Rapport explosif, consensus introuvable ... L’après‑midi de tous les risques ce lundi, vers un échec prévisible de la commission parlementaire sur l'audiovisuel public. (le 27-04-2026) |
Il arrive que le Parlement éclaire un sujet complexe. Et il arrive aussi que la lumière se brouille en chemin. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, créée pour analyser missions, financement et gouvernance, aura finalement surtout révélé la difficulté de mener un débat serein sur un secteur où se croisent service public, intérêts privés et attentes démocratiques : résultat des courses ce lundi après-midi.
Dès les premières auditions, les lignes de tension apparaissent. Lorsque Delphine Ernotte, Présidente de France Télévisions, rappelle les obligations de sécurité civile, de continuité et de pluralisme, le rapporteur Charles Alloncle recentre immédiatement la discussion sur la question de l’impartialité. Le président Jérémie Patrier‑Leitus intervient pour maintenir le cadre. Le ton est donné : l’exercice sera exigeant.
Quelques jours plus tard, Sibyle Veil, PDG de Radio France, détaille les mécanismes internes de contrôle éditorial. Le rapporteur interroge la robustesse de ces dispositifs. Le président recadre, rappelant que la commission doit examiner les faits, pas les intentions. La séance est suspendue, signe d’un dialogue déjà sous tension.
L’audition de Laurent Guimier, aujourd'hui directeur du réseau des radios ICI et ancien directeur de l’information de France Télévisions, illustre la même difficulté. Il expose la séparation stricte entre rédaction et direction. Le rapporteur insiste sur des risques de dérive. Le président intervient pour rappeler le périmètre de la commission. L’échange, technique au départ, devient rapidement symptomatique d’un débat qui peine à se stabiliser.
Autre moment révélateur : l’audition d’un producteur indépendant venu expliquer le fonctionnement du financement privé. Il précise ne bénéficier d’aucune subvention publique. Le rapporteur interroge néanmoins l’impact du système sur la concurrence. Le président suspend la séance pour rétablir un climat de travail. Un geste devenu récurrent.
Même l’audition de Roch‑Olivier Maistre, ex président de l’Arcom, pourtant centrée sur le droit et les obligations légales, se transforme en débat sur la définition du pluralisme. Maistre rappelle le cadre réglementaire. Le rapporteur évoque des insuffisances structurelles. Le président tente de ramener la discussion à l’objet initial.
Et puis, il y a, à la fin … Un rapport volumineux, fuité avant même d’être voté, contenant des propositions jugées trop radicales par plusieurs membres de la commission. Certains députés estiment qu’il ne peut être adopté en l’état. D’autres dénoncent les fuites comme une tentative de fragiliser le travail du rapporteur.
L’échec, prévisible, ne sera pas seulement celui d’un texte. C’est celui d’un dispositif qui n’a jamais réussi à concilier analyse institutionnelle et confrontation politique. Une commission née dans la défiance, conduite dans la tension, et terminée dans l’incapacité à produire un consensus. Elle devait clarifier l’avenir du service public audiovisuel. Elle aura surtout rappelé combien il est difficile, aujourd’hui, de mener une enquête parlementaire apaisée sur un secteur où l’information, la régulation, le Meta média et les intérêts privés s’entrecroisent.
Thierry Mathieu e-crossmedia, à la mi-journée du 27 avril 2026. Dans l’attente de ce que pourra donner in fine cette sulfureuse Commmission d’enquête parlementaire.
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Audiovisuel public : les fuites dans la presse des propositions du rapporteur Alloncle plombent elles le rapport ? Il doit être discuté demain par la commission. (le 26-04-2026) |
Charles Alloncle dénonce des “fuites organisées”.
Pour nombre d’observateurs en effet, quand un rapport se retrouve dans les journaux avant d’être sur la table, c’est en effet rarement bon signe. Cela signifie que la bataille politique a commencé en coulisses, que les lignes sont figées, et que la publication pourrait devenir un champ de mines…
Depuis 68 ans que ces commissions existent, elles ont pourtant souvent abouti alors que les thèmes étaient très sensibles …
Par exemple, sur la Concentration des médias en France, l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, sur la Gestion de la pandémie de Covid‑19, ou la Radicalisation islamiste .
lI y a eu aussi Cahuzac, le moment où la République a découvert que la morale fiscale pouvait fondre en direct. Puis Benalla, l’audition qui a transformé l’Assemblée en série politique, avec rebondissements, contradictions et sueurs froides. Ou le Dieselgate qui a exposé les petits arrangements industriels avec la vérité.
A propos de la fuite des préconisations du rapporteur Alloncle, CNews se demande à qui profite "le crime" ...
Une commission d’enquête, c’est un contrat moral avec le public, même si celle-ci ne s’est pas déroulée sereinement comme le regrette sur le site de Jean-Jacques Bourdin la Présidente de l’Assemblée nationale :
Lors d’une commission, on auditionne, on questionne, on promet la lumière… et à la fin, il doit y avoir un texte. Sans rapport, il ne reste qu’un parfum de désordre. Comme le note RTL le jour ou le rapporteur a remis ses conclusions :
Depuis quarante‑huit heures, ce parfum est devenu une odeur de poudre. En effet d'après les infos publiées ses orientations sont si radicales qu’il est inimaginable qu’un consensus puisse être trouvé. C’est déjà arrivé il y a 15 ans à propos des syndicats ...
Si le rapport sur l’audiovisuel public devait ne pas être publié, faute de consensus, ce serait un rendez‑vous manqué, comme une série sans épilogue, en attendant la saison 2 après l'élection présidentielle ...
A lire ou relire ... Notre article sur les mesures publiées par la presse dont originellement Le Monde et l'AFP :
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 avril 2026. |
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Audiovisuel public : l'improbable document final de la commission d'enquête, vu les propositions du rapporteur. Sinon, en mode "Mariage de la carpe et du lapin" ! (le 25-04-2026) |
Radicales … Sont les propositions de Charles Alloncle pour l’audiovisuel public, comme le sont les convictions de droite … radicale de son parti !
Charles Alloncle dénonce ce samedi sur son compte X et sur le site du JDD la publication de ces fuites par nombre de médias :
Toujours est-il que selon Le Monde et l'AFP qui ont sortis les premiers ces infos, son rapport reviendrait dans les grandes lignes à réduire, fusionner, recentrer, et contrôler.
Suppressions : France 4, Mouv’, France TV Slash. Fusions : France 2 avec France 5, France 3 avec le réseau ICI, France Info avec France 24, et même l’INA avec la BNF !!!
Ces propositions sont dans la ligne des idées de l’UDR qui a initié la création de la commission d’enquête, suite à la publication par un site de droite radicale de la vidéo volée de 2 journalistes en discussion privée avec 2 député PS Comme l’expliquait alors la généraliste Bolloréiste Europe 1...
C’est sur la neutralité des journalistes et l’indépendance du service public que le contraste a été le plus net au fil des auditions . Philippe Ballard, député RN, avait donné la tonalité la plus tranchée de la commission : "Quand j’écoute France Inter, j’ai l’impression d’être dans une réunion de la NUPES… On ne peut pas continuer à financer des chaînes qui font de la propagande." Comme il l’a affirmé lors de la commission, en mettant en cause Thomas Legrand qui prétendait respecter le pluralisme :
La question centrale est désormais sans doute : quelle place veut‑on donner au service public audiovisuel dans la démocratie française ? Le rapporteur a défendu l’idée que l’audiovisuel public devait "rendre des comptes" et qu’il avait été "trop sanctuarisé". Même si au début des auditions il prétendait sur Sud Radio vouloir faire preuve de retenue et adopter une posture non partisane :
Pour les uns, l’audiovisuel public doit être restructuré radicalement : rationalisé, placé sous un contrôle politique renforcé et recentré sur des missions strictes. Pour les autres, il doit rester un pilier indépendant, garant du pluralisme et de la cohésion démocratique.
Une question prévaut désormais : ces propositions du rapporteur pourront-elles cohabiter avec celles des autres membres de la commission, représentatifs de l’ensemble de l’assemblée nationale, tant les idées portées par les uns et les autres sont antinomiques ? Au lancement le 25 novembre dernier, il y a donc pile 6 mois aujourd'hui, le Président Jérémie Patrier-Leitus avait d’ailleurs précisé la règle du jeu …
Et si ces travaux n’aboutissaient pas à des préconisations, tant est inenvisageable un consensus ? Et si ces mois de barnum politico médiatique n’avaient servi à rien ? Sinon à donner le ton de la campagne présidentielle qui ne fait que débuter …
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 25 avril 2026.
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40 ans de micro ! L'une des grandes voix d'ICI Nord, champion de la proximité s'il en est, tire sa révérence ce vendredi. Hommage à Olivier Paulet (le 23-04-2026) |
40 ans sur les ondes dont plus de la moitié à Lille… Animateur dans l’âme, Olivier Paulet tire sa révérence au micro d’ICI Nord, où il a animé tous les styles d’émission, de divertissement, d’info, et de service. Toujours concerné par les sujets traités, parfois aussi, bien inspiré, comme au moment des récentes discussions sur les retraites …
Tant au sein de sa station qu’au service de l’ensemble du réseau des radios locales en réalisant des séries ou des chroniques diffusées partout, Olivier Paulet a toujours eu à cœur de servir les publics tout en étant une locomotive au sein des équipes.
40 ans de radios au compteur, dont 38 au sein des radios locales de Radio France... "J’ai débuté en effet à Perrine FM, une station privée à Laval, avant d’intégrer Radio Mayenne, l’une des 3 premières stations de service public de France, puis je suis allé en Franche Comté où j’ai beaucoup appris. Après Belfort, je suis venu à Lille en en me disant tiens, c’est une grosse locale, ça va être un tremplin, une bonne carte de visite, je vais y passer 2 ou 3 ans et puis j’irai voir ailleurs... Mais j’ai adoré les gens ici !"
"J’ai failli aller travailler dans le sud, mais à la dernière minute j’ai choisi de rester ici, dans le Nord ".
"L’important c’est de parler vrai quoi … Y’a pas de chichi ici. A partir du moment où on commence à parler sans être sincèrement proche des gens, ils le sentent tout de suite ! I ll faut parler normalement comme dans la vie, comme dans la rue, comme au bistrot, être sincère en fait ! Il faut être vrai avec les gens, gentiment curieux, s‘intéresser vraiment à eux, aux plus humbles comme aux personnalités qui sortent du commun…"
A mi-chemin de votre parcours un facteur a sacrément changé la donne : Internet. Et depuis quelques années l’émergence des réseaux sociaux … "J’ai du mal à prendre le virage numérique. Je n’ai pas pris le train en marche …"
La radio et l’écriture continueront à avoir du poids dans votre vie ? Même si parfois l’évolution fait un peu halluciner …
Comme vous l’avez d’ailleurs abordé en d’autres termes à l’antenne !
"Même si je quitte officiellement la station ce vendredi, j’ai encore des idées en tête ..."
"'Dans les années 90, Max Chari notre responsable des programmes à Radio France Belfort-Montbéliard nous demandait de débuter chaque émission par un petit billet d’humeur, écrit, travaillé, pour que les passages d’antenne échappent aux banalités d’usage. Ca m’est resté : hors de question d’arrêter d’écrire … Au delà du contact en direct avec le public, j’ai vraiment aimé produire des séries, souvent humoristiques. L’une d’entre-elles a même été primée à un festival à New York !"
Hommage à l'antenne à Olivier ce vendredi sur ICI Nord :
Thierry Mathieu e-crosmedia Le 23 avril 2026. |
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Fausses infos en quarantaine ? 40 ans après Tchernobyl, quelle leçon tirer du nuage radioactif qui n'avait prétendument pas franchi la frontière française ? Une telle fake news d'état serait-elle aujourd'hui déjouée ? (le 23-04-2026) |
1h23 du matin, le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, un essai technique dérape. Le réacteur n°4 explose. Une colonne de particules radioactives s’élève dans le ciel ukrainien. À cet instant précis, personne ne le sait encore, mais l’Europe sans en avoir conscience entre dans l’une des plus grandes crises sanitaires et médiatiques de son histoire.
Et en France, quarante ans plus tard, un souvenir tenace demeure : le fameux “nuage radioactif” aurait selon la légende, respecté la frontière française avec une courtoisie presque diplomatique !
Une image devenue un mythe, un réflexe, un running gag national : “On nous refait le coup du nuage de Tchernobyl”. De nombreux documents confirment que le nuage a touché entre autres l’Alsace, la Lorraine, la Bourgogne, le Sud-Est et la Corse dès le 29–30 avril 1986. Comme le raconte cet insulaire dans le documentaire de France 3 Via Stella.
En réalité, le 26 avril, aucune autorité française n’a affirmé que le nuage s’est arrêté à la frontière. Mais une communication hésitante, un bulletin météo mal compris, un panneau STOP mal placé sur une carte à la tv, ont donné naissance à une légende. Une légende qui, quarante ans plus tard, continue d’alimenter la défiance. Parce qu’elle symbolise une époque où l’information circulait lentement, et les erreurs mettaient des années à se dissiper.
La France a connu d’autres brouillages informationnels : Le sang contaminé, présenté comme sans danger avant que la justice ne tranche, l’amiante, longtemps décrite comme maîtrisée alors que les risques étaient connus, ou la "vache folle", minimisée avant que la crise ne s’impose.
Des erreurs, des dénis, des lenteurs … Il n’y avait pas alors de rumeurs sur les réseaux sociaux mais des failles institutionnelles qui ont laissé des traces profondes. Aujourd’hui, la désinformation n’attend plus le 20 heures. Elle naît sur un smartphone, se propage en quelques minutes, et peut provoquer des réactions très réelles. On a vu des fausses alertes attentat déclencher des mouvements de foule, des clips de guerre issus de jeux vidéo présentés comme authentiques, des deepfakes politiques, où des dirigeants semblent annoncer des décisions imaginaires. Comme le raconte l’équipe de C dans l’air sur France 5 avec ce cas à Moscou :
La désinformation est désormais instantanée, virale, technologique. Alors, un “nouveau nuage de Tchernobyl médiatique” serait-il possible ?
Ce serait sans doute beaucoup plus difficile ... Parce que nous avons des données publiques, des mesures indépendantes, des satellites, des ONG vigilantes, et une contre‑expertise citoyenne permanente.
La diffusion d'une telle face news serait-elle encore possible ? La vitesse, la confusion et la puissance des images peuvent encore transformer une maladresse en certitude collective. Dans ce brouhaha numérique, une chose reste essentielle : le savoir-faire des médias professionnels demeure le meilleur repart contre la désiformation.
Ils ne sont parfaits puisqu’ils peuvent toujours mal évaluer, être abusés, et corriger mais trop tard. Celà dit, ils disposent de rédactions, de méthodes, d’outils vérifications, de chartes, et de responsabilités éditoriales.
Dans un monde où tout circule, s’emballe, se ressemble, la différence entre une rumeur et une information, c’est le savoir-faire et la déontologie des pros. Dans le tumulte des réseaux et des certitudes instantanées, chaque citoyen, devenu internaute, a plus que jamais besoin de ce que seuls les médias professionnels savent encore offrir : l'obligation de vérifier, la rigueur de douter, et la modestie de reconnaître quand ils se trompent, pour que chacun puisse identifier une information solide d'une fake news.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 26 avril 2026.
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Contre les tromperies de Trump ? Deadline, un "média" qui fait autorité aux USA. Focus sur la couverture journalistique du Président Etasunien chez lui, et Vu d'ici. (le 22-04-2026) |
Aux États Unis, Deadline, c’est un peu le “back office” : un média qui ne raconte pas l’actualité, mais comment les médias "fabriquent" l’actualité.
Vu de France, ce serait un mélange improbable entre Satellifax, la rubrique Médias du Monde, Arrêt sur image, ou Puremédias l’hebdo sur T18… Deadline observe tout : les tensions entre chaînes, les stratégies éditoriales, les coups de pression politique, les erreurs, les manipulations, les revirements. Quand la Maison Blanche tente d’influencer une rédaction, Deadline le raconte. Quand une chaîne change de ligne éditoriale, Deadline explique pourquoi C’est un outil pour comprendre non seulement ce que disent les médias américains, mais pourquoi ils le disent, et comment leurs choix éditoriaux influencent finalement … la perception du monde.
Donc … Deadline ne raconte pas la guerre en Iran, mais la guerre des récits entre Donald Trump et les chaînes d’info. Quand Trump accuse CNN d’avoir relayé un faux communiqué iranien, accusation que la chaîne dément, Deadline ne commente pas : il documente. Deadline montre comment les médias américains sont désormais obligés de vérifier, recadrer, contredire presque en temps réel les déclarations présidentielles.
Et c’est là que se joue le glissement : ce ne sont plus seulement les faits qui sont couverts, mais les tensions autour des faits. Résultat : la presse américaine commence à qualifier plus ouvertement certaines affirmations de trompeuses, non par posture, mais parce que le rapport de force devient lui-même une information.
Deadline, en observateur technique, révèle cette mécanique. En tous cas … Ce qui frappe depuis le début de la guerre en Iran c’est que les médias américains et les médias français ne vivent pas dans le même monde. Ils ne racontent pas la même guerre, ne regardent pas les mêmes enjeux… Parce qu’ils ne parlent pas aux mêmes publics !
Aux États-Unis... Les grandes chaînes CNN, Fox News, MSNBC, ABC News, CBS News, NBC News ont un réflexe automatique : tout ramener au président américain. CNN ou CBS ouvrent leurs éditions spéciales sur ses déclarations.
MSNBC analyse les conséquences politiques intérieures. Fox News insiste sur la fermeté et la posture stratégique. NBC News suit les réactions du Pentagone minute par minute. Même les radios comme NPR, ABC Radio, SiriusXM, iHeartRadio structurent leurs matinales autour de ses prises de position. Et les stations locales, comme WABC New York, KFI Los Angeles, WGN Chicago reprennent ce cadrage national centré sur la personnalité.
Vu de France, ce traitement ressemble à un feuilleton politique permanent. Une dramaturgie continue. Un récit où la guerre devient un test de leadership intérieur.
Ecoutons nos radios : France Info ouvre sur les risques d’embrasement régional. France Inter s'interroge les tensions transatlantiques et sur la confiance encore accordée à leur Président par les américains :
RTL met en avant les conséquences pour la sécurité européenne et s'interroge, également !
Europe 1 analyse les réactions diplomatiques. RMC insiste sur les enjeux militaires. France Culture contextualise avec les chercheurs, les historiens, les diplomates. Radio Classique relie le conflit aux marchés et à l’économie mondiale. Le réseau ICI, Radio France et France 3 dans son rôle, ramène le sujet aux préoccupations locales : énergie, sécurité, économie.
Côté télévisions, même contraste : France 24 multiplie les correspondants sur le terrain et tente d'expliquer l'inexplicable ...
BFM TV suit les réactions politiques françaises et européennes. LCI met en avant les experts militaires et géopolitiques. Arte analyse les implications pour le droit international. TF1 et France 2 contextualisent dans leurs JT du soir. LCP donne la parole aux aux juristes, aux parlementaires et aux diplomates .
Vu de France, la guerre n’est pas un feuilleton politique : c’est une crise géopolitique, un risque systémique, un défi pour l’ordre international : Deux continents, deux récits, deux visions du monde. Les médias américains racontent une bataille politique, les médias français racontent une bataille géopolitique. Vu de France, la réponse n’est pas seulement éditoriale, elle est stratégique.
Même si nous n’avons pas de média dédié pour décrypter ce qui est diffusé, comme Deadline aux USA !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 22 avril 2026. |
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Le web attire, l’antenne fidélise : l’un tease, l’autre incarne ! Radios et TV se créent des médias parallèles sur le web, mais comment garantir un feed-back vers les offres prémiums ? (le 21-04-2026) |
Les internautes consomment les extraits, les capsules, les formats courts, les moments forts que les radios et les télévisions publient sur le web… Mais ils ne reviennent pas pour autant en masse pour écouter ou regarder les antennes traditionnelles. Le web leur donne assez ...
Assez d’info, assez de divertissement, d’émotion, de musique, de repères. Le teaser devient le produit, le fragment devient la destination, et l’antenne n’est plus perçue comme la suite naturelle.
Et si la radio et la télévision n’étaient décidément pas des vestiges d’un autre temps ? Et si, ces médias s’organisaient vraiment pour affirmer qu’ils conservent un rôle décisif, irremplaçable, dans un paysage saturé de contenus instantanés ? Et si, surtout, les teasing numériques devenaient leur arme la plus efficace pour ramener les publics vers eux ?
Parce qu’à observer l’évolution du mode de consommation des médias, les formats courts deviennent des concurrents. Alors qu’ils devraient surtout devenir des éclaireurs, des avant-postes, des signaux lumineux dans l’océan algorithmique...
Le réseau ICI, alliance entre France Bleu et France 3 Régions, propose sous nos yeux de téléspectateurs, auditeurs, et désormais internautes une belle expérimentation : des vidéos locales, humaines, incarnées, qui inondent les réseaux devraient être plus pensées pour que les internautes reviennent vers le 19/20, ou vers les matinales locales co-diffusées en région… Parce que le web peut attirer, et ensuite la radio et la télévision rassembler.
Les radios culturelles sont dans la même dynamique : France Culture, France Musique, Radio Classique : des capsules verticales circulent sur le web, intriguent … Dans un monde saturé de bruits, ces stations offrent du sens. Il s’agit que le public revienne chercher ce que les plateformes ne savent pas produire : de la nuance, de la transmission, de l’intimité. Arte transforme chaque capsule en invitation au documentaire long.
France 5 et France 2 utilisent les réseaux comme tremplin vers le direct, vers l’enquête, vers le débat : le web peut ne plus être un siphon, mais devenir un pont.
Les radios musicales jeunes comme NRJ, Skyrock ou Fun Radio ont elles aussi compris la mécanique en publiant des captations en vidéo de séquences d’antenne calibrés pour TikTok, des moments drôles, des défis, des interactions. Mais c’est le direct, le morning, la bande, la voix, qui fidélisent : le web capte l’attention, mais c’est la radio qui crée toujours l’appartenance.
Même si le défi est difficile, particulièrement auprès du jeune public ... Il vit dans un flux permanent, consomme des contenus mais pas des rendez-vous, s’attache aux créateurs plus qu’aux marques. Il ne revient pas spontanément vers les médias traditionnels.
C’est pour cela les acteurs de ces médias doivent être militants et proactifs pour leurs médias prémiums : la radio et la télévision. Ces médias ne sont pas que des offres de contenu : ils sont une relation, une voix, un territoire, une communauté, une responsabilité… Le web se doit d’être leur vitrine mais la radio et la télévision restent la maison. Elle se doit de rester ouverte, vivante, accueillante, indispensable. Dans ce monde saturé de flux, les chaînes de radio et de télévision "tradis" doivent se donner les moyens de demeurer des repères, des phares, des lieux où l’on revient, où l’on comprend, où l’on respire.
Alors, comment gagner cette bataille face au web ? En cessant de la mener contre lui. En la menant avec lui, en transformant chaque capsule en promesse. Chaque extrait en invitation. Chaque moment court en passerelle vers un moment long.
Le web doit être une vitrine, les publications des radios et télévisions doivent rester avant tout des teasers, pas devenir des médias parallèles. Leur rôle est de créer l’envie, de susciter la curiosité, d’ouvrir une porte vers le direct et les programmes longs. Pour les jeunes publics, ces formats courts doivent fonctionner comme des appâts éditoriaux, conçus pour ramener vers l’antenne et ce que les plateformes ne peuvent offrir : la voix, le lien, le rendez‑vous.
Le web n’est pas une fin en soi, mais doit être un tremplin vers à nouveau, les médias traditionnels.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 21 avril 2026.
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MCM : la fin d’une TV musicale française abandonnée, comme la FM, par le jeune public ... Fin de ses émissions le 30 juin prochain. (le 18-04-2026) |
MCM nait en 1989 avant Internet, les plateformes et les réseaux sociaux, quand la musique se regarde sur un téléviseur comme elle s’écoute en FM …
( Premiers habillages sur la chaine YouTube Metal Capone )
L’ambition est alors de créer une chaîne musicale nationale privée, centrée sur les clips, les artistes émergents et la culture pop : le modèle revendiqué par Europe 1 Communication et Télé Monte‑Carlo (TMC) est clairement celui de MTV, adapté au public français.
Il s’agit de renforcer l’offre musicale française dans un contexte où les nouvelles chaînes privées (Canal+, La Cinq, TV6…) bouleversent le marché, de valoriser le savoir‑faire musical de TMC, qui produit de nombreux contenus musicaux dans les années 1980 et d’occuper le terrain du satellite et du câble.
MCM c'est d'emblée une rythmique, et des visages : Valérie Payet, pionnière, China, magnétique. Jérôme Anthony, infatigable. Émilie Mazoyer, passionnée. Cyril Hanouna débutant, encore inconnu, encore brut. Ou encore Miguel Derennes …
Ce sont des émissions qui claquent ! Top MCM : le classement qui fait et défait les tendances avec le TOP 50 d'Europe 1 et Canal +. MCM Café : les lives intimistes, les interviews sans langue de bois. Ultra Clips : la rafale de nouveautés. Et bien sur, les Nuits MCM : ces tunnels de clips où l’on découvre des groupes avant tout le monde.
MCM, c’est aussi des événements : des concerts exclusifs dans des salles minuscules, des sessions acoustiques improvisées, des captations de festivals : Solidays, Printemps de Bourges, Les Vieilles Charrues, avec IAM, Noir Désir, Placebo, Phoenix, Justice, Orelsan, Louise Attaque, Kyo, Shaka Ponk : Elle sert de tremplin à toute une génération.
Comme aux Daft Punk avec ce son capté sur les bords du Malsaucy près de Belfort aux Eurocks.
Et puis au fil des années MCM mute, devient "pop culture" . et anticipe l'époque avec ... South Park, American Dad!, Robot Chicken, Bojack Horseman, elle a parle de jeux vidéo, de cinéma, de manga, et aussi de geek culture.
Mais voilà… Le monde change, radicalement. Les jeunes ne regardent plus la télévision linéaire, comme iles s'éloignent des musicales sur la FM. Ils ne zappent plus, mais scrollent et consomment les clips sur TikTok, YouTube, Instagram. Ils ne veulent plus attendre la diffusion d’un épisode, ils binge-watchent sur Netflix, Disney+, Prime Video.
En disparaissant des bouquets Canal+, Free, SFR… la visibilité se réduit et les audiences fondent. Le Groupe M6, propriétaire depuis 2019, après Lagardère Active a fait ses comptes : Priorité à M6+, à M6 Music, et à RFM TV encore tout de même car sa cible, elle, regarde encore la TV.
L'empreinte d'MCM restera dans nos playlists, nos souvenirs, cette nostalgie douce-amère d’une époque où la musique des jeunes avait encore sa place à la télé.
Thierry Mathieu e-crossmedia le 18 avril 2026.
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Des piles : voilà ce qui manque au kit survie de la Croix Rouge proposé à partir d'aujourd'hui. Parce qu'en cas de crise la radio, surtout de proximité, demeure le sésame d'info, et de survie ! (le 17-04-2026) |
La Croix‑Rouge française présente son kit d’urgence. Mais un élément essentiel manque : il ne relève pas de l’accessoire, puisque dans les heures les plus sombres devient un outil de commandement, de cohésion et de protection des populations.
Les médias locaux ne sont pas mis en avant : Pourtant l’histoire récente de nos crises climatiques est aussi celle de ces voix et de ces images qui ont tenu la République debout. Leur rôle est essentiel !
1999 : La tempête de Noël : la France plongée dans la nuit. Des millions de foyers privés d’électricité, des territoires isolés, des infrastructures effondrées comme je l’ai vécu moi-même en Lorraine avec mon équipe.
Dans cette obscurité, les radios locales sont la dernière voix, le dernier lien entre les habitants, les maires et les préfectures, quand par chance, leur émetteur tient le coup.
Cela a été notre cas à France Bleu Sud Lorraine, devenue aujourd’hui ICI. Plongée dans les archives :
Les radios locales portent alors les consignes, orientent les secours, rassurent les familles. Elles incarnent la voix de la continuité de l’État au cœur du chaos. .
2010 : Xynthia : la submersion brutale. En pleine nuit, l’eau envahit les quartiers littoraux, les habitants n’ont plus de réseau. Les radios locales comme France Bleu Loire Océan, et France Bleu La Rochelle diffusent les alertes vitales. France 3 Poitou‑Charentes montre l’étendue des dégâts, permettant aux autorités d’organiser les évacuations, de protéger les plus vulnérables.
2017: Irma : l’isolement absolu. À Saint‑Martin et Saint‑Barthélemy, les communications sont coupées. Les infrastructures sont détruites. Les radios locales, RCI et Guadeloupe la 1ère sont mobilisées mais difficilement accesibles pour les sinistrés. Une équipe parisienne de France info crée alors une antenne événementielle sur place, et assure la continuité de l’information. La télévision régionale devient un outil de cartographie indispensable pour les autorités.
2020: Tempête Alex : la Roya et la Vésubie meurtries : Routes arrachées, ponts effondrés, villages isolés.
ICI Côte d’Azur reste audible, les maires défilent à l’antenne, les pompiers diffusent les consignes. France 3 Côte d’Azur apporte les images aériennes qui permettent d’évaluer les dégâts, de planifier les interventions, de comprendre l’ampleur du désastre. Malheureusement les équipes de radio de service pubic à Nice et celles d’Antibes pour la TV ne s’organisent pas sur le moment pour adjoindre leurs forces de frappe dans des antennes communes.
2021–2022 : Les incendies du Sud. Les radios locales guident les évacuations, les télévisions régionales montrent l’évolution des feux.
Il faudrait aussi parler ... de la Tempête Ciaran avec la Bretagne et la Normandie frappées de plein fouet, et des inondations du Pas‑de‑Calais en 2023 et aussi en 2024 et évidemment du tragique cyclone à Mayotte …
Aujourd’hui, un nouvel acteur s’est ajouté : le smartphone. Il permet aux habitants d’écouter les radios locales, si la FM fait défaut, de regarder France 3 ou la 1ère en direct, de consulter les alertes préfectorales, de suivre les consignes de sécurité. Ils sont devenus un relais vital : les médias signent des conventions avec la sécurité civile et honorent leur promesse de service rendus aux publics.
Mais ils ne sont pas un rempart absolu. Car lorsque l’électricité tombe, lorsque les antennes relais s’effondrent, lorsque les réseaux saturent, le smartphone devient vulnérable. La radio, elle, continue d’émettre.
Alors, une question se pose : pourquoi ce rôle n'est-il pas mis en évidence dans le kit proposé aujourd’hui par la Croix‑Rouge ? Pourquoi ne pas rappeler que Radio France, via le réseau ICI, est sous contrat avec la sécurité civile dans chaque département, comme le sont les 1ères outremer, ou France 3, en région dans l'hexagone.
Quand tout s’éteint ! la radio continue d’émettre. Dans le kit de survie distribué à partir d’aujourd’hui il faut des bougies, des bouteilles d’eau minérale ,des couvertures de survie ...
Mais, il serait nécessaires d'y adjoindre un bon vieux transistor et des piles pour l’alimenter, ainsi qu'une batterie de recharge voire un capteur solaire USB pour le portable !
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 17 avril 2026.
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Servir les publics contre les arnaques et usurpations d'identité : le rôle des médias traditionnels, face à la jungle du web ! (le 16-04-2026) |
Nos smartphones sur lesquels nous écoutons la radio, regardons les télévisions et les vidos lisons les articles de presse écrite et les messageries sur les réseaux sociaux sont devenus la première porte d’entrée des arnaques. SMS frauduleux, appels usurpés, faux services clients, faux sites administratifs… La vie numérique des Français ressemble de plus en plus à une jungle.
Et dans cette jungle, une question revient : qui joue encore le rôle de boussole ? Qui aide à distinguer le vrai du faux, et diffuse l’alerte légitime de la manipulation ? La réponse, malgré tout, reste la même : les institutions gouvernementales qui alertent, comme des associations, et les médias traditionnels.
Parce que les arnaques numériques sont désormais partout ! Les exemples français sont nombreux et très concrets, souvent mis en lumière par les stations du réseau ICI et leurs consœurs des quelques radios locales privées, celles qui investissent encore dans l’info … A Lille, des seniors ont été ciblés par de faux agents Enedis, à Toulouse, des familles ont payé des centaines d’euros sur de faux sites ANTS, à Rennes, des retraités ont été victimes de faux conseillers bancaires, en Île‑de‑France, des milliers de personnes ont reçu des SMS frauduleux se faisant passer pour Ameli ou La Poste, à Marseille, des vagues de faux appels “EDF – coupure imminente” ont touché des quartiers entiers.
Ces attaques ne sont plus exceptionnelles, elles sont quotidiennes, massives, professionnalisées. Et face à cette pression, les médias traditionnels jouent un rôle stabilisateur Quand TF1 enquête sur les faux livreurs Chronopost, les signalements augmentent. Quand France 2 montre comment un faux conseiller bancaire peut vider un compte, les banques renforcent leurs alertes. Quand France Info, RTL ou France Inter expliquent le phishing, des millions d’auditeurs comprennent enfin les mécanismes de manipulation.
Ce sont des moments où l’information joue pleinement son rôle : protéger, éclairer, prévenir.
Mais ce rôle devrait sans doute désormais devenir permanent. Car les arnaques, elles, fonctionnent en continu, s’adaptent, se renouvellent, se professionnalisent. Pendant que les fraudeurs multiplient les faux comptes sur Facebook, les faux services clients sur Instagram, les vidéos trompeuses sur TikTok, les médias traditionnels se doivent d’être présents, visibles, et de façon régulière. Pas seulement pour raconter ce qui s’est passé, mais pour anticiper, expliquer, accompagner au quotidien.
Des initiatives françaises montrent la voie, c’est pour le coup surtout une question de proximité. Le Parisien publie des alertes régulières sur les nouvelles arnaques SMS, Ouest‑France a démonté les faux sites administratifs qui volent les données, La Voix du Nord a documenté les arnaques aux faux agents Enedis, les 44 locales du réseau de service public ICI relaient sur leurs antennes et sur leur appli les alertes locales en temps réel… L’information servie aux publics peut être un outil de protection.
L’enjeu dépasse désormais la simple vigilance individuelle, il s’agit de préserver la confiance dans les services publics, de protéger les données personnelles, de sécuriser les transactions bancaires et de renforcer la résilience numérique du pays.
Dans cette mission, les médias traditionnels ont un rôle institutionnel majeur : celui de garantir un espace d’information fiable, loin du bruit, loin des manipulations, loin des pièges.
Dans la jungle numérique, les Français ont besoin de repères. Les médias traditionnels restent l’un des rares espaces où l’information est vérifiée, contextualisée, expliquée. Face aux arnaques qui se multiplient, leur rôle n’est pas seulement d’informer : il est de contribuer à protéger.
Thierry Mathieu e-crossmedia Le 16 avril 2026.
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