A la veille du scrutin … ZOOM sur les Réseaux Sociaux et leur rôle en parallèle des médias tradis, sur la campagne de l’élection européenne. (le 08-06-2024) |
L’un des évènements médiatiques que l’histoire retiendra est sans doute le face à face organisé le 23 mai par France 2 entre Gabriel Attal, le Premier ministre, et Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement National. 3, 6 millions de personnes face à leur petit écran, soit 18% de part d’audience.
Alors qu’ensuite, en deuxième partie de soirée ... Les autres leaders Manon Aubry (LFI), François-Xavier Bellamy (LR), Marie Toussaint (Les Ecologistes) et Marion Maréchal (Reconquête !) ne réunissaient plus que la moitié de ces téléspectateurs.
Les chaînes info ont-elles aussi monté plusieurs débats, comme BFM TV, C NEWS ou LCI en réunissant en moyenne autour des 800 000 téléspectateurs.
Pour nombre d’observateurs, malgré la mobilisation des radios et télévisions traditionnelles, c’est dorénavant plutôt sur les réseaux sociaux que l’opinion se forge. Les différents partis y engagent d'ailleurs toujours plus de moyens...
Jordan Bardella par exemple a lancé sa campagne sur TikTok dès le début d’année avec une vidéo dans une boîte de nuit, mitraillé par les smartphones de ses fans et au son de la chanson “En bande organisée”. Largement partagée, cette publi lui aurait permis de se donner le statut de "copain de soirée", sans pour autant évoquer son programme. Le Président du RN comptabilise 1,3 million d’abonnés, rien que sur ce réseau social. Il est le troisième homme politique le plus suivi sur la plateforme en France, après Emmanuel Macron (4,1 millions de followers) et Jean-Luc Mélenchon (2,2 millions).
Ces dernières semaines, le Centre de recherche de Sciences Po s'est intéressé au rapport d'usagers d'Instagram, TikTok, LinkedIn, X (ex-Twitter) et Snapchat à la politique. "Gare aux idées reçues !" explique au journal Les Echos l'auteur du rapport : "La confiance dans la politique augmente à mesure que l'on utilise davantage les réseaux sociaux, contrairement à l'idée convenue selon laquelle ces réseaux offriraient un espace public de pure contestation.
Rien n'indique que leur usage intensif conduit à opter pour une offre politique radicale de droite ou de gauche. Concrètement, le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen n'évolue pas en fonction du rythme d'utilisation de ces réseaux.
Seule différence notable : les usagers intensifs seraient plus abstentionnistes (36 %) que ceux qui les utilisent occasionnellement (22 %). "Les réseaux sociaux sont des chambres d'écho de problèmes sous-jacents", poursuit-il. "Ce sont avant tout des facteurs sociologiques qui expliquent le vote de chacun."
Les utilisateurs intensifs restent toutefois plus proches des extrêmes que les autres. La proximité avec le Rassemblement national (RN) concerne 19 % des utilisateurs intensifs contre 14 % des utilisateurs occasionnels. L'effet est plus fort encore pour La France Insoumise : 14 % chez les premiers contre 3 % chez les seconds.
Pour cibler les publics des plateformes, les partis politiques misent sur la forme, en essayant d'être le plus percutant possible explique à Mouv’, la radio "jeune" de Radio France, Laurence Allard, maîtresse de conférences en sciences de la communication et chercheuse à l'université Sorbonne Nouvelle : "Les politiques essaient d'enchainer quelques idées en articulant plusieurs vidéos les unes après les autres. Il y a donc un discours qui est émis au-delà de la phrase d'accroche ou d'un slogan un peu répétitif. Mais, cela reste une approche très synthétique, très martelante de l'actualité, de l'information ou de la politique. C'est une première approche, il faut ensuite se tourner vers d'autres médias pour creuser le sujet."
Enfin ... Si la publicité politique à proprement parler est interdite en France, nombre de nos voisins ont vu leurs différentes plateformes inondées par des messages achetés à grand frais ... Et les extrêmes ne sont pas les seuls à utiliser les publicités Google. Renew Europe par exemple, le groupe politique centriste du président Emmanuel Macron, a dépensé environ 50 000 euros pour une publicité comparant le fait de voter pour la première fois aux premiers pas d'un bébé ou au premier baiser d'un adolescent.
A souligner encore que toutes les publicités de campagne ne sont pas seulement destinées aux candidats ou à leurs programmes. Comme le note la chaîne Euronews...
Les organisations non gouvernementales paient également pour des promotions sur les médias sociaux, et le mois dernier, le Parlement européen lui-même a dépensé plus de 183 000 euros rien qu'en France et en Allemagne pour des publicités sur Facebook encourageant les gens à aller voter.
A l'intar des pros de la presse, de la radio et de la télévision, les acteurs des campagnes électorales se doivent en tous cas de composer eux aussi avec l'évolution du mode de consommation des médias. Comme le démontre le désintérêt des partis pour l'affichage électoral officiel, dans nombre de communes de France !
Les derniers chiffres publiés il y a quelques heures sur les intentions de vote, par l’institut IPSOS. https://www.ipsos.com/fr-fr/europeennes-2024/europeennes-2024-intention-de-vote-et-chiffres-cles
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 8 juin 2024.
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L'un des jours les plus longs, et marquants, sur une plage de Normandie d'un jeune homme qui deviendra ensuite journaliste et dirigeant de radio. Entretien avec Richard Hartzer. (le 05-06-2024) |
Quand un jeune homme, futur journaliste, se retrouve "acteur" de l'un des longs métrages patrimoniaux les plus emblématiques ... Coup de fil à Richard Hartzer.
Il fait ses premières armes à Europe N°1, puis rejoint l'ORTF, France Inter. Il monte ensuite au Cameroun, avec la confiance d'Hervé Bourges, l'école de journalisme de Yaoundé, puis dirige en France plusieurs radios locales de Radio France comme Provence, Limousin et Belfort Montbéliard. Toujours passionné par le journalisme, il écrit encore en tant que correspondant local pour les DNA.
"Je venais de réussir l'examen d'entrée à l'école de journalisme, et je me passionnais pour l'actualité. Je me documentais beaucoup, en particulier sur l'histoire de la seconde guerre mondiale pour des raisons personnelles. Mon père a en effet été fait prisonnier et a été contraint de rejoindre l'armée allemande, enrolé de force. En Alsace, d'où nous sommes originaires, on les appelle les "Malgré-nous".
"J'ai vu une annonce dans la presse. La production du film recherchait des figurants. Je me suis donc rendu sur place, à Colleville sur mer, Omaha Beach."
"Pour moi, en août 61, c'était personnellement émouvant, important. Je pensais à mon père que je n'ai jamais plus revu et voulais voir de près ce à quoi pouvait ressembler une scène de guerre. Même si l'expérience était amusante, il ne s'agissait pas d'une banale figuration, comme pour n'importe quel film... C'était participer à une reconstitution historique."
"Je pense avoir été d'ailleurs, ce jour-là, parmi les très rares participants à venir d'Alsace. Je me souviens avoir rencontré un jeune homme du Jura, j'entends encore son accent ! Mais la majorité des jeunes gens étaient originaires de Normandie ou de Bretagne."
"Avant le tournage de la scène sur la plage d'Omaha Beach, l'équipe nous a mis à disposition 2 types de costumes ou allemand, ou canadien. Pour moi, il était hors de question que je porte une tenue vert de gris nazie. Un détail que j'ai bien en mémoire également : la scène a été filmée en plein jour, alors qu'à l'écran, elle apparaît dans le pénombre. Nous sommes à ce moment du scénario au début du débarquement, à l'aube ... "
"J'ai vu le film plusieurs fois évidemment. La scène est repérable, c'est celle du combat sur Omaha Beach. Au delà de cette expérience importante dans ma vie de jeune homme, elle a compté dans ma construction personnelle et ma façon d'envisager le métier de journaliste. Un reportage concernant quelque conflit que ce soit n'est jamais anodin. On parle aujourd'hui de "guerre chirurgicale" . C'est révoltant !"
"J'en ai parlé avec des militaires d'ailleurs. Des civils sont toujours victimes et l'expression "collatérale" est insensée. Pensons-y, toujours, quand nous écoutons ou voyons des reportages comme ces temps-ci, en Ukraine ou à Gaza."
"Au bout de bien des années de recherches, j'ai fini par apprendre que mon père est décédé du typhus, dans l'une des villes aujourd'hui martyre, en Ukraine ... "
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 5 juin 2024.
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"Si l'info continue avait existé ?" se demande France 2 pour le 80 ème anniversaire du débarquement. Mais c'est un fait historique : en 44 une radio de ce format a effectivement diffusé ... la propagande des nazis, à Paris ! (le 05-06-2024) |
Au delà de la couverture en direct de toutes les cérémonies, en particulier de celle avec les 25 chefs d'état attendus, en plus du déploiement des équipes avec leurs plateaux installés en plein air par la plupart des chaînes, l'idée la plus originale revient à France2 qui propose dès ce mercredi soir une émission au conducteur inédit : "Et si l'info continue avait éxisté il y a 80 ans ?"
Invité samedi dernier de "Quelle époque", le présentateur Julian Bugier explique que ce choix de présentation dans la forme est au service du fond : raconter de manière concernante l'histoire, aux plus jeunes générations.
Historiquement en tous cas, la première radio d’info continue au monde a bel et bien été créée en 1944, durant le 2ème guerre mondiale, et en France ! Mais pas depuis la Normandie ... Cela s'est passé à Paris durant les tous derniers mois de l’occupation, et à l'initiative des nazis !
"Pour être renseignés vite, de façon précise, en quinze minutes, ouvrez votre poste de radio! Ecoutez "L’Information Permanente" sur 206 mètres de longueur d’ondes !"
La station imaginée par l'occupant prétend alors donner des infos, mais "ne pas les commenter" … Avec ce nouveau programme émis depuis le site de la Tour Eiffel qui avait été sabordé dès 1940 par des résistants, l’occupant alors tente de reconquérir la confiance des parisiens. C’est une pure opération de marketing … L'image de la station que les services de propagande ont investi dès leur arrivée 4 ans plus tôt est trop dégradée : "Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est Allemand".
Si dans le fond, rien ne change évidemment, dans la forme l’offre est révolutionnaire ! C'est une réelle arme de guerre … "De l’info tous les quarts d’heure, de 7h à 2 heures du matin … " "Par elle, vous connaîtrez les dernières nouvelles du monde entier, les pronostics et les résultats des courses, les échos de la vie parisienne et française, les cours de la bourse, les programmes des spectacles, la mode, la cuisine, la vie féminine, l’actualité industrielle et économique, les résultat de la Loterie Nationale, les échos, pronostics et résultats sportifs, etc ! "
A lire le conducteur d'antenne, il ressemble en tous points, à ceux que chaque auditeur connaît, à la rythmique qui préside aujourd'hui encore aux radios d'info continue partout sur la planète. "Ce que vous ne devez pas ignorer" tous les jours à 7.28, 7.43, 7.58, 8.58, 9.28, 9.43, 14.28, 14.43, 14.58, 20.28, 20.43, 20.58, 24.28, 24.43, 24.58….
Ou encore, "Ce que vous pouvez faire aujourd’hui" : lundi, vendredi, samedi et dimanche, à 8.43, 9.58, 15.43; mardi, mercredi et jeudi, à 8.43 et 9.58…
En réalité, quand cette offre totalement novatrice dans la forme est lancée, le 1er février 44, les restrictions d’électricité sont de plus en plus nombreuses dans la capitale, et les Parisiens semblent s’en désintéresser complètement.
Et dès les débuts de la station … Le groupe Dauvergne, des Forces Françaises de l’Intérieur infiltre la rédaction qui dépend de Radio Paris, évidemment toujours sous le joug nazi. Des messages codés sont diffusés à l’antenne dissimulés dans des brèves de faits divers anodins, totalement inventés.
Finalement cette 1ere station d'info continue de l'histoire de la radio n’aura existé sur les ondes que pendant 6 mois … "L'Information permanente" cesse en effet d'émettre le 1er août 1944. Au fur et à mesure de l'avancée des troupes libératrices, des radios, françaises commencent à réémettre, aidées par les militaires américains et britanniques. La première à Cherbourg le 4 juillet 1944, à 19h45.
Au delà du concept "Si l'info continue avait éxisté" France2 propose plusieurs autres programmes, dès ce mercredi soir .
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 5 juin 2024.
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"Le meilleur son", aussi pour les infos ! Concerner, synthétiser, cibler, imager, épouser l'époque ... Des journalistes d’Europe2 en formation "Voix-Écriture", avec e-crossmedia-EMF. (le 31-05-2024) |
Brest, Lyon, Dijon … 3 journalistes d’Europe 2 en région, en formation ces derniers jours au studio Sodasound à Paris.
L’ambition : s'exprimer simplement, raconter l'information, présenter l'actualité vraiment en mode "concernant" pour leur cible jeunes adultes - adultes, de manière accessible, et surtout attractive !
"Parler" d'abord, avant d'écrire, pour que les infos soient rédigées sur un mode "oral", et que le journaliste retrouve ainsi son mode d'expression naturel, face au micro...
Ne plus "tirer à boulet rouge" pour "être blanc comme neige" et "tirer la sonnette d'alarme"... Faire la chasse au participe présent et parler comme à la maison, s'adresser aux auditeurs comme on le fait naturellement entre nous en famille, à la table du petit déjeuner !
Même pour ces journalistes confirmés, ce travail de remise à plat des fondamentaux du métier s'avère utile voire même précieux, comme ils le soulignent sur leurs fiches d'évaluation en fin de session.
Bravo à ces pros de l'info, et merci à Europe 2 - Lagardère News - pour sa confiance !
Nouvelle session prochainement avec des journlistes de Belfort - Colmar, Toulouse - Auch, Besançon - Mulhouse, Saint Quentin , Côte d'Opale et Amiens.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 31 mai 2024.
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Incendie criminel contre RCI en Martinique : les véhicules de la radio, ultra leader sur son département, ont été détruits sur le parking de la station ... (le 24-05-2024) |
"Qui peut en vouloir à RCI ? " Voilà l'interrogation d'Alexandra Elize, Directrice générale de RCI : "On a une rédaction qui s’efforce de donner une information fiable, objective, de fonctionner avec beaucoup d’impartialité. En tout cas, on y veille au quotidien. On a des animateurs qui sont bienveillants, proches de la population. Toute notre mission, notre vocation, c’est d’être proche de tous. Je ne vois pas de raisons pour lesquelles on s’attaquerait à RCI."
"Quand on s’attaque comme ça à un média, c’est quelque chose de fort. C’est un message qui est lancé, on le prend, en tout cas, avec beaucoup de prudence, de sérieux et de gravité. L’objectif, c’est vraiment d’aller au bout et de comprendre les motivations de ce qui s’est passé ... "
Il est autour de minuit ce mercredi quand le parking de la station RCI Martnique est visé par 2 personnes qui mettent le feu aux 7 voitures et au car régie de la station.
Selon le communiqué de la direction : "Un individu, tout de noir vêtu, capuche et cagoule sur la tête, pantalon légèrement baissé, apparaît sous l’œil des caméras de surveillance. Muni de gants et d’un jerrican, il arrose d'un liquide -sans doute de l’essence- tous les véhicules du parc automobile de RCI stationnés sous le patio en bois et en tôle. Puis, dans un même élan, la silhouette d’apparence assez fine, se baisse et met le feu à une première voiture, avant de s’enfuir par les escaliers en contre-bas, direction le Boulevard de la Marne. Un autre homme qui se trouvait présent au moment de la scène part en courant en sens inverse.
Les images de la vidéo de surveillance parlent d'elles-mêmes.
L’alerte donnée par la police puis l’intervention rapide des pompiers a permis de préserver la radio. Le bâtiment situé sur les hauteurs de Fort de France, protégé par un rideau, a résisté, même si la façade est noircie par les flammes. Une plainte a immédiatement été déposée par la direction de l’entreprise et une enquête de police est désormais ouverte pour "incendie et dégradations volontaires". Une cellule psychologique est mise en place pour les collaborateurs, choqués par ce sinistre.
Voici le patio incendié, où étaient stationnés les véhicules, photo e-crossmedia, en juin dernier :
Près de 4 martiniquais sur 10 écoutent RCI, selon le dernier sondage Métridom de Médiamétrie, ce qui fait de la station un média majeur sur l'île.
La généraliste réalise près de 38 % en audience cumulée. Et au sein du même groupe ses 2 petites soeurs, une franchise d'NRJ et Bel Radio (format musical adulte) totalisent, elles, près de 12 % en AC.
Le groupe RCI occupe donc en Martinique une position de leader rare, sinon unique, dans le paysage audiovisuel français. Le succès du groupe privé est d'ailleurs tout aussi exceptionnel avec les 3 mêmes offres en Guadeloupe.
e-crossmedia, avec EMF, accompagne ses équipes.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 24 mai 2024.
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Le débat sur l'audiovisuel public qui devait avoir lieu ce jeudi à l'Assemblée Nationale est "reporté à une date ultérieure". La réforme est contestée par nombre de salariés en grève... (le 23-05-2024) |
Holding ou fusion ? BBC à la française, ou reconstitution 50 ans après de l'ORTF ? Gouvernement et syndicats de l'audiovisuel public sont loin d'être sur la même longueur d'onde ... Est-ce la mobilisation massive des personnels en grève qui conduit l'éxécutif à attendre, et voir ? Le débat en première lecture à l'Assemblée Nationale est en tous cas reporté, à une date ultérieure ...
"L’Union fait la force"… dit le gouvernement ... L’idée n’est pas récente ! Bien avant que le projet de loi soit écrit au début du 1er mandat d’Emmanuel Macron, puis mis de côté du fait de la crise COVID, et redevienne d’actualité récemment avec l’arrivée de Rachida Dati au ministère de la culture, les politiques y pensaient.
François Hollande, alors Président de la République, l’avait évoqué lors de son intervention le jour du 50ème anniversaire de la maison de la radio et de la musique, en septembre 2013. Même s’il imaginait un rapprochement sur le numérique ou la formation professionnelle, il ne s’engageait pas vers une fusion...
Quelques mois après sa première élection Emmanuel Macron, lui, s’est montré plus précis, et déterminé, en laissant entendre en direct sur France 2 la nécessité d’une fusion, "pour épouser l’époque" ...
"Cette réforme doit permettre de proposer une offre plus riche, mieux mise en avant sur tous les canaux de diffusion pour qu'elle puisse s'adresser à tous les Français dit Rachida Dati …
Du coté de Radio France, les 1100 animateurs et journalistes, dont certaines "vedettes" sont à l’antenne sur RF et FTV, écrivent précisément le contraire dans un texte publié par l’ensemble des organisations syndicales. "La tentation sera grande, en effet, de rogner le budget de l’audiovisuel public, devenu précaire depuis la suppression de la redevance. Vous entendrez partout les mêmes interviews, les mêmes reportages. Imaginez, par exemple, que le son de la télévision soit diffusé sur les chaînes de radio pour réduire le nombre d’équipes sur le terrain. Ce serait une fausse bonne idée. Les reportages seront moins nombreux, moins en prise avec le terrain au moment où notre public exprime, au contraire, un besoin croissant de proximité".
Assez seul du côté des "gens de radio", l’ancien PDG de Radio France Jean Luc Hees dit comprendre, lui, la nécessité de la réforme , dans une tribune publiée par Le Figaro : "Il s’agit d'être plus fort pour faire mieux entendre une voix spécifique et différente… Comment imaginer qu’un regroupement de France Télévisions, Radio France, France Média Monde et l’INA pourrait porter atteinte au pluralisme dans l’accès à l’information et à la culture ? […] Il y a vingt ans j’aurais très probablement défendu bec et ongles l’autonomie de chacune des entités constituant le service public de l’audiovisuel. Qu’y puis-je si le monde se transforme et qu’y puis-je si, pour survivre et être fort au service de l’intérêt général, il est nécessaire de regarder la réalité en face ?"
A contrario, Jean Noel Jeanneney l’un de ses prédécesseurs , qui a entre autres piloté le début du développement du réseau des radios locales, considère qu’il n’est nul besoin de créer une holding, et encore moins une fusion, pour que les entreprises intensifient leurs coopérations …
La Société Des Journalistes tente dans un point de vue publié par Le Monde de démontrer que, fusionnées, les chaines de radios et de télévisions publiques ne seraient pas plus fortes : "L’expérience le prouve : de précédentes fusions ont conduit à un appauvrissement de l’offre éditoriale. La fusion entre France 2 et France 3 a ainsi entraîné la disparition, sur France 3, des journaux télévisés Soir 3, 12/13 et 19/20 nationaux, malgré de très bonnes audiences. Ils proposaient une information différente de celle de leurs confrères de France 2"
L’un des parlementaires, porteurs du projet, le sénateur du Val de Marne Laurent Lafon considère qu’il faut aller vers une holding... "parce que les coopérations déjà existantes entre radio et télévision ne progressent pas assez vite". Il l’a expliqué récemment au micro de France Inter, lors d’un débat organisé face à l’ex PDG de Radio France, Jean Noel Jeanneney .
Selon le SNJ de Radio France,
près de 3 journalistes sur 4 du groupe étaient en grève ce matin.
![]() Pas d'antenne à France Inter, France Info, France Culture et Mouv’.
A France Bleu, 26 des 44 radios locales du réseau n’ont pas assuré leur antenne en matinale ce jeudi.
![]() Côté France Télévisions,
"Télématin" a pu être réalisé en direct mais avec des moyens réduits,
en revanche sur le canal 27, la chaîne publique d'info continue a programmé des rediffusions.
Selon les syndicats, le recours à des prestateurs extérieurs est prévu également pour "l'Evènement",
ce soir sur France 2,
le débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella.
![]() Si le point de vue du premier ministre est évidemment en phase avec le projet gouvernemental,
le Rassemblement National prône lui, depuis des années, la privatisation de l'audiovisuel public.
Le débat en première lecture prévu ce jeudi et demain est donc reporté.
Selon Le Monde :
"Compte tenu de l’encombrement de l’ordre du jour, le gouvernement a pris la décision, à la mi-journée, de le reporter.
Le texte pourrait n’être examiné qu’en juin.
Et ce, alors que le calendrier voulu par la ministre de la culture était déjà très contraint,
avec une fusion de l’audiovisuel public programmée dès le 1er janvier 2026.
Le Plantu du jour :
![]() Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 23 mai 2024.
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HYMNES OLYMPIQUES : A 2 mois de Paris 2024, la play-list des musiques composées au fil de l’histoire des Jeux modernes qui rythment, comme des jingles, les épreuves dans les stades … (le 21-05-2024) |
"L’art a une place importante dans l’éducation comme la culture et le sport. Ils doivent doivent être indissociablement liés." Voilà ce qu’affirme Pierre de Coubertin quand il invente les jeux modernes. comme le raconte Martino Laurent, chercheur à l’université de Lorraine.
"Si seul le sport donne lieu à des compétition dès la 1ère édition en 1886, la peinture, la sculpture, l’architecture, la littérature et la musique auront elles aussi plus tard leurs concours et leurs médailles, des Jeux de Stockholm en 1912 jusqu’à ceux de Londres en 1948. L’œuvre musicale qui remporte alors le concours est interprétée lors de l’olympiade", comme le raconte Martino Laurent, chercheur à l’université de Lorraine.
Il y a donc presque toujours eu en parallèle de l’hymne officiel des musiques qui ont marqué chaque édition des Jeux, tous les 4 ans. Ce sera à nouveau le cas d’içi 2 mois à Paris, avec cette création révélée dès l’arrivée de la flamme à Marseille.
Ces musiques non-officielles marquent souvent plus les esprits que le véritable hymne des jeux, parce qu’elles sonnent souvent plus festives et participatives …
Selon le chercheur de l’université de Lorraine : "cette concurrence illustre aussi la contradiction entre internationalisme des jeux et compétition des Nations. Même s’il est le symbole le plus ancien des Jeux, l’hymne olympique, le vrai, est sans doute le moins connu des symboles olympiques".
Dans l’histoire donc, au fil des Olympiades, nombre de musiciens influents à leur époque ont composé des musiques qui ont retenti dans les stades.
Comme Richard Strauss en 1936, à la demande d’Hitler pour les Jeux de Berlin.
100 ans après l’organisation des premiers jeux modernes à Athènes, donc en 1996 à Atlanta ...
Ce sont même 2 compositeurs qui signent des musiques. Comme Michael Torke, avec "Javelot".
Et John Williams avec "Summon the Heroes".
John Williams, le compositeur de mythique de bandes originales de films comme "La guerre des étoiles", "Indiana Johns", "La liste de Schindler" ou "Les dents de la mer" était même déjà intervenu pour les Jeux de Séoul en 1988.
"The Olympic Spirit" est enregistré içi pendant le confinement en mai 2020 par une centaine de musiciens de toute la France et de quelques autres pays, en ligne depuis l’Angleterre, le Brésil, Honk-Kong, Taiwan et la Malaisie avec l'Ensemble Musical du Sud.
3ème composition "spéciale J O" de John Wiliams …
Pour les Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002 :
Une seule fois jusqu’alors, la musique composée pour les Jeux est réellement devenue un tube !
A Barcelone, en 92 : en mode Symphonique-Pop, c’est la chanson composée par Freddy Mercury et chantée avec la cantatrice Monserrat Caballé
Electro-Folk-Pop … C’est le style de "Prologue", la musique qui a donné le coup d’envoi des Jeux de cette année, dès le passage de relais entre Tokyo et Paris.
C’était il y a 3 ans, lors de la cérémonie de clôture des Jeux décalés d’un an du fait de la pandémie. Cette pièce signée Woodkid a été enregistrée avec la Maîtrise de Radio France et l’Orchestre national de France.
Mais dans 2 mois, à Paris et sur tous les sites …
C’est le compositeur français Victor le Masne, qui fera résonner dans les stades ses différentes version du thème qu’il a composé, avec des tempos et des couleurs différentes selon les disciplines, comme des jingles !
A lire ou relire notre article consacré, lors de l’arrivée de la flamme à bord du Bellem, au compositeur Victor le Masne.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 21 mai 2024.
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Numérique Terrestre : plébiscité en TV … Mort-né en radio ? (le 19-05-2024) |
2 infos se percutent cette semaine... En télé... L’appel d’offre de l’ARCOM pour des canaux de la TNT à renouveler l’an prochain connaît un réel succès. Au-delà des candidatures de renouvellement des chaînes déjà présentes, plusieurs nouveaux dossiers comme ceux déposés par L’Express et Ouest-France témoignent de la confiance des opérateurs dans ce mode de diffusion, qui réalise toujours l’essentiel de l’audience, même si les boxs de différents opérateurs trônent maintenant dans nombre de salons, et que par ailleurs, le streaming monte sans cesse en puissance.
Des opérateurs majeurs proposent des offres visibles seulement sur le web comme prochaînement BFM TV 2, ou d'ores et déjà une large partie du programme Secret Story sur TF1+, et la chaîne créée par France Télévisions il y a quelques jours pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 sur la plateforme france.tv .
Alors qu’en radio... Même si le DAB+ poursuit le déploiement de ses émetteurs, plusieurs opérateurs se disent que l’avenir du marché serait plutôt l’IP, c’est-à-dire la réception par internet, En d'autres termes, le numérique terrestre serait donc "mort-né".
De nombreux pays ont déjà fait le choix du DAB+ en prévoyant l’extinction de la FM ces prochaines années, même si les chiffres démontrent partout que l’écoute via le web ne cesse de progresser. En Suisse par exemple le "Online" représente déjà 34% de l’écoute, le DAB + 41% et la FM 25%.
Une récente étude de l'association Swiss Private Radios sème le trouble ...
Comme l’explique le site "Radio Magazine" ... "L'étude part du principe que d'ici 2025, il y aura davantage de personnes en Suisse qui écouteront la radio via Internet que via DAB+. Après cela, la part de la radio numérique terrestre continuera de diminuer. Selon un scénario pessimiste pour la radiodiffusion, elle aura complètement disparu d'ici 2040 ou, au mieux, que seulement dix pour cent écouteront encore la radio via une antenne en 2040. Dans le même temps, la part de l’utilisation non linéaire de la radio augmentera considérablement à l’avenir, en particulier parmi les tranches d’âge les plus jeunes. Parallèlement, la radio linéaire est de moins en moins écoutée. À partir de 2035, la radio sera davantage utilisée de manière non linéaire, c'est-à-dire à la demande, que la radio traditionnelle en direct."
L’un des arguments des défenseurs de la Radio Numérique Terrestre, c’est que sa réception restera gratuite, et "anonyme", à partir du moment où les auditeurs se seront équipés du matériel nécessaire évidemment. Alors que pour écouter par le web, il faut évidemment payer un abonnement internet, et donc être personnellement identifié par les opérateurs… Ce qui est de facto d’ores déjà le cas étant donné le nombre d’utilisateurs détenteurs au moins d’un smartphone !
Pour certains observateurs justement… "Là où certains saluent l’anonymat de l’auditeur les "business man" de la FM le dénoncent justement. L’auditeur qui est-il ... Homme ou femme, jeune ou vieux ? Quand écoute-t-il, d’où, comment consomme-t-il, quels sont ses goûts, ses centres d’intérêt ? Profiling, ciblage… C’est ce qui intéresse l’annonceur potentiel et donc les radios qui vivent de la pub." C’est possible par le web donc, et non par la diffusion hertzienne.
A contrario, cet autre point de de vue, qui plaide pour le développement du DAB+ : "Tolérer le passage de la radio sur IP, c'est abandonner sa gratuité, son caractère " service universel". C'est se tirer une balle dans le pied. Et surtout faire un choix irréversible à la place des générations à venir."
Pour un grand pro de la radio ... "Tout plaide, y compris les coûts, pour un remplacement de la vieille, mais performante, FM par la RNT. Mais la France n’y est pas. Raisonnablement, la diffusion via le web n’est ni bonne, ni sûre. Mais le public ne s’en rend pas compte et adhère. Ce qui a tout changé, c’est le smartphone. Ce qui était vrai à propos d’Internet AVANT le smartphone, n’est plus vrai depuis. On ne dira jamais assez combien le smartphone, plus qu’Internet seul, a changé les vies. Et les médias, qui ne sont pas la préoccupation première de l’utilisateur-type du smartphone, en sont dépendants, tant le smartphone est devenu central dans nos vies. C’est cela qui explique le décalage entre le raisonnable et la réalité..."
"Roland Faure, PDG de Radio France de 1986 à fevrier 89 avait raison avant tout le monde avec son Club DAB qui était apparu avant Internet ! Mais, comme cela arrive souvent, il avait raison trop tôt ! avait interdit au Président de Radio France d'alors, Jean-Marie Cavada, de parler du numérique en radio en même temps que la Télévision !"
à l’occasion de la Fête de la radio.
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 19 mai 2024.
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Tiktok interdit en Nouvelle Calédonie dans le contexte qualifié d'insurrectionnel ... Quid des RS , et de la place des médias "traditionnels" ? (le 16-05-2024) |
Dans le cadre de l'état d'urgence, le réseau social TikTok est interdit en Nouvelle Calédonie pour limiter les contacts entre émeutiers. Cette interdiction fonctionne opérationnellement sur les téléphones portables dans l'archipel, précise Matignon depuis ce mercredi soir. "C'est l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie qui intervient pour bloquer les accès à l'application".
Pour les mêmes raisons, l’idée avait été lancée à la fin de l’été dernier dans l’hexagone au moment des émeutes urbaines qui avaient impliqué de très jeunes gens mais cela n’avait pas pu être mise en œuvre pour des raisons techniques. Il y a en métropole de nombreux opérateurs pour internet, ce n’est pas le cas en Nouvelle Calédonie, comme l’explique ce jeudi matin sur BFM TV le vice-président du tribunal de Nouméa.
TikTok est considéré comme un puissant moteur de polarisation de groupe, très susceptible de conduire à la formation de chambres d'écho. Cette application est particulièrement appréciée de la génération Z, ces jeunes gens identifiés par les autorités comme étant parmi les auteurs des actes d’insurrection qui ont déjà causé de nombreuses victimes ces derniers jours en Nouvelle Calédonie.
Selon "Le Monde" ... "Non seulement des soupçons concernent le caractère addictif de la plate-forme, mais des critiques portent sur la modération de TikTok. Des centres de recherche dédiés à l’étude sur les problématiques de désinformation pointent la facilité avec laquelle les utilisateurs peuvent se retrouver confrontés à des informations fausses ou trompeuses."
Il y a 9 mois dans l'hexagone, au moment des émeutes urbaines la question avait déjà été posée : Les appels aux manifestations et aux dégradations étaient relayés et même dynamisés en masse sur les réseaux sociaux: TikTok, Snapchat et consorts étaient déjà dans le collimateur du gouvernement, qui dénoncait "une forme de mimétisme de la violence" et demandait aux plateformes "d'organiser le retrait des contenus les plus sensibles".
Au-delà de la Nouvelle Calédonie, l’application TikTok est ciblée de par le monde pour plusieurs raisons. Selon un sondage, 40 % des Américains de 13 à 16 ans l’utilisent autant que Facebook et X -Twitter-, mais moins que Snapchat (68 %), Instagram (79 %), et YouTube utilisée par presque tous.
Les Etats Unis pensent même à l’interdire, parce que c’est une application mis en ligne par la Chine, et qu’il y a de réels soupçons d’ingérence du régime de Pékin. Au-delà de ses fonctionnalités prisées par les jeunes gens de contenus vidéos en format court, le logiciel et ses algorithmes permettraient la collecte de données personnelles. Le décryptage de TV5 Monde :
Cette mesure d’interdiction en Nouvelle Calédonie intervient également sur fond de crainte d’ingérences et de désinformation sur les réseaux sociaux. Le tout venant de pays étrangers, comme la Chine ou l’Azerbaïdjan, comme le dit le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin sur France : "Ces nations cherchent à attiser les tensions. L’Azerbaïdjan, ce n’est pas un fantasme, c’est une réalité". Tout en regrettant "qu’une partie des indépendantistes aient fait un deal" avec ce pays.
A 17 000 kilomètres de Paris, cet archipel de 270 000 habitants réfléchit de longue date sur le professionalisme des médias au niveau local. Comme le montre cette vidéo de NC La 1ère de 2015, à l'occasion du 1er débat des "Essentiels du congrès" : " Quels médias pour demain ? " ... Avec, à l'époque, Walles Kotra, calédonien et journaliste emblématique, directeur régional pour FTV en Nouvelle Calédonie. Ensuite, avant de quitter France Télévisions, il a même dirigé l'ensemble du Pôle des Outremers 1ères.
En 88, Walles Kotra était aux premières loges au moment de la prise d'otages des gendarmes dans la grotte d'Ouvéa, avant donc les accords de Matignon gérés par Michel Rocard. A regarder avec intérêt , attention... Pépite !
Crise économique avec la chute du cours du nickel, crise politique avec la question du panel électoral, et surtout, crise générationnelle également ... Avec de jeunes kanaks de plus en plus minoritaires sur leur archipel. Le terme de "kanak" vient de l'hawaïen kanaka signifiant "homme", "être humain" ou "homme libre" et est issu du mot proto-polynésien taŋata, même si les langues autochtones n'utilisent pas cette racine. Leur niveau de vie est en moyenne 3 fois inférieur à leurs compatriotes de l'hexagone ...
"Aux armes citoyens" dit l'hymne national ... Aujourd'hui, pour beaucoup, ca s'appelle réseau et non pas "média", social .
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 16 mai 2024.
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Levée de bouclier des médias privés contre le gouvernement qui souhaite autoriser + de pub sur l'audiovisuel public. (le 14-05-2024) |
Il faut permettre à l’audiovisuel public de diffuser + de pub ! Voilà ce que souhaite le gouvernement, dans le cadre de la proposition de loi pour la réforme qui vise à fusionner France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA dès janvier 2026. Dès ce mardi soir à l'Assemblée Nationale, le principe de la fusion a été adopté par 30 voix contre 18, dans le cadre de l'examen en première lecture. L'ensemble du texte sera débattu à l’Assemblée nationale les 23 et 24 mai 2024, et passera en deuxième lecture au Sénat ensuite vers la mi-juin.
S'agissant de la pub ...
Alors que la manne publicitaire diminue pour les médias traditionnels, puisque les annonceurs choisissent de reporter leurs campagnes sur le numérique, les radios du secteur privé s’indignent de cette proposition. Elle permettrait en effet à Radio France et à France Télévisions de diffuser plus de messages commerciaux, autant de budgets qui n’iraient pas aux stations du groupe M6, Lagardère-Vivendi, NRJ, Altice ou encore entre autres au groupement des Indéradios. Actuellement en effet, les contrats d’objectifs et de moyens permettent aux entreprises publiques -Radio France et France Télévisions- d’engranger 42 millions d’euros par an par la pub, en plus de leurs budgets alloués par l’état : 4, 025 milliards d’euros. Certaines chaînes ne doivent pas dépasser une durée maximale pour leurs écrans, d’autres n’y ont pas accès, et surtout la publicité, et non pas le parrainage, est bannie à la télévision après 20 heures.
Si l’amendement gouvernemental est retenu au terme du débat législatif sur la nouvelle loi dite "réforme de l’audiovisuel public et de la souveraineté audiovisuelle", cela ouvrirait à nouveau le service public de la TV aux pubs après 20 heures, la plage horaire qui est jusqu'à présent "réservée" au secteur privé.
Décidément l’ensemble de cette réforme est éminemment politique, et comme le rapportent plusieurs journaux, les parlementaires chargés eux-même de porter le projet, ne sont pas sur la même longueur d’onde ! Quentin Bataillon, député de Renaissance et membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, est favorable à l’élargissement de la pub. Pour lui, " il est difficile de porter la limitation des recettes publicitaires de l'audiovisuel public et en même temps son indépendance". En revanche, le sénateur Laurent Lafon (Union centriste), président de la commission de la Culture, de l'Éducation et de la Communication du Sénat, s’exprime contre. Il souhaite préserver une distinction claire entre financement public et recettes commerciales : "Les recettes publicitaires de RF et FTV ne doivent pas augmenter. C’est une ligne rouge à ne pas franchir".
Les grands dirigeants de radios privées dénoncent déjà une mesure qui entérinerait définitivement une concurrence déloyale. Pour le groupe M6 (RTL, RTL2, Fun Radio), Altice Media (BFM Business, RMC), NRJ et Lagardère-Vivendi (Europe 1, Europe 2, RFM), ce serait un énième cadeau fait au service public. "Ils ont perdu la tête au gouvernement ! Au lieu de demander aux dirigeants de l’audiovisuel public de se serrer la ceinture, ils vont piller nos recettes" dit au Point un patron du privé qui souhaite pour autant rester anonyme. Pour lui ... "C’est du grand n’importe quoi !"
Pour David Larramendy, le Président du directoire du groupe M6 … "Le budget des 7 stations de Radio France équivaut à celui de l'ensemble des autres radios privées. Il y a donc un déséquilibre dans la concurrence."
Au fond cette réforme du regroupement des entreprises de l’audiovisuel public pose déjà de nombreuses questions, et en premier lieu au plan éditorial : pour quoi faire ?
S’ajoute donc la forme, c’est-à-dire son financement … A moins que la forme soit précisément la question de fond !
Thierry Mathieu, e-crossmedia, le 14 mai 2024.
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