si tant est qu'il soit "éclairé" ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 21 nomvembre 2025.
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Quid des médias, en particulier de proximité, à quelques mois des élections municipales ? Une riche enquête de la fondation Jean Jaurès vient de paraître. (le 19-11-2025) |
Le lien est clair entre la consommation d’informations locales et la vitalité démocratique ! Plus un territoire dispose de médias actifs, plus la participation électorale, la confiance et l’engagement citoyen sont élevés. À l’inverse, certaines zones en voie de désertification médiatique voient progresser la dépendance aux réseaux sociaux et reculer les comportements civiques. C’est ce que montre une enquête menée avec les "Relocalisateurs" coordonnée par David Medioni, co directeur de l’Observatoire des médias de la Fondation Jean Jaurès.
"Les médias locaux remplissent une fonction démocratique irremplaçable. Ils donnent une voix aux préoccupations des habitants des villages et des villes, éclaire les débats territoriaux, révèle les initiatives citoyennes souvent invisibles dans les grands médias nationaux".
Comme l’affirme la Présidente de Radio France Sibyle Veil ce mercredi sur ses réseaux sociaux … "Les chiffres parlent d’eux-mêmes contre seulement 62 % pour ceux qui n’en consultent aucun. sont deux fois plus impliqués dans la vie communale que ceux qui n'en consomment pas."
Cette enquête démontre que la consommation de tous les médias pris dans leur ensemble est globalement plus forte dans une large partie sud, en Bretagne, en Alsace, ainsi que dans Paris et sa banlieue ouest. Le constat est similaire pour la consommation des médias locaux, à l’exception de la région parisienne qui apparaît comme intégralement sous consommatrice, les cartes le démontrent.
Les médias de proximité sont perçus comme un élément clé de la démocratie au niveau local. "En connectant les citoyens au processus démocratique dans leur vie quotidienne et au sein de leur communauté, ces médias reflètent les préoccupations locales, donnent de la visibilité aux enjeux territoriaux et racontent des histoires souvent ignorées à une échelle plus large. La contribution des médias de presse écrite, audiovisuels ou numériques de proximité, comme la communication extérieure ou "en boîte aux lettres" rend les citoyens plus aptes à prendre des décisions éclairées sur ce qu’ils souhaitent soutenir, protéger, voter ou contester."
Mais ... "Au bar tabac, la scène immuable de sociabilité matinale coche tous les indices de familiarité, à un détail près … Ce ne sont plus vraiment les pages du canard local ni les dépêches relayées sur BFMTV en fond de salle qui dictent les sujets de conversation. C’est par Facebook que les clients ont pu entendre parler du marché fermier dont parle le patron ! C’est par les réseaux sociaux que désormais tout se sait..."
Pourtant ... 44% des français prétendent rechercher leurs propres informations sans être influencés par autrui. Même si … 86% ne pensent pas pour autant que les journalistes sont la garantie d’une information fiable.
Et d'une localité à l'autre la consommation des médias locaux est bien différente comme en témoigne cette carte sur le pourcentage des habitants qui lisent, écoutent ou regardent des médias de proximité !
2 témoignages à lire dans cette étude ... Mathieu Hérault, chef d’édition du Courrier Picard à Beauvais : "Parfois, je me dis que les gens n’ont plus besoin de nous ! La tendance à l’individualisme et au repli des individus sur eux-mêmes va avec certains désintérêts pour ce qui se passe chez nos voisins et autour de chez soi. Et pour peu que tu t’y intéresses !"
"Pour beaucoup, Facebook suffit largement et la presse régionale a une image vieillotte ! ... poursuit son confrère Yohan Roche ... "Les lecteurs n’ont plus confiance en nous. On a senti le point de bascule au moment des gilets jaunes, on est passé pour des macronistes, pour la seule raison qu’on refusait certaines dérives complotistes. Les gens étaient attachés à leur journal, mais malheureusement, la nouvelle génération a plutôt tendance à s’en foutre !"
Plus optimiste, cette autre réflexion … "Pour coller à l’air du temps et à l’évolution des usages, la production de l’information locale passe davantage par l’exploration de nouveaux formats narratifs, des documentaires immersifs au sein des quartiers, des podcasts, des portraits de citoyens qui s’engagent ou encore des magazines patrimoniaux… On voit ainsi naître des émissions spécialement dédiées à la valorisation des identités culturelles et linguistiques. L’info est alors ultra localisée, en immersion au sein du quotidien à l’image du besoin des consommateurs de médias locaux multisupports et en miroir du quotidien. Ils parlent des choses qui concernent les citoyens autant qu’ils aident à comprendre le monde dans lequel ils vivent."
Pour résumer ce qui ressort de cette étude globale sur la consommation des médias, en zoomant sur ceux dédiés à la proximité … Les médias locaux remplissent une fonction démocratique irremplaçable. Ils donnent une voix aux préoccupations des habitants des villages et des villes, éclaire les débats territoriaux, révèle les initiatives citoyennes souvent invisibles dans les grands médias nationaux.
L’enquête à lire ici :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 19 novembre 2025. |
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Bourdin : l'éternel "come back".... Fort de ses 50 ans de micro au compteur, le journaliste de 76 ans lance son média sur le web ! (le 18-11-2025) |
"Vous êtes oubliés !"
Les français consommateurs d'info seraient "oubliés" ... Ou bien est-ce l'une de leurs stars de l'info qui craint de l'être ?
Tapis sonore plutôt anxiogène, mais très actuel, chemise blanche, visage grave …. Jean Jacques Bourdin annonce la création de SON média, disponible promet-il prochainement sur toutes les plateformes. Grande figure d’ RTL où il a notament marqué l’histoire du média radio en France avec "Les auditeurs ont la parole", Bourdin, est devenu pour nombre d’observateurs la voix de la France qui grogne … Comme le dit Pierre Jaxel-Truer du Monde … "Il est la voix des mutins solitaires qui pestent en écoutant leur autoradio dans les bouchons, celle des "tout-fout le camp" .
Bourdin présente aujourd’hui son initiative, à la manière d’une profession de foi :
Star de l'info, après la rue Bayard, sur BFM en imposant son interview politique de 8h30 co-diffusée par RMC comme l'un des rendez-vous les plus suivis du PAF, il était récemment encore sur Sud Radio. Mais les résultats d'audience n'étaient, dit-on, plus aussi bons qu'espérés ...
Avec ses 49 ans de micro au compteur, le journaliste de 76 ans persiste et signe donc aujourd’hui. Il n’entend pas disparaître du champ médiatique et est persuadé qu'il se doit de continuer à contribuer au débat démocratique. En épousant l’époque, il a l’ambition d’aller à la rencontre des publics là où ils sont, puisqu’ils dédaignent de plus en plus les médias traditionnels : sur le web !
Pourquoi créer ce média qui a l’ambition d’être différent dans le paysage ?
La star des plateaux et des studios absente des ondes depuis quelques mois réenclenche la première et tease un come-back, comme d'hab', sur les chapeaux de roues … "Populo" ou "démago" disent certains, Jean-Jacques Bourdin demeure plutôt apprécié des politiques et a longtemps été considéré comme incontournable. "C'est avec un passage chez Bourdin qu'on a le plus d'écho. Pour savoir si une émission a marché, je compte le nombre de SMS que je reçois. Quand je vais chez lui, le compteur s'affole ! " raconte par exemple l’ancien ministre de la défense Hervé Morin.
La bande annonce est donc publiée… Il rejoint en cela nombre de ses confrères qui, toujours présents sur des antennes traditionnelles ou non, n’entendent pas ... ne plus être entendus ! Affaire d’égo diront certains, de passion du métier chevillée au corps penseront d’autres. Beaucoup souhaitent au fond nouer avec les publics des rapports de proximité, voire de "communauté" difficiles à établir depuis des médias traditionnels.
L’un des mots clés de leur réflexion est également souvent "participatif" ... Au point, comme Jean-Jacques Bourdin le propose, de financer l’aventure via une cagnotte ...
Pour voir la vidéo de Jean Jacques Bourdin en intégralité : https://www.youtube.com/watch?v=AGaF-tIp3e8&t=232s
Thierry Mathieu e-crossmedoa le 18 novembre 2025.
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Coquille ou enfumage ? Traine toujours, 5 jours après le Médiamétrie de rentrée, un visuel de Radio France qui laisse à penser que les matinales des radios locales co-diffusées par France 3 seraient leader ! (le 17-11-2025) |
Allo Radio France ? Allo la direction du réseau ICI ???
Concernant l'audience des matinales, le "K", est une coquille ! Ce ne sont que 57 000 téléspectateurs, seulement, qui suivent les 41 matinales co diffusées sur France 3 ! Et non pas 575 000 (comme le laisse entendre le "K" ).
C'est incroyable que ce visuel continue à être diffusé partout depuis jeudi dernier, sans que la Présidence de Radio France et la direction de ICI n'aient eu l'honnêteté de corriger cette erreur !
575 000 !!! Cela voudrait dire que les matinales "radio filmées" des locales ICI ex France Bleu, auraient plus d'audience en TV que le leader qui reste Télématin !
Voici les audience des matinales télé, dont les résultats ont été diffusés en début de saison :
Si un "0" par miracle s'était ajouté en 3 mois, l'ensemble des observateurs et surtout les auditeurs-téléspectateurs-internautes s'en seraient apercu !
e-crossmedia au lendemain de la publication des sondages révelait cette "coquille".
Personne n'est dupe, malheureusement !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 17 novembre 2025.
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Condamnée pour "désinformation climatique", mais toujours plus plébiscitée par un large public ... CNews explose les compteurs d’audience ! (le 15-11-2025) |
CNews : 20 000 euros d’amende ! La sanction décidée par l’ARCOM l’an dernier est confirmée par le Conseil d’état auprès duquel la chaîne avait déposé un recours … C’est une première en France, pour 3 infractions dénoncées par le régulateur de l’audiovisuel : la chaîne est condamnée pour le "ciblage d’un groupe de personnes déterminées" et "l’incitation à la haine et l’encouragement à la discrimination".
Le Conseil d’État dénonce aussi une "absence de toute contradiction à l'antenne et, à propos d’une émission de "L’Heure des pros 2", estime que "le “débat” n’en avait que l’apparence". Incriminés : les "propos "climato-sceptiques" de l’économiste Philippe Herlin, un soutien d’Eric Zemmour.
"Le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, une escroquerie. (…) Nous expliquer que c’est à cause de l’Homme ça, non. Ça c’est de l’ordre du complot. Et pourquoi ça a autant de poids ? Parce que ça justifie l’intervention de l’État dans notre vie, et ça absout l’État de devoir diminuer ses dépenses publiques".
Considérée comme une thèse complotiste non dénoncée à l’antenne, cette intervention contraste avec l’affichage de la chaîne qui, tant en direct que sur son site web, dénonce, comme d’autres médias, ce type d’escroquerie.
https://www.cnews.fr/monde/2024-07-16/les-10-theories-du-complot-les-plus-connues-772478
Depuis l’annonce de cette condamnation pour "désinformation climatique", les passions se déchainent sur les réseaux sociaux. Il y a les "pour", comme ici sur Instagram …
Ou les "contre", ici sur X :
Ou sur Facebook :
Bien que condamnée par le régulateur, et régulièrement accusée pour son éditorial très ancré à droite, CNews est pourtant toujours plus regardée par le public …
L’offre "Bolloré" d’info continue qui revendique être une "chaîne d’opinion" explose même ses compteurs d’audience, au point d’être désormais presque quotidiennement leader sur son créneau des chaînes d’info continue, devant BFM, LCI et franceinfo canal 16.
Depuis qu’elle monte en puissance, comme sa sœur jumelle Europe 1, nombre d’observateurs ou de concurrents comme Radio France et France Télévisions, lui reprochent en réalité d’avancer "masquée". Comme le racontait ce journaliste du Monde sur France 5.
A l’inverse, beaucoup critiquent aussi les chaines de service public de privilégier, elles, la gauche. RF et FTV se dotent d’ailleurs d’outils de mesure et de chartes déontologiques pour démontrer que ce n’est pas le cas... Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions, au micro d'RTL :
Pascal Praud, l’une des figures de CNews, défend régulièrement sa liberté de ton et ses choix éditoriaux …
C’était le cas l’an dernier quand il avait reçu le Président de RSF, quelques mois avant son décès …
Pour encore plus d’indépendance, et ne pas être assujettie aux réglementations auxquelles doivent se conformer les chaînes de télévision comme de radio, s’agissant en particulier de l’obligation de pluralisme … Cette annonce qui prolifère sur le web au lendemain de la confirmation de l’amende de 20 000 euros par le conseil d’état :
"Le 24 Novembre, Canal+ lancera CNEWS Prime, disponible gratuitement en streaming, déclinaison 100% numérique de sa grande sœur CNEWS."
Thierry Mathieu e-crossmedia le 15 novembre 2025.
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Progression, stabilité, dégringolade ... Les radios sourient alors que la vague de Médiamétrie en cette rentrée reflète la révolution des usages en marche ! (le 13-11-2025) |
Communication ultra positive, tous azimuts ce jeudi, après la publication de la vague Médiamétrie de rentrée. Autrement dit …
Et pourtant … En 2015, l'audience globale s’élevait à 43 millions d'auditeurs quotidiens. Aujourd’hui elle a chuté à 36,8 millions ! Certains commentateurs éclairés relativisent les résultats plutôt inquiétants, en arguant du fait que c’est le mode de consommation de l’audio qui a évolué … Selon eux, la radio n’aurait en réalité jamais été aussi puissante qu’aujourd’hui, même si l’écoute en effet se morcelle !
De moins en moins d’auditeurs sont fidèles aux offres de flux "à l’ancienne", et choisissent ce qu’ils souhaitent écouter, quand ils veulent l’écouter … Ils apprécient certains programmes mais vont les choisir sur les applications ou les plateformes. Pour les sondeurs, ils n'écoutent donc plus "la radio".
Pourtant ... Quelles que soient les "générations" ciblées, les stations qui progressent continuent à mettre en avant leur succès en écoute traditionnelle Comme d'hab… Comme FUN :
Ou Europe 1 :
Les stations qui trinquent, elles, valorisent leur succès ... sur le numérique !
Que ce soit pour la déclinaison de leurs programmes de flux en replay, ou en podcast natifs … Quitte à GONFLER les chiffres comme ici : Ce sont 57 500 téléspectateurs qui regardent les matinales des radios locales sur France 3, et non 575 K !!!
Voici le classements des audiences des matinales TV établi en septembre :
Comme quoi, il n'y a pas qu'à franceinfo tv que les publications des graphistes sont perfectibles !
Certaines chaînes valorisent aussi l’écoute de leur flux en streaming qui monte en puissance, et de leurs web radios déclinées de leur programme premium :
En parallèle du classement établi par Médiamétrie pour ne pas seulement prendre en compte l'écoute traditionnelle, il est utile d’avoir en tête les audiences des "produits dérivés", consommés sur le web. Les données sont publiées avec l’ACPM, comme celle de septembre dernier.
Reste le cas des radios qui pratiquent déjà le vrai Global Média, c’est-à-dire qui coordonnent leurs offres radio et web, avec la télévision. Comme est appelé à le faire "ICI" en région, ou franceinfo qui pour l’heure ignore encore sa jumelle TV du canal 16…
Une seule "marque" ce jeudi met en évidence la convergence de ses divers canaux. Elle joue à plein au sein du groupe CMA Média la complémentarité de tous ses métiers : RMC
Pour conclure en souriant , s’agissant de com ... Allez ! Ecoutons cette pépite patrimoniale purement radiophonique ...
Thierry Mathieu e-crossmedia le 13 novembre 2025.
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ICI : 400 000 auditeurs perdus en un an selon Médiamétrie. Quid de l'avenir des 44 locales alors que doit se construire le Global Média de service public de proximité ? (le 12-11-2025) |
"On n'a pas suffisamment pris en charge ce que vivaient les populations partout sur le territoire français". Voilà ce que déclare Céline Pigalle la directrice du réseau France Bleu quand elle annonce que les 44 Locales et les 24 France 3 s’allient et deviennent une seule entité : ICI.
En attendant que ces fiançailles accouchent d’une nouvelle race de média pour l’heure toujours avortée, la radio stagne en ne gagnant que 0,1% par rapport à la dernière vague, malgré une stratégie sensée permettre de reconquérir sa cible.
Qui se souvient que ce réseau a su atteindre les 8 % en audience cumulée alors qu'il n'est plus crédité aujourd'hui que de 3,9 % soit 2 millions 200 000 auditeurs ? C’était en 2014, le web et la proéminence de l’image pourtant montaient déjà en puissance…
Les quelques 1400 salariés déployés sur les 44 implantations dans l’hexagone et en Corse, artisans du quotidien et fins connaisseurs de leurs terrains, seraient-ils les seuls responsables de cette décrépitude ? Du fait de la variable d’ajustement budgétaire au sein de Radio France dont ont été victimes les locales, leurs productions spécifiques ont été toujours plus réduites.
N’y a-t ’il pas eu des erreurs stratégiques comme au temps des gilets jaunes ? Le slogan de la chaîne chantait sur tous les tons "On est bien ensemble" ! Tous les samedis quand les ronds-points étaient les théâtres de manifs, les antennes locales ne pouvaient pas en rendre compte en direct faute de budget. Elles étaient contraintes de relayer un programme national.
Quid encore de la période covid durant laquelle les stations réunies en grandes régions ont été contraintes de diffuser des programmes communs. Pourtant plus que jamais les auditeurs avaient besoin de service et de proximité ! Même en prenant en compte la nécessité de la protection des salariés face à la pandémie, c’était un dévoiement de leur ADN !
"La situation est trop grave pour faire comme si tout allait bien", disaient déjà avant l’été les salariés d’une majorité des stations, "fatigués d'appliquer, depuis des années et face à des contraintes budgétaires toujours plus fortes, des ordres et des contre-ordres venus d'en haut, le plus souvent sans concertation avec les équipes".
Sans pouvoir décoler, en réalisant, même, une contre performance en cette rentrée, le réseau ICI reste inconfortablement assis sur le même score que cet été, comme on peut l'exprimer en chti.
400 000 auditeurs perdus en 1 an … Bien sûr, il s’agit d’un agrégat de résultats qui prend en compte la diversité des performances des 44 stations, certaines continuant à mieux résister que d'autres … Mais par les temps qui courent, quelle peut-être la réflexion de l’actionnaire, c’est-à-dire l’état…
Sans doute en sera-t-il question prochainement à l’occasion de la signature des Contrats d’Objectifs et de Moyens concernant les 1400 collaborateurs ! Nombres de professionnels en région dénoncent des grilles et des programmations musicales uniformisées, ainsi que les heures de production spécifique en diminution.
Pourtant, force est de constater que les publics partout en région restent attachés aux infos de proximité ! Les stations locales ont su d’ailleurs dédoubler leurs offres en investissant le champ digital. avec un fort succès de leurs publications sur le web : Bientôt leurs productions seront plus consommées sur internet que sur leurs antennes !
N’est-il pas temps de construire un global média de service public novateur, en conservant evidemment à chaque canal son ADN, mais en pariant sur leur complémentarité ? Le secteur privé avec BFM et RMC, CNews et Europe 1, ou RTL et M6 s’y engage. Du coté des groupes d’audiovisuel public, le Canada en premier puis la Suisse, puis la Belgique et bien d’autres nations plus lointaines achèvent leurs révolutions … Les expérimentations ne manquent pas ! Y compris au sein même du Paysage Audiovisuel Français avec les 9 stations ultramarines, gérées par France Télévisions. Elles travaillent depuis bientôt 15 ans à faire se compléter au quotidien les talents des pros de radio, de TV et du web au profit d'une marque commune …
Depuis une vingtaine d’années, il est question de "convergence" avec les autres supports que sont les ordinateurs, les télévisions, et surtout les smartphones. Internet rend toutes les offres accessibles sur l’ensemble de nos appareils, à la maison, au travail ou dans les transports en commun, comme en voiture.
ICI, le nouveau nom des radios locales depuis janvier dernier, et qui estampille en haut à droite de l’écran les productions régionales sur France 3, demeure pour l’heure une opération de marketing assez creuse et incomprise par l’essentiel des publics . Qu’est-ce qui a changé, au-delà des initiatives portées par des managers locaux, à l’occasions d’évènements exceptionnels ?
Que dire encore des matinales de radio "filmées" et co-diffusées bientôt partout dans l’hexagone, ? Elles ne réunissent péniblement que 60 000 téléspectateurs au total chaque matin !!!
Quid de la promesse de global média en construction à en croire les entreprises, à l’instar de l’engagement de la pédégère de France Télévisions face à l’Arcom lors de sa reconduction ?
Comme se le demandait sur franceinfo, le philosophe et académicien Michel Serres : "On n’imagine plus devoir séquencer ses besoins d’information, de culture, de distraction, entre des supports différents".
"Ainsi est né le concept du media global qui voit les médias s’assembler et produire ensemble des contenus sous toutes les formes : écrite, sonore, vidéo ou photo. Avec l’interactivité via les réseaux sociaux qui permet à chacun d’entrer dans l’histoire…"
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 13 novembre 2025.
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"Baudrier" : dispositif pour éviter une chute ... Jacqueline, en 1980 à Radio France, a su "innover" pour ne pas décrocher des publics. Exemple à suivre ? Portrait. (le 11-11-2025) |
Alors qu’avec le web et les smartphones, le marché "radio" est toujours plus fragilisé, comment réépouser l'époque sinon en se montrant inventifs ? Comme ont su le faire les dirigeants de l’audiovisuel public il y a 45 ans, menacés par la fin prochaine du monopole et l'ouverture de la bande FM. Déjà les antennes pirates squattaient les ondes à l'image des "Radios Vertes" dès 1977 à Paris comme en témoigne ce documentaire de l'INA :
Gros plan sur une pionnière qui a marqué l’histoire de la radio, en inventant de nouvelles offres : Jacqueline Baudrier.
Jacqueline Baudrier, originaire de l'Orne, débute sa carrière à "Radio Guadeloupe". Après des études supérieures de lettres et d'histoire à la Sorbonne à Paris, elle part en effet à Pointe-à -Pitre où elle est institutrice. Elle est repérée par le directeur de l’embryon de radio locale qui existe après-guerre, alors qu’elle participe a un concours : "Les Jeux Floraux des poètes antillais".
Pour recruter une rédactrice speakerine, le patron de la station abritée par un hôtel de Basse Terre organise une épreuve présidée par le secrétaire général de la préfecture. Au micro, Jacqueline Baudrier l’emporte haut la main en imaginant une émission sur la prétendue arrivée de Christophe Colomb qui aurait découvert l’Ile Papillon en 1493.
Elle devient speakerine, journaliste puis rapidement directrice artistique et enfin directrice de la station qui compte 18 employés en 1948. Le préfet se montre élogieux : "excellent élément, d’un exceptionnel dévouement, dotée d’une volonté de travail exceptionnelle". Il lui confie également le service d’information de la préfecture dans un mélange des genres propre à l’époque. Sur les ondes, elle participe au bulletin quotidien de l’information, elle présente la revue de presse, et différentes chroniques littéraires, enfantines …
Voici, grâce aux archives départementales de Guadeloupe, un extrait de ses préconisations pour moderniser le programme … Il y est question de proximité, de fluidité, de divertissement, de l’importance de la musique et de la rythmique !
Après l’intégration de Radio Guadeloupe au sein de la direction générale de la Radiodiffusion, Jacqueline Baudrier quitte l'ile en 1950 et elle rejoint la Radio-Télévision Française. Elle grimpe alors tous les échelons en présentant les journaux télévisés, puis en dirigeant l’info, jusqu’à occuper en 1974 le poste de directrice générale de Radio-France. L'organisme nouvellement créé regroupe l’ensemble des chaines publiques de radio : France-Inter, France-Culture, France-Musique, FIP et … les stations régionales d’outre-mer !
Une conviction : travailler la proximité sous toutes ses formes, y compris pour la généraliste France Inter qui bataille avec les périphériques d’alors, Europe 1 et RTL mais aussi RMC au sud de l’hexagone.
Pour devancer la révolution du marché due à la libération de la bande FM qui s’annonce irrémédiablement, elle expérimente à la demande du pouvoir de nouvelles offres, en tentant de prendre de l’avance sur celles que les acteurs du privé ne tarderont plus à proposer :
Elle crée : Radio Bleue pour les séniors, Radio 7 pour les jeunes …
Et les 3 premières radios locales ... C’est sans doute en s’appuyant sur ses premiers pas aux Antilles qu’elle lance en 1980 les 3 premières expérimentations sur les formats "Régional", "Départemental", et "d’Agglomération".
Ces 3 formats sont censés concurrencer les radios libres, encore pirates à ce moment, mais qui seront autorisées bientôt par François Mitterrand. ICI, à Lille :
La carrière exceptionnelle de Jacqueline Baudrier se poursuivra à l’UNESCO en 1981 où elle représentera la France en qualité d’ambassadrice. Elle sera ensuite l’un des premiers sages du PAF en étant membre de l’ancêtre de l’ARCOM, la Commission nationale de la communication et des libertés chargée de réguler l’activité des chaines de radio et de télévision.
A l’heure où l'image est proéminente et où le global média s’impose sur la planète entière, n’est-il pas temps de se donner les moyens de tester de nouvelles offres via des expérimentations, et d’actualiser les organisations, tout en adaptant les savoir-faire des équipes aux enjeux du moment …
Vu l’évolution du paysage que démontrent les vagues de sondage successives, n’est-ce pas comme le souhaitent les actionnaires -public ou privé- l’équation à résoudre ? Conduire une politique volontariste pour, comme à l’époque de Jacqueline Baudrier, continuer à servir les publics ?
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 11 novembre 2025.
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Quand la réalité a dépassé la fiction ... Le cas d'école pour les chaines TV de la soirée du 13 novembre 2015. (le 10-11-2025) |
Editions spéciales sur toutes les télévisions, comme en radio ou en presse écrite … Les attentas commémorés cette semaine mobilisent toujours l’attention et l’émotion du grand public comme celle des pros de l’info !
8 attentats en 33 minutes ... Ce soir-là, la réalité a dépassé la fiction ! 10 ans après c'est aussi la série en 8 épisodes "Des vivants", qui devient patrimoniale, Sur les deux premiers épisodes, 1,74 million de téléspectateurs, soit 10,5 % de part d'audience pour France 2. Mais sur la plateforme france.tv les scores sont encore bien plus impressionnants !
Les 8 épisodes ici : https://www.france.tv/france-2/des-vivants/
Le soir du 13 novembre il y a 10 ans, 1 téléspectateur français sur 4 regarde sur TF1 le match France-Allemagne, jusqu'à ce que le public présent au Stade-de-France, dont le chef de l'Etat François Hollande, entend trois explosions. La chaîne qui devait dans la foulée diffuser la finale de Secret Story bascule en édition spéciale à 22h50. Elle sera regardée en moyenne jusqu'à 2h du matin par 3,65 millions de personnes, soit près d'un téléspectateur sur 3. France 2 interrompt, elle, ses programmes juste avant minuit pour retransmettre l’allocution du Président de la République. 1,122 million de personnes suivent cette édition spéciale. Celle du Soir 3, diffusée plus tôt sur France 3, avait déjà été suivie par 1,24 million de téléspectateurs.
Les universitaires Amélie Aubert de Paris VIII, Patrick Charaudeau de Paris Cité, et Dominique Mehl du CNRS ont travaillé sur cette nuit qui reste unique dans l’histoire des médias pour un évènement ayant lieu en France. "Contrairement au 11 septembre 2001 à New York où les TV sont déjà en édition spéciale avant même que le deuxième avion se fracasse dans la seconde tour du World Trade Center, les attentats du 13 novembre se produisent hors de vue des caméras. Bien que des journalistes de chaînes d’information en continu soient présents assez rapidement sur les lieux dans les 30 minutes suivant les fusillades aux terrasses de café, les périmètres de sécurité ont déjà été établis, les faits ont eu lieu, il faut donc reconstituer ce qui s’est produit et non commenter ce que l’on voit ".
Les 3 chercheurs ont analysé finement l’antenne de BFM : les 18 premières heures de l’édition spéciale à partir de 21 h 50 le 13, jusqu’à 16 heures le lendemain. "Confrontés à un chaos informationnel sur le terrain et à une absence d’images, on ne peut que constater que les images des lieux qui se superposent aux discours sont en contradiction : les lieux apparaissant à l’image ne sont pas nécessairement ceux dont on parle. Le téléspectateur en quête d’informations qui allume pour quelques minutes seulement cette chaîne est pris par un récit incomplet et partiel, et par une mise en perspective impossible".
"Par ailleurs, les journalistes et présentateurs et présentatrices en plateau apportent, peu à peu, des précisions et corrigent la chronologie des événements. Des journalistes spécialisés viennent commenter les images de voitures de police et d’ambulances en apportant des informations que les reporters ignorent. Palliant les béances du récit, les reporters de terrain viennent apporter des éléments de contexte ".
Les rédactions, comme les forces de l’ordre sur place vivent une forme de chaos, comme le montre ce documentaire diffusé ces jours-ci par LCI :
Les images d’amateurs qui sont diffusées à partir de la fin de soirée n'ont pas la même qualité que des plans tournés par des cameramen professionnels : les images tremblent ou les zooms sont grossiers. Mais ces vidéos permettent d'offrir un récit continu des événements et offrent un témoignage direct des attentats. Elles montrent aussi les victimes aux terrasses des bars "Le Carillon" et "La Belle Equipe" immédiatement après les fusillades. Enregistrés par la caméra embarquée d’un chauffeur de VTC, les tirs des agresseurs sont terrifiants. Les détonations à l'intérieur de la salle de spectacle au moment de l'assaut du RAID contre les djihadistes sont parfaitement audibles sur une vidéo prise depuis un appartement du boulevard Voltaire qui donne sur la salle de spectacle.
Sarah Campos, chercheuse en sciences de l’information, a également écrit une thèse sur le traitement de ces attentats. Selon elle les chaînes ont su ne pas sombrer dans une mise en scène excessive. "Les acteurs de l’acte informationnel s’appuient sur la "monstration" de la preuve informationnelle pour crédibiliser l’information et s’organisent autour de rôles prédéfinis, contraire à l’aspect extraordinaire attaché à ces attentats. L’emploi du conditionnel informe subtilement le téléspectateur que les informations communiquées ne sont pas certifiées par la chaîne, et ces informations sont systématiquement rattachées à leur source.".
Diffusé ces jours-ci, ce documentaire de France 2 résume l’ensemble de la soirée …
Pour la chercheuse Sarah Campos … "En se détachant des informations communiquées, les médias prennent aussi certaines précautions concernant la qualification des faits, en s’affranchissant également de tout discours analytique. Les discours restent très descriptifs, et l’ancrage de la qualification des événements en "attentat terroriste" se fait principalement par voix officielle. Néanmoins les médias, comme tout autre interlocuteur, ne peuvent être à l’origine d’un discours objectif. Les interprétations, sans être explicites se décèlent dans l’analyse discursive, par l’emploi de stéréotypes populaires".
2 ans après les attentats de novembre 2015, l’UNESCO a édicté un manuel intitulé "Les médias face au terrorisme ". Frank La Rue, Sous-Directeur général pour la Communication et l’Information souligne que le véritable objectif des terroristes est de "diviser la société en deux et de dresser les citoyens les uns contre les autres en provoquant la répression, la discrimination et la discorde …"
A partir de nombreux exemples récents, le manuel de l'UNESCO aborde aussi la manière dont les journalistes traitent des victimes du terrorisme, abordent les rumeurs, rendent compte des enquêtes menées par les autorités, conduisent des interviews avec des terroristes et couvrent leurs procès. Un chapitre distinct est consacré à leur sécurité, notamment à la question des enlèvements et des traumatismes qu'ils peuvent subir. Consultable ici : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000247075
Thierry Mathieu e-crossmedia le 10 novembre 2025.
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