Faire mieux avec moins ? Le cas des 1ères de FTV, en avance sur "ICI", le balbutiant pluri média public de proximité de l'hexagone ! (le 19-05-2026) |
Rapprochement Radio-TV-Web, sous une marque unique : un impératif stratégique, et financier...
Coup de fil à un cadre de la 1ere à la Réunion.
"Nous avons été initiateurs de plusieurs projets : Tout d'abord, il y a déjà 15 ans, le Cross média radio / TV en matinale : en adaptant l’offre audio, pour qu’il y ait une valeur ajoutée sur le petit écran. Aucun média français ni public ni privé n’avait alors encore testé ce qui apparait aujourd'hui comme un outil ad-hoc. Même s'il faut y mettre les moyens pour que l’émission de radio soit valorisée quand les usagers choisissent leur téléviseur. C'était en 2011 !"
"En vue des JO de Paris nous avons aussi été moteurs pour la validation technique en démontrant avec notre Grand Raid, le savoir-faire des équipes de France Télévisions."
"C’est déjà une longue histoire …"
"Parallèlement en interne, la ''dictature'' des ETP, la réduction un temps de la production interne tv, nous a obligé à développer des organisations afin de dégager plus de flexibilité, d'agilité. Tout en respectant les normes RH qui protègent à juste titre les métiers et les salariés et qui sont nos cadres de travail. Nous avons donc avec l’accord de l’entreprise développé des projets d'expérimentation : aller plus loin sur les fiches de poste, sur un temps donné, sur un projet défini, afin de tester différentes organisations de travail et ensuite présenter un rapport au CSE d'établissement pour entériner ou non le principe d'organisation novatrice sur un type de produits."
C'est le cas de l'émission hebdo ''Radio Péi'' par exemple, sur Réunion La 1ère, ... "C'est en effet un rendez-vous de notre radio chaque dernier samedi en direct : 2h chez un habitant, avec un plateau pour des interviews, et un disposotif de qualité pour la captation de musiciens en live."
"On y a ajouté 2 techniciens vidéo, une mini régie dimensionnée, pour une diffusion en direct sur les Réseaux Sociaux. Plus tard, d'autres techniciens ont rejoint le dispositif pour réaliser un 26' pour la TV après post prod. Ce qui auparavant était impossible car il aurait fallu beaucoup plus de personnels de production."
"Du coup, on déploie maintenant cette mini régie sur des directs préfecture pour la venue des ministres etc... Ce qui nous permet à enveloppe constante de faire plus de temps d'antenne avec autant de personnel, pour une dépense ETP bien moindre.
Idem sur le métier de techniciens video par exemple : ils peuvent réaliser des émissions qui sont déjà existantes et chartées. Par respect pour les métiers. on les appelle alors ''metteur en images'' et non réalisateur ... "En résumé, on leur propose de collaborer sur d'autres compétences métiers."
"Mais, si la volonté des personnels est réelle, il faut arriver à convaincre les Organisations Syndicales qui peuvent avoir tendance à jouer la préservation des périmètres... Au sein du groupe FTV, La 1ère est engagée sur la QVT, la Qualité de Vie au Travail !"
Justement ... quid de "l'accusation" globale pour l'ensemble de FTV ? Les contraintes de gestion des personnels, vous conduisent-elles à faire trop appel à des prestataires privés. ? Coûtent-ils finalement moins cher pour l'entreprise, sont-ils nécessaires pour nourrir les grilles ? "Tout dépend de quelle antenne il est question ! Les besoins pour Mayotte par exemple ne sont pas les mêmes qu'à la Réunion : contexte concurrentiel, historique, disponibilité ou non sur place de boites de prod privées ... A FTV on se doit de respecter des normes éthiques, des chartes de bonnes pratiques, RSE entre autre, ce qui rend quasi impossible ou très difficile la sous-traitance sur certains territoires."
"Il y a 24 heures de programme à nourrir !!! Nous avons donc besoin des boites de prod. locales pour dynamiser et diversifier notre offre. On ne peut pas se contenter d'être une resucée de France 2 ou de France 3 puisqu'elles sont diffusées aussi sur notre territoire en TNT et en direct..."
Alors ? "On procède par recalage horaire. On complète avec des achats du Pole OM (séries du monde, culture) de l'offre interne, puis externe."
"Les boites de prod. privées à la Réunion ne peuvent pas produire à flux tendu : peu ou pas de direct, et peu ou pas de longs formats, à part certains documentaires. Donc on leur demande des formats moyens ou courts, qui nous coûteraient trop cher, ou qu'on ne sait pas faire techniquement."
"Notre série "Mascarena" par exemple ... Si on devait la réaliser, on ne ferait que ça en termes de prod dans l'année, pour une raison de coûts. Cela nécessiterait de concentrer une part trop importante de nos ressources humaines, pour n'avoir au final que 9 épisodes sur une année de 52 semaines ! Par conséquent on panache. Pour caricaturer : le flux, c'est à dire le récurrent pour nous, les modules, les pages spéciales et les partenariats pour les boites privées."
Justement : suivant les 9 théâtres d'opération outremer, avec leurs réalités concurrentielles si diverses, peut-on dire que les expérimentations des 1ères pourraient être riches d'enseignements pour l'hexagone ? "Chez nous, Mascarena est ce qui se rapproche le plus de ce que font les grandes sociétés de production nationales pour ftv, toute proportion gardée... C'est une proposition de leur part, qu'on a amendée et qu'on achète à un montant x… "
"Ca s'est fait par la force des choses et des évidences, on commence à peine à considérer le web à l'égal de la tv.... Jusque-là quand on diffusait des éléments sur le web, c'était parce qu'on ne pouvait pas le passer en tv pour des raisons de contraintes de grilles. Mais puisqu'on ne voulait pas perdre des partenaires, on utilisait le web comme une seconde antenne TV : diffusion de directs sports, diffusion de grandes manifestations etc…" Depuis on mène une reflexion plus stratégique et éditoriale sur ce qui convient le mieux à tel ou tel média, digital ou linéaire."
"Il n'y a que sur Mascarena qu'on a construit et éditorialisé, par exemple une vraie déclinaison pour le web qui n'est pas diffusée en tv. Ce n'est pas encore une pratique courante, mais on y vient."
D'après vous, qu'est-ce qui serait transposable dans l'hexagone ? La flexibilité et les frontières de métiers qui sont désormais moins fermées outremer, qu'en métropole."
Les expérimentations portées par France Télévisions outremer seront-elles considérées à leur juste valeur, par l'intra périph parisien, des 2 cotés de la Seine ?
Thierry Mathieu e-crossmedia le 19 mai 2026.
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Quand Ouest France, le chêne de la presse française, ne parvient pas à jouer le roseau ... Diversification sur la TNT difficile avec Novo 19 : suppression d'emplois. (le 18-05-2026) |
Quelques 150 postes menacés à Ouest‑France, le premier quotidien du pays, ce n’est pas seulement l’annonce d’un plan d’économies.
C’est un choc symbolique, territorial, démocratique. Depuis des décennies, Ouest‑France tenait comme le roseau de La Fontaine : il pliait, mais ne rompait pas. Face aux crises du papier, aux mutations numériques, aux bouleversements publicitaires, il avait toujours trouvé la manière de rester debout. Mais aujourd’hui, il semble s’enfoncer dans un marigot, un écosystème mouvant, instable, dû à l’évolution fulgurante des usages médiatiques.
Pourtant Ouest‑France, ce n’est pas seulement un journal, c’est un maillage territorial sans équivalent : 53 éditions locales, chacune avec sa rédaction dédiée, plus de 350 communes couvertes quotidiennement, quelques 1 200 journalistes, dont une majorité sur le terrain et 2 000 correspondants locaux ...
597 470 exemplaires sont diffusés chaque jour, un record national, en couvrant 12 départements.
2,5 millions de lecteurs quotidiens, papier et numérique confondus avec un site qui dépasse régulièrement les 300 millions de visites mensuelles.
Dans certaines communes rurales, Ouest‑France est parfois le seul média présent physiquement, le seul à couvrir un conseil municipal, une fermeture d’école, une tempête, une décision de préfecture. Le journal est le seul lien entre l’habitant et la vie publique au-delà des reportages de quelques concurrents locaux plus fragiles ou des médias de service public ICI en radio et en télévision.
Pour comprendre la gravité du moment, il faut rappeler ce qu’est l’ASPDH, l’Association pour le Soutien des Principes de la Démocratie Humaniste, l’organe propriétaire et gestionnaire de Ouest-France créée en 1990 par François‑Régis Hutin. C’est une association à but non lucratif, sans actionnaires à rémunérer, conçue pour protéger le journal de toute prise de contrôle extérieure. Elle repose sur un principe fondateur : pas d’indépendance éditoriale sans indépendance économique et valide toutes les grandes orientations stratégiques du groupe SIPA Ouest‑France. C’est un modèle rare, presque patrimonial, pensé pour garantir la liberté d’informer. Aujourd’hui, ce modèle est sous tension…
Le président de l’ASPDH, David Guiraud, le dit avec une franchise inhabituelle : "Si on ne prend pas le chemin de la vidéo, nous serons en péril. Cette vision à dix ans impose un changement de culture rapide au sein de ce grand et puissant paquebot qu’est Ouest‑France."
Le président du directoire, François‑Xavier Lefranc, parle d’une année 2025 "brutale", marquée par 33,3 millions d’euros de pertes, presque doublées en un an. La stratégie demeure pourtant claire : attirer les jeunes, capter la publicité vidéo, exister dans un monde où l’information se consomme en flux, en stories, en formats courts. Mais la réalité est têtue.
La chaîne TNT Novo19, lancée par le groupe en septembre dernier peine à s’imposer : 0,8 % d’audience, loin des 2 % nécessaires à l’équilibre, 11 millions d’euros de pertes, un talk‑show phare sur le point d’être arrêté, et des meilleures audiences… assurées par des films américains. Alors la direction demande du temps et rappelle que l’ambition vidéo dépasse la TNT. Une plateforme, Atlas, doit bientôt voir le jour : un espace unique regroupant les contenus de Novo19, les vidéos produites par les journalistes, et des productions extérieures.
La transformation vers le pluri média est douloureuse. De nombreux salariés dénoncent une pression managériale croissante, une stratégie difficile à lire, un rythme qui bouscule les identités professionnelles. Le plan d’économies “Efficience 2” 15 millions d’euros par an ravive les inquiétudes. Même au sein de l’ASPDH, les débats sont vifs. Un administrateur, Patrice Hutin, a adressé deux courriels internes très critiques, dénonçant "la faiblesse stratégique de la gouvernance" face à un marché "extraordinairement perturbé". Une prise de position rare, qui montre combien la situation est sérieuse.
En attendant, dans l’Ouest de l’hexagone et bien au-delà, on ne lit pas Ouest‑France : on y vit. Chacun y cherche les résultats du club local, les avis de décès, les décisions du conseil municipal, les marées, les travaux, les fêtes de village. C’est un lien social, un ciment, un miroir, et il y a donc de la tristesse de voir un journal qui a accompagné tant de générations se débattre dans un paysage médiatique qui change plus vite que lui. Tristesse de voir un modèle social exemplaire fragilisé, de constater que même les institutions les plus solides ne parviennent plus à jouer le roseau dans un monde où les tempêtes ne cessent plus.
Ouest‑France n’est pas seulement un journal, c’est un repère et un symbole pour le journalisme en France. Et aujourd’hui, ce repère doit se réinventer pour ne pas disparaître. C’est peut‑être cela, le plus douloureux : comprendre que même les phares doivent parfois changer d’ampoule, et aussi de source d’énergie, pour continuer à éclairer...
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 18 mai 2026.
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Hantavirus ... Les fake news pullulent malgré les médias pros qui ont tiré les leçons de la Covid. Le gvt entend créer un dispositif d'infovigilance. (le 16-05-2026) |
"Ce sera une sorte de ’’task force’’ efficace composée d'experts scientifiques " : voilà ce que souhaite instituer la ministre de la santé, médecin de profession. " Dès qu'ils apercevront une fausse information, ils seront coordonnés pour agir très vite" explique Stéphanie Rist .
Car en effet 2 semaines après l’alerte lancée par l’OMS, les médias pros ont visiblement tiré les enseignements de la crise du covid 19 : ne pas affoler la population, mais ne pas minimiser non plus.
Mais les complotistes, eux, ont repris leurs rengaines : “On nous cache tout, on nous dit rien, et si on nous dit quelque chose, c’est forcément faux.” Comme ce médecin antivax dont parle France 24 :
Et rebelotte ! Ces fake news font recette, comme en témoigne cette auditrice d’RMC :
Sur les réseaux sociaux, les vidéos de pseudo‑experts fleurissent plus vite qu’un variant, Et certains visages bien connus refont surface. À commencer par le professeur Didier Raoult, qui a trouvé un nouveau terrain d’expression : GPTV, un site vidéo créé en 2017 contre les médias traditionnels qui adore démonter les récits officiels.
Le médecin marseillais est venu sur ce site parler de l'Hantavirus. Il est sous le coup d’une interdiction d’exercer de 2 ans, symbolique puisqu’il est désormais retraité. L’Ordre des médecins lui reproche d’avoir promu l’hydroxychloroquine sans preuves solides et d’avoir mené des études sans protocole validé pendant la Covid.
Extraits repris sur X, montages TikTok, commentaires en rafale sur Facebook du type “les médias nous mentent depuis toujours” : les fake news sont virales. Une rumeur affirmant que l’OMS avait confirmé 159 cas liés au navire MV Hondius, a été démentie par Reuters le 13 mai 2026. Et France 2 dénonce bien d'autres infox :
Les rédactions classiques tentent de maintenir un discours rationnel. Mais sur les réseaux, la machine à emballement tourne à plein régime. Ce médecin suisse n’est pas surprise comme elle le dit sur RTL :
Résultat ? Les ventes de masques ont explosé. +300 % en 72 heures selon les distributeurs. Les FFP2 et les chirurgicaux ont presque disparu des rayons, et certains sites de e‑commerce ont même ressorti les packs “famille” comme en 2021. Le constat de TF1 :
Ce qui est fascinant, ce n’est pas la peur, elle est humaine, mais c’est la vitesse avec laquelle les journalistes pros peuvent être accusés de cacher la vérité, et un média alternatif célébré pour “oser dire ce que les autres taisent”, comme l'explique cet épidémiologiste sur Public Sénat :
Les complotistes ont appris à scénariser, viraliser, dramatiser, utiliser les codes des réseaux, les formats courts, les punchlines. Ils ont appris à occuper l’espace avant même que l’information ne soit confirmée.
Les journalistes ne peuvent que rendre visibles leurs méthodes, montrer comment on vérifie un fait, une source, un document. Préciser qui parle, pourquoi, avec quels intérêts. Et puis surtout occuper le terrain du web, avec des formats rapides, incisifs, pédagogiques, qui démontent les récits complotistes avant qu’ils ne s’installent.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 17 mai 2026.
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Ce dimanche, 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie : il y a 45 ans naissait à Paris Fréquence Gaie, la première radio homosexuelle au monde. (le 15-05-2026) |
Elle jouissait d'une liberté de ton et de parole qui seraient inconcevables aujourd'hui !
Paris, septembre 1981. La gauche vient d’arriver au pouvoir, François Mitterrand s’apprête à dépénaliser l’homosexualité, ce sera fait en 1982. Sur la bande FM fraîchement libérée, une petite radio associative ose ce qu’aucune autre n’avait tenté : parler aux homosexuels, mais pas seulement !
Fréquence Gaie est la première radio FM homosexuelle au monde autorisée à émettre en continu. À l’étranger, les premières initiatives arrivent plus tard : aux États‑Unis, les radios LGBT restent d’abord pirates ou communautaires dans les années 1980, sans diffusion FM continue ; au Royaume‑Uni, les premières stations gays n’apparaissent qu’au début des années 1990. Mais le futur journaliste franco-anglais, spécialiste de l'Europe Alex Taylor arrive lui dès 1982 à Paris pour étudier. Il manifeste avec la communauté gay :
Pour la première fois, des voix LGBT sortent de l’ombre. On y parle d’amour, de sexualité, de culture, de politique, sans détour, sans pseudonyme, sans honte. Une radio qui dit “nous”, à une époque où la société dit encore “eux”. A l’antenne, la tonalité est révolutionnaire à l’époque comme dans l’émission Lune de fiel :
Quelques mois après la naissance de la station, le sida arrive. Et dans les médias généralistes, on parle de “cancer gay”, Comme Christine Ockrent au JT d'Antenne 2 :
Alors Fréquence Gaie devient une vigie, un refuge, un outil de survie. Dans une émission de 1983, un animateur lance : "On ne sait pas encore ce que c’est, mais on sait que ça nous concerne. Alors parlons-en." C’est l’une des premières prises de parole publiques en France sur la maladie. Didier Varrod, aujourd’hui Directeur musical des antennes de Radio France fait partie de l’équipe fondatrice et accueille les auditeurs au standard …
La radio diffuse les premiers témoignages, les premiers appels à la prudence, les premiers conseils de prévention. Elle donne la parole aux médecins, aux militants, aux malades. Elle nomme la maladie quand personne n’ose encore le faire. Elle brise la solitude, elle combat la panique, elle accompagne les débuts d’AIDES.
Fréquence Gaie, c’est aussi la bande-son d’une communauté qui danse pour tenir debout. Le disco post-Stonewall, la new wave, la hi-NRG, les premières musiques électroniques. Divine, Bronski Beat, Patrick Cowley, Sylvester. Des artistes que les grandes radios n’osaient pas programmer. Pour financer la radio, des fêtes sont organisées dans des lieux emblématiques de la vie parisienne comme le raconte le photographe, réalisateur et journaliste Marc Roussel :
Ce jour-là, la star Dalida, qui est aussi marraine de NRJ, inaugure le nouveau studio de Fréquence Gaie.
Mais les radios libres n’ont alors pas le droit à la publicité, et de toutes façons, les commerces gays n’osent pas financer publiquement une radio homosexuelle. Arrive très vite la professionnalisation brutale de la FM avec NRJ, Fun, Skyrock qui écrase les petites structures. Parce qu’aussi, l’époque n’est pas prête. Comme en témoigne cette archive INA d’un journal de la nuit en juillet 82 sur Antenne 2 :
A partir de 1984, la station abandonne progressivement l’identité LGBT explicite et se positionne sur les musiques électroniques naissantes. Elle devient au fil des ans la première radio électro française bien avant l’explosion de la French Touch en changeant de nom : FG, puis Futur Génération, et aujourd’hui FG DJ Radio et ses 60 web radios.
Quarante-cinq ans après ... Alors que les agressions homophobes repartent à la hausse, que les discours de haine se banalisent, que les droits LGBT sont contestés dans plusieurs régions du monde, cette voix qu'était Fréquence Gaie passe par les podcasts, les réseaux sociaux, les médias numériques.
Mais l’esprit de Fréquence Gaie, lui, reste intact : faire entendre ce que d’autres voudraient faire taire Le silence, souvent, n’est pas une option …
Site de référence sur l'histoire de Fréquence Gaie : https://www.youtube.com/channel/UCaS67obf5MI8caWOi2369wg
Thierry Mathieu e-crossmedia le 15 mai 2026.
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L’Audiovisuel à l’ère des ruptures profondes : après le passage au numérique, les défis actuels sont d’une autre ampleur, dit Mathieu Gallet, l'ex PDG de l'INA et RF, au Figaro. (le 14-05-2026) |
"L’audiovisuel traverse aujourd'hui des mutations profondes encore plus que celles du passage analogique‑numérique de 2006 "
Mathieu Gallet l’ancien président de l’INA puis PDG de Radio France signe avec le haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, une tribune dans les colonnes du Figaro : il entend relancer son Think-Tank "Gallilée".
Auteurs, producteurs, diffuseurs, institutions, régulateurs, chercheurs, jeunes talents et dirigeants réfléchissent face aux mutations. Depuis sa création en 2006 Gallilée s’est consacré aux formats audiovisuels, ce qui a débouché en 2022 à la création d'une association interprofessionnelle pour performer sur le marché mondial des formats.
Le Think-Tank a activement participé à la Mission du ministère de la Culture sur les formats audiovisuels et numériques, avec la parution d’un rapport devenu une référence sur l’adaptation des œuvres aux nouveaux usages.
Et puis la réflexion a porté sur les Industries Culturelles et Créatives : jeu vidéo, animation, design, spectacle vivant, numérique : penser ces secteurs comme une filière cohérente, et non pas comme des mondes séparés.
Au cœur des nouveaux chantiers : la concurrence déséquilibrée des plateformes américaines, le rouleau compresseur de l'IA et la reconquête des jeunes publics. Selon les données de Médiamétrie en 2024 : les 15–24 ans ne regardent plus que 1h13 de télévision par jour, contre près de 3 heures il y a dix ans, et 70 % d’entre eux ne la regardent jamais en direct. TikTok capte plus de 60 % du temps vidéo des 15–24 ans, YouTube près de 30 %, les chaînes historiques moins de 5 %.
Les 13–24 ans n’écoutent plus que 58 minutes de radio par jour, contre 2h10 il y a quinze ans. La radio en direct ne représente plus que 28 % de leur consommation audio et un jeune sur deux n’écoute jamais la radio sur un poste FM. 80 % de leur écoute audio passe par Spotify, YouTube, Deezer, Apple Music, les podcasts et les réseaux sociaux. Les contenus natifs, formats courts, extraits verticaux, créateurs indépendants captent plus de 70 % de leur l’attention.
Sans attendre la parution des travaux de Gallilée, France Télévisions a justement annoncé cette semaine une réorganisation profonde, dans un contexte budgétaire tendu, qui marque un tournant stratégique sur trois axes majeurs :
A lire ou relire notre article :
C'est la ma mise en place d’une organisation “digital‑first” Les rédactions et les équipes de programmes doivent produire d’abord pour le numérique, puis pour les antennes. Les verticales thématiques deviennent des unités éditoriales structurantes. Et les équipes dédiées au social média, vidéo mobile et formats courts sont intégrées au cœur de la chaîne de décision.
Elles produisent, éditorialisent et publient les contenus pour TikTok, Instagram, YouTube, Snapchat, Facebook, et les formats verticaux destinés au mobile. Avec … Des community managers, des social editors, des journalistes spécialisés réseaux sociaux, des réalisateurs de formats courts, des monteurs verticaux, des équipes vidéo mobile, et des producteurs de contenus natifs comme Brut‑like, Konbini‑like, ou NowThis‑like.
En même temps … Le rapport parlementaire du député de droite radicale Charles Alloncle ajoute une pression supplémentaire. Il préconise 1 milliard d’euros d’économies sur l’audiovisuel public : réduction du périmètre, fusions, suppressions de chaînes, recentrage sur les missions “essentielles”.
Dans une période où l’audiovisuel public est sous tension, les radios et télévisions privées fragilisées par la chute des ressources publicitaires et où la présidentielle approche, Gallilé peut-il peser, en complément des initiatives propres aux entreprises concernées ? Mathieu Gallet entend jouer un rôle, toujours, avec ... "un laboratoire d’idées, un espace de dialogue, un lieu où l’on pense l’avenir de l’audiovisuel français, avant qu’il ne s’impose".
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 14 mai 2026.
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Médias tradis unis + Web et RS : le combo gagnant, comme le montre FTV et Brut à Cannes : un festival ... d'audience ! (le 13-05-2026) |
Cannes, ce mardi soir… La cérémonie d’ouverture du Festival avec France Télévisions en direct, comme toujours : carré, propre, impeccable, mais aussi en partenariat avec Brut.
Cannes 2026, c’est le cas d’école parfait. La démonstration que le linéaire ne suffit plus mais que le digital ne suffit pas non plus. C’est la combinaison des deux qui fait la différence. Le prestige sur France 2.
La complémentarité avec les sites et applis du groupe comme Slash ...
...
Et la viralité sur Brut qui capte dans le monde entier les moins de 35 ans !
Le service rendu aux publics… est amplifié démultiplié. Justement … Cette semaine, la présidente de FTV a annoncé une révolution interne : Réorganisation, décloisonnement, équipes intégrées, formats verticaux anticipés.
En partenariat, Radio France suit le même mouvement : la FM reste le socle, mais l’audience jeune, celle qui compte pour l’avenir, est sur les applis, les sites, les podcasts, les vidéos backstage. La double diffusion est devenue incontournable comme un réflexe.
Les exemples s’accumulent depuis cinq ans.
Coupe du monde 2022 : Les buts ont été plus vus sur TikTok que sur TF1. Les analyses jeunes ? Sur Twitch. Et côté radio : les pics d’écoute "jeune" venaient des applis, pas de la FM.
Pour les JO de Paris 2024 le CIO a misé sur TikTok et YouTube : des milliards de vues. France Info, RTL, RMC ont clairement identifié leurs audiences du public jeune sur leurs plateformes, pas sur leurs fréquences.
Pour les Festivals d’été, les Vieilles Charrues, les Eurockéennes, We Love Green : les moins de 35 ans suivent les concerts en streaming, ou aussi sur les plateformes plus qu"en hertzien. Les radios ont musclé intelligemment leurs dispositifs vidéo.
Et pour les dernières soirées électorales 2022–2024 … Les jeunes ? Sur YouTube, Twitch, Twitter Live. Les radios généralistes ont vu leurs pics jeunes en digital, pas en FM. Dans tous les domaines, y compris donc la politique les médias traditionnels captent les usagers du web en esperant les faire revenir sur leurs antennes.
Les médias, publics comme privés, n’ont plus le luxe de se réfugier dans des postures conservatrices, ni dans la nostalgie d’un âge d’or qui ne reviendra pas.
Épouser l’époque, ce n’est pas renier son métier, c’est le prolonger, accepter que le direct ne vît plus seulement sur une antenne, que le reportage ne vit plus seulement dans un journal, que la voix ne vit plus seulement sur la FM, et que l’image ne vit plus seulement à la télévision.
Parce que dans ce monde-là, ceux qui refusent de changer disparaissent. Ceux qui acceptent de se transformer durent. Et ceux qui se rassemblent gagnent !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 13 mai 2026. |
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DIGITAL First : France Télévisions révolutionne son organisation pour capter les publics toujours plus adeptes du web . (le 11-05-2026) |
L'objectif est clair, assumé, presque martelé : mettre le digital au cœur de la stratégie.
"Cette nouvelle organisation vise à accélérer la stratégie numérique du Groupe. Elle permettra d’être plus robuste face aux accélérations sectorielles et plus à même de déployer sur tous les usages et dans tous les environnements les missions et l’utilité du service public de l’audiovisuel".
Pour Phillipe Martinetti, désormais directeur délégué du pôle actualité : "L’évolution des usages,
l’accélération technologique et l’impact croissant de l’intelligence artificielle
nous conduisent à ouvrir une nouvelle étape de notre développement :
l’ambition du "streaming-first".
Une stratégie pensée
pour mieux diffuser nos contenus,
renforcer leur visibilité et toucher les publics partout,
sur tous les écrans
et dans tous les usages du quotidien."
La nouvelle architecture de gouvernance repose sur 2 pôles, Actualités, donc, et Contenus. Et ... c’est la télévision qui ira chez eux... France Télévisions vient aussi de signer un accord avec YouTube. Là où les moins de 35 ans passent plus de temps que dans leur salon. Les rendez‑vous emblématiques du service public seront désormais disponibles sur la plateforme.
Reste tout de même un angle mort pour avancer résolument vers la convergence de tous les canaux … La radio n’est pas concernée à priori puisqu’elle dépend d’une autre entreprise : Radio France. Elle performe aussi dans la complémentarité, mais seulement avec le web comme en témoignent les chiffres communiqués aujourd'hui. Par exemple pour le réseau des radios locales :
Mais le rapprochement entre les radios et les télés publiques, pourtant demandé par la tutelle depuis dix ans, n'avance que lentement. Même sur les deux dossiers censés symboliser la convergence : franceinfo, toujours bicéphale, avec deux cultures et deux chaînes de décision, ICI / France 3, où la coordination radio‑TV régionale ne progresse qu’à petits pas. FTV se désengage même budgétairement des matinales des radios locales qu’elle co-diffuse pourtant en région !
Il faut se souvenir que jusqu’en 1974, radio et télévision étaient réunies dans une seule maison, l’ORTF. Puis la séparation a créé plusieurs entreprises. dont FTV et RF. Ce sont aujourd’hui deux cultures, avec chacune leurs conventions collectives, et 50 ans d’histoire qui leur sont propre, ce qui complique aujourd’hui la convergence.
Ailleurs en Europe, on ne se pose plus la question, on avance, on fusionne, on décloisonne. On casse les murs, parfois littéralement !
A Bruxelles, la RTBF démarre ce 12 mai 2026 son installation dans "Média Square", un bâtiment entièrement pensé pour la convergence.
Un lieu où radio, télévision, web, production, post‑production, réseaux sociaux sont réunis dans un même espace, sur un même plateau, autour d’une newsroom centrale.
Le digital n’est pas un service : c’est le cœur du bâtiment, physiquement placé au centre, visible depuis tous les étages. Les équipes circulent, se croisent, travaillent ensemble.
À Lausanne, la SSR vient aussi d’installer la RTS dans un ensemble flambant neuf, conçu également pour réunir radio, télévision et web dans un même écosystème. Une newsroom unique, des studios mutualisés, des plateaux modulaires, des espaces de production mobile‑first, des zones dédiées aux formats courts. Le digital n’est pas un département : c’est la colonne vertébrale du bâtiment.
Les équipes TV travaillent à quelques mètres des équipes radio, et des équipes web. Elles ne produisent plus pour un média, mais pour un usage : en mode "couteau suisse".
A Londres, la BBC a transformé BBC Three en pure player digital : plus de chaîne linéaire, des formats courts, incarnés, testés, mesurés, ajustés.
En Allemagne, ARD et ZDF ont créé depuis 10 ans déjà "funk", une plateforme dédiée aux 14‑29 ans. Les journalistes TV y travaillent avec des créateurs web. Résultat : des formats qui ressemblent à ce que les jeunes regardent vraiment.
Et à Rome, la RAI a intégré des digital producers au cœur des rédactions TV. Le réflexe “comment ça vit sur le web” est devenu biblique. Mais la radio comme en France continue à courir après l’audience dans son propre couloir.
Quand on regarde la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni … Partout radio + télévision + web avancent ensemble. En France ce n’est plus seulement une question professionnelle, c’est désormais un sujet de campagne présidentielle, porté, discuté, contesté, notamment depuis la publication du rapport du député de droite radicale Charles Alloncle après les débats houleux de la commission d’enquête.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 11 mai 2026.
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Face à l'essor de la musique générée par l'IA, radios et régulateurs s'interrogent : Quid de la frontière fragile entre innovation et prédation, génie algorithmique ou machine à broyer les artistes ? (le 10-05-2026) |
C’est une histoire belge, mais pas seulement … A Liège, l’Orchestre Royal vient de créer un "oeuvre" de musique dite "classique" entièrement composée par l'intelligence artificielle. sur le thème « What the Fake ? ». Le concert était consacré aux plagiats et autres contrefaçons en musique et logiquement programmé le 1er avril dernier !
Alors ... A quand une une version rock’n’roll du Boléro de Ravel, guitare électrique, batterie, avec solo final façon métal ? L’Intelligence Artificielle sait déjà le faire, en imitant surtout les stars de la pop. Près de la moitié des titres publiés chaque jour sur Deezer sont créés de façon artificielle. Et c'est assez simple RTL / M6 a testé ...
Aux États‑Unis, ça a commencé très fort.
Un matin, une chanson débarque sur les plateformes, un titre de Drake avec The Weekend. C’est tellement crédible que tout le monde se dit : “Ah, ils ont sorti un duo surprise.” Sauf que les deux artistes n’étaient même pas au courant mais les internautes en ont fait un vrai tube.
Même scénario avec Eminem : des faux freestyles tellement bien imités que certains fans ont failli appeler leur avocat pour vérifier que Slim Shady n’avait pas été cloné dans un garage du New Jersey. Il y a 3 ans déjà, le DJ français David Guetta avait créé une mini-polémique. Il avait diffusé durant un de ses concerts un couplet qu'il avait créé via un logiciel d’IA.
Taylor Swift, elle, a carrément eu droit à des faux messages vocaux, des faux discours, des faux titres… Bref, une carrière parallèle, mais sans elle.
Et puis il y a eu les cas “Musée Grévin numérique” : Johnny Cash qui chante Barbie Girl, Frank Sinatra qui reprend Gangsta’s Paradise.
La canadienne auteure compositrice Grimes qui a été la compagne d’Elon Musk de 2018 à 2021 a tenté une expérience : “Vous pouvez utiliser ma voix avec l’IA, je partagerai les revenus.”. Cela a déclenché une avalanche de faux titres, y compris pour des artistes qui n’avaient rien demandé.
Justin Bieber a dû, lui, expliquer à ses fans que non, il n’avait pas sorti un album en une nuit…
Et pendant que l’Amérique du Nord vit cette comédie musicale involontaire, la France commence à sentir le vent tourner. Aya Nakamura a vu apparaître des titres “à la Aya” qui n’étaient pas d’elle. Stromae, lui, a été imité avec une précision qui ferait rougir un sosie professionnel. Orelsan, Jul, Damso, Clara Luciani, Hoshi, Zaho de Sagazan, Pierre de Maere ont découvert comme Angèle qu’un titre imitant leur voix tournait partout, comme le raconte BFM :
Crédible ? En tous cas, au-delà des geeks faussaires mercantiles, certains musicologues entendent mener des expériences, comme celle-ci racontée par Radio Canada.
Avec l’IA, un chercheur suisse a "fini" de composer il y a 5 ans déjà la Xème symphonie qu'avant de mourir, Beethoven n'avait qu'à peine esquissée …
La technologie est capable du meilleur comme du pire. Les radios françaises font leur part, ne jouent pas ces titres, protègent la création, la voix humaine, et l’incarnation même si pour l’heure aucune régulation ne leur impose. Nombre de plateformes tentent aussi de limiter les dégats.
Si ces "œuvres" générées par l’IA deviennent des tubes c’est via les réseaux sociaux : il suffit d’un like, d’un partage, d’un commentaire pour que le contenu devienne viral, et du coup … crédible ! C'est donc une question de "citoyenneté numérique" !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 10 mai 2026.
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10 mai : 45 ans après l'élection de F Mitterrand et avec la révolution des usages, quid de la soirée du 2nd tour de la Présidentielle l'an prochain ? (le 09-05-2026) |
La force des médias traditionnels n'est plus tout à fait tranquille même s'ils n'ont pas passé l'arme à gauche : ils doivent faire l'union avec le web.
Le 10 mai 1981 reste un cas d’école ! Les rédactions savent qu’elles jouent gros : première alternance sous la Ve République, concurrence féroce entre TF1, Antenne 2, France Inter et les radios périphériques. La presse écrite doit encore attendre le lendemain pour être lue, le web n'existe pas !
RTL annonce le résultat dès 19 heures 49 ! Contrairement à la télévision qui n'est à l'époque que publique, les radios privées ne sont pas tenues d’attendre le “top” officiel. La rue Bayard tire la première, Europe 1 est en co-diffusion avec Antenne 2, ce qui est une nouveauté. Elle ne peut donc pas diffuser l'info déjà validée par les instituts de sondage. France Inter, radio du monopole, en co-diffusion avec TF1 respecte évidemment l'heure fatitique et légale : 20 heures !
20 heures pile : Antenne 2 marque tout de même l'histoire avec une image sobre solennelle, presque liturgique :
Les équipes de reportage de France Inter sont bousculées ... La foule de gauche en liesse les empêche d’approcher des podiums, on leur hurle qu’ils sont “la radio du pouvoir” et donc de droite ... Quel retournement de l'histoire, alors que le navire amiral de Radio France, est critiquée désormais pour son éditorial considéré comme trop à gauche !
Pour la première fois les duplex tant en radio qu'en télévision se multiplient : Solférino, Bastille, QG de Giscard, états‑majors, et Château-Chinon :
TF1 sort aussi les premières infographies : c’est l’émergence d’une sorte de PowerPoint avant l’ère informatique !
Avec France Inter, la Une fait tout pour challenger la 2, comme le rappelle "Quotidien" sur TMC :
La soirée électorale devient aussi un montage vivant, un récit polyphonique.
Il y a 45 ans, la nouveauté c’était le direct...
L’an prochain ce sera l'éclatement sur tous les écrans. Les rédactions travaillent déjà sur des lives verticaux pour TikTok et YouTube, des plateaux hybrides radio/TV/web, des cartes interactives personnalisées, du fact‑checking incrusté en temps réel, des archives INA injectées automatiquement dans les flux numériques.
A un an du prochain scrutin les médias se mobilisent déjà sur tous les supports, comme le dit par exemple le directeur de l’info du groupe TF1.
Thierry Thuillier et ses équipes proposent avec le vidéaste Gaspard G un format inédit, comme il l'explique sur ses réseaux sociaux :
La présidentielle 2027 sera la première où TikTok, YouTube et Twitch seront aussi structurants pour les 18–35 ans que la télévision :
2027 sera l’avènement du “signal vertical” : l’annonce du résultat ne se fera plus seulement sur un plateau TV ou à la radio, mais aussi dans le format dominant de l’époque : le vertical 9:16 : celui de TikTok, Instagram, YouTube Shorts. Des notification push seront envoyées aux smartphones, avec un lien vers le direct. Déjà, un an avant, nous recevons ce type de message :
Le téléphone fournira à chacun les résultats de sa commune grace à la géolocaliation, les extraits clés du débat précédent, le rappel des promesses du candidat...
Les jeunes sur TikTok ou sur leurs purs médias de référence, les seniors sur la télévision linéaire ou à l'écoute de la radio, les actifs sur les podcasts, et sur les sites des journaux qui jouent à plein désormais le live et les vidéos et … les sceptiques sur les réseaux sociaux !
Présidentielle après présidentielle, les médias, traditionnels ou nouveaux, resteront ce qu’ils ont toujours été dans les grands moments : le lieu où un pays se regarde, se raconte, et parfois se surprend lui‑même. Même si le résultat sorti des urnes devait ne pas être une surprise …
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 10 mai 2026.
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"Supprimer une des formations musicales de RF "! préconise Charles Alloncle : Un double bémol dissonant, pour qui à un peu de culture entre les oreilles ! (le 07-05-2026) |
Pour nombre d'observateurs, suivre cette proposition du rapporteur de la commission sur l'audiovisuel public ce serait prétendre sauver l’audiovisuel public en coupant dans ce qui coûte le moins, et rapporte le plus !
Le plaidoyer de Michel Orier, directeur de la musique et de la création à Radio France, sur France Musique.
Jusqu’en 1974 en effet, l’ORTF n’était pas seulement un opérateur audiovisuel : c’était aussi le premier réseau musical public de France, avec un orchestre dans chaque grande implantation régionale.
Depuis, leurs financements sont assumés par les collectivités locales. Ce sont donc finalement toujours les contribuables qui payent !
Dans le nord il y avait l’orchestre ORTF Lille, devenu aujourd’hui l'ONL : quelques 120 000 spectateurs par an, avec ses actions de proximité exemplaires dans toute la région, ses tournées en Europe, en Amérique, ou en Asie. En 1975, le passage sous la coupe de la région n’avait pas été si simple, comme en témoigne cette archive de l’INA :
Idem entre autres à Lyon, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Rennes ou encore Nantes avec l’emblématique weekend annuel de la "folle journée" …
Les quatre formations musicales de Radio France sont l’Orchestre National de France, le Philharmonique, le Chœur et la Maîtrise. En tout , quelques 300 musiciens professionnels et 180 jeunes à la Maîtrise, c’est à dire moins de 1,5 % du budget de l’audiovisuel public.
1,2 million d’auditeurs suivent chaque année les concerts sur France Musique. 1 million de téléspectateurs pour les captations de concerts pour France Télévisions et Arte sans parler des podcasts et des replays qui génèrent plusieurs millions d’écoutes. Les diffusions via l’UER atteignent des dizaines de millions d’auditeurs dans plus de 40 pays et les tournées du National et du Philharmonique touchent jusu'à 150 000 spectateurs par an dans le monde entier.
Supprimer une formation ferait économiser moins de 0,5 % du budget global de l'audiovisuel public, Un orchestre, ça ne vend pas de shampoing, ni du soda. Mais ca mousse et ca pétille !!! Un chœur, ça ne fait pas d’audience en prime time, une maîtrise, ça ne génère pas de dividendes...
L'accès à la culture est trop souvent réduit au "divertissement" : quid de la musique de répertoire, de la création contemporaines et des commandes publiques, sans les captations et les diffusions gratuites pour le public ? Elle seraient en large partie réservées à ceux qui peuvent payer des abonnements sur des plateformes privées ou des centaines d’euros leur place de concert s’ils habitent à proximité des métropoles des salles de concert ou des maisons d’opéra.
Et quid du rayonnement des musiciens français en cas d’évènement planétaire ?
Un orchestre, un chœur, une maîtrise, ce n’est pas une ligne Excel, c’est un écosystème, une mémoire, un savoir-faire, une mission de service public qui ne se reconstruit pas une fois détruite. Il serait évidemment regrettable de mutualiser 2 chaines TV pour des raisons économiques … Mais se séparer de formations musicales, c’est privatiser une part de la culture.
Cela condamnerait aussi nombre d’artistes au talent mondialement reconnu, au nom d’une déraisonnable variable d’ajustement, pour une économie marginale, un patrimoine majeur serait fragilisé !
Thierry Mathieu e-crossmedia le 8 mai 2026. |
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